Un homme en colère
On le voit un peu partout et il ne mâche pas ses mots. Tout donne à penser qu'il a choisi de partir en croisade. « Il », c'est Patrick Partouche, le PDG charismatique du groupe Partouche. Quelqu'un qui ne lâche pas vite le morceau quand il est sur les dents...
On sait déjà que le
groupe Partouche a décidé de ne pas laisser passer la
vague du poker. D'une part en aménageant des Poker Rooms dans
ses nombreux casinos (ou encore Pasinos), mais aussi et surtout en se
positionnement sur le circuit des grands tournois avec un événement
comme le Partouche Poker Tour dont il n'est plus permis de douter
qu'il fera désormais partie des grands moments de la saison
française du poker en dur. Cette stratégie affirmée
n'est d'ailleurs pas uniquement orientée vers le profit et
n'est pas incompatible avec des préoccupations plus
caritatives, comme l'a montré le Partouche Charity Poker
Festival qui s'est tenu à Cannes au Beach casino le 17 mai
dernier.
| À l'assault du poker en ligne |
Mais Patrick Partouche n'a pas que le
poker live en ligne de mire. Car il sait pertinemment que la plus
grosse part du gâteau se trouve plutôt sur les poker
rooms online. Et c'est à ce sujet que mister P a décidé
de montrer les dents. Malgré l'apparente bonne volonté
affichée par l'état français et les promesses
d'ouverture du marché dans un avenir relativement proche, il
semble que les choses ne bougent pas assez vite à son goût.
Surtout, pendant ces tergiversations, des sociétés
étrangères, par l'intermédiaire de leurs sites
de jeux, sont occupées à capter petit à petit
les joueurs français, s'appropriant ainsi l'air de rien le
marché hexagonal. On comprend que les magnats locaux du
secteur l'aient un peu mauvaise. Pourtant, Patrick Partouche répète
à qui veut bien l'entendre qu'il ne craint aucun géant
du jeu sur Internet. Sa contre-attaque est déjà toute
prête : il dispose à ce jour de tout un arsenal de
solutions qui ne demandent qu'à être déployées.
Si on le laissait faire...
Mais le groupe Partouche n'est pas le
seul acteur à lorgner sur les bénéfices
attrayants de cette nouvelle providence électronique. Il
semblerait ( et on le répète depuis très
longtemps) que la Française de jeux ait aussi quelques projets
dans ses tiroirs. Les choses se précisent d'ailleurs de plus
en plus, et on commence même à parler d'une
collaboration avec Patrick Bruel qui est décidément
partout où on mentionne le mot « poker ».
Et là, c'en est trop pour monsieur Partouche qui trouve que
c'est pousser le bouchon un peu loin. Si d'aventure ce projet de
poker room online de la Française des Jeux se concrétisait,
il menace à présent en représaille de faire
exploser son monopole historique. En gros, si la FDJ s'attaque au
core-business du casinotier, il s'en prendra lui-même aux
loteries et billets à gratter qui sont l'apanage de
l'entreprise publique.
Et comme la guerre semble à
présent déclarée, Patrick Partouche n'attendra
pas l'autorisation d'un gouvernement indécis qui n'arrête
pas de jouer avec ses pieds. Dans l'absence d'un changement imminent
de la législation, le groupe décidera d'ouvrir le
marché quoiqu'il arrive– au risque d'une condamnation en
justice – par l'intermédiaire d'un dispositif qui est d'ores
et déjà opérationnel car accessible à
d'autres pays de l'Union. Ce n'est pas un tout petit risque dont il
est question, monsieur Partouche ayant déjà été
condamné à de la prison avec sursis pour le même
genre d'affaire. Mais on ne fait pas d'omelettes sans casser des
oeufs...
News rédigée par Philippe
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