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Comment l'ICM influence-t-il votre range de push ?

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hormuz
Joined: 01.12.2010

Aujourd’hui, nous vous avons présenté une situation intéressante issue de la table finale d’un SnG à 180 joueurs.

Nous vous avons ensuite demandé si, en admettant que vos adversaires sont bons et connaissent l'ICM, vous opteriez pour un push. Nous désirons par ailleurs savoir ce qui suit : quelle est l’importance de l’ICM dans cette situation ? Quels sont les facteurs décisifs ? Comment l’ICM influe-t-il vos ranges de push dans d’autres situations et formats de SnG ?

Analysons brièvement la situation.

Comme vous avez pu le voir dans notre analyse précédente ainsi que dans nos leçons (par exemple dans celle-ci), il nous faut commencer par calculer l’equity en jetons. Pour ce faire, partons du principe que l’ICM n’existe pas et que tous les joueurs souhaitent faire fructifier leurs tapis à l’aide de décisions cEV+ (comme en cash game).

En admettant ainsi que l’ICM (et la prime de risque qu’il implique) n’existent pas, alors votre range de push et celles de call de vos adversaires, données par Nash, sont les suivantes :

Vous voyez ici qu’avec ces ranges, vous perdriez 0,32BB (0,32*8.000 = 2560 jetons) en optant pour un push avec T3s. Sans ICM (par exemple, en cash game) ce move serait donc clairement déficitaire.

Cependant, cette main ne peut pas être considérée sans ICM, dans la mesure où il existe une structure de paiement qui a un gros impact sur la valeur de votre stack et de celle de votre adversaire.

Considérons maintenant ce à quoi votre range et celle de vos adversaires en prenant l’ICM en compte et en l’appliquant Structure de paiement d’un SnG à 180 joueurs :

Dans ce cas, un push avec T3s vous gratifierait de 0,16% de la cagnotte. Dans un SnG à 180 joueurs avec 15$ de buy-ins, ce push vous ferait donc gagner environ 4$.

La raison de ce résultat un peu extrême est le petit tapis du CO (qui s’est déjà couché dans cette main). En raison des bonds assez larges des places payées, il est très profitable pour SB et BB d’attendre que le petit tapis soit éliminé. Ceci leur permet d’empocher des gains conséquents sans risquer leurs propres jetons.

Afin d’encore mieux comprendre cette situation, considérons les résultats potentiels du call d’un de vos adversaires. Dans cet exemple, BB a une pocket de cinq qu’il décide de suivre. La valeur de son tapis, en prenant l’ICM en compte (et avec un buy-in de 15$), est la suivante. Hero est le player 1.

Si BB se couche :

Si BB suit et gagne :

Si BB suit et perd (il se fait éliminer) :

Calculons maintenant l'equity dont Villain a besoin pour avoir un call EV$+.

Valeur du tapis de BB après un fold : 479,85$
Valeur du tapis de BB après un call gagnant : 653,21$
Valeur du tapis de BB après un call perdant : 183,41$ (prix pour la quatrième place)

Pour simplifier le tout, arrondissons ces chiffres :
183 + (653 - 183) * Equity = 480
Equity nécessaire = ~63%

Le joueur au BB a donc besoin de plus de 63% d’equity, pour avoir un call EV$+. Avec 55, son equity face à la range de push de Hero s’élève à 58,52%, ce qui n’est pas suffisant.

Bien entendu, cela ne signifie pas que vous devriez vous mettre all-in avec 100% de vos mains dans ce spot, dans la mesure où les ranges de call adverses et d’autres facteurs (comme votre edge, l’augmentation des blinds et des concepts plus avancés comme le future game) varient constamment. Cet exemple démontre cependant à quel point l'ICM peut changer radicalement votre range de push.

Qu’en est-il des autres situations de push-or-fold ? Votre range de push dépend-elle aussi fortement de l’ICM que dans l’exemple ci-dessus ? La réponse est non. Contrairement aux ranges de call, les ranges de push sont relativement stables, même si elles ne sont pas totalement indépendantes de l’ICM. Hormis dans les situations extrêmes comme celle ci-dessus, ces rangent varient peu. C’est la raison pour laquelle les tables présentées dans la leçon "Stratégie préflop : tables d’open push" ont été calculées en se basant sur l’equity en jetons.
Afin d’illustrer tout cela, imaginons la situation suivante issue d’un SnG à 9 joueurs. Vous êtes assis UTG et tous les joueurs ont environ 10BB (après antes). Voici les ranges de Nash d’une telle situation, en ignorant l’ICM et en considérant l’equity en jetons (chaque joueur prend une décision cEV+). Les résultats sont exprimés en big blinds :

Considérons la même situation avec les ranges de Nash et en prenant l'ICM en compte. Les résultats sont exprimés en % de la cagnotte :

Comme vous pouvez le voir, les ranges de push ne varient que peu, même si la prime de risque d’un SnG à 9 joueurs est très élevée. Cela est dû au fait que vos adversaires sont tous tenus d’être nettement plus prudents dans leur comportement de call que vous dans votre comportement de push. Les ranges de calls deviennent plus tights, ce qui fait que vous pouvez adopter des push légèrement plus looses. En conséquence, votre "range de push ICM" ne dévie pas trop de votre "range de push equity en jetons", même s’il convient de toujours garder la prime de risque à l’esprit.

Bien entendu, chaque spot est différent et un simple détail (comme un joueur avec un tout petit tapis) peut entraîner de grosses variations. C’est la raison pour laquelle il est difficile d’établir une règle générale. On peut toutefois affirmer que les ranges de push sont plus stables (c’est-à-dire moins dépendants de l’ICM) tandis que les ranges de calls sont plus fluctuants (dépendent plus de l’ICM).

Quelle est votre expérience en la matière ? Comment approchez-vous de tels spots ? Donnez-nous votre avis !


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2 replies
chantool
Joined: 27.04.2013

HELLO,

super un peu de SnG!
Je push un grand partie de ma range ici, en voyant CO je push quelques chose comme 92% de ma range, quoique je pense que any two est bon aussi, cela permet d'abuser de la bulle prendre des jetons pendant que CO est encore là.

Nous vous avons ensuite demandé si, en admettant que vos adversaires sont bons et connaissent l'ICM, vous opteriez pour un push. Nous désirons par ailleurs savoir ce qui suit : quelle est l’importance de l’ICM dans cette situation ? Quels sont les facteurs décisifs ? Comment l’ICM influe-t-il vos ranges de push dans d’autres situations et formats de SnG ?

L'ICM a une importance crucial puisque il influence la valeurs des jetons, ce qui veut dire que le BF des moyens stack vs nous est énorme, bref que leur jetons coutent très cher et s'il sont bon ils le savent, ce qui implique des range de call très tight du style KK+.
Les facteurs à prendre en comptes ont la taille des tapis, la position, le BF, la FE, s'il y a eut un OR, la taille du tapis du SS, la structure de paiement.

EDIT : j'avais pas vu que c'était 4 places payées! je réduit un peu a range à <90% alors


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Snaky81
Joined: 27.06.2010

Hello

Quelques corrections :)

Message original de hormuz

Contrairement aux ranges de call, les ranges de push sont relativement stables, même si elles ne sont pas totalement indépendantes de l’ICM. Hormis dans les situations extrêmes comme celle ci-dessus, ces rangent varient peu.

Pas du tout en fait :)

Ce qui m'apparait biaisé dans ton raisonnement c'est que tu fais la comparaison entre nash cEV et nash $EV, c'est théoriquement intéressant, mais en pratique pas beaucoup : le thinking process normal d'un joueur c'est pas de se dire "en cEV je peux push tant, donc je peux push x% en $EV vu la situation" mais de se dire "vilain devrait call a peu près tant (en fonction de nos reads et de sa compréhension supposée de l'ICM), j'ai une aversion au risque nulle/faible/moyenne/forte/extrème contre lui, et vu le ratio risk/reward je peux push tant". Jamais on raisonne sur ce que l'on ferait en cEV puisque l'on est jamais en cEV en dehors du HU.

Ce qui compte en pratique pour dire que l'ICM impact ou non fortement nos range de push en pratique ce n'est pas la comparaison avec la cEV, mais plutot la sensibilité de notre range de push aux variation des ranges des vilains (et pas que les range de push, quand on est au BU a un bulle, les range des blinds si ont fold ont une importance capitale). En pratique une table qui joue full nash ca n'existe pas, même une table full reg ne joue pas full nash (beaucoup de reg font des erreurs plus ou moins importantes d'ICM, et il y a des cas dans lequel diverger du modèle ICM est totalement pertinent, cela ne reste qu'un modèle).

Je reprend ton exemple du push UTG en SNG FR (où d'ailleurs le facteur bulle est bien plus faible que la situation de SNG 180j que tu présente avant) : certes ta range de push de Nash ne bouge pas beaucoup quand tu active l'ICM, mais en pratique ta range réelle va énormement bouger : la range de call de Nash des vilains se resserre drastiquement, sauf qu'en pratique bon nombre de joueurs ne calleront pas aussi tight que cela. L'erreur qu'ils feront sera beaucoup plus grande (en terme de FE si vilain call 12% au lieu de 10% et 8% au lieu de 6% ce n'est pas du tout le même impact), et cette erreur nous coûtera beaucoup plus cher.

La comparaison entre Nash cEV et nash EV$ est de toute facon assez foireuse, car elle va grandement varier selon la situation :
- sur des spot ou le caller à un haut facteur bulle, nash EV$ va provoquer des push très loose, car on va avoir énormement de FE. C'est pour ca qu'on a souvent en DON de spot de push ATC selon Nash, mais qu'en pratique push ATC va etre catastrophique car vilain ne va pas du tout call Nash (et qu'il faudra en fait etre même plus tight que Nash cEV)
- sur des spot ou le caller a un facteur bulle raisonnable mais le pusher a un gros facteur bulle, c'est l'inverse, Nash $EV va etre bien plus nit que Nash cEV (même si du coup le caller devra call nit en EV$ car le pusher sera nit), cas typique : push en blind war contre le CL
Nash cEV
Nash $EV
- Et il y a effectivement des spots ou notre range de push est peu changeante, l'aversion au risque etant compensée par la FE supplémentaire

même si la prime de risque d’un SnG à 9 joueurs est très élevée.

Comme dit plus tot c'est vraiment dépendant des situations, attention a ne pas faire de généralité. En debut de SNG on ne peut pas dire que cela soit tres elevé même si cela existe. En fin de SNG la répartition des stack joue énormément : on peut avoir des spot a 3 joueurs left (ou normalement le facteur bulle est assez faible, à peine plus fort qu'en début de SNG) ou l'impact de l'ICM sera plus important que sur certains spot de bulle (entre un spot entre 2 huge stack à 3 joueurs et 2 short stack a la bulle c'est le premier qui entraine les facteurs bulle les plus haut)

Cela est dû au fait que vos adversaires sont tous tenus d’être nettement plus prudents dans leur comportement de call que vous dans votre comportement de push.

Vrai pour Nash dans le cas présent, mais je n'aime pas l'argument pour justifier des tables de PoF. Les tables c'est fait pour donner des bases a des joueurs débutants, et aux limites où ils doivent jouer normalement, les vilains sont très loin de jouer Nash et de s'adapter à l'ICM, surtout loin de la bulle.

Les arguments pour justifier une table de PoF sont plutot du genre "une table ne pourra de toute facon pas s'adapter a tous les cas, et ces valeurs vous permettent de ne pas faire trop d'erreur face a des situations standards et des vilains standard des petites limites"

PS : mis a part ca, joli boulot pour montrer ce que l'on peut faire avec HRC ;)


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