Mis à jour le 13 Mar 26 par

Le principe de Peter

Le « Principe de Peter » appartient au domaine des sciences économiques. Ce principe explique que les employés d'une entreprise sont promus à des postes supérieurs jusqu'à ce qu'ils occupent un poste pour lequel ils ne sont plus compétents. On peut certainement appliquer ce principe à la fonction publique. Tous ceux qui ont déjà été exaspérés par un employé d'une administration savent de quoi je parle.

Si l'on part du principe que ce concept s'applique à grande échelle, il en résulte une image de notre société assez pessimiste. Cela voudrait dire que les positions stratégiques de notre société sont occupées par des gens incompétents. Ce genre de réflexion est évidemment du pain béni pour les dénigreurs de notre société.

Personnellement, je pense qu'à la base ceci n'est pas totalement faux, et que c'est un bon point de départ pour un certain nombre de réflexions. Je pense toutefois que la plupart des positions sont occupées par des gens compétents qui n'ont pas été encore promus car a) ils n'occupent pas ce poste depuis assez longtemps b) ils sont sous-estimés ou c) ils n'ont personne au niveau de la direction qui pourrait plaider en leur faveur.

En appliquant ce principe au poker, apparaissent les problèmes suivants :

Certaines personnes jouent à leur niveau d'incompétence.

Ils ont bien suivi les principes d'ascension des niveaux, jusqu'à arriver à un niveau où ils sont passés du statut de joueurs gagnants à celui de joueur perdants. La marche à suivre serait évidemment de redescendre d'un niveau, et de retrouver ainsi une limite où l'on arrive à gagner. Mais on a par nature la rétrogradation en horreur. Pour certains, c'est un vrai problème psychologique. Il semble qu'ils préfèrent perdre de l'argent plutôt que de reconnaître leur échec.

C'est bien sûr une erreur. D'une part, ce n'est pas un véritable échec, lorsque l'on gravit les échelons prestement, il est évident que l'on va tôt ou tard se heurter à de la résistance. On ne peut pas espérer atteindre le sommet en un éclair. Le développement des facultés de poker requiert beaucoup de temps. D'autre part, si c'est vraiment un échec, il n'y a pas de honte à cela. La façon dont l'échec est perçu au sein d'une société est directement liée à la « culture de l'échec » qui y règne. Chez nous, celui qui échoue est souvent méprisé et doit supporter les railleries ou les leçons de ceux qui savent toujours tout mieux que les autres (tu vois, je te l'avais dit !). Aux USA par contre, on récompense plutôt le courage d'avoir pris un risque (respect pour ton courage, la prochaine fois ça marchera sans doute !).

L'essentiel : Echouer n'est pas une honte ! Redescendez une marche et préparez vous tranquillement à la prochaine ascension !

 

Certains voient leur taux de gains diminuer.

C'est une forme allégée du principe de Peter. Mettons que l'on gagne en moyenne 2 big bets par heure à la limite 10/20 $. On grimpe alors en 15/30 et on ne gagne « plus » que 1 BB par heure. Le profit s'en trouve altéré. Ceci est naturellement moins grave que le point précédent. De plus, on ne peut estimer son taux de gain qu'après un nombre important de mains, c'est à dire qu'il est envisageable que l'on ait eu, directement après l'ascension, plus de malchance que la normale. Je voulais juste évoquer ce phénomène ici.