Mis à jour le 02 Mar 26 par

Abou Sy, la passion dans un corps de "brute"

Au premier regard sur Abou Sy, vous pourriez vous dire que le "grand monsieur" avec son physique hors normes pourrait rapidement vous neutraliser. Et pourtant vous êtes tombé sur le plus grand "cash dispenser" de gentillesse du monde !

Le "Black Bisounours", le "Black Bisounours"... c'est vrai que ce surnom lui va plutôt pas mal à l'ami Abou Sy, tant son physique de géant pourrait laisser penser que le monsieur casse des noisettes façon Jean-Claude Van Damme tous les matins au réveil. Et pourtant il est tout le contraire de ce que dégage son physique : gentillesse, abnégation, générosité, découvrez ce joueur que tout le monde du poker ne peut qu'adorer !

Crois moi je n'y vais pas pour prendre une photo avec Esfandiari

 PokerStrategy.com Sénégalo-mauritanien, franco-suisse, tu es un habitant de la planète poker, mais aussi de la planète au sens noble du terme. Abou Sy se sent comme un globetrotter passionné ?

Abou SyEn effet, j'ai la chance d'être un métisse bien que je sois aussi bronzé que le "cul" d'une marmite (rires). Je considère que c'est enrichissant d'être au milieu de toutes ces cultures qui sont "bourrées" d'histoires, chacune dans leurs contextes, d'autant plus que l'histoire veut que toutes ces origines ont des liens historiques très forts. J'aime me définir comme un citoyen du monde. Je me déplace sur cette planète au gré de mes différents "feelings". Aujourd'hui c'est la Suisse, si demain c'est le Zimbabwe ou l'Equateur, je snap de la même façon.

 PokerStrategy.com : Les joueurs te connaissent à travers le Cercle Cadet et PokerStars, comment est né ton histoire avec le poker ? Quelle est ton histoire avec PS et pourquoi cette proximité avec Cadet ?

Abou Sy : Mon histoire avec le poker est assez folle et peu commune, mais mon évolution dans ce milieu est à l'image de ce que j'ai toujours vécu dans ma vie hors poker. L'inconnu ne m'effraie pas donc je n'ai aucun mal à aller vers "l'autre". J'ai commencé à jouer au poker en 2010 avec des copains, ça c'est super bien passé et là j'ai atterri à l'ACF, où j'ai joué pendant plus d'un an quasiment sept jours sur sept. Du fait de mon côté super extraverti et de  mon assiduité j'ai rencontré une tonne de joueurs parisiens, notamment Ilan, Omar Lakhdari, Stéphane et Patrick Tayar, Arsène Mosca, Cédric Valette, Aurélie Quelain, Alexandre Reard et tant d'autres. Suite à cela, j'ai demandé autour de moi sur quel site de poker online il était préférable de commencer à  jouer et on m'a dit ouvre un compte sur PokerStars (le plus grand site de poker au monde), mon ami Alexis m'a payé une fortune pour dire ça (sourire). Donc une fois le compte créé, j'ai déposé puis joué des tournois. Sur un tournoi de l'après-midi, le hasard a voulu que je tombe à la table de Julien Brecard, et comme tout fish qui débarque je l'ai mitraillé de questions (pourquoi le pique rouge ?, comment tu as fait pour être pro…). Il m'a sympathiquement répondu et on a beaucoup déconné à la table avec les nombreux regs qui étaient présents (adowa, poloris de mémoire).

Suite à ce « sick » instant de rigolade, Yu m'a dit que je pouvais l'add sur Facebook et ce fut mon tout 1er contact avec PokerStars. Suite à ça, Yu m'a demandé un jour si je voulais bien lui rendre service en faisant un mini coverage d'un FCOOP qu'il streamait avec Benny depuis la Maison du Bluff (saison Cathy…),  j'ai accepté. Suite à ça ils m'ont proposé d'être admin/modérateur du chat et du forum de PokerStars live qui était en projet à l'époque, j'ai aussi accepté et c'est de là qu'est partie mon aventure avec PS. J'ai été invité sur toutes les émissions de PSLIVE du coup, beaucoup de personnes m'ont, par curiosité et sympathie, rajoutées sur les réseaux sociaux notamment Facebook. Ensuite j'ai eu un beau deep run sur le FPS de Paris au Cercle Cadet (le cercle de cœur) où clairement la communauté poker m'a donné l'impression d'avoir gagné le tournoi tellement je me suis senti pousser par des amateurs et des professionnels qui ont spam ma page Facebook comme jamais à ce moment-là. Je tiens spécialement à remercier le Cercle Cadet car ils sont pour beaucoup dans ma progression dans ce jeu : ils ont décidé pour des raisons que je maîtrise encore très peu, de me mettre en Bounty dans leur tournoi hebdomadaire du mardi et ça a duré près de deux ans. Sans compter tous les tournois auxquels j'ai été invité et tout le reste, j'ai là aussi fait de très belle rencontres, je pense à Sacha Israël, Mathieu Rabalisson, Guillaume Carron, Sabrina Derdar et pleins d'autres. En échange et surtout pour essayer de rendre ce que Cadet m'offrait, j'ai tenté d'être créatif sur l'annonce des tournois du mardi sur mon Facebook et d'emmener avec moi un maximum d'amateurs de poker qui me suivent...

 PokerStrategy.com : Tu as plusieurs résultats à ton palmarès et quelques jolies TF. Te considères-tu comme un joueur récréatif, amateur, semi pro ? Des rêves de professionnalisme ?

Abou Sy : Plusieurs résultats c'est relatif. Au cumul, j'ai en effet la chance de faire partie des joueurs gagnants en MTT, j'ai perdu pas mal d'argent en CG live à l'ACF dans mes débuts, les toutes premières parties de cash game live j'étais posé à la 5-5€ vs Ilan et compagnie,  alors que je n'étais pas sûr que la flush battait la quinte à l'époque. Depuis, au contact des meilleurs joueurs que j'ai énormément rail (très souvent dans l'ombre), j'ai beaucoup appris, j'ai complètement arrêté de jouer en cash game, je joue uniquement en MTT et j'y prends un pied monstrueux, surtout en live pour l'aspect humain. Je ne suis pas un professionnel, je suis un amateur qui comme la plupart des amateurs ne se refuserait pas l'opportunité d'être professionnel dans le sens sponsorisé du terme. Je veux dire par là, que l'autopromotion "professionnelle" du poker et ne faire que ça tout le temps, n'est pas une perspective qui m'enchante à ce jour.

 PokerStrategy.com : Je viens de découvrir il y a quelques heures que ton rêve de Vegas allait avoir lieu : tu joueras le Main Event en juillet prochain. Un rêve qui se réalise ?

Abou Sy : Et oui, j'ai eu le cadeau de Saint-Valentin le plus "frais" de ma vie. C'est l'un de mes rêves en tant que joueurs de poker qui se réalise c'est clair, le plus beau tournoi du monde avec les meilleurs joueurs de la planète, tous les copains et les copines du milieu sur un MTT à 10.000€ de buy-in, avec une pépite au bout qui ferait rêver le plus dépressif de la planète. Je n'arrive pas vraiment à y croire moi-même tellement c'est de la folie. Puis la façon dont ça m'est tombé dessus c'est une histoire d'homme incroyable. Je n'aime pas les non-dits et avec l'accord de mon "parrain" pour le coup, j'expliquerai aux personnes qui me suivent, sous quelle forme ce rêve est devenu une très palpable réalité.

Quand je vois la réaction surréaliste des gens à l'annonce du simple fait que je vais participer à ce tournoi, crois-moi je n'y vais pas pour prendre une photo avec Esfandiari. Humblement je vais donner le meilleur de moi-même car je ne suis pas sûr qu'une telle opportunité se représente, et qu'on se le dise, je suis devenu « addict » à la sympathie que la communauté m'exprime notamment sur Facebook.

 PokerStrategy.com : Tu vis aujourd'hui en Suisse pour le travail : peu de casinos ou cercles de jeu, peu de poker, cela ne te manque pas trop ? Des projets à part Vegas sur le circuit européen cette année ?

Abou Sy : Oui en effet pour des raisons professionnelles, je vis actuellement en Suisse. Je ne suis pas venu m'installer ici, loin de ma famille et de mes amis pour jouer au poker, mais bel et bien pour bosser après m'être arrêté près d'un an, j'aime beaucoup ce que je fais. Ceci dit, il y a malgré tout en Suisse quelques clubs de poker, si vraiment ça venait à me gratouiller, de plus j'ai « chatté » le timing avec le BPT Montreux qui arrive que je vais avoir le plaisir de jouer. Concernant mes projets poker, donc il y a Vegas comme tu le sais, mais j'ai également une superbe nouvelle qui m'est tombé dessus, je finis de la savourer et à priori cette semaine si tu ouvres tes oreilles tu vas en entendre parler.

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Par Fabien Richard