Mis à jour le 02 Mar 26 par

Le Black Friday est une bonne chose : Interview de Barry Greenstein 1ère partie

Nous nous sommes entretenus avec le pro de la Team PokerStars Barry Greenstein pendant son voyage en Europe pour l'EPT et les WSOPE. Dans la première partie de notre interview, il parle de l'impact du Black Friday et des mérites d'une vie consacrée au poker.

Barry Greenstein
Barry Greenstein
 

PokerStrategy.com : En tant que joueur très majoritairement live, quel a été ton ressenti sur le Black Friday ?

Barry Greenstein : Pendant les premiers mois, les casinos étaient pleins, c'était donc très positif pour le poker en live. Depuis les WSOP, j'ai cependant pu constater un impact négatif parce que beaucoup de joueurs ont des fonds bloqués en ligne, particulièrement aux Etats-Unis. De plus, les gens jouent de plus petites limites qu'avant.

En fonction de l'évolution des évènements aux Etats-Unis, PokerStars pourrait me demander de voyager plus entre l'Amérique latine et l'Europe. 

PokerStrategy.com : Avez-vous dû prendre la défense du poker en ligne comme pendant la période qui a précédé le boom ?

Barry Greenstein : Je ne défendais pas vraiment le poker en ligne auparavant, j'ai toujours su que le poker n'était pas une activité très productive. Je dis toujours aux enfants de rester à l'école, je jouais au poker uniquement les weekends à l'époque. Au collège, j'aimerais que les enfants pratiquent le sport et non le poker. Quand j'ai signé chez PokerStars, je leur ai dit que si je devais communiquer pour un jeune public, je leur dirais qu'ils jouent trop au poker et qu'ils devraient faire autre chose en plus.

Quand j'ai dit cela à PokerStars, je leur ai aussi dit que s'ils n'appréciaient pas ce message, qu'ils ne me signent pas. Ils m'ont répondu de ne rien changer, ils se sont en effet rendus compte qu'il valait mieux que la plupart des clients soient des joueurs occasionnels.

"Même si ça fait mal, le Black Friday est une bonne chose"

PokerStrategy.com : Est-ce que vous avez dû communiquer de nouveau sur la question depuis le Black Friday ?

Barry Greenstein : J'ai dû parler à beaucoup de joueurs déprimés qui pensaient que leur vie était terminée. Certains n'étaient peut-être pas sérieux mais j'ai entendu plusieurs d'entre eux parler de suicide. Le message que je veux faire passer à la communauté, c'est que la vie n'est pas finie parce que le poker en ligne a disparu, que peut-être c'est une bonne chose que cela soit arrivé avant que certains aient une famille à nourrir.

Vous ne devez pas mettre tous vos oeufs dans le même panier, peut-être que cela a mis en avant une faille dans votre mode de vie. Je le dis dans mon livre, tu dois adapter le poker en fonction de ta vie et pas l'inverse.

Ces gamins perdus sans poker ont peut-être reçu une bénédiction. Si c'était toute leur vie aupravant, ils vont réaliser qu'il y a autre chose dans la vie. Les gens vont peut-être me haïr pour ces déclarations mais croyez-moi j'ai aussi beaucoup perdu à cause du Black Friday, j'ai beaucoup investi dans le online.

PokerStrategy.com : Que suggéreriez-vous aux joueurs de faire pendant qu'ils ne peuvent pas jouer au poker ?

Barry Greenstein : C'est le parfait moment pour essayer des nouvelles choses, peut-être passer un diplôme si vous n'en avez pas encore, mais l'important est de faire quelque chose auquel on tient. Quand je jouais beaucoup au poker étant plus jeune, je faisais plein d'autres choses : je lisais, je jouais au golf, j'ai monté des entreprises. Même si ça fait mal, le Black Friday est une bonne chose.

Le Poker est un monde virtuel, les joueurs ont besoin de revenir à la réalité de temps en temps. J'approche des mes 60 ans et je ne dirais pas que j'aurais voulu jouer plus au poker, j'aurais aimé avoir réalisé plus de choses. J'ai accompli beaucoup, j'ai écrit des lives, j'ai monté une entreprise de logiciels, j'ai eu un doctorat, j'ai élevé 6 enfants, bref une vie bien remplie mais pour la plupart des joueurs que je connais, ce n'est pas le cas.

"Les performances au Poker sonnent creux, certains de ces joueurs se demanderont ce qu'ils ont fait de leur vie"

PokerStrategy.com : Cela doit être difficile pour certains de ces joueurs de faire autre chose alors que l'argent coulait à flot auparavant ?

Barry Greenstein : Les performances au poker sonnent creux, certains de ces joueurs se demanderont ce qu'ils ont fait de leur vie, peut-être qu'ils n'ont pu tomber amoureux parce qu'ils jouaient trop et c'est aussi valable pour les joueurs perdants. S'ils n'ont pas réussi à faire de l'argent, là ils voudont vraiment se suicider.  

On parle quand même de jeunes gens intelligents qui ont beaucoup à offrir, mais le succès ne se calcule pas à l'aune de l'argent gagné de nos jours. Quand j'étais jeune, le succès, c'était rendre le monde meilleur. Les pros du poker actuels n'accomplissent pas grand chose quand on y pense.

C'est l'opportunité d'arriver à se prouver qu'on peut faire autre chose, beaucoup de joueurs n'ont jamais fait de véritables efforts, ne se sont jamais testés. J'ai monté une entreprise de logiciels pour me prouver que je pouvais le faire, j'ai passé des nuits blanches pour en faire un succès. Ce n'est pas que de l'intelligence, c'est beaucoup de travail, de sueur, c'est l'école du succès Thomas Edison school.

Rejoignez-nous demain pour la seconde partie de l'interview, où nous discuterons avec Barry des prop bets.

suivez @Barry_Carter sur Twitter.