Mis à jour le 06 Août 26 par

Lucien Cohen, le mal aimé

Après sa victoire à l'EPT de Deauville 2011, on pensait ne plus jamais entendre parler de Lucien Cohen et qu'il rejoindrait les Jerry Yang, Jamie Gold et autres vainqueurs d'un jour devenus par la suite has been de toujours...

Un joueur atypique

Ratman et sa mascotte
(crédits photos : PokerStarsBlog.com)

En effet, cet amateur approchant la cinquantaine avait créé la surprise en devenant le premier joueur français à s'imposer dans l'étape hexagonale de l'EPT. Mais là où Lucien Cohen a réussi à se distinguer, et du même coup diviser les opinions le concernant, c'est dans son attitude à la table : une joie trop fortement exprimée et une rage de vaincre qui frise souvent avec les limites de l'éthique.

"Livetard" pour certains, "chattard" pour d'autres, Lucien Cohen a par la suite fait mentir toute la profession en remportant le 500€ Deepstack de l'ACF qui est un tournoi incomparable à un EPT mais qui aurait tout de même pu sembler hors de sa portée. Nouveau coup de théâtre, le dératiseur de son état vient d'accomplir un nouveau deep-run, dans la finale de l'EPT, en terminant à la très belle 33ème place, pour 30.000€. Le cas Lucien Cohen fait donc un premier débat autour de son niveau de poker.

Chanceux ? Certainement. Pour se construire ce palmarès, Lucien Cohen a évidemment bénéficier de beaucoup de chance. Mais quel joueur peut remporter un titre sans chance ?

Médiocre ? Pas sûr. S'il est certain que Lucien Cohen n'a pas le bagage technique d'un Basou ou d'un Locsta, il possède peut-être des qualités que de très bons jeunes joueurs n'ont pas encore. Ratman sait se faire payer (demandez à Hugo Lemaire) et sait analyser ses adversaires. Personne ne peut nier qu'il a au moins le feeling et le timing. Où ne serait-ce en fait qu'un magnifique rush qui ne peut que s'arrêter ?

Un athlète du poker ?

Lucien Cohen ou le triomphe modeste
(crédits photos : PokerStarsBlog.com)

Le deuxième débat à son sujet (le plus polémique) est son attitude à la table. L'intéressé se défend en comparant ses joies manifestées à celles des sportifs. Il est vrai qu'un footballeur qui marque un but ou Rafael Nadal qui gagne n'importe quel point manifeste son enthousiasme de manière spectaculaire et souvent rageuse. Mais est-ce que remporter un flip peut justifier le fait d'enlever son tee-shirt et le jeter dans le public ? Non. Alors peut-on comparer le poker à ces sports ? Les enjeux financiers, l'individualité, la compétition, la quête du titre, la médiatisation... sont comparables mais une poker room n'est pas un playground.

L'attitude demandée aux joueurs de poker se rapprocherait plus du golf, du backgammon et des échecs : un sport de combat non-violent entre gentlemen. A la décharge de Lucien, les golfeurs débutants doivent passer leur Carte Verte (permis de golfer) pour apprendre l'éthique et pouvoir se mélanger aux autres alors que jouer au poker au niveau international ne nécessite aucune "éducation". Sans accuser, ni défendre Lucien Cohen, c'est peut-être le poker lui-même qui devient victime de son succès en ayant voulu se démocratiser de manière aussi large : le poker rassemble maintenant un panel représentatif de la société avec tout ce que cela implique...

 

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