Mis à jour le 13 Mar 26 par

Les différents types d'adversaires - le rock

Introduction

Dans cet article

  • Les rocks ne font rien sans une bonne main. Le fold est leur move de prédilection.
  • La position joue un rôle moins important contre eux.
  • Le moindre signe de résistance de leur part doit être pris au sérieux.

Situé aux antipodes du maniac et de son agitation frénétique, ou encore de la calling station et de ses calldowns systématiques, le rock attend son heure, immobile dans la tempête. Tant qu'il ne possède pas une main digne de ce nom, il se tient à l'écart du pot et de l'action.

Lorsqu'en revanche il décide d'entrer en jeu et se met soudain à miser et relancer, il est alors capable d'une violence fulgurante. Les kickers faibles, les petits sets, les "idiot end" et autres couleurs non max n'ont alors qu'à bien se tenir, au risque de se faire broyer sur son passage.

Souffrant d'un manque d'imagination et d'une rigidité dignes d'un bloc de granite, son jeu reste toutefois prévisible et exploitable. Quelques adaptations dans votre propre jeu suffiront à rendre cet adversaire aussi inoffensif pour vous qu'un agneau. N'oubliez pas cependant que de la même façon qu'on trouve différents types de roches dans la nature, il existe plusieurs catégories de rocks aux tables de poker. La lecture de cet article vous permettra d'en savoir davantage sur la meilleure façon de les affronter.

Qu'est-ce qu'un rock et comment l'identifier ?

Par "rock", on se réfère à un joueur tight à l'extrême. Il ne joue aucune main marginale préflop. Aux tables shorthanded, son VP$IP se situe généralement entre 5 et 12%. Avec une telle sélection de ses cartes de départ, vous ne le verrez pratiquement jouer que des mains premium.

Étant donné que le rock ne joue que de très bonnes mains préflop, il se retrouvera le plus souvent post-flop avec top paire ou mieux.

C'est au niveau de l'agressivité qu'on trouve les plus grosses différences entre rocks. On trouve des joueurs calmes mais également des joueurs plus agressifs. Certains se contentent de jouer leurs bonnes mains passivement, utilisant davantage le check et le call et misant moins souvent qu'un joueur agressif. Cette catégorie de rock a tendance à jouer passivement de bonnes mains telles que top paire, avec lesquelles il conviendrait pourtant de miser pour la value et la protection. Leur passivité s'exprime de manière encore plus flagrante au niveau des tirages. Vous ne les verrez jamais (ou pratiquement jamais) tenter un semi-bluff ou un bluff pur.

À l'opposé, on trouve des rocks qui, une fois qu'ils sont lancés, sont pratiquement inarrêtables. Encouragés par leur sélection de mains de départ, ils misent systématiquement le flop et sont généralement prêts à jouer leurs bonnes mains agressivement. Parfois, cette agressivité retombe cependant aussitôt arrivé au turn, sans raison apparente.

L'agressivité préflop peut également varier considérablement d'un cas à l'autre. Certains rocks possèdent un PFR compris entre 0 et 7%, alors que d'autres relancent avec toutes les mains qu'ils ont décidé de jouer. Aux tables SH, vous ne les verrez pratiquement jamais tenter un steal ou encore placer un 3-bet light.

Une chose qui reste commune à tous les rocks, est le fait qu'ils vont jouer leurs monsters de façon très agressive et straightforward. Vous pouvez donc partir du principe qu'un rock qui poursuit son agression au turn possède vraiment une très bonne main.

Aux tables FR, le VP$IP et le PFR sont un peu plus faibles. N'oubliez pas non plus que l'Agression-Factor post-flop et le Went To Showdown ne prennent des valeurs fiables qu'à partir d'un nombre relativement élevé de mains.

Si ces données vous font défaut, vous pouvez obtenir de précieuses indications en observant la façon dont votre adversaire joue ses gros tirages (tirage couleur + quinte, paire + tirage couleur, mais également les simples tirages couleur ou OESD max). Si votre adversaire continue à jouer agressivement ses tirages couleur ou quinte au-delà du flop via des semi-bluffs turn, alors vous pouvez être sûr qu'il ne s'agit pas d'un vrai rock. S'il ne mise pas avec ses tirages combo, alors vous pouvez le classer dans la catégorie des joueurs passifs. Même chose pour les top paires et les overpairs.

Un autre indice pouvant éventuellement vous permettre de détecter un rock est un buy-in faible. À l'inverse (selon "Psychology of Poker"), une grosse activité dans le chat devrait vous amener à écarter l'hypothèse d'un rock, ce type de joueur étant généralement plutôt calme et réservé. 

Quelles sont les faiblesses de ce style ?

Un grand nombre de rocks sont gagnants en low stakes (voire mid-stakes), étant donné qu'ils jouent la plupart des mains bien mieux que leurs adversaires. Ils se couchent suffisamment souvent avant le flop et possèdent généralement la meilleure main dans les gros pots.

Ils commettent donc peu d'erreurs réellement coûteuses post-flop. La plupart de leurs adversaires évoluant aux petites limites ne sont pas capables d'adapter leur jeu et continuent à payer les grosses mains du rock auxquelles ils n'accordent pas suffisamment de crédit (alors que c'est exactement l'inverse qui devrait se produire).

Contre un adversaire possédant un bon niveau de jeu, le rock va en revanche finir par perdre de l'argent (même si cela reste généralement raisonnable). Il protège en effet trop peu ses mains, offre trop de cartes gratuites, steal trop peu de pots et de blinds, se laisse souvent bluffer et reste très lisible. Par ailleurs, son jeu passif le conduit à abandonner bien trop de value avec ses mains gagnantes. Le Non-Showdown-Winnings reste son plus gros point faible. Il abandonne beaucoup trop de pots qu'il aurait pourtant facilement remportés en faisant preuve d'un peu plus d'agressivité.

Comment jouer contre un rock ?

METAGAME

De façon générale, le rock se laisse difficilement aller aux joies du metagame. Il se focalise uniquement sur sa sélection de mains de départ et essaye, dans la mesure du possible, de l'emporter à l'abattage avec les quelques mains qu'il décide de jouer. Ainsi, vous verrez rarement un rock s'adapter à la dynamique d'une table. Même si tout le monde joue très tight à la table, il continuera à coucher ses mauvaises mains pour se contenter de jouer les mains premium.

Vous devez cependant observer attentivement la façon dont réagit un rock aux bad beats. Certains joueurs sont particulièrement sensibles à ce genre de déconvenue et commencent aussitôt à "tilter". Or, il se trouve que dans le cas d'un rock, le tilt peut avoir des effets positifs sur son jeu. Il possède en effet une image particulièrement tight et respectable, étant connu pour ses mises et relances particulièrement straightforward. En cas de tilt, il va avoir tendance à s'écarter de ses plans de jeu particulièrement rigides et deviendra soudain moins prévisible.

Sa plus grosse faiblesse disparaît donc par la même occasion, ce qui peut constituer un réel danger pour vous. Vous n'êtes soudain plus capable d'évaluer ses éventails de manière aussi précise. Afin d'éviter un tel comportement de sa part, vous pouvez mettre à profit le chat online afin d'exprimer votre compassion sur un ton amical, surtout après un gros suckout, lui assurant qu'il a parfaitement bien joué et que l'autre joueur a vraiment eu énormément de chance.

Évitez à tout prix de vous montrer blessant envers un rock, ou encore de le provoquer. Il risquerait en effet d'améliorer son jeu sans même s'en rendre compte, ou bien tout simplement de quitter la table, vous faisant perdre le bénéfice d'un adversaire particulièrement facile à jouer.

POSITION

Pour commencer, si vous avez le choix alors la meilleure option est de vous asseoir à la droite du rock (surtout en SH), ce qui vous procurera plusieurs avantages. Étant donné que le rock joue vraiment tight, vous pouvez vous permettre de stealer de façon particulièrement loose lorsque vous vous trouvez en fin de parole. Il ne va pratiquement jamais riposter. S'il décide cependant de réagir, vous savez qu'il possède une très grosse main. Du fait que vous avez la position sur lui, vous pouvez alors généralement voir le flop de façon profitable, même avec des mains assez marginales.

Si vous vous trouvez directement à sa droite, vous bénéficiez d'un avantage supplémentaire. On pourrait presque dire que vous occupez deux fois de suite la position du bouton. Lorsque vous choisissez d'open-raise au CO, le rock va en effet pratiquement toujours se coucher. Votre open-raise vous permet pour ainsi dire "d'acheter" le bouton.

Vous ne pouvez pas espérer qu'il en soit ainsi contre un bon joueur. Un TAG, par exemple, ne permettra pas que vous lui voliez en permanence la meilleure position à la table et va réagir à vos open-raises au CO à coup de calls et de 3-bets. De son côté en revanche, le rock ne va pas se laisser influencer par ce genre de détail et vous devriez donc à tout prix tourner cette situation à votre avantage.

Lorsque vous êtes amené à jouer hors de position post-flop contre un rock, vous devriez opter pour un jeu particulièrement straightforward. Il sera généralement difficile d'amener votre adversaire à coucher une top paire. La seule situation dans laquelle vous pouvez envisager un 2nd barrel contre un rock sans avoir une bonne main faite, est lorsque vous avez un bon tirage au turn. Un 2nd barrel peut alors faire en quelque sorte office de blockbet, tout en vous permettant de faire grossir le pot pour le cas où vous toucheriez finalement votre tirage.

Si vous êtes assis à la gauche du rock, alors vous avez la position sur lui dans la plupart des mains. Au premier abord, on pourrait penser que cela ne vous apporte pas grand-chose, étant donné que le rock joue peu de mains et que vous aurez donc rarement l'occasion d'exploiter cet avantage. Ne commettez cependant pas l'erreur de cliquer automatiquement sur le bouton fold lorsque le rock décide de jouer une main, uniquement parce que vous pensez que son éventail est tellement tight que vous ne pouvez pas jouer profitablement contre lui.

Il existe en effet une série d'adaptations stratégiques essentielles, que vous devez à tout prix intégrer dans votre jeu.

COLD CALL PRÉFLOP AVEC LA POSITION

Les 3-bets préflop n'ont pas vraiment d'intérêt contre un rock, du fait que la fold equity générée sera trop faible. Les cold calls deviennent en revanche beaucoup plus intéressants. Un cold call préflop peut déboucher sur une situation post-flop particulièrement profitable pour vous, puisque vous avez alors la possibilité de jouer avec l'avantage de la position contre un adversaire particulièrement facile à lire. Reste à savoir avec quelles mains vous avez intérêt à payer un rock préflop avec la position.

Broadways élevées

Les mains comme KQ, KJ et AJ ne sont pas du tout adaptées pour un cold call contre un open-raise venant d'un rock. Ces mains tirent en effet avant tout leur force de leur potentiel de top paire. Or, face à un éventail adverse particulièrement tight, une top paire sera trop souvent dominée. Vous jouez alors avec de la cote implicite inversée, ce qui est la pire des choses pour vous. Votre objectif est à l'inverse de bénéficier de la cote implicite la plus élevée possible.

Connecteurs assortis petits et moyens

Voilà les mains avec lesquelles vous avez envie de jouer en position contre un éventail particulièrement tight. Il est en effet très facile pour vous d'évaluer l'éventail adverse et le risque de domination est généralement écarté. Lorsque vous touchez par exemple double paire avec une main comme 75s face à un rock qui possède une overpair, vous réussissez le plus souvent à empocher une bonne partie du tapis adverse.

Même chose lorsque vous bénéficiez d'un tirage. Le fait d'avoir la position vous permet alors de contrôler la taille du pot ou de prendre la carte gratuite si vous en avez besoin. Le rock ayant souvent tendance à ne pas protéger suffisamment ses top paires, vous pouvez jouer vos tirages de façon profitable contre lui.

Une autre possibilité pour exploiter le jeu du rock lorsque vous avez la position sur lui post-flop, consiste à semi-bluffer ou floater lorsque la texture du tableau s'y prête. Étant donné qu'un rock sélectionne soigneusement ses mains de départ, vous savez exactement quelle est la texture de flop la plus favorable pour ses mains. Lorsque le plus probable est qu'il n'ait rien touché au regard de la texture du flop, vous obtenez alors une bonne opportunité pour un semi-bluff ou un float.

VOTRE AGRESSIVITÉ PRÉFLOP

Respectez toujours les relances d'un rock avant le flop ! S'il relance, alors c'est qu'il a une bonne main. Il doit être parfaitement clair pour vous qu'en cas de 3-bet ou de 4-bet de la part d'un rock, vous jouez alors contre un éventail hyper tight (en moyenne AK, KK+). En conséquence, vous ne devriez pas jouer votre tapis avant le flop avec des mains comme QQ ou AK. Votre equity ne sera tout simplement pas suffisante.

Si le rock joue en revanche avec un tapis de 50BB ou moins, alors c'est une autre histoire. Avec un tapis effectif de cette taille, vous pouvez de nouveau envisager de finir broke préflop avec QQ ou AK. Toutefois, plus le rock est passif avant le flop, plus la limite haute pour le tapis effectif doit être revue à la baisse.

Comment jouer contre un rock dans un pot multiway ?

Jouant la plupart du temps de façon unidirectionnelle, les rocks en oublient à quel point la force de leur main doit être revue à la baisse dans un pot multiway. De leur point de vue, les top paires et doubles paires restent des mains particulièrement fortes dans ce genre de situation. Vous devez donc exploiter cette tendance adverse. Les mains de départ du rock vont souvent déboucher sur des top paires ou des doubles paires dont il aura tendance à surestimer la valeur dans un pot multiway.

Si vous misez par exemple dans un pot 5-handed, vous pouvez vous attendre à ce que le rock vous relance avec le même éventail que si vous vous trouviez en heads-up. Il ne se rend pas compte qu'en misant contre quatre adversaires, vous montrez bien plus de force que contre un seul adversaire. Vous devez à tout prix en avoir conscience.

Les quintes et les couleurs sont généralement moins représentées dans son éventail. Toutefois, si vous avez une couleur basse ou moyenne sur un tableau 3-suited et que le rock génère de l'action, soyez sûr qu'il a probablement la couleur max. Coucher ce genre de main lorsqu'un rock génère de l'action ne constitue généralement aucune erreur.

Étant donné que le rock ne comprend pas le concept de la protection dans les pots multiway et ne s'occupe pas de réduire le nombre d'adversaires, vous ne devriez généralement pas avoir trop de mal à voir les cartes suivantes à bon prix lorsque vous avez une main à tirage.

Un autre point important est la perception que peuvent avoir les autres joueurs impliqués dans la main et comment ils adaptent leur jeu en fonction du rock. Quand un rock est impliqué dans le coup, les autres joueurs ont tendance à devenir particulièrement weak passifs, ce qui représente un avantage supplémentaire pour vous et vos éventuels tirages.

Exemples

EXEMPLE 1

0.50/1.00 No-Limit Hold'em (6 handed)

Stacks
Hero $100.00
BU $100.00

Preflop: Hero is UTG with K K
Hero raises to $4.00, 2 folds, BU calls $4.00, 2 folds

Flop: Q 8 4 (2 players)
Hero bets $8.00, BU raises to $22.00, Hero ?

Contre un maniac ou un TAG, opter directement pour un 3-bet sur ce flop ne vous poserait aucun problème. Les éventails adverses dans cette situation sont généralement vraiment larges et contiennent aussi bien des mains faites faibles que des tirages. Vous auriez donc suffisamment d'equity face à ces mains pour un 3-bet.

Contre un rock, l'éventail considéré n'a plus rien à voir. Dans cette situation, cet éventail se compose le plus souvent uniquement de AA, QQ, 88 et 44, votre equity tombant à 8,4%. Face à un rock, dans cette situation, vous pouvez donc coucher directement votre main.

Étant donné que les rocks jouent particulièrement straightforward, il est souvent facile pour vous de lire leur main. Vous devez alors vous en tenir à votre read et coucher vos mauvaises mains lorsque tout indique qu'elles sont battues. Si un rock décide par exemple de call sur un tableau à tirage, avant de miser directement une fois le tirage réalisé, alors il aura pratiquement toujours touché sa couleur ou sa quinte. Vous devez donc être prêt à vous coucher plus souvent, y compris avec de bonnes mains.

EXEMPLE 2

0.50/1.00 No-Limit Hold'em (6 handed)

Stacks
Hero $100.00
BU $100.00

Preflop: Hero is UTG with Q Q
Hero raises to $4.00, 4 folds, BB calls $3.00

Flop: 8 5 3 (2 players)
BB checks, Hero bets $8.00, BB calls $8.00.

Turn: J (2 players)
BB bets $22.00, Hero ?

Vous possédez certes une overpair, mais l'agressivité soudaine de votre adversaire doit vous interpeller. Dans cette situation, l'éventail du rock ne contient plus que des couleurs faites. Il ne va pas miser avec une overpair et va probablement se contenter de jouer check/call avec un set en raison du risque de couleur.

Bien que vous possédiez vous-même un tirage couleur au turn, il est plus que probable que vous soyez déjà drawing dead. Un rock joue en effet uniquement des cartes hautes et il aura donc très souvent l'A ou le K en main. Vous devriez jouer conformément à votre read et coucher votre main.

EXEMPLE 3

0.50/1.00 No-Limit Hold'em (6 handed)

Stacks
Hero $100.00
UTG $100.00

Preflop: Hero is BU with 87
UTG raises to $4.00, 2 folds, Hero calls $4.00, 2folds

Flop:
Q87
UTG bets $7, Hero calls $7.

Turn:  2
UTG checks, Hero bets $18, UTG calls $18.

River: J
UTG checks, Hero bets $45. UTG calls $45.

UTG shows AA

Vous avez touché un très bon flop et votre call suffit à convaincre votre adversaire de la faiblesse de votre main. Le rock est ensuite incapable de coucher sa main premium, ne voyant rien d'autre que son overpair.

Il s'agit d'un point particulièrement important. Un rock joue très peu de mains et a donc bien du mal à se séparer de ses overpairs qui semblaient tellement fortes avant le flop. Il n'ose cependant pas les jouer de manière trop agressive et retombe souvent assez vite dans une approche passive.

L'éventail adverse particulièrement tight procure une énorme cote implicite au cold call préflop, ce qui vous permet de jouer profitablement votre main. Si vous ne touchez pas un super flop, votre décision post-flop est généralement assez simple à prendre.

EXEMPLE 4

0.50/1.00 No-Limit Hold'em (6 handed)

Stacks & Stats
UTG $100
Hero $100
SB $100
BB $100

Preflop: Hero is BU with 87
UTG raises to $4.00, 2 folds, Hero calls $4.00, SB calls $3.50, BB calls $3.00.

Flop: K65
SB checks, BB checks, UTG checks, Hero checks.

Turn: 3
SB checks, BB checks, UTG checks, Hero checks.

River: 8
SB checks, BB checks, UTG checks, Hero checks.

UTG shows AQ
SB shows 22
BB shows 77

L'avantage de la position vous a permis de jouer check behind de bout en bout, bénéficiant ainsi de cartes gratuites. Le facteur décisif est ici la présence du rock. Le SB et le BB se sont montrés extrêmement passifs, craignant une grosse pocket pair chez le rock et préférant ne pas miser les premiers.

Ceci vous a permis de jouer votre tirage gratuitement, pour finalement remporter le pot à l'abattage avec une simple paire.

Cette main illustre parfaitement à quel point le fait qu'un rock soit impliqué dans la main peut influencer le jeu des adversaires.

Conclusion

Contre un rock, vous devez considérablement adapter votre jeu. Vous devez systématiquement tenir compte de l'éventail adverse et toujours garder à l'esprit que votre adversaire joue particulièrement straightforward. En guise de résumé, voici les points dont vous devriez tenir compte face à ce type d'adversaire :

  • Contre un rock, la position relative n'est pas particulièrement importante. Vous pouvez vous adapter sans problème à votre adversaire, que vous ayez ou non la position sur lui.
  • Vous pouvez avoir tendance à coucher plus souvent vos mains faibles contre un rock.
  • Vous pouvez jouer vos tirages plus agressivement lorsque vous êtes hors de position
  • Les bluffs et les semi-bluffs génèrent énormément de fold equity contre un rock. Mais attention, vous courez toujours le risque de payer une main particulièrement forte, à laquelle vous ne vous attendez pas forcément.
  • À partir du flop, le slowplay est rarement une bonne option. Le rock joue généralement trop passivement pour cela. Bien entendu, si le rock se met à miser alors que vous avez la nut, alors le slowplay est envisageable. Vous pouvez en revanche coucher tout le reste.
  • Lorsqu'un rock est victime d'un énorme bad beat, observez bien si son jeu ne se rapproche pas tout d'un coup de celui d'un TAG, voire d'un maniac.
  • Dans les pots multiway, la présence d'un rock amène souvent les autres joueurs à modifier leur comportement.
  • Lorsque vous avez la position sur un rock, vous pouvez souvent jouer vos mains à tirage de façon profitable grâce à la cote implicite. Votre adversaire oublie en effet la plupart du temps de protéger ses mains faites.