5 Card Draw (2) - prédraw et draw
Introduction
Dans cet article
- Quels facteurs influencent votre choix de mains de départ
- Une table des mains de départ (SHC)
- Comment procéder lors du tirage
Grâce à l'article précédent, nous nous sommes familiarisés avec les règles et en savons plus sur la nature même du jeu. Dans ce deuxième article, nous allons nous pencher sur quelques éléments stratégiques de cette variante. Puisqu'il n'y a que deux tours d'enchères dans ce jeu, les bluffs ont une valeur implicite moindre (en particulier dans le format Fixed Limit) et il en va de même pour les moves sophistiqués. Cependant, arrivé à un niveau avancé, il devient possible de brouiller un peu les pistes afin de ne pas être exploité et d'être payé plus souvent.
Conseils de bases et mains de départ prédraw
Il est important de travailler sur son image de joueur, en particulier aux limites moyennes et hautes. Le jeu aux petites limites est plus linéaire et vous devriez généralement jouer vos cartes pour ce qu'elles sont et essayer de faire un minimum d'erreurs. Pour battre les limites basses, il est nécessaire de savoir quelles approches sont profitables lorsqu'on décide de jouer une main, mais également quand vous devriez miser ou relancer après le tirage.
Le premier élément sur lequel nous allons nous pencher quant à la stratégie est la sélection de mains en 5 card draw. Lorsque vous choisissez les mains de départs avec lesquelles vous souhaitez entrer en jeu, vous devriez être attentif aux choses suivantes :
- Les 5 cartes que vous avez reçues
- Votre position à la table
- Les mises qui ont été effectuées avant vous
- Le niveau d'agressivité de la table, ainsi que son caractère loose ou non et sa passivité
- Comment vous pensez que vos adversaires vous perçoivent, votre image à la table
- Les actions passées des adversaires impliqués, que ce soit leur comportement de mise ou de tirage. Vous devez observer tout cela ou utiliser les options d'historique des mains.
Gardez ces six choses en tête lorsque vous sélectionnez vos mains prédraw. Nous allons les évoquer à nouveau au cours de cette série.
Les mains à jouer avant le flop (parties à 5 ou 6 joueurs)
Je souhaite tout d'abord vous énumérer une palette de mains jouables que vous êtes susceptibles de vouloir jouer dès vos débuts. Je vais débuter par les mains marginales et finir par les mains "stellaires" (c'est-à-dire, les mains plus ou moins imbattables) et vous indiquer ce que vous devriez faire dans l'idéal avec chacun de ces groupes de mains, en fonction de votre position à la table. Pour finir, je compte résumer le tout dans un tableau "d'éventails d'ouverture". Vous pourrez l'utiliser comme support le temps d'accumuler de l'expérience.
Une des règles essentielles que je vais m'efforcer de répéter est : lorsque vous entrez dans une main, faites-le via une mise ou une relance. Une des raisons pour cela (comme je l'ai déjà évoqué dans l'article précédent) c'est que lorsque vous pensez avoir la meilleure main potentielle predraw, vous serez presque toujours favori à 75 % ou plus contre un seul suiveur. Par ailleurs, votre cote implicite n'est généralement pas très bonne (dans le cas du FL 5CD). De plus, il n'y a qu'un tour d'enchères après le tirage et vos adversaires vont bien souvent ne pas vous payer dans la mesure où vous aurez éventuellement fait preuve de force prédraw et lors du tirage.
Une autre bonne raison d'être agressif prédraw est que cela permet de réduire la concurrence et de l'amputer des joueurs tirant vers une quinte/couleur ou un brelan de quelque sorte. Vous devez faire payer les joueurs ayant des mains marginales et, dans l'idéal, vous pourrez être payé une fois de plus une fois votre main améliorée.
Une main comme A-K-X-X-X ou trois cartes hautes vers une quinte ou une couleur ne devrait généralement pas être jouée.
Il y a quelques concepts avancés qui préconisent de relancer A-K-X-X-X high en HU, dans la mesure où il s'agira régulièrement de la meilleure main.
Dans environ 42 % des cas, vous toucherez une paire prédraw. En début de parole en 6-handed, vous devriez bien entendu miser depuis UTG avec une paire d'As (AA) ou mieux. La paire de roi (KK) est plus difficile et marginale. En 6-handed, KK sans as est légèrement outsider face à l'ensemble des adversaires, tandis que K-K-A-X-X est favori à plus de 50 %, et devrait donc être jouée. Je recommande de coucher KK UTG lorsque vous n'avez pas l'as en kicker. Toutes les autres paires devraient être couchées.
En 5-handed, vous devriez miser dès UTG avec KK ou mieux. La main limite dans ce format depuis UTG est QQ. Si vous n'avez pas Q-Q-A-K-X, je vous recommande de vous coucher dans la mesure où QQ ne sera en tête que dans 47 % des cas face au field.
Les mains à tirages sont spéculatives mais peuvent devenir très fortes lorsqu'elles se réalisent. Les mains à tirages les plus jouables sont les tirages couleurs à 4 cartes (par exemple Ac, 10c, 9c, 6c, X), le tirage quinte bilatéral (7-8-9-10-X), le tirage gutshot et couleur ou encore le tirage quinte flush bilatéral. Vous devriez coucher les tirages moins forts, comme par exemple les gutshots, à moins d'avoir une excellente cote (11 fois le montant à suivre). Mais c'est rarement le cas.
Vous aurez 4 cartes d'une couleur dans environ 4.5 % des cas et un tirage quinte bilatéral dans 3 %. Si vous avez l'intention de jouer une main à tirages, vous devez vous assurer que vous le faites avec la bonne cote du pot (pot odds). Les mains à tirages peuvent parfois être jouées agressivement lorsque le timing et votre image à la table s'y prêtent. Vous les jouez ainsi avec l'intention de faire un continuation bet lorsque vous manquez. Au fur et à mesure de votre progression, vous allez commencer à intégrer ceci à votre jeu pour équilibrer votre éventail composé de double paire et brelan. Mais il s'agit là d'un concept plus avancé que nous traiterons dans les articles suivants.
Ce que vous devriez savoir sur les mains à tirages :
Ne jouez que les tirages quinte bilatéraux ou bien les tirages couleurs à 4 cartes. Un tirage couleur a une cote de 4,22:1 (9 outs) de devenir une main faite, tandis qu'un tirage quinte bilatéral a une cote de 4,88:1 (8 outs).
Ignorez les autres tirages, dans la mesure où vous avez rarement une cote suffisante pour pouvoir les jouer. Dans certains cas, vous pouvez faire un semi-bluff avec une main comme A-K-Q-10-X, mais vous ne pouvez le faire qu'en fin de parole lorsque tout le monde s'est couché avant vous (en SB généralement).
L'approche correcte concernant les mains à tirage est de suivre avec un tirage couleur ou un tirage quinte bilatérale lorsqu'on a la bonne cote. Ne faites jamais d'opencall avec un tirage quinte bilatéral ou couleur depuis UTG ou en début de parole.
C'est une erreur car a) vous ne savez pas combien de joueurs vont encore entrer dans le pot et bien souvent, vous n'aurez pas la cote suffisante et b) vous annoncez beaucoup de faiblesse et les bons joueurs vont souvent chercher à exploiter cela en vous relançant..
Par ailleurs, s'il y a un fold jusqu'au SB et BB et s'ils améliorent leur main, alors un bluff est souvent une mauvaise idée (surtout s'ils ont déjà observé cela par le passé) c'est tout simplement trop évident. Préférez donc jouer pour la bonne cote. Cela signifie que vous devez avoir au moins 4:1 ou 5:1 de cote du pot pour suivre votre tirage à 4 cartes.
Il peut y avoir certains pots avec beaucoup d'action où un overcall avec une cote du pot légèrement inférieure peut être justifié. Si vous réalisez votre tirage dans un tel cas, alors vous serez souvent payé lors du tour post-draw. En bref : vous pouvez occasionnellement prendre la cote implicite en compte lorsque vous envisagez de suivre avec un bon tirage mais que la cote du pot est marginale ou légèrement trop faible.
Ce concept peut être difficile au départ lorsque vous n'avez pas l'expérience nécessaire pour bien appréhender de telles situations (par exemple, déterminer si les joueurs en présence vont être prêts à suivre régulièrement une mise lors du tour post-draw). Si vous débutez dans cette variante, il peut être bon d'opter pour l'approche prudente et de coucher votre main. Les situations typiques où vous aurez la cote suffisante pour suivre une main à tirage sont celles où vous êtes au SB, au BB et parfois au Button (lorsque les trois premiers joueurs ont suivi dans une partie 6-handed)
Il y a des situations où il peut être justifié de relancer avec une main à tirage pour le semi-bluff. Si vous optez pour ce move, alors vous devriez penser aux choses suivantes :
- a) Si vous loupez, vous devriez toujours enchaîner avec un continuation bet. Quel serait l'intérêt d'une relance en premier lieu si vous décidez de checker lorsque vous loupez ? Cela risque de vous créer une image très weak. Cependant, n'essayez pas de bluffer post-draw dans un pot multiway. Vous devriez vous contenter des pots heads-up et parfois 3-handed. Si votre adversaire suit, alors cela augmente vos chances de vous faire payer à l'avenir, lorsque vous aurez une main forte. Aux limites faibles et moyennes, bon nombre de joueurs ont tendance à trop s'adapter lorsqu'ils ont vu un joueur bluffer (et vice versa, lorsqu'ils ont vu quelques mains fortes abattues, ils vont avoir tendance à plus se coucher).
- b) Soyez au fait de votre image à la table lorsque vous envisagez de relancer une main à tirage.
- c) Soyez également au fait de la propension de vos adversaires à suivre/se coucher. Sont-ils prêts à suivre lorsque vous touchez et/ou à se coucher lorsque vous avez manqué ?
Si vous touchez une main comme 9-10-J-Q suited - un tirage quinte flush bilatéral - vous devriez jouer celle-ci agressivement. Il s'agit d'une main favorite à 58 % contre un joueur ayant une paire en heads-up. Contre plusieurs adversaires, c'est une main qui a un excellent potentiel. Vous avez 31% de chance de toucher (9+6 outs = 15 outs) et vous pouvez donc envisager un overcall avec cette main si vous êtes confronté à une relance suivie d'une sur-relance. Si vous êtes confronté à une seule relance prédraw, opter pour un 3-bet n'est pas vraiment une erreur. Si vous loupez votre tirage, enchaînez avec un continuation bet post-draw, comme expliqué en (3).
Un tirage gutshot couleur a 25 % de chances de se réaliser (9+3 = 12 outs). De la même façon, il est bon de le relancer first-in, mais il est nettement plus difficile de toucher, vous devriez donc être plus prudent lorsque vous le jouez et chercher à avoir une bonne cote pour ce faire (il vous faudra 2.92:1).
Si vous recevez une double paire faible, moyenne ou élevée, vous entrez évidemment en jeu via une relance. Depuis pratiquement toutes les positions, vous allez également sur-relancer si vous êtes confronté à deux mises, dans la mesure où vous aurez très souvent la meilleure main. Les doubles paires sont de bonnes mains prédraw, mais elles sont potentiellement vulnérables. Si trop de joueurs suivent et se joignent à la fête, alors vous allez devoir être fort prudent lors du tour post-draw. Vous pouvez être battu par une meilleure double paire, un brelan, une quinte et une couleur.
Vous allez recevoir une double paire dans 5 % des cas. Rappelez-vous bien qu'avec une double paire, vous tirez toujours vers 4 outs (pour compléter un full) et vous devriez donc jouer de manière rapide et agressive, dans la mesure où vous souhaiteriez avoir moins d'adversaires dans le pot. Ne soyez pas sur-agressif avec une double paire, surtout après le tirage. De temps en temps, vous serez également battu dès le tour prédraw par un brelan ou une meilleure double paire.
La seule double paire avec laquelle j'envisagerais un cap est celle contenant une paire d'as. Si vous optez pour cette approche, il va falloir être très attentif à ce qui se passe durant le tirage et à ce que votre adversaire fait s'il est premier à parler. Si les rôles sont inversés et que c'est à vous de parler en premier, alors il est parfois justifié de checker et parfois préférable de faire un value bet (cela fait partie des concepts plus avancés) - cela va dépendre de votre adversaire et de ses actions passées.
Les brelans sont presque des mains "stellaires" et ils sont largement favoris face à n'importe quel adversaire en HU, mais également face à plusieurs adversaires. Un joueur ayant une paire a une cote de 7,75:1, soit 11% de chances de toucher un brelan.
Vous allez recevoir un brelan dans votre main de départ dans environ 2 % des cas et, encore une fois, vous devriez les jouer sans détour et de manière agressive, dans la mesure où vous souhaitez que les paires et doubles paires payent, mais également isoler les mains à tirages. Si vous êtes confronté à une relance, alors vous devriez systématiquement sur-relancer. Lorsque vous êtes confronté à une relance et une sur-relance, alors vous devriez opter pour un cap dans une majorité des cas - votre main sera très souvent la meilleure prédraw.
Les mains comme les quintes ou couleurs complètes, les fulls et les carrés sont appelées mains "stellaires" car elles peuvent généralement être considérées comme étant plus ou moins imbattables. L'approche idéale est donc de les jouer avec une agressivité maximale prédraw, puisque, bien souvent, vous n'allez pas vous les faire payer pleinement lors du tour d'enchères suivant. Parfois, vous allez être suivi par un incrédule qui refuse de coucher son brelan, mais dans la plupart des cas, ce sera par un autre joueur avec un "stand pat" (moins bon, espérons-le).
Parfois, vous pouvez envisager un call en début de parole, qui équivaut donc à un slowplay. Mais, pour ce faire, vous devriez être confronté à un certain nombre de "chacals", ou d'adversaires agressifs mais peu perspicaces qui vont relancer tous types de mains. Si vous arrivez à les faire entrer en jeu agressivement, alors c'est idéal car vous pouvez alors faire un 3- ou 4-bet lorsque c'est à nouveau à votre tour de parler prédraw. Rappelez-vous que, si vous décidez de limper, il est envisageable que des mains à tirages vous rejoignent, il est donc important d'apprendre à les repérer.
Si vous êtes confronté à une relance prédraw, ne suivez pas avec les mains que vous pensez meilleures : sur-relancez les plutôt !
Souvenez-vous que, si vous avez une main forte ou une main dont vous pensez qu'elle sera la meilleure vue l'action à la table, alors ne vous contentez pas de suivre si vous êtes confronté à une relance. Préférez opter directement pour un 3-bet. Même si vous pensez que la situation est marginale, en règle générale, si votre main vous semble assez forte pour être suivie, alors elle l'est également pour être relancée !
La plupart du temps, vous serez favori à 75 %, en HU prédraw et la cote implicite est généralement relativement faible après le tirage. Ce qui fait que si vous êtes confronté à une relance prédraw, que vous êtes assis au cutoff avec KK-AA et que vous pensez que votre main sera plus forte que l'éventail du relanceur initial, alors vous devriez opter pour une sur-relance si vous souhaitez participer à ce pot.
Vous désirez également isoler l'adversaire des autres paires ou mains à tirages qui pourraient être tentées de joindre le pot. Ainsi, vous leur proposez un prix trop élevé pour suivre et vous obligez le relanceur initial à payer plus d'argent s'il souhaite continuer à jouer. Faites la même chose avec vos doubles paires et bien entendu avec vos brelans et vos mains stellaires. Vous devez aspirer à toujours être l'agresseur et avoir le "contrôle" de la table. Punissez les suiveurs faibles !
Élargissez votre éventail au fur et à mesure de votre progression - soyez actifs depuis les blinds !
Certaines des recommandations faites ci-dessous concernant les éventails d'open-raise peuvent sembler un peu trop tight et, bien entendu, vous allez être en mesure d'élargir votre éventail au fur et à mesure que vous accumulez de l'expérience et devenez un meilleur joueur. Par exemple, en étant first-in, vous pouvez relancer 77 depuis le button, si vous avez des cartes élevées pour accompagner votre paire (par exemple 77AKx). Car il devient alors moins probable qu'un joueur parlant après vous ait une paire d'as ou de rois en main.
Vous devriez également vous efforcer d'être particulièrement actif lorsque vous êtes seul face au BB. Personnellement, j'attaque souvent depuis le SB, même avec des mains comme AK-high. Contre les joueurs tight/prudents c'est clairement un move EV+. De la même façon, j'aime sur-relancer depuis le BB les joueurs du SB qui sont constamment agressifs en situation de blind vs. blind.
Dans les cas extrêmes, je vais jusqu'à le faire avec 99-TT, mais la plupart du temps ce sera surtout avec KK-AA. Dans le dernier cas, je serai en tête dans une majorité des cas et, comme je dispose par ailleurs de la position pour le prochain tour, c'est clairement une approche EV+.
Notez bien que nous parlons ici du 5CD au format Fixed Limit. En PL ou NL, il y a bon nombre de spots où se contenter de suivre une simple relance avec une double paire est la bonne approche, pour le contrôle du pot. Dans ces variantes, la position joue un rôle plus important et, bien souvent, la cote implicite est un élément primordial à prendre en compte. Il y a également des aspects de fold equity qu'il convient de prendre bien plus souvent en compte qu'en FL 5CD.
Lorsque vous êtes confronté à une relance en NL ou PL et que vous pensez que votre main est marginale, alors vous pouvez vous contenter d'un flat call, mais vous devez être attentif à rester équilibrer et à la relancer, par exemple, dans 2/3 des cas, pour ne pas sembler trop passif et transparent (sans quoi, vous risquez fort de devenir un punching-ball). Nous reviendrons plus en détail sur le PL et le NL dans les articles à venir.
Le tableau ci-dessous vous présente les éventails de mains de départ que je vous recommande de jouer pour vos débuts en 5CD, afin de devenir un joueur gagnant. Je ne répéterais jamais assez à quel point il est essentiel que vous relanciez toujours avec ces mains.
| Position et format | Éventail d'openraise |
| UTG 6-handed | KKA - AA ou mieux |
| UTG+1 6 handed
UTG+1 5-handed |
First in : JJ-QQ ou mieux
First in : JJAKQ-QQ ou mieux |
| Cutoff 6-handed
Cutoff 5-handed |
First in : JJ-QQ ou mieux
First in : TT-JJ ou mieux |
| Button 6-handed
Button 5-handed |
First in : 99-TT ou mieux
First in : 88-TT ou mieux |
| SB (tous les formats) | First in : Les débutants devraient relancer 88 ou mieux. Les Novices peuvent relancer 55 ou mieux. Les experts/ joueurs plus expérimentés peuvent relancer toutes les paires voire même AJ+. |
| BB (tous les formats) | suivez avec tout ce que vous pensez être en bas de votre éventail d'openraise. Soyez prêt à sur-relancer AA-KK ou mieux (parfois même JJ-QQ ou mieux) lorsque vous êtes seul face à un relanceur SB un tant soi peu loose et agressif |
Drawing/"carding"
L'action de tirer (drawing, ou encore "carding") constitue un élément essentiel des informations dont vous disposez et vous devriez l'étudier en détail à l'aide des structures de mises. N'oubliez pas non plus que vous envoyez des informations à vos adversaires lorsque vous tirez. Un concept général concernant le 5 CD : vous souhaitez envoyer le moins d'informations possibles sur la force de votre main.
On ne peut malheureusement pas toujours le faire, dans la mesure où, lorsqu'on reçoit une paire, on tire 3 cartes à chaque fois. Cependant, lorsqu'on a un brelan, on peut décider de tirer vers une seule carte. Ainsi, ce que l'on représente via l'échange de cartes n'est pas toujours aussi évident. Cela permet également d'équilibrer les éventails de brelan, de doubles paires et parfois de semi-bluffs. Mais nous y reviendrons.
Dans les situations où vous avez une main comme une paire (par exemple KKXXX) et que vous êtes suivi, vous tirez toujours vers 3 cartes afin d'améliorer votre main. Cependant, il y a bon nombre de joueurs qui aiment à compliquer le processus lorsqu'ils ont des paires, afin de tromper leurs adversaires, ou éventuellement de ralentir l'action post-draw. Repassons quelques situations concernant le tirage avec des mains spécifiques que l'on aura reçu prédraw.
Vous avez reçu une paire de type KKAXX et vous relancez depuis le cutoff. Vous êtes suivi par le BB, qui décide d'échanger deux cartes et c'est maintenant à vous de changer vos cartes. Notre conseil ici est : peu importe que votre adversaire ait tiré une, deux ou trois cartes, vous en tirez toujours 3 lorsque vous avez une paire dans une telle situation.
Garder le kicker n'est généralement pas une bonne idée et ce, pour plusieurs raisons. Premièrement, l'adversaire a défendu depuis le BB, ce qui ne semble pas indiquer une main très forte. S'il avait un brelan, il vous aurait sans doute sur-relancé prédraw. On peut partir du principe qu'il aura souvent une paire faible ou moyenne et aura gardé le kicker. Celui-ci sera souvent un As (voire un roi) Et vous devriez donc coucher votre kicker pour tirer trois cartes et améliorer vos rois. D'autre part, garder un kicker n'augmente pas vos chances de toucher une double paire. Ce qui importe le plus ici, ce sont vos chances de toucher un brelan, qui augmentent fortement lorsque vous échangez trois cartes. Dans cette situation, si vous touchez KKK, alors vous pourrez faire une value bet (voire une sur-relance) post-draw et espérer être payé.
Lorsque vous recevez une double paire, l'action est relativement simple : vous échangez une carte dans l'espoir de toucher un full. Certains joueurs décident de "stand pat" avec une double paire (c'est assez rare, mais ça arrive). Ils font cela pour plusieurs raisons. Parfois parce qu'ils pensent qu'une double paire est une "main stellaire" ce qui fait qu'ils relancent et sur-relancent puis "stand pat" et finissent par faire un value bet en pensant que les autres joueurs vont les suivre de manière loose.
Certains autres joueurs font cela car ils souhaitent être agressifs prédraw et checkent ensuite post-draw pour le contrôle du pot. Je pense que toutes ces idées sont très mauvaises et n'apportent pas grand chose. Contentez-vous de tirer une carte lorsque vous avez une double paire et essayez de prendre la meilleure décision possible post-draw, après avoir vu le nombre de cartes que votre adversaire (ou vos adversaires) a échangées.
Lorsque vous avez un brelan, il est difficile de déterminer exactement quelle est la meilleure approche de drawing/carding. Les facteurs régissant votre décision sont maintenant multiples, puisque vous avez une main forte avec laquelle vous comptez miser la plupart du temps après le tirage, mais que vous souhaitez être payé. Si vous décidez d'échanger deux cartes, vous avez alors plus de chances de toucher un carré (ce qui sera tout de même assez rare) et si vous gardez un kicker, vous augmentez vos chances de toucher un full.
Avec une plus grande expérience en 5 CD, vous allez clairement voir les effets de l'échange d'une ou deux cartes lorsque vous avez un brelan. D'après mon expérience, je peux dire que je tends à plutôt n'échanger qu'une seule carte lorsque j'ai un brelan. En fonction de ma position, du nombre de joueurs dans le pot et des tendances des adversaires à éventuellement bluffer ou surreprésenter une main, il peut m'arriver d'en échanger deux. Lorsque je suis hors position et que le pot a été cappé et est multiple, alors je décide généralement de changer deux cartes, surtout lorsque j'ai un brelan inférieur à 888. Dans ce cas, ma main semble évidente, mais dans de tels spots, il y aura bon nombre de mains à potentiel comme les paires élevées et les tirages.
Les autres fois où j'échange deux cartes sont, par exemple, les cas où je suis first-in depuis le button. Cela fonctionne généralement bien contre des joueurs qui aiment à défendre leur BB - et qui vont donc souvent me mettre sur un steal. Ou bien contre les joueurs qui limpent avec JJ-AA en début de parole et espère toucher une double paire. Dans les deux cas, il s'agira de joueurs souvent prêts à nous suivre post-draw dans la mesure où ils penseront que j'ai joué ainsi avec une paire et un kicker.
Mais dans la majorité des cas je vais préférer décompter une carte et équilibrer ainsi mes éventails de brelans, double paires et semi-bluffs. Cette approche est celle que je vous recommande d'adopter. Cela laisse notre adversaire dans le brouillard et les poussera également souvent à checker (lorsqu'on a la position), nous permettant de choisir de faire un value bet avec nos brelans, d'autant qu'on sera rarement confronté à un check/raise dans ces spots.
Cependant, il est important de noter qu'il s'agit de mon expérience personnelle, basée sur l'image que je me suis créée aux tables. Vous devriez expérimenter un peu et voir ce qui vous convient le mieux, conformément à vos actions passées et à la dynamique de la table. En règle générale, je vous recommande de n'échanger qu'une carte dans la plupart des cas lorsque vous recevez un brelan prédraw.
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