Poker et comportement : mise au point
Quelques événements récents viennent nous rappeler qu'au Poker tous les coups ne sont pas permis. Que ce soit en live ou sur le Web, le comportement des joueurs est soumis à un règlement bien défini. Et gare aux entorses !
Pour commencer, rappelons un incident
qui a eu lieu au WSOP du Caesar's d'Atlantic City en mars dernier. A
la table finale, un joueur amateur nommé Lesley Thornburg se
retrouve chip leader à la suite de plusieurs coups du sort en
sa faveur. L'adrénaline, augmentée sans doute par
l'exaltation due à un stack impressionnant, pousse Thornburg à
la faute : refus de disposer ses jetons à la régulière,
mises peu orthodoxes (il balance ses jetons de façon assez
désinvolte), bref un comportement limite qui lui vaut un
avertissement de la part des organisateurs. Quelques minutes plus
tard, le joueur récidive en poussant la moitié de ses
jetons avant d'annoncer "All in". Miser ainsi en deux fois
est évidemment interdit. Il se voit signifier sur le champ son
élimination et termine cinquième.
Hasard ou conséquence directe,
les organisateurs des WSOP viennent d'annoncer un certain nombre de
mesures qui visent à mieux cadrer le comportement des joueurs
: interdiction de l'utilisation de téléphones à
table (même pour écouter de la musique), sanctions pour
condamner les comportements anti-sportifs (trash-talk, hurlements,
intimidation, ...). Il sera également désormais
impossible de ne montrer qu'une seule de ses cartes à ses
adversaires : celui qui veut dévoiler sa main sera obligé
de montrer les deux.
Dans la famille des tricheurs, on peut
maintenant appeler Justin Bonomo. Ce professionnel américain
vient d'accuser sur son site (www.justinbonomo.com)le brave Men "The
Master" Nguyen de tricher régulièrement au casino
Commerce de Los Angeles. L'accusation porte sur du jeu en collusion
et de l'escamotage de jetons. Mais à tricheur, tricheur et
demi. Justin Bonomo s'était fait lui-même exclure de
Party Poker il y a quelques années en raison des libertés
qu'il avait prises avec le règlement.
Car sur Internet non plus, tous les
coups ne sont pas permis, ceci même si l'interface limite
évidemment la marge de manoeuvre aux seuls coups autorisés.
Ici pas queston de miser en deux fois ou d'annoncer "Tapis"
à retardement. Et pourtant les dérapages existent bel
et bien... Il y a peu, un journaliste de Poker nommé Chris
Vaughn a été disqualifié après avoir
gagné un grand tournoi online. Juste avant la table finale, il
avait cédé sa place à un joueur professionnel
plus compétent que lui!
Mais le réglement s'applique
même aux plus grands, cela va de soi. Nul n'est au-dessus des
lois. Jonathan Little vient tout juste d'en faire les frais : il
s'est fait définitivement exclure du site de jeu avec lequel
il avait signé un contrat de sponsoring. Pour augmenter son
rake-back (la part habituellement prélevée en
proportion des pots joués, qui lui était remboursée),
Little avait généreusement prêté son
compte à de nombreux amis. La prochaine fois, il réfléchira
peut-être un peu plus loin que le bout de son nez.
Une conclusion s'impose : que ce soit
en live ou sur Internet, le Poker est un sport à part entière.
Et même si le temps du goudron et des plumes fait désormais
partie de l'histoire, cela ne veut pas dire pour autant que les
tricheurs ont la belle vie.
News rédigée par Philippe