Concepts : le slowplay - comment piéger votre adversaire
Introduction
Dans cet article
- La protection avant le slowplay
- Le slowplay n'est justifié que s'il promet plus de value
- Le slowplay par la provocation de bluffs ou overcalls
Le Slowplay signifie que l'on joue une main forte en check et/ou call, avant de devenir actif sur les streets suivantes, au moyen de mises ou de relances. L'objectif est de représenter une main faible, afin de pousser les adversaires ayant une moins bonne main à rester dans le pot, au lieu de les faire fuir par une relance.
Au départ de la main (surtout sur le flop), on abandonne ainsi un peu d'argent, que l'on aurait ajouté dans le pot en relançant, et on espère ainsi de plus gros gains sur les streets suivantes, soit une value général supérieure, grâce au slowplay.
Dans cet article, on abordera le slowplay contre au moins deux adversaires. En heads-up, on ne peut pas vraiment parler de slowplay, du moins pas dans le sens habituel du terme. Il peut, certes, être parfois profitable de retarder ses relances en heads-up, mais le sujet ne sera pas traité ici.
Une fois qu'ils ont réussi à bien comprendre le déroulement du jeu, la plupart des débutants rentrent dans une phase où ils découvrent le slowplay. On essaye de garder les adversaires dans le pot le plus longtemps possible, en étant passif, et en attendant si possible le dernier moment pour relancer, ou faire un check/raise. Le sentiment de succès, allié à celui d'avoir réussi à piéger son adversaire fait que bien souvent, ces joueurs mettent très longtemps à découvrir la dure réalité : dans une majorité des cas, une approche sans détours aurait généré plus de value, ou aurait permis de protéger leur main, qui vient de perdre le pot entier.
Pokerstrategy vous conseille d'adopter un style tight agressif, et de ne laisser que peu de place au slowplay. Comme on l'a déjà laissé entendre, dans une majorité des cas, il est préférable de jouer sa main sans détours, plutôt que de la sous-jouer.
Il existe néanmoins un certain nombre de situations durant lesquelles un slowplay promet une meilleure EV, et il est important de reconnaître ces situations, afin de maximiser ses gains. Dans cet article, vous apprendrez à reconnaître les moments ou le slowplay est envisageable, et ceux où il ne l'est pas.
Quand devriez-vous ne pas sous-jouer ?
Afin de bien comprendre quels spots se prêtent au slowplay, il est bon de commencer par regarder quelques spots ne s'y prêtent pas, et ce, pour quelles raisons. En général, il y a deux critères qui s'opposent au slowplay. Dès qu'un de ces deux critères s'applique, alors il faut préférer l'approche sans détours (straight forward).
Vous ne devriez pas faire de slowplay lorsqu'un de ces deux facteurs apparaît :
- Vous abandonnez de la value avec un slowplay. Vous avez des raisons de penser qu'une relance directe générera plus de value que l'attente des streets suivantes.
- Vous pouvez et devez protéger votre main. Lorsqu'il est nécessaire et possible de protéger sa main, ce serait une erreur de ne pas le faire.
BU: 40 / 20 / 1 / 45 (Vpip / PFR / AF / WTS)
BB: Callingstation
SB: Très agressif
Preflop: Hero is MP with J
Hero raises, 1 folds, BU 3-bets, SB caps, BB calls, Hero calls.
Flop:(16 SB) 2

SB bets, BB calls, Hero raises
Ici, vous avez la nut absolue sur le flop, et vos adversaires n'auront jamais plus de 2 outs contre vous (overpair), puisque les tirages quinte sont rares et peu vraisemblables. Les adversaires sont souvent drawing dead. Les conditions a priori optimales pour un slowplay, puisque vous ne devez pas protéger votre main,
Une relance directe sur le flop est cependant la meilleure approche. Se contenter de suivre vous fera plutôt abandonner de la value qu'en générer. Le BB (Calling Station) a déjà suivi un cap flop, et va sans doute jeter un oeil au turn si vous relancez. Après vous vient le BU, qui, vu son 3-bet préflop, aura souvent deux overcards ou une paire. Il ne va coucher ni l'un ni l'autre avec une cote de 10:1.
Le SB a fait preuve de beaucoup de force préflop, et est très agressif. Il va souvent sur-relancer votre relance, Cela contribue à bâtir le pot, et vous avez la possibilité de faire un cap, et de toucher ainsi un maximum sur le flop de la part de vos adversaires.
Dans cette main, avec une relance sur le flop, vous n'effrayez pas vos adversaires, mais vous bâtissez plutôt le pot, et y attachez les adversaires. Ils auront ainsi une bonne cote sur le turn pour suivre avec des mains marginales sur le turn, ou pour suivre avec des outs faibles.
Ici, malgré l'action sur le flop, un adversaire misera ou relancera tout de même assez souvent pour que vous puissiez réussir à bien faire grossir le pot aussi bien sur le flop que sur le turn.
En règle générale, on peut dire que plus le pot est gros, plus la protection est importante. Dans les petits pots, par exemple les pots non relancés, il est souvent préférable de jouer en bluffinduce, et de se contenter de suivre, ce qui représente également un slowplay. Lisez pour cela l'article : Comment jouer dans les pots non relancés ?
Vous pouvez perdre de la value supplémentaire si vos adversaires vous suspectent d'être sur un slowplay. Cela peut arriver contre les adversaires perspicaces qui connaissent bien vos lignes. Ils peuvent, par exemple, vous mettre sur un slowplay si vous vous contentez de suivre sur le flop, car ils savent que vous jouerez vos mains faites moyennes et vos tirages agressivement, et que vous coucherez les autres mains. Dans d'autres situations, ce n'est pas le call flop, mais la combinaison de celui-ci avec le turnraise, qui leur fera savoir qu'ils sont face à un monster. Ceci peut également vous pousser à abandonner de la value, car une relance immédiate sur le flop aurait pu provoquer un reraise.
Contre des joueurs attentifs, qui savent lire une main, il faut éviter de sous-jouer dans les spots dans lequel vous aurez du mal à les "balancer".
SB: Donkey
BB: bon LAG
Preflop: Hero is BU with A
2 folds, Hero raises, SB calls, BB 3-bets, Hero calls, SB calls.
Flop:(9 SB) T

SB bets, BB raises, Hero 3-bets
Dans cette situation, un 3-bet ne vous permet pas vraiment de protéger. Le SB aura une cote de 1:9 pour un coldcall, et peut donc jouer les gutshots ou overcards+backdoors. Un slowplay serait donc en principe envisageable. C'est-à-dire se contenter de faire un coldcall et de relancer le turn.
Mais si vous suivez sur le flop, alors BB risque de trouver cela suspect. Il sait que vous allez sur-relancer un T ou un tirage fort, et que vous ne pourriez pas suivre avec un tirage faible. Le coldcall n'a donc aucune "balance", car vous ne le feriez en principe avec aucune main possible. Il va donc assez aisément vous mettre sur un monster, et être, en conséquent, prudent sur le turn. Il pourrait même bien trouver un tough fold sur le turn avec des mains avec lesquelles il aurait fait un calldown en cas de 3-bet flop.
Preflop: Hero is BB with T
MP calls, CO calls, 2 folds, SB raises, Hero calls, MP calls, CO calls.
Flop:(8 SB) T

SB bets, Hero raises
La protection signifie que l'on protège la meilleure main contre des mains plus faibles ayant des outs. Plus précisément, cela implique de donner à l'adversaire une cote incorrecte pour ses tirages, et ainsi le mettre dans une situation où, quelle que soit sa décision, il est perdant. Soit il abandonne sa parcelle du pot (pot equity) et se coucher, ou alors il fait un call mathématiquement mauvais, ayant une espérance de gains négative, et perd donc de l'argent supplémentaire. Pour plus d'informations à ce sujet, consultez l'article: Protection
Dans cette situation, vous avez deux adversaires derrière vous, qui peuvent avoir toutes sortes de mains ayant des outs face à votre double paire. Tx et 8x ont en général 5 outs, les gutshots en ont quatre. Si vous suivez, vos adversaires auront une cote de 1:10 ou 1:11 - assez pour suivre avec 3 - 5 outs (+ cote implicite). Si vous relancez, vos adversaires ont une cote de 2:11, soit 1:5,5, ce qui ne suffit pas pour un call.
Si, en revanche, vos adversaires ont un tirage fort, comme un tirage quinte bilatéral, alors vous ne leur donnez certes pas de cote incorrecte pour suivre, mais vous leur faites au moins payer deux mises pour leur tirage.
Un autre avantage de la relance immédiate est qu'elle annonce moins de force qu'un call flop, raise turn. Vous relanceriez également sur le flop avec une main faite moyenne, comme, par exemple, un 8. Vous augmentez ainsi vos chances d'être sur-relancé par de moins bonnes mains (par exemple top paire) et de remporter ainsi un plus gros pot.
Quand pouvez-vous opter pour un slowplay ?
Comme démontré précédemment, il y a bon nombre de raisons de jouer sans détours dans la majorité des situations, et de ne pas opter pour un slowplay. Mais, dans quelles circonstances peut-on opter pour un slowplay ?
Grosso modo, on peut dire que l'on peut opter pour un slowplay lorsque les raisons évoquées plus haut pour justifier une relance ne sont pas données. Comme déjà expliqué, les critères en questions sont :
- Critère 1 : Vous ne devez et/ou ne pouvez pas protéger
- Critère 2 : Un call permettra sans doute plus de value qu'une relance.
Si un de ces critères n'est pas entièrement rempli, alors il convient d'éviter d'opter pour un slowplay !
Ceci est envisageable si vous avez touché une main quasiment irrattrapable sur le flop.
Preflop: Hero is BU with T
3 folds, Hero raises, SB calls, BB calls.
Flop:(6 SB) 5

SB checks, BB bets, Hero?
Dans cette situation, tous vos adversaires sont en général drawing dead, et votre main ne requiert pas de protection (attention, cela ne signifie pas que le critère 2 est rempli, et qu'un call est préférable !)
Beaucoup de gens pensent qu'un slowplay n'est possible qu'avec une monster hand, comme trips ou mieux. Mais ce n'est pas vrai. En plus des spots évidents, comme celui ci-dessus, on peut trouver des slowplays avec des mains nettement plus faibles.
Il faut évaluer chaque main isolément, et de voir si la protection doit être une priorité ou si l'adversaire peut avoir si peu d'outs qu'une relance n'est pas nécessaire. C'est surtout dans les petits pots que les adversaires n'ont pas assez d'outs pour suivre une mise, de sorte qu'ils ont une cote incorrecte sans que vous ayez besoin de relancer.
Preflop: Hero is BU with Q
3 folds, Hero raises, SB calls, BB calls.
Flop:(6 SB) 5

SB checks, BB bets, Hero?
Avec une relance, vous pourriez confronter SB a deux mises, et ainsi "protéger" votre main. Mais en observant plus attentivement cette main, on s'aperçoit que ce n'est pas vraiment nécessaire. Le small blind n'aura quasiment jamais AK, et il aura donc soit une pocket paire, soit un T avec un kicker inférieur à Q (2 outs), une overcard (3 outs) ou une main encore plus faible 0-1,25 outs (backdoors).
Si vous vous contentez de suivre sur le flop, villain a 1:8 pour un call. Il ne peut donc suivre correctement aucune de ses mains, c'est donc à votre avantage, qu'il suive ici, et qu'il ne se couche pas. Avec une relance, vous évinceriez des mains ayant peu de chances de gagner. Même si Hero a une main vulnérable, un slowplay est envisageable ici. Mais, encore une fois, il vous faut également vérifier que le critère 2 n'est pas non plus rempli, et qu'une relance ne peut encore souvent être la meilleure solution.
Exemple : SB est une calling station, qui ne se couche quasiment jamais sur le flop, et BB et un maniac. Dans cette situation, vous abandonneriez beaucoup de value en vous contentant d'un call flop, car SB fera souvent un coldcall avec des mains faibles, et le BB fera souvent augmenter le pot sur le flop à l'aide d'une sur-relance.
Contre-exemple : Vous avez le read suivant sur le BB : il sur-relance rarement, et, en cas de résistance, passe directement en calldown, ne checke pas avec l'initiative. SB : semi-fish
Même si le read sur BB semble un peu tiré par les cheveux, on trouve assez régulièrement ce type d'adversaires, qui jouent en donk/calldown. Dans cette constellation, SB suivrait souvent une mise unique, mais se coucherait sans doute face à deux bets, ce qui, comme expliqué auparavant, n'est pas dans votre intérêt. En cas de relance, BB passerait immédiatement en calldown (avec un T ou une pocket), mais, en cas de call, il miserait encore une fois sur le turn, et passerait en calldown seulement après votre relance. On peut donc voir que dans cette situation, avec ces adversaires, un slowplay apporte plus de value.
Jusqu'à présent, nous n'avons traité que les cas où les adversaires sont derrière vous, et où vous pouvez donc les confronter à deux mises. Mais, que faire si vous êtes en position, et si aucun adversaire ne vient après vous ?
Si vous êtes dans un pot 3-handed, et êtes dernier à parler après une mise, alors vous ne pouvez pas confronter d'adversaires à deux mises. Même dans un pot 3-handed relancé, votre adversaire a une cote de 1:10 pour son call si vous relancez.
Preflop: Hero is BU with T
3 folds, Hero raises, SB calls, BB calls.
Flop:(6 SB) 5

SB bets, BB calls, Hero raises, SB gets 1:11 to call.
Avec cette cote, l'adversaire peut suivre un 4outer profitablement (grâce au fait que le BB suivra quasiment toutes ses mains, et qu'il a également une cote implicite).
Vous ne pouvez donc pas protéger convenablement, et un slowplay est donc envisageable. Mais une relance offrirait à SB la possibilité d'un 3-bet, ce qui remet la protection à l'ordre du jour.
Flop:(6 SB) 5

SB bets, BB calls, Hero raises, SB 3-bets, BB a 13 contre 2 = 7.5 contre 1 pour un call.
Avec cette cote, l'adversaire ne peut que difficilement suivre un gutshot. Il pourrait par ailleurs coucher (incorrectement dans ce cas) un 5 ou 6 outer, par peur d'être pris dans une raising war, ou d'être drawing dead. Ceci serait un excellent résultat !
Si, par exemple, on a le read que l'adversaire oop sur-relancera très souvent une moins bonne main, après avoir fait un donk, alors on peut relancer et espérer un 3-bet. De cette façon, vous ne protégez pas vous-même, mais utilisez votre adversaire à cet effet.
Vous ne devriez pas seulement observer la force absolue de votre main, mais également essayer de savoir si votre adversaire pourrait avoir beaucoup d'outs (en analysant son éventail et sa connectivité avec le tableau), afin de savoir si vous pouvez avec une relance lui offrir une mauvaise cote pour un call, ou le pousser à faire un fold incorrect.
Si ce n'est pas le cas, et si la protection n'est pas possible ou/et nécessaire, alors un slowplay est envisageable. Plus le pot est déjà gros, plus on doit se concentrer sur la protection et l'a réduction du nombre d'adversaires.
Une fois que vous avez déterminé que la protection n'a pas d'importance, vous devez déterminer si la value abandonnée sur le flop va être comblée, voire dépassée par la value ainsi gagnée lors des tours suivants.
Si vous aimeriez garder vos adversaires dans la main, vous devez vous demander si il n'est pas probable qu'ils suivent également pour deux mises sur le flop. Dans cette situation, un call serait presque toujours préférable à une relance.
Si vous êtes dernier à parler, vos adversaires ont déjà payé une mise. Ceci implique qu'ils ne se coucheront quasiment jamais face à une relance. En position, sans adversaires à parler derrière soi, un slowplay est rarement justifié. Il faut ici profiter de la situation, et essayer d'attacher les adversaires au pot, tout en espérant un 3-bet.
On peut donc envisager un call au lieu d'une relance lorsque l'on a de bonnes raisons de supposer que les adversaires derrière nous se coucheront souvent pour deux mises, mais qu'ils suivraient souvent une mise unique.
Si votre main est assez peu vulnérable, un slowplay réussi peut vous faire gagner beaucoup. En plus des mises supplémentaires sur le flop, de la part d'adversaires qui se seraient couchés sans cela, il est possible qu'ils touchent quelque chose sur le turn, et soient ainsi enclins à investir encore plus d'argent dans le pot, malgré des chances de gain quasiment nulles. Vous espérez donc qu'ils touchent une deuxième ou troisième main, fort coûteuse.
Évaluer la probabilité qu'un adversaire après vous soit prêt à également suivre deux mises, exige de votre part une bonne lecture du tableau et des adversaires. Plus les adversaires sont des calling stations (WTS) plus ils tendront à suivre deux mises avec des mains marginales. De plus, une relance flop est favorisée sur les tableaux ou les adversaires auront souvent deux overcards et des tirages backdoors.
Si, en revanche, vous jouez contre un adversaire tight, ou sur un tableau plutôt sec avec des highcards, les adversaires après vous suivront plus rarement deux bets cold, en ayant, par exemple, des overcards. Dans ce cas-là, un slowplay serait préférable.
Au début de cet article, j'ai déjà donné un exemple dans lequel un slowplay abandonne de la value. Mais vous y étiez dernier à parler, et une relance n'aurait donc effrayé aucun adversaire. Dans l'exemple suivant, il reste des adversaires à jouer derrière vous .
BB: LAG
SB: Callingstation
Preflop: Hero is BU with 7
3 folds, Hero raises, SB calls, BB calls.
Flop:(6 SB) 7

SB checks, BB bets, Hero raises, SB calls
SB a presque toujours 0 outs, rarement deux. Vous souhaitez donc le garder dans la main, afin qu'il s'améliore sur le turn, et ait la deuxième meilleure main. La protection n'est pas nécessaire ici. Et cependant, ce n'est pas un bon spot pour un call, puisque SB suivra souvent deux mises cold, par exemple avec des overcards et un trèfle. De plus, BB est agressif et va souvent sur-relancer, ce qui vous offre de la value supplémentaire.
Si le SB n'était pas une telle calling station, alors un call flop serait préférable, car il suivrait volontiers une mise, mais pas deux.
BB: Plutôt passif
BU: modérément tight
Preflop: Hero is CO with J
2 folds, Hero raises, BU calls, BB calls.
Flop:(6 SB) J

BB bets, Hero?
Beaucoup feraient une relance immédiate sur ce tableau, qui pourtant se prête assez bien à un slowplay. La protection n'est pas nécessaire ici. L'adversaire derrière vous n'a presque jamais un gutshot sur un tel board, et les paires sont quasiment drawing dead.
S'il a un tirage couleur, alors une relance ne suffira pas à protéger. Il aura quasiment toujours la bonne cote pour suivre. C'est pourquoi vous espérez plus un overcall, afin de le faire payer jusqu'à la river.
Pour ce faire, il vaut mieux attendre le turn pour relancer. Le BB passif va bien souvent se contenter d'un calldown après votre flopraise, mais misera souvent à nouveau sur le turn en cas de call flop de votre part. Un slowplay a donc l'EV la plus élevée.
En faisant un slowplay sans être last to act, on provoque également un overcall, c'est-à-dire que notre call provoque un call des autres adversaires derrière nous. Le call for overcall peut-être un move tout à fait intentionnel de notre part, qui est expliqué dans un article particulier et est par exemple utilisé sur la river lorsque l'on a des mains avec lesquelles on n'est pas sur d'être en tête. Call for overcalls
Mais dans les slowplay, on applique plutôt cela a des calls sur le flop et le turn. Voici maintenant deux exemples démontrant des situations dans lesquelles vous pouvez utiliser ce concept dans le cadre d'un slowplay avec de bonnes mains sur le flop et le turn.
Preflop: Hero is BB with 7
2 folds, CO calls, BU calls, SB calls, Hero checks.
Flop:(4 SB) 5

SB checks, Hero checks, CO checks, BU checks.
Turn:(2 SB) 6
SB bets, Hero calls
Ici, tous vos adversaires sont en principe drawing dead. De plus, ils n'ont vraisemblablement pas une bonne main avec laquelle ils suivraient une relance. C'est pourquoi un call for overcall est préférable, afin de toucher de l'argent de la part des adversaires derrière vous.
Preflop: Hero is SB with K
2 folds, CO calls, BU calls, Hero raises, BB calls, CO calls, BU calls.
Flop:(8 SB) 3

Hero bets, BB calls, CO calls, BU raises, Hero calls, BB calls, CO calls
Turn:(8 BB) 6
Hero donks
Vous êtes en tête, et êtes quasiment irrattrapable, de sorte que la protection n'importe pas ici, Il est bon de suivre sur le flop, afin de laisser à BB et CO l'occasion de suivre avec des mains avec lesquelles ils ne suivraient pas 2 mises colds. Sur le turn, vous devez ensuite faire un donk, afin d'attacher les deux adversaires entre vous et l'agresseur flop au pot. Cette façon de jouer est appelée Stop and Go.
Comme on l'a déjà évoqué, vous pouvez abandonner de la value si votre slowplay n'est pas balancé, et provoque une prudence accrue chez vos adversaires, car ils vous mettent assez vite sur un monster. Vous devriez donc jouer vos monsters (du moins, contre les joueurs attentifs) de la même façon que vous joueriez certaines mains faibles ou tirages (voire bluffs). Bien souvent, ce qui ressemble à une relance de protection va le pousser à vous mettre sur une main faible et à opposer une plus grande résistance, soit car il pense être en tête, ou pouvoir vous bluffer hors de la main.
Vous pouvez en tirer avantage et balancer par un slowplay vos lignes par ailleurs mal balancées.
SB: TAG
BB: Fish
Preflop: Hero is BU with A
2 folds, Hero raises, SB 3-bets, BB calls, Hero calls.
Flop:(9 SB) T

SB bets, BB calls, Hero suit, afin de relancer sur le turn.
Vous êtes favori ici contre des deux joueurs. En position avec 1:12, vous suivriez ici sur le flop avec deux overcards ou avec une overcard et backdoors, mais relanceriez en général top paire ou mieux. Ainsi, votre adversaire vous mettra sur une main faible et misera une grande partie de son éventail sur le turn. Il est de toute façon impossible de protéger sur le flop. Donc, vous pouvez balancer vos flopcalls avec des mains faibles en faisant un slowplay de ce genre de temps en temps, vous deviendrez ainsi plus difficile à lire pour votre adversaire.
Un slowplay est surtout bon lorsqu'il est possible que le bettor bluffe. Car, dans ce cas, il se coucherait sur une relance, au lieu de continuer son bluff sur les big streets.
Exemple
Read sur BB: Donk = Bluff
Preflop: Hero is BU with A
2 folds, Hero raises, SB calls, BB calls.
Flop:(9 SB) K

SB checks, BB bets, Hero calls
L'adversaire derrière vous a rarement beaucoup d'outs contre vous, surtout que vous avez la seule overcard et le dominez ainsi parfois. Vous souhaitez donc garder cet adversaire dans la main, puisqu'il recevrait une cote incorrecte, même avec une mise unique. Le SB se couchera souvent avec une relance, ce que nous ne souhaitons pas vraiment. Avec un slowplay, vous le pousser à continuer à bluffer, et à maximiser ainsi votre profit.
En résumé
Une des bases du style tight agressif est le jeu sans détours. Et ceci, pour de bonnes raisons, comme vous le montrent la plupart des articles, celui-ci inclus. Il vous offre la meilleure combinaison entre value et protection. Mais il convient de bien prendre conscience du fait qu'un slowplay offre parfois la meilleure EV, surtout quand la protection n'est pas importante. Si vous usez avec parcimonie du slowplay, mais réussissez à savamment le distiller aux bons moments, alors il vous prermettra maximiser régulièrement votre value.
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