Mis à jour le 13 Mar 26 par

Les différents types de mises - Le continuation bet

Avant-propos

Avec une main de départ ne contenant pas de paire, on touche dans un bon tiers des cas quelque chose sur le flop, que ce soit une main faite, paire ou mieux, ou bien un bon tirage. Lorsque l'on est l'agresseur préflop on se retrouve donc dans la plupart des cas sur le flop sans avoir rien touché, c'est à dire aucune main justifiant le fait de continuer à jouer. Mais c'est également vrai pour l'adversaire. Ceci conduit donc régulièrement à des situations où aucun des joueurs impliqués n'a de main faite ou de bon tirage. Et dans de telles situations, c'est souvent le premier qui bluffe qui remporte la main. D'autre part, le fait d'avoir montré de la force avec une relance préflop « intimide » dans une certaine mesure l'adversaire qui se couche souvent contre une nouvelle mise sur le flop. Une telle mise, qui n'est que la suite logique de l'action préflop, est appelée « continuation bet ».

 

Bases théoriques

Définition et principe du continuation bet

Un continuation bet est une mise sur le flop ou sur les tours suivants effectuée par le joueur qui a relancé en dernier préflop. Le nom exprime bien la fonction d'une telle mise : l'agresseur préflop inscrit son jeu post-flop dans la continuité de son agression préflop, et ce afin de remporter le pot immédiatement avec sa main non améliorée.

Un continuation bet possède les caractéristiques suivantes :

a. C'est l'agresseur préflop qui mise, c'est-à-dire, celui qui a misé en dernier avant le flop.

b. Aucun joueur n'a encore misé sur le flop.

c. L'auteur du continuation bet n'a rien touché sur le flop, c'est-à-dire qu'il n'a ni main faite, ni tirage.

On fait un continuation bet quand, en tant qu'agresseur préflop, on n'a rien touché sur le flop, mais qu'on pense avoir de bonnes chances de remporter le pot immédiatement. On utilise ainsi le fait qu'il arrive souvent que personne n'ait touché sa main sur le flop, auquel s'ajoute l'effet produit par l'agressivité préflop sur son image, afin de remporter le pot par un bluff. On a déjà montré de la force et c'est souvent suffisant pour intimider le ou les adversaires, c'est pourquoi le continuation bet réussit assez fréquemment.

La théorie mathématique sous-jacente

Comme pour tout bluff, la probabilité de réussite et la taille de la mise sont intimement liées.

Exemple :

Party Poker No-Limit Hold'em (NL$50) (10 handed)

Hero ($51.00)
SB ($48.00)

Preflop: Hero is CO with K, A.
6 folds, Hero raises to $2.00, 1 folds, SB calls $1.75, 1 folds.

Flop: ($4.50) T , 2 , 9 (2 players)
SB checks, Hero …

Les composantes du continuation bet sont ici toutes réunies. La question est donc maintenant de savoir avec quelle fréquence on doit remporter le pot grâce au continuation bet afin que celui-ci offre une espérance de gains positive.

Scénario A : Hero fait un continuation bet de 1.50 $ (un tiers du pot). Il risque donc 1.50 $ afin de remporter 4.50 $. La cote du pot est donc de 3:1. Afin que ce soit profitable, Hero doit donc remporter le pot dans plus de 25% des cas.

Scénario B : Hero fait un continuation bet de 2.25 $ (moitié du pot). Il risque donc 2.25 $ afin de remporter 4.50 $. La cote du pot est de 2 :1. Afin que ce soit profitable, Hero doit remporter le pot dans plus de 33% des cas.

Scénario C : Hero fait un continuation bet de 3.00 $ (deux tiers du pot). Il risque donc $3.00 pour remporter 4.50 $. La cote du pot est donc de 1.5 :1. Afin que ce soit profitable, Hero doit remporter le pot dans plus de 40% des cas.

Scénario D : Hero fait un continuation bet de 4.50 $ (à hauteur du pot). Il risque donc 4.50 $ pour en gagner autant. La cote du pot est de 1:1. Afin que ce soit profitable, Hero doit remporter le pot dans au moins 50% de cas.

On peut donc logiquement en déduire la chose suivante : plus le continuation bet est élevé, plus il se doit de réussir pour être profitable.

 

Outs supplémentaires

Dans l'exemple précédent, il est également vrai que l'on a quelques outs qui éventuellement nous permettraient de l'emporter même si la mise venait à être suivie sur le flop. Dans l'exemple, on n'a qu'un tirage faible à deux overcards. Dans une situation heads up, on peut considérer avoir 4 outs décomptés, si le continuation bet est suivi. Cette possibilité doit aussi être inclue dans le calcul.

En supposant que l'on gagne en moyenne 10 $ de plus de la part de l'adversaire, s'il nous suit et si l'on touche un de nos quatre outs, on peut considérer les issues suivantes :

Scénario A : L'adversaire se couche face au continuation bet, et on gagne 4.5 $.

Scénario B : L'adversaire suit le continuation bet. On touchera un des outs sur le turn avec une probabilité d'environ 8,5%, et on gagnera alors 10 $ de plus. Dans 91,5% des cas, on ne touchera aucun de ses outs, et on se couchera sur le turn, en perdant ainsi les $2.5 investis. La perte moyenne, si on est suivi, est donc de: 0.085 * 10$ + 0.915 * (-2.5$) = -1.4375 $.

On peut donc maintenant voir à quelle fréquence le joueur doit se coucher face au continuation bet pour que cette action soit au moins break even, c'est-à-dire plus ou moins à 0.

0 = Pfold * 4.5$ + (1 - Pfold) * -1.4375 $

Ce qui donne : Pfold = 0.24

L'adversaire doit donc, à condition toutefois que l'on ait les outs pour les overcards évoqués, se coucher dans au moins 24% des cas pour que notre espérance de gain soit positive.

Cette opération est naturellement grandement simplifiée. On ne peut estimer que très grossièrement le nombre d'outs et la taille des gains associés si on touche effectivement l'un de ces outs. Mais il est important de bien comprendre dans quelle mesure les outs supplémentaires influent sur le pourcentage de réussite requis. Les tirages gutshot devront être traîtés à peu près de la même façon que dans l'exemple précédent. A ceci s'ajoute le fait que plus l'adversaire à tendance à payer, plus il faut considérer la présence d'outs supplémentaires comme favorable.

Mise en pratique du continuation bet sur le flop

Les facteurs décisifs pour la réussite

Comme déjà expliqué, un continuation bet réussi est une mise grâce à laquelle on remporte le pot directement. La probabilité de réussite d'un continuation bet peut tout d'abord être influencée par les adversaires eux-mêmes : leur nombre et leur tendance à suivre. La texture du tableau est un autre facteur à prendre compte, à savoir la probabilité que l'adversaire ait touché quelque chose, un bon tirage ou une main faite.

Texture du tableau

La texture du tableau est définie à l'aide de trois critères : la hauteur des cartes, leur connectivité (danger de tirages quinte), leur caractère assorti (danger de tirages couleur). Plus le degré de chacun de ces critères est élevé sur le flop, plus il est probable que l'adversaire ait touché quelque chose, et moins le continuation bet a de chances de réussir.

Exemple 1 :

Le tableau sur le flop est Q J T . Ce flop est fort dangereux puisque les adversaires pourraient bien avoir touché quelque chose. Trois cartes relativement élevées, consécutives et assorties pour deux d'entre elles, tout ceci s'oppose plutôt à un continuation bet.

Exemple 2 :

Le tableau sur le flop est K 7 2. La probabilité que l'adversaire ait touché quelque chose est ici bien moindre. Une seule carte haute, pas de cartes consécutives, pas de cartes assorties, tout ceci plaide en faveur d'un continuation bet.

Exemple 3 :

Le tableau sur le flop est 7 6 3. Ce flop aussi n'est pas vraiment favorable à l'adversaire. Pas de cartes hautes, pas de cartes assorties. Puisque les cartes consécutives sont relativement basses, la consécutivité assez élevée n'est pas non plus vraiment effrayante. Tout ceci plaide en faveur d'un continuation bet. Mais sur un tel tableau, on est confronté à un autre type de problème : un continuation bet peut difficilement représenter autre chose qu'une overpair.

Exemple 4 :

Le tableau sur le flop est J J 4. Ce tableau est également assez favorable a un continuation bet. Pas de cartes assorties ou consécutives. Les deux Valets sont probablement aussi effrayants pour l'adversaire que pour nous. La probabilité qu'un adversaire ait un Valet est plutôt mince, puisqu'il y en a déjà deux sur le tableau. Se pose là encore le problème lié au fait que l'on ne peut représenter qu'overpair ou trips. Beaucoup de joueurs ne nous croiront pas forcément.

Exemple 5 :

Le tableau sur le flop : A T 5. Pas de cartes assorties ou consécutives, 2 cartes dans la playing zone, un flop assez propice aux continuation bets. L'As est bien souvent aussi effrayant pour l'adversaire que pour nous et on peut l'utiliser pour faire croire que l'on a touché une très forte main.

Comme vous pouvez le voir, la texture du flop n'influence pas seulement la réussite d'un continuation bet, elle détermine également la probabilité qu'un adversaire ait touché quelque chose. Elle influence également la crédibilité du continuation bet, à savoir qu'il soit le signe d'une grosse main. Chaque bluff, et le continuation bet en est un, est d'autant plus efficace que le mensonge est crédible.

Nombre et type d'adversaires

Plus il y a d'adversaires dans les tours d'enchères post-flop, plus il est envisageable, toujours en fonction de la texture du tableau, que l'un d'eux ait touché quelque chose qu'il n'abandonnera pas contre un simple continuation bet. Contre un seul adversaire, le continuation bet est assurément une des actions auxquelles on doit régulièrement avoir recours. Contre deux adversaires, il vaudra mieux attendre des flops propices et la bonne position pour effectuer un continuation bet. Contre plus de deux adversaires, la probabilité que quelqu'un ait touché quelque chose est si importante qu'on ne fait pratiquement plus de continuation bets.

En plus du nombre d'adversaire, il faut observer le type d'adversaire auquel on a affaire et la probabilité que celui-ci aille jusqu'à relancer le continuation bet. On distingue ici trois types d'adversaires. Je décris chaque type de joueur conformément aux statistiques de PokerTracker. Celui qui n'a pas d'outil de type Pokertracker pour obtenir un profil d'adversaire devra se baser sur ses observations générales et sa lecture des mains. En règle générale : plus un joueur est agressif, plus il va jusqu'à l'abattage, et plus la chance de succès du continuation bet est faible.

Weak-tight : Les joueurs weak tight ne jouent que très peu de mains et ne continuent sur le flop que lorsqu'ils ont touchés une main très forte. Ces adversaires sont les victimes idéales pour un continuation bet : ils se couchent immédiatement s'ils n'ont pas une très bonne main. C'est pourquoi on peut faire des continuation bets contre ce genre de joueur même sur un tableau dangereux. On peut facilement reconnaître ce type d'adversaires à l'aide des stats offertes par Pokertracker. Ils ont des valeurs « VP$IP », « PFR » et « Went to Showdown » faibles, mais ont en revanche un facteur d'agressivité post-flop relativement élevé.

Tight-agressif : Les continuation bets fonctionnent relativement bien contre ce type d'adversaire. Ces joueurs aussi ne jouent en principe que des bonnes mains sur le flop, et se coucheront souvent contre un continuation bet. Les joueurs tight agressifs sont en général faciles à prévoir. La dose d'agressivité avec laquelle ils agissent est proportionnelle à la force de leur main. Puisqu'ils vous ont déjà laissé l'initiative préflop, on peut partir du principe qu'ils n'ont pas une très bonne main. Si ces adversaires opposent de la résistance, il faut la prendre très au sérieux. Les joueurs tight-agressifs ont des statistiques Pokertracker similaires aux votres.

Tight-passif : Les joueurs tight-passifs jouent également peu de mains de départ, mais ils les jouent assez passivement, même si celles-ci sont très fortes. Contre ces joueurs le continuation bet offre également de bonnes chances de succés. Si toutefois ils suivent le continuation bet, il faut interpréter ceci comme un signe de force, et bien souvent abandonner sa propre main. Les stats PokerTracker de ces joueurs sont les suivantes : faibles « VP$IP », « PFR », « Agression » et « Went to Showdown ».

Loose-passif : Ces joueurs jouent trop de mains, mais ne les jouent presque jamais avec agressivité. Ils vont en général trop loin avec des mains et des tirages marginaux et ne se couchent que très rarement lorsqu'ils ont touché une main, même très faible. Une bottom paire leur suffit pour aller vérifier si l'adversaire agressif ne serait pas en train d'essayer de les bluffer. Contre les « calling stations », autre nom donné aux joueurs loose-passifs, un continuation bet a nettement moins de chance de réussir. Il est important pour un continuation bet que l'adversaire soit en mesure de coucher les mains et tirages marginaux, telles que bottom paire ou tirage gutshot. Ce n'est que rarement le cas chez ce type de joueur. On peut reconnaître les calling stations à leur stats pokertracker: une haute « VP$IP », une « PFR » très basse, une valeur « Went to Showdown » élevée et de faibles valeurs au niveau de l'agressivité.

Loose-agressif : Contre les joueurs loose-agressifs, un continuation bet a encore moins de chances de réussir. Ces joueurs jouent, comme les calling stations, les mains et tirages faibles jusqu'au bout. En plus ils bluffent et semi-bluffent volontiers avec de telles mains, de sorte qu'ils relanceront souvent un continuation bet trop évident. Contre les joueurs loose agressifs extrêmes, que l'on appelle les maniaques, ont peut même complètement oublier les continuation bets, et se contenter d'attendre de bonnes mains. Ces adversaires ne voient pas les continuation bets seulement comme une menace, mais comme un défi de plus pour essayer de vous bluffer. Les joueurs loose agressifs sont identifiables par les stats Pokertracker suivantes : « VP$IP », « PFR », facteurs d'agression et valeur « Went to Showdown » élevés.

Si on additionne tous ces facteurs - nombre et le type d'adversaires, texture du tableau - on peut estimer quelles sont les chances de réussite d'un continuation bet dans les différentes situations, et ensuite se décider ou non pour une telle mise. Quelques exemples suivront dans les chapitres suivants.

La bonne taille du continuation bet

Comme je l'ai déjà dit, l'important quand on bluffe, c'est la crédibilité de notre mensonge. C'est pourquoi, la taille du continuation bet doit être adaptée à la main que l'on veut représenter. Si vous ouvrez généralement à hauteur du pot avec une forte main sur un tableau à tirage, alors votre continuation bet sur un tel tableau devra se situer dans ces eaux-là. En conséquence, la taille d'un continuation bet doit osciller entre la moitié du pot et la hauteur du pot, de façon identique à une mise normale effectuée pour générer de la value ou pour protéger sa main.

Ceci ne vaut qu'aux tables et situations où les adversaires sont perspicaces et observent attentivement le jeu et la taille des mises. Ceci ne s'applique pas contre les joueurs types des basses limites, médiocres et inattentifs. Ceux-ci n'observent pas attentivement le déroulement des coups et sont bien trop occupés à réfléchir à leur propre main. Ces joueurs pensent de façon fort simpliste : une grosse mise signifie une main forte, et une petite mise un main faible.

Contre ces joueurs, un continuation bet standard devrait osciller entre la moitié et les deux tiers du pot. On annonce ainsi à l'adversaire une main que l'on ne veut pas abandonner sans combattre. Mais on effectue cependant une mise moindre, afin de ne pas devoir réussir trop souvent afin d'avoir une espérance positive.

Application : avec la position

Dans les exemples de mains suivants, j'essaierai d'illustrer comment l'ensemble des différents facteurs qui ont été présentés déterminent le fait de savoir si et comment on doit utiliser le continuation bet. Je distingue ici le fait d'avoir ou non la position sur l'adversaire, car ceci introduit des différences certes petites mais importantes. Dans la description du déroulement de chaque coup, je donne les statistiques Pokertracker dans le format suivant : VP$IP / PFR / Total Aggression Postflop / Went To Showdown.

Hand 1 : Party Poker No-Limit Hold'em (NL$50) (10 handed)

PT Stats: SB - 35.3 / 0.9 / 0.6 / 15.0

Hero ($53.20)
SB ($51.25)

Preflop: Hero is MP1 with K, Q.
3 folds, Hero raises to $2.00, 4 folds, SB calls $ 1.75, 1 folds.

Flop: ($4.50) 8, 5, 5 (2 players)
SB checks, Hero …

Une situation classique plaidant en faveur d'un continuation bet : un tableau peu dangereux, où l'adversaire n'aura touché que rarement sa main, un seul adversaire, loose-passif, mais qui joue un peu plus tight post-flop, et de bons outs sous forme de deux overcards. Si on avait eu AK plutôt que KQs, on aurait presque pu parler d'un value bet, puisque l'adversaire fort loose aura souvent une main plus faible. Mais en l'état actuel, ça reste un continuation bet, avec l'intention de remporter le pot, et de faire coucher un éventuel As. Ici, une mise à la moitié du pot, soit environ 2.50 $, me semble appropriée.

Hand 2 : Party Poker No-Limit Hold'em (NL$50) (10 handed)

PT Stats: SB - 5.3 / 0.7 / 1.6 / 17.1

Hero ($67.70)
SB ($41.25)

Preflop: Hero is MP1 with T, T.
3 folds, Hero raises to $2.00, 4 folds, SB calls $ 1.75, 1 folds.

Flop: ($4.50) A, K, Q (2 players)
SB checks, Hero …

Dans cette situation, tout s'oppose a un continuation bet. On a été suivi par un joueur tight-passif depuis les blinds. Le tableau sur le flop l'a très vraisemblablement aidé. On peut ici estimer ne pas être en tête. La meilleure option ici est de s'épargner le continuation bet, de prendre la carte gratuite en espérant toucher le gutshot sur le turn.

Hand 3 : Party Poker No-Limit Hold'em (NL$50) (10 handed)

PT Stats: UTG - 14.2 / 8.1 / 3.2 / 17.9
BB - 42.3 / 10.8 / 1.2 / 33,9

UTG ($27.22)
Hero ($79.30)
BB ($22.75)

Preflop: Hero is MP3 with A, K.
UTG raises to $1.50, 4 folds, Hero raises to $5.00, 3 folds, BB calls $4.50, UTG calls $3.50.

Flop: ($15.25) 9, T, 5 (3 players)
BB checks, UTG checks, Hero …

Cette situation nous confronte à un certain nombre de facteurs qui s'opposent a un continuation bet : d'une part le tableau, qui offre bien des possibilités de tirage, et sur lequel un adversaire pourrait bien avoir touché quelque chose. D'autre part, on a deux adversaires qui ont tous deux suivis une sur-relance sur le flop et peuvent donc avoir d'assez bonnes mains, peut-être même pocket paire moyenne ou élevée. Par ailleurs, avec un continuation bet de taille sufisante pour représenter une overpair, soit au moins les 2/3 du pot, on serait pot commited contre BB et presque pot commited contre UTG. On peut aussi supposer de la part d'un joueur loose-agressif ayant un petit tapis avec une made hand faible, qu'il suivra ou relancera en désespoir de cause.

Tous ces facteurs parlent en défaveur d'un continuation bet. La fold equity est très faible et un continuation bet pourrait bien nous amener dans une situation fort inconfortable. On peut, et on doit, utiliser l'avantage de la position et prendre la carte gratuite.

Hand 4 : Party Poker No-Limit Hold'em (NL$50) (10 handed)

PT Stats: MP2 - 14.2 / 8.1 / 3.2 / 17.9
MP3 - 17.3 / 10.8 / 1.3 / 19.8

MP2 ($45.45)
MP3 ($55.22)
Hero ($109.30)

Preflop: Hero is Button with Q, J.
4 folds, MP2 calls $0.50, MP3 calls $0.50, 1 folds, Hero raises to $3.00, 2 folds, MP2 calls $2.50, MP3 calls $2.50.

Scénario A : Flop : ($9.75) 5, A, T (3 players)
MP2 checks, MP3 checks, Hero …

Dans ce scénario, on est de nouveau confronté à deux adversaires. Mais dans ce cas il s'agit de joueurs plutôt tight-agressifs, qui sont entrés dans le coup en suivant préflop, ce qui laisse présumer une main plutôt spéculative ou une petite pocket paire, que le flop n'a sans doute pas améliorée. Le tableau offre ici la possibilité de représenter une top paire, et d'être tout à fait crédible. De plus, si on venait à être suivi, on aurait toujours un gutshot et éventuellement quelques petits outs supplémentaires avec le Valet et la Dame. S'ajoute à cela le fait que l'on reçoit souvent une carte gratuite sur le turn suite à une mise sur le flop, si toutefois on est suivi. L'avantage de la position est ici évident.

On fait donc un continuation bet contre deux adversaires. Sur ce tableau sans menaces de tirages, la mise correcte oscille entre la moitié et les deux tiers du pot, soit une mise d'environ 6 $.

Scénario B: Flop : ($9.75) 8, 2, 7 (3 players)
MP2 checks, MP3 checks, Hero …

Même situation, mais flop différent. Ce flop pourrait bien avoir aidé les adversaires qui ont suivi avec des mains plutôt spéculatives comme les cartes consécutives et assorties, ou bien les petites pocket paires. De plus, un tel flop offre peu de possibilités de représenter une main forte. Les outs supplémentaires que nous donnait le gutshot dans le scénario A ne sont cette fois pas au rendez-vous . Il ne reste que les outs associés aux overcards, et ceux-ci doivent être décomptés de façon conséquente, étant donné que des mains contre lesquelles on tirerait mort (set, double paire,...) sont envisageables, de la même façon qu'un Valet rendrait une quinte possible, et qu'un tirage couleur n'est pas à exclure.

La situation - fold equity moindre, risque de tirer mort, possibilités de bluff réduites - s'oppose ici clairement à un continuation bet. Un check behind pour la carte gratuite est la meilleure option.

Hand 5 : Party Poker No-Limit Hold'em (NL$50) (10 handed)

PT Stats: MP2 - 24.2 / 5.1 / 1.2 / 19.9
BB - 27.4 / 10.8 / 2.3 / 22.6

MP2 ($65.50)
BB ($45.22)
Hero ($48.27)

Preflop: Hero is Button with A, J.
4 folds, MP2 calls $0.50, 2 folds, Hero raises to $2.50, 1 folds, BB calls $2.00, MP2 calls $2.00.

Flop: ($7.75) Q, Q, 5 (3 players)
BB checks, MP2 checks, Hero …

A première vue, un tableau fort effrayant. Mais ce tableau est tout aussi effrayant pour les adversaires. Si aucun d'eux n'a de Dame ou une pocket paire haute qu'ils auraient sous joués préflop, alors on remporte souvent le pot avec un simple continuation bet. Les adversaires ne sont pas non plus particulièrement agressifs, ce qui fait qu'un bluff sous forme de check-raise n'est absolument pas à craindre. Un continuation bet est ici une bonne option. Afin d'annoncer un Q ou une pocket paire élevée, la taille de la mise ne doit pas forcément être supérieure à la moitié du pot. Une mise de 4 $ serait ici une bonne valeur, bien adaptée à la situation.

Application : hors de position

La différence fondamentale entre un continuation bet en position et hors position, est la possibilité de prendre une carte gratuite à la place du continuation bet. Ce qui fait qu'un continuation bet est parfois la meilleure option hors position, dans une situation où on aurait pris une carte gratuite en position. De même, il est parfois justifié de faire un check hors position, car un continuation bet ne peut pas vous faire gagner de cartes gratuites pour les tours d'enchères suivants.


Hand 1 :
Party Poker No-Limit Hold'em (NL$50) (10 handed)

PT Stats: MP2 - 35.3 / 0.9 / 0.6 / 15.0

Hero ($53.20)
MP2 ($51.25)

Preflop: Hero is MP1 with K, Q.
3 folds, Hero raises to $2.00, MP2 calls $ 1.75, 5 folds.

Flop: ($4.75) 8, 5, 5 (2 players)
Hero …

La même situation que dans le chapitre précédent. Que l'on soit en position ou hors position ne change rien ici. Le tableau n'est pas menaçant, n'a probablement pas aidé l'adversaire, et celui-ci ne suit pas volontiers : tout ceci parle en faveur d'un continuation bet. Ici aussi la taille de la mise devrait être de la moitié du pot environ, soit 2.5 $.


Hand 2 :
Party Poker No-Limit Hold'em (NL$50) (10 handed)

PT Stats: Button - 14.2 / 8.1 / 3.2 / 17.9
BB - 17.3 / 10.8 / 1.3 / 19.8

Button ($45.45)
BB ($55.22)
Hero ($109.30)

Preflop: Hero is CO with Q, J.
6 folds, Hero raises to $2.00, Button calls $2.00, 1 folds, BB calls $1.50.

Flop: ($6.25) 5, A, T (3 players)
BB checks, Hero …

Dans cette situation, similaire à celle de l'exemple 4 du chapitre précédent, on ferait un continuation bet en position sans hésiter. Mais hors position on est confronté a un inconvénient majeur : le continuation bet sur le flop ne pourra pas nous faire gagner de carte gratuite sur le turn. De plus, la séquence de mise préflop n'est pas la même, de sorte qu'un des adversaires pourrait bien avoir touché quelque chose, et on doit donc envisager un call, une relance ou un check-raise de la part des adversaires. La position défavorable, et le flop qui pourrait bien avoir aidé les adversaires, s'opposent plutôt à un continuation bet.

Hand 3: Party Poker No-Limit Hold'em (NL$50) (10 handed)

PT Stats: MP2 - 24.2 / 4.2 / 2.6 / 21.8
Button - 17.3 / 10.8 / 1.3 / 19.8

MP2 ($45.45)
Button ($55.22)
Hero ($109.30)

Preflop: Hero is BB with K, Q.
4 folds, MP2 calls $0.50, 2 folds, Button calls $0.50, 1 folds, Hero raises to $3.00, MP2 calls $2.50, Button calls $2.50.

Flop: ($9.25) 5, A, T (3 players)
Hero …

Une situation comparable au coup précédent. Ici on peut toutefois évaluer sa main comme nettement plus forte que précédemment. Les deux joueurs n'ont pas démontré de force préflop, on est donc en droit de les mettre sur des mains plutôt spéculatives, que le flop n'a probablement pas aidées. De plus on a des outs venant d'un gutshot et d'un tirage couleur backdoor qui nous offrent une bonne chance de retomber sur nos pieds en cas d'échec du continuation bet. Avec la faiblesse supposée des adversaires et les quelques outs supplémentaires en cas de call, on peut recourir aux continuation bet, même hors position. On devrait ici faire montre d'une force indiscutable. Une mise d'environ deux tiers du pot permettra de faire croire qu'on a top paire. On fait donc un continuation bet de 6 $.

 

Continuation bets différés

Les continuation bets différés sont des continuation bet que l'on ne fait pas sur le flop, mais sur le turn. Il arrive que le flop soit tellement suspect, que l'on se contente d'abord de checker. On espère glaner ainsi d'autres informations sur la force des mains adverses, avant de soi-même investir de l'argent dans une situation douteuse. Une situation douteuse peut ici signifier : deux adversaires ou plus sur le flop; un tableau menaçant, une mauvaise image créée par un jeu particulièrement agressif dans un passé proche, ou bien encore un ou des adversaires particulièrement agressifs ou loose.

Si on est par ailleurs un joueur plutôt agressif, un check au lieu d'un continuation bet peut éveiller de la méfiance chez l'adversaire qui peut se demander si on ne serait pas en train de sous jouer une mains extrêmement forte afin d'essayer de le faire tomber dans un piège. Ceci fait que l'adversaire se contentera souvent de checker à son tour. On obtient ainsi souvent une carte gratuite, et, de plus, les chance de succès d'un continuation bet s'en trouvent passablement accrues : l'adversaire à déjà montré de la faiblesse, et, s'il est sur un tirage, la cote justifiant un call sur le turn lui sera nettement moins favorable que sur le flop. Le revers de la médaille est naturellement que l'on offre ainsi également une carte gratuite à l'adversaire. A tout ceci s'ajoute que beaucoup d'adversaires bluffent ou semi bluffent nettement moins sur le turn. Les semi-bluffs avec les tirages y sont bien moins intéressants, puisque la cote de toucher un des outs d'ici la river est nettement mois bonne que sur le flop.

Contre des joueurs attentifs, un tel continuation bet différé ne peut naturellement réussir que si l'on ne s'illustre pas que par de tels actions avec de mauvaises mains, mais aussi avec de bonnes mains. Sans cela, on est beaucoup trop lisible pour un adversaire perspicace, et une telle action risque de ne guère être couronnée de succès.

Contre des adversaires particulièrement faibles et peu attentifs, un coup comme celui-ci a peu de chance de fonctionner. Ces adversaires pensent souvent selon un schéma fort simple: grosse mise = main très forte, petite mise = main faible, check = main particulièrement faible. En conséquence, ce genre de joueurs essaieront souvent de vous bluffer si vous checkez. Ceci rend une telle action assez peu utilisable aux basses limites.

Le continuation bet différé est donc un outil qui sert à se sortir de situations particulièrement dangereuses et à maintenir le pot de taille réduite.

Exemple 1 : Party Poker No-Limit Hold'em (NL$400) (6 handed)

PT Stats: Button - 23.7 / 16.8 / 8.3 / 19.5 (Un loose agressif typique pour la limite. A souvent suivi ou relancé le continuation bet de Hero)
BB - 35.9 / 5.3 / 1.4 / 27.1 (Un joueur médiocre, plutôt loose et passif. A perdu un demi buy-in dans le coup précédent avec middle paire contre top paire.)

Hero ($449.25)
Button ($646.75)
BB (218.77)

Preflop: Hero is CO with K, J.
2 folds, Hero raises to $14.00, Button calls $14.00, 1 folds, BB calls $10.

Flop: ($44) A, T, 8 (3 players)
BB checks, Hero …

Voici une situation qui se prête particulièrement bien à une tentative de continuation bet différé. Button est un joueur très attentif, qui se couchera rarement face a un continuation bet évident, et qui l'a montré dans les coups précédents. Puisque Hero a toutefois tenté plusieurs continuation bet contre lui par le passé, et abandonné sa main hors position sur le turn, button va considérer ce check sur un tableau avec un As comme suspect. BB est en revanche plutôt passif, de sorte que l'on peut attendre de lui, si button venait à checker, qu'il ne misera pas sur le turn sans une main forte. De plus, la carte gratuite pourrait bien permettre à Hero de toucher son tirage gutshot. Le tableau n'est par ailleurs pas très propice aux tirages, de sorte qu'offrir une carte gratuite à l'adversaire n'est pas trop grave.

La main continue comme suit :

Scénario A: Flop: ($44) A, T, 8 (3 players)
BB checks, Hero checks, Button checks.

Turn: ($44) 3 (3 players)
BB checks, Hero …

Aucun des adversaires ne montre de la force. Sur le turn tombe une carte quelconque, qui n'a vraisemblablement aidé personne. Hero peut donc mettre son plan à exécution, en misant environ deux tiers du pot, soit 30 $.

Scénario B: Flop: ($44) A, T, 8 (3 players)
BB checks, Hero checks, Button checks.

Turn: ($44) 9 (3 players)
BB bets $40, Hero …

BB, qui est généralement plutôt passif, mise sur le turn pratiquement la taille du pot. La carte du turn peut avoir complété deux tirages quinte, et rend possible des doubles paires comme 98 et T9. C'est pourquoi il faut se coucher.

On pourrait alors penser qu'un continuation bet sur le flop aurait été plus judicieux. Ce n'est pourtant pas le cas. Ce qu'on a dit du button est toujours valable. De plus on peut supposer que d'une manière ou d'une autre BB avait déjà touché quelque chose sur le flop et, comme le montre l'expérience, ne se serait dont probablement pas couché. On aurait donc perdu de l'argent avec un continuation bet sur le flop.

Le facteur qui s'oppose à un continuation bet direct sur le flop dans l'exemple précédent est d'une part la position absolue, coincé entre deux adversaires, et d'autre part la position relative au joueur agressif, qui doit encore parler. Si on change un minimum les paramètres dans ce coup, alors tout est différent :

Exemple 2 : Party Poker No-Limit Hold'em (NL$400) (6 handed)

PT Stats: CO - 23.7 / 6.8 / 2.3 / 19.5 (Un joueur mi loose mi passif, pas de facultés de lecture particulières)
BB - 35.9 / 5.3 / 1.4 / 27.1 (Un joueur plutôt médiocre, loose passif. A perdu un demi buy-in dans le coup précédent en faisant un calldown avec une middle paire contre une top paire.)

Hero ($449.25)
CO ($646.75)
BB (218.77)

Preflop: Hero is Button with K, J.
2 folds, CO calls $4.00, Hero raises to $16.00, 1 folds, BB calls $12, CO calls $12.

Flop: ($50) A, T, 8 (3 players)
BB checks, CO checks, Hero …

La situation a changé en ceci que le joueur agressif est ici remplacé par un joueur passif. On a la position sur les deux joueurs, et on a quelques outs supplémentaires venant d'un tirage couleur backdoor. Tout ceci change la donne et parle pour un continuation bet sur le flop. Contre deux joueurs faibles, la fold equity est passablement plus importante. Si on venait à être suivi, le continuation bet offrirait souvent une carte gratuite sur le turn, augmentant les chances de toucher ses outs à moindre coût, et ainsi de gagner la main.

Comme on a pu le voir, l'utilisation des continuation bets différés dépend des adversaires et des situations. De plus il est nécessaire de pouvoir, par un check sur le flop, éveiller la méfiance de l'adversaire assez souvent pour qu'on ait vraiment l'occasion de faire une mise sur le turn. Si les adversaires ne sont pas assez attentifs, et interprètent cette tentative comme ce qu'elle est, c'est-à-dire un signe de faiblesse, tout ceci n'a aucune valeur.

On observe aussi qu'un continuation bet est nettement plus efficace en position que hors position. Ceci provient du fait que lorsqu'on est en position, les adversaires ont montrés deux fois de la faiblesse avant que notre tour n'arrive. Hors position, on n'a pas la possibilité de voir ce second aveu de faiblesse. De manière générale, on doit jouer plus prudemment hors position, et ceci vaut aussi pour les continuation bets.

2nd Barrel

 

Quand un adversaire suit un continuation bet sur le flop, alors il peut parfois être profitable de miser à nouveau sur le turn, même sans avoir toucher quoi que ce soit. C'est ce qu'on appelle « Firing The Second Barrel » ou encore « Two Barrel Bluff » du fait qu'il faille « tirer deux fois sur l'ennemi » avant qu'il ne se couche.

Si un adversaire suit un continuation bet sur le flop, il montre par là qu'il a touché quelque chose sur le flop, et croit qu'il pourra remporter assez souvent le pot avec une main faite ou un bon tirage. Il est également possible que l'adversaire croie reconnaître un continuation bet et s'apprête à essayer de remporter la main en bluffant à son tour sur le turn. On appelle ça « to float » (flotter). Dans les deux cas, l'adversaire est persuadé que l'on a une main faible. Afin de lui prouver le contraire sur le turn, il est important que la situation soit particulièrement propice.

Les facteurs qui déterminent si un nouveau bluff réussira ou pas, sont les mêmes que pour le continuation bet sur le flop : la texture du tableau, les outs supplémentaires, le nombre et type des adversaires, l'image que l'on a. C'est selon ces facteurs, de la même façon que pour les continuation bets, que l'on calcule ses chances de succès.

Exemple 1: Party Poker No-Limit Hold'em (NL$200) (5 handed)

PT Stats: Button - 23.7 / 8.8 / 1.8 / 24.5 (Un joueur mi-loose, mi-passif. Pas de facultés de lecture particulières.)

Hero ($222.21)
Button ($146.95)

Preflop: Hero is MP with A, Q.
1 folds, Hero raises to $7.00, Button calls $7, 2 folds.

Flop: ($17) 2, 8, 6 (2 players)
Hero bets $10, Button calls $10.

Turn: ($37) K (2 players)
Hero …

La situation est ici propice à un nouveau bluff sur le turn. Le joueur n'est ni trop loose, ni trop agressif. Son cold call préflop laisse penser qu'il est peu vraisemblable qu'il ait touché une bonne main sur le flop. Deux overcards ou une petite pocket paire sont ici bien plus vraisemblables. S'il n'a pas touché de paire avec le roi sur le turn, ou sous joué une overpair, alors on peut assurément s'acheter le pot au moyen d'une mise annonçant une top paire. Si toutefois il venait à suivre, alors on aurait quelques outs supplémentaires avec les As et peut-être même les Dames. Une mise aux deux tiers du pot devrait ici remplir cette mission.

La cote du pot serait ici de 37:25, soit environ 1.5:1 : il faudrait donc gagner le pot dans 40% des cas afin que cette mise ait une espérance positive. Ce qui est sans doute le cas dans cette situation. De plus, on n'a pas encore pris en compte les outs supplémentaires. On n'a pas non plus encore tenu compte du fait que l'on puisse être en tête, par exemple contre une main comme 79. C'est pourquoi le résultat peut même être considéré comme un peu plus favorable.

Un « two barrel bluff » est donc un prolongement envisageable du continuation bet. Ce bluff ne fonctionne que dans quelques situations particulièrement favorables. Si on a encore plusieurs adversaires suite à un continuation bet sur le flop, alors on peut partir du principe que dans la plupart des cas au mois un adversaire a une bonne main, dont il ne se séparera pas non plus contre une nouvelle mise sur le turn.

Je voudrais finir par vous présenter un exemple dans lequel un two barrel bluff n'est pas indiqué :

Exemple 1 : Party Poker No-Limit Hold'em (NL$200) (5 handed)

PT Stats: SB - 43.9 / 3.5 / 0.8 / 40.7

Hero ($222.21)
BB ($146.95)

Preflop: Hero is MP with A, Q.
1 folds, Hero raises to $7.00, 2 folds, BB calls $5.00.

Flop: ($15) 2, 8, 6 (2 players)
BB checks, Hero bets $10, BB calls $10.

Turn: ($37) J (2 players)
BB checks, Hero …

Contre une calling station aussi notoire, on peut à la limite justifier un continuation bet sur un tableau aussi inoffensif. Mais renouveler cette mise sur le turn est inutile. L'adversaire montre qu'il a touché quelque chose, ou bien qu'il a une petite pocket paire ou encore un tirage. Quoiqu'il en soit, les chances qu'un tel adversaire se couche sont infimes. Prendre la carte gratuite avec un check behind est ici la meilleure option. On espère toucher un de ses outs, ou bien voir l'abattage gratuitement, afin de gagner contre un tirage raté, ou bien gagner avec carte haute à l'As. Dans l'ensemble, la fold equity très faible s'oppose à un nouveau bluff.

Quand les continuation bets deviennent des value bets

Contre des joueurs particulièrement médiocres, qui jouent trop de main, il arrive que le flop n'aide pas, mais que l'on soit tout de même en tête.

Exemple: Hero a A K. Villain a 8 9. La tableau sur le flop: Q 7 5.

Voici une situation classique qui se prête de façon évidente à un continuation bet. Si toutefois l'adversaire suit, en raison de son gutshot, alors le continuation bet se mue en value bet. Sur le flop, on est largement favori à 2 :1. La jouabilité de la main après le flop n'est certes pas idéale, de sorte que l'on ne peut être toujours aussi optimiste. Mais contre un joueur médiocre particulièrement passif, ce genre de situations offrent une certaine value, que l'on ne reconnaît pas forcément au premier coup d'œil.

Ce chapitre est plus un petit aparté. Une observation mathématique de la chose nous emmènerait trop loin, car tout ça n'a en fait pas grand-chose à voir avec le continuation bet classique. Il est pourtant important de savoir que le passage de continuation bet a value bet est courant. Et que de la value se cache souvent derrière un continuation bet, spécialement contre des joueurs faibles, loose et passifs.

 

En résumé

Le Hold'em No Limit est un jeu qui exige encore et toujours une analyse de la situation immédiate. Il en va de même pour la question de savoir si, et comment, on doit réaliser un continuation bet. En dehors de la texture du tableau, les facteurs déterminants sont l'image qui est la notre à la table, les outs supplémentaires, comme toujours le nombre et le type des adversaires, et leur éventail possible de mains.

Comme dans tous les autres domaines du No Limit, il est essentiel de pouvoir évaluer l'éventail de mains des adversaires et leurs réactions probables. On ne peut acquérir cette faculté qu'avec le temps et beaucoup d'expérience.

Si on a un doute quant à la situation et à l'adversaire, alors il est préférable de s'épargner un continuation bet, et d'analyser la situation après coup (également à l'aide des forums d'exemple de mains). On sera ainsi armé pour la prochaine fois qu'une situation similaire se présentera.

Et la règle qui s'applique à tout type de bluff vaut aussi pour le continuation bet et ses variantes : n'en abusez pas ! Un bon bluff doit venir à intervalles très irréguliers, et doit être difficile à déceler. Si vous vous fendez d'un continuation bet sur tous les flops, vous allez vite devenir facile à lire pour vos adversaires, et ainsi plus facile à battre.