Mis à jour le 02 Mar 26 par

Partouche joue... et gagne

Si la finale du Partouche Poker Tour est une réussite médiatique et un rendez-vous incontournable du poker hexagonal, certaines questions émergent chez les joueurs. En premier lieu, les montants exorbitants du prélèvement.

480 joueurs, un prizepool de 2.000.000 d'euros, 1.000.000 EUR garantis au gagnant... Sur le papier, la finale du Partouche Poker Tour, qui vient de finir ce dimanche à Cannes, est plus qu'une réussite : un véritable raz-de-marée. Alors que les groupes Tranchant et Barrière semblent avoir eu plus de mal à lancer le poker dans leurs casinos (même si les récents BPT Enghien-les-Bains et Biarritz ont accueilli une large foule), le succès du groupe Partouche pourrait vite faire des envieux...

Pourtant, de nombreuses interrogations restent en suspens après cette série de tournois qui laisse un goût amer dans la bouche de certains professionnels. Il faut dire que le poker chez Partouche, c'est avant tout un loisir d'amateurs. Grâce à un astucieux système de satellites dans les nombreux casinos du groupe, les joueurs locaux ont pu gagner leur billet pour la précieuse finale via une progression de satellites allant de 125 à 1.075 euros. Le prix de l'inscription au Main Event était quant à lui fixé à 8.500 EUR.


Record de rake


L'astuce, car il y en a bien sûr une, était de proposer un maximum de places qualificatives par ce biais. Pour quelle raison ? Car de cette manière, le joueur amateur ne s'attardait pas trop sur le taux de prélèvement pratiqué par Partouche dans son épreuve reine de Cannes. Le "rake" ? Un total hallucinant de... 1.700 euros sur un ticket à 6.800 euros (total 8.500 EUR) soit exactement 25% (!) du prizepool consacré au prélèvement. Une pratique proche de l'arnaque (légale, bien sûr), et surtout un véritable défi à l'intelligence des joueurs. Que les casinos se servent largement sur des petits sit'n'go, passe encore ; qu'ils chargent autant un Main Event, c'est beaucoup plus gênant.

Les raisons de ce taux de prélèvement hallucinant ? La volonté du groupe de transformer ce tournoi en véritable événement médiatique. Quand on voit la cohorte de pros américains qui sont venus dans la petite ville de Cannes, on se doute bien qu'ils n'ont pas dû payer grand chose de leurs frais... Pour quelle autre raison David Benyamine, Scotty Nguyen, Robert Mizrachi ou même Gus Hansen auraient-ils fait le voyage ? Cela implique donc que les amateurs ou les joueurs moins connus payent pour les pros... Tout à coup, cela fausse complètement la donne en terme d'espérance de gain. Comme l'expliquait récemment le champion hollandais de PLO Rob Hollink à propos de la taxation des gains aux WSOP pour les Européens : "Si vous savez que 20% de vos gains partent en taxe, votre espérance de gain tombe énormément. Pareil pour le rake : au dessus de 10%, c'est carrément du vol !"


Places payées


Au delà de cette polémique réelle, les Français étaient bien au rendez-vous du Main Event et des Side-Events. Si seuls Gus Hansen (10ème avec 58.000 €) et Robert Mizrachi ont fait de belles performances au Main Event, la table finale a accueilli le champion de bridge et de poker Michel Abécassis, qui sautera en 8ème position avec paire de 7 contre paire de Rois (pour 78.000 €). Le chipleader des deux premiers jours, Brice Cornut repart quant à lui juste après (et empoche plus de 100.000 €). La finale n'était pas d'un niveau particulièrement relevé, avec des joueurs techniques qui se sont la plupart du temps remis aux lois du coinflip pour départager les gagnants. A ce petit jeu, c'est le Français Alain Roy qui repart millionnaire avec le titre du PPT (paire de 9 contre la paire du 7 du Suisse Claudio Rinaldi, qui prend 500.000 €).

Espoir français

Dans les side-events, une très bonne surprise, la victoire (sans deal) de Rémy Biéchel. Ce jeune pro parisien est la valeur montante du poker français. Avec 4 places payées cette année aux WSOP, plusieurs bonnes performances dans le circuit Barrière Poker Tour et deux places gagnantes dans les satellites du PPT, il décroche 70.000 EUR dans le Side Event 3. Un joueur qui devrait bientôt faire des étincelles sur le reste du circuit européen.