Biographie : Stu Ungar
Stuart Errol Ungar est considéré comme le joueur de poker le plus doué et talentueux de tous les temps. Mais ce génie, unique et impressionnant aux tables de jeu, était aussi inadapté et auto-destructif dans la vie rélle.

Nom :
Stuart Errol Ungar
Surnom :
Stuey, The Kid
Dates :
8/9/1953 - 22/11/1998†
Bracelets WSOP : 5
Style de jeu : Loose-Aggressive (LAG)
Stu Ungar, surnommé 'The Kid' en raison de son physique de gamin, a grandi dans des circonstances difficiles et a connu une vie en dents de scie. Ses prouesses exceptionnelles aux tables étaient assombries par des excès permanents et des difficultés dans sa vie personnelle.
La drogue a influencé Stu depuis un très jeune âge, de même qu'une forte accoutumance aux paris sportifs et courses de chevaux. Au moins à quatre reprises, Ungar est devenu millionnaire pour tout reperdre ensuite. Et malgré ses gains en tournois qui se comptent en millions, au moment de sa mort l'ensemble de ses possessions s'élevaient à quelques centaines de dollars.
"J'ai un besoin constant de nouveaux défis. Il n'y a pas de défi à plumer une bande de pigeons aux cartes. Allons aux courses et je parierai sur le gagnant, il n'y a rien qui fasse battre mon coeur plus vite."
Mais bien que paumé et déséquilibré, Stu était décrit par ses connaissances comme quelqu'un de chaleureux, passionné et généreux. Il fut cependant incapable d'éviter à ses proches la misère causée par son style de vie qui consistait a "vivre contre sa volonté".
"Il y a un vieux dicton de poker qui affirme qu'à la table vous êtes votre pire ennemi. Tout ce que je peux dire, c'est que jamais quelque chose de plus vrai n'a été dit à mon sujet. J'avais un don comme personne. Peut-être ne l'ai-je pas exploité comme il fallait, peut-être n'ai-je pas une personnalité suffisante. Mais tout le mal que j'ai fait était toujours dirigé contre moi seul. Même si j'ai également blessé d'autres personnes de cette façon, en particulier celles qui m'étaient très proches."
D'un côté un échec personnel, et de l'autre probablement le meilleur joueur de poker de tous les temps. En 1980, lors de sa toute première participation WSOP, il gagna directement le Main Event à 10.000$ en battant au heads-up DOyle Brunson en personne. Lors de la dernière main, Ungar tenait 5-4 assorties et a touché le flop idéal avec A-2-3 : c'est ainsi qu'il remporta le premier de ses cinq bracelets WSOP.

Par après il domina encore largement le circuit du poker mais l'abus de drogue rendit vite sa carrière impossible à gérer. Une triste illustration de cet état de fait eut lieu lors du Main Event WSOP de 1990. Le troisième jour, il fut trouvé inconscient dans sa chambre d'hôtel à cause d'une overdose de cocaïne. Stu dut être hospitalisé et ne put finir le tournoi. Cependant, il finit tout de même à la neuvième place, le temps que son gigantesque tapis soit totalement résorbé par les blindes. Incroyable et pitoyable démonstration de son talent...
Les années ultérieures, Stu fut incapable d'atteindre son niveau habituel. Après 13 victoires majeures de 1980 à 1990, il lui fallut sept années pour être de nouveau au top en 1997, du moins pour une courte période.
Après une mauvaise passe de sept ans, Stu tenta de faire son comeback lors des WSOP de 1997. Il emprunta les 10.000$ du buy-in et réussit l'incroyable exploit de gagner le Main Event pour la troisième fois. Avec ce gain de 1.000.000$, on aurait pu croire que c'était la fin de ses difficultés. Pourtant rien ne changea dans la vie de Stu Ungar.
Quelques mois à peine après son retour triomphal et le plus gros gain de tous les temps, la vie du génie excentrique se termina de la façon la plus misérable. Le 22 novembre 1998, à l'âge de 45 ans, Stu Ungar fut trouvé mort dans un hôtel minable de Las Vegas. La cause de la mort était une crise cardiaque consécutive à de longues années d'excès en tous genres.
Durant sa courte carrière de 1980 à 1997, Stu a gagné au moins 13 tournois majeurs. Il a terminé itm 16 fois aux WSOP, et ses gains en tournois se comptent en millions. Stu gagna cinq WSOP, quatre America's Cup Of Poker et trois Amarillo Slim's Superbowl Of Poker.
| Succès choisis | |||
| Année | Événement | Tournoi | Prix |
| 1997 | WSOP | $10,000 No-Limit Hold'em | $1,000,000 |
| 1991 | Queens Poker Classic | $5,000 No-Limit Hold'em | $190,000 |
| 1989 | Amarillo Slim's Superbowl Of Poker | $10,000 No-Limit Hold'em | $205,000 |
| 1988 | Amarillo Slim's Superbowl Of Poker | $10,000 No-Limit Hold'em | $210,000 |
| 1987 | America's Cup Of Poker | $10,000 No-Limit Hold'em II | $55,000 |
| 1987 | America's Cup Of Poker | $ 5,000 No-Limit 2-7 Draw | $55,000 |
| 1987 | America's Cup Of Poker | $10,000 No-Limit Hold'em I | $150,000 |
| 1984 | America's Cup Of Poker | $10,000 No-Limit Hold'em | $150,000 |
| 1984 | Amarillo Slim's Superbowl Of Poker | $10,000 No-Limit Hold'em | $275,000 |
| 1983 | WSOP | $5,000 Limit 7 Card Stud | $110,000 |
| 1981 | WSOP | $10,000 No-Limit Hold'em | $375,000 |
| 1981 | WSOP | $10,000 No-Limit Hold'em | $95,000 |
| 1980 | WSOP | $10,000 No-Limit Hold'em | $365,000 |
Né le 8 septembre 1953, Stu a grandit à Manhattan dans une famille juive. Dans le bar de son père à Manhattan, le petit garçon très intelligent qu'il était s'est très tôt retrouvé au contact des cartes.
Le gin rami le fascinait tout particulièrement. A l'âge de dix ans, il gagna le premier tournoi auquel il participa. A 14 ans, il battait les meilleurs joueurs de New-York. Avec sa prodigieuse mémoire photographique et son aisance naturelle avec les nombres, le jeune Stu était littéralement imbattable.
Lorsque son père mourut d'une crise cardiaque, 'Stuey' - 15 ans - quitta l'école et devint joueur professionnel de gin rami pour supporter financièrement sa mère et sa petite soeur.
Dans cette citation, Stu décrit ses débuts comme joueur professionnel. "Ils m'appelaient le monstre. J'avais 15 ans et je battais des gens qui jouaient professionnellement depuis 30 ans. Mais je les faisais rire. Oui, je devais être une sorte de monstre".
Malgré de confortables revenus grâce au gin rami, des dettes de jeu l'obligèrent à rejoindre Miami et le paradis du jeu, Las Vegas. Dans la capitale des joueurs, Stu joua également les plus grosses parties de gin rami.
Il jouait contre n'importe quel adversaire et quel que soit le montant avec une réussite diabolique. Peu importe le niveau de ses adversaires, Stu les battait tous. Sa domination sur le jeu était tellement écrasante qu'il se retrouva tout simplement à court d'adversaires. Les casinos lui demandèrent même de ne plus s'inscrire à leurs parties car plus personne n'osait l'affronter. Stu dut rechercher une autre source de revenu.
En 1980, il la trouva aux WSOP. C'était sa première expérience de poker et son premier contact avec les professionnels du poker. Mais ses amis disaient que même pendant son enfance, sans expérience, Stu aurait pu battre n'importe qui au poker. La suite appartient à l'histoire. Stu gagna son premier tournoi et ainsi débutta sa carrière hors du commun.
Dans l'histoire du poker justement, Stu Ungar a laissé une trace impérissable. Il partage avec Johnny Moss la particularité d'avoir gagné le Main Event des WSOP trois fois. Record encore inégalé à ce jour.
Plusieurs livres ont été écrits sur sa vie. On retiendra le fameux "Joueur né" (One of a Kind) et le film du même nom. Un autre film "High Roller. The Stu Ungar Story" raconte la vie du Kid.

Il épousa sa petite amie de longue date, Madeline, à Las Vegas. Ils eurent un enfant, mais leur relation aboutit dans la même impasse que sa vie. En 1986, après neuf ans de mariage, Madeline se résigna au divorce, tout en restant proche de Stu. Avant cela, elle s'était battue pour chasser les drogues de leur vie commune, luttant farouchement contre la forte charge émotionnelle de cette situation. Leur fille resta avec Madeline et Stu ne put jamais se défaire du sentiment d'avoir échoué dans son rôle de père.
Se sortir de sa situation personnelle semblait impossible à Ungar. A la demande de sa fille et suivant ainsi les conseils de ses amis - parmi lesquels de nombreuses légendes du poker - il tenta à plusieurs reprises des cures de désintoxication, mais quitta chaque fois le programme avant d'arriver au bout. Dans ces conditions, ce n'était plus qu'une question de temps avant de voir le naufrage final d'un joueur de cartes hors du commun.

