Phil Ivey s'explique devant la High Court de Londres...
Celui qui a décroché son dixième bracelet WSOP, cet été, a mieux à faire que d'aller chercher, actuellement, le onzième à Melbourne... À Londres, il y a 7,7 millions de pounds à récupérer !
Le combat entre Phil Ivey et le Crockfords Casino a commencé ! Samedi dernier (le 4 octobre 2014), le Tiger Woods du poker est rentré dans l'arène... Celui qui apparaîtra dans 60 Minutes Sports, demain (mardi 7 octobre), a prononcé ses premiers mots devant la High Court (la Haute Cour de Justice quoi) de Londres !
Le verdict devrait tomber cette semaine ! En attendant, voici les premières balles envoyées par Phil Ivey à destination de l'établissement londonien.
« Ce n'est pas dans ma nature de tricher »
Est-ce que Phil Ivey récupèrera les 7,7 millions de pounds (environ 9.800.000€ quand même) retenus par le Crockfords Casino ? La justice donnera-t-elle raison à l'établissement de la capitale du Royaume-Uni ? Le edge sorting est-il une forme de tricherie ? Nous nous sommes déjà posés ces questions à plusieurs reprises, mais cette fois, les choses sont beaucoup plus concrètes...

Rapide rappel des faits... Le Crockfords Casino de Londres accuse Phil Ivey d'avoir triché, en août 2012, au cours de sessions de punto banco. Comment ? En utilisant la technique du edge sorting. Si vous ne savez toujours pas ce que c'est, je vous oriente vers cet article.
L'Américain avait posé un million de pounds sur la table et amassé 7,7 millions de pounds en seulement deux jours (selon le site de la BBC).
Genting Casinos UK, le propriétaire de l'établissement a donc décidé de retenir les gains de Phil Ivey, mais de lui transférer, tout de même, sa mise initiale d'un million de pounds.
Phil Ivey, de son côté, a tout simplement décidé de porter plainte, afin de récupérer ses gains bloqués... Pour lui, le edge sorting est une technique légale (comme compter les cartes au blackjack finalement).

Nous avons donc, d'un côté, l'établissement qui soutient que la technique employée par le joueur n'est pas une stratégie légitime, et de l'autre côté, nous avons l'Américain qui insiste en affirmant que c'est légal. Au milieu, vous avez la High Court de Londres qui devra trancher dans quelques jours !
Quels ont été les premiers propos tenus par Phil Ivey devant cette Haute Cour de Justice ? Le site de la BBC nous livre quelques paroles intéressantes :
« Je considère que je ne ferais pas très bien mon travail, si je ne cherchais pas à mettre à profit les faiblesses que j'ai identifiées dans les jeux proposés par les casinos ou leur mise en place.
J'utilise toute une variété de stratégies lorsque je joue dans les casinos. Aucun système n'est garanti de réussir et à chaque fois que je joue, je risque d'échouer dans l'exécution de ma stratégie - certaines d'entre elles sont très complexes et difficiles à exécuter - et cela résulte habituellement à une grosse perte d'argent.
Je considère que toutes mes stratégies sont légales et je ne penserais jamais à tricher dans un casino. Ce n'est pas dans ma nature et je ne risquerais pas ma réputation en agissant de manière illégale, peu importe la façon. »

Finalement, le edge sorting est plus ou moins à la portée de n'importe qui, tout comme le fait de compter les cartes au blackjack. Dans cette affaire, Phil Ivey a exploité la cupidité de l'établissement... Un gros poisson qui débarque avec un million de pounds, bien sûr qu'on s'exécute quand il nous demande ceci ou cela ! Le problème, c'est qu'à partir du moment où ça ne tourne plus dans le sens du casino... Bah c'est fini ! Un peu comme Ben Affleck avec le blackjack.
Le principe est simple et connu : the house always win ! Quand elle ne gagne plus, le joueur n'est plus le bienvenu... Pire ! On peut vite l'accuser de tricher ! Mais il y a une frontière que Phil Ivey s'applique à ne pas franchir :
« Je suis quelqu'un qui a extrêmement bien réussi dans mon boulot, en tant que joueur de poker et professionnel dans l'univers des jeux d'argent, et je ne ferais jamais rien qui puisse mettre en péril ma réputation.
Mon intégrité est infiniment plus importante, pour moi, qu'une grosse victoire. Voilà pourquoi j'ai tenu à effectuer cette démarche. Je veux prouver que l'on m'a traité de manière injuste. »
Plus intéressant encore, Phil Ivey a révélé à la High Court de Londres qu'il avait également utilisé le edge sorting aux États-Unis et... en Australie ! À chaque fois, il était accompagné de sa complice : Cheung Yin Sun.
Ensemble, comme le joueur de poker le précise, ils ont gagné des sommes importantes, mais également perdu des sommes substantielles, notamment lorsqu'ils n'ont pas pu mettre en place leur stratégie, à cause des méthodes de protection mises en place par certains établissements. Voici comment se termine l'article de la BBC :
« À chaque fois que nous mettions en place notre méthode, je considérais que ma complice et moi-même jouions de manière légale et cela ne m'est jamais venu à l'esprit que l'on puisse prendre le edge sorting comme une stratégie illégale. Je continue de croire qu'il s'agit d'une technique légale. »
Qu'en pensera la High Court de Londres ? Difficile à dire... Quoi qu'il en soit, si Phil Ivey obtient gain de cause, il pourra se rendre à Melbourne très sereinement pour décrocher son onzième bracelet des World Series Of Poker !
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