Guide SNG pour débutants
Ce guide s'adresse aux parfaits débutants, aux joueurs qui peuvent s'appuyer sur une légère expérience ainsi qu'aux joueurs déjà assez expérimentés. Le guide concerne spécialement les « Regular PartyPoker-SNG », où chaque niveau dure 10 minutes, au lieu des 5 des « speed SNG ». En principe, ces deux variantes ne diffèrent toutefois pas vraiment, car il faut pouvoir jouer selon chaque situation, et peu importe que le prochain niveau de blind commence dans 5 ou 10 minutes.
Enfin, j'aimerais préciser que la tactique présentée dans ce texte a pour objectif de gagner chaque SNG. Il ne s'agit pas d'essayer d'accrocher à tout prix une place ITM (in the money), mais plutôt de concentrer ses forces à essayer de rafler la plus grosse mise, à savoir, celle que l'on reçoit en finissant à la première place. Puisque vous prendrez de plus gros risques, il arrivera plus souvent que vous échouiez à la 4ème ou 5ème place (c'est à dire, les dernières place non rémunérées), mais il arrivera aussi fréquemment que vous remportiez le SNG.
Les principes de base
Sur Partypoker, on commence avec 2000 jetons, ce qui permet de raccourcir la duré du SNG (40-50 minutes). L'inconvénient de cette structure est que la marge que l'on a par rapport à ses adversaires (en admettant que l'on a effectivement de la marge par rapport ses adversaires) est moindre une fois que les blinds sont élevés, étant donné que la marge de manœuvre en terme de jetons est alors réduite. D'un autre coté, on peut les gains horaires escomptés sont plus élevés, puisque les SNG sont plus rapidement terminés que dans les autres structures de blinds et jetons.
Les payouts des SNG partypoker sont les suivants:
1ère Place - 50% de la cagnotte.
2ème Place - 30% de la cagnotte.
3ème Place - 20% de la cagnotte.
ROI
Le ROI signifie « Return On Investissement » (retour sur investissement) et décrit l'espérance de gain par SNG.
Un ROI de 20% pour un SNG 50+5 représenterait 11$ de profit par SNG (55$ * 20% = 11$), on s'attend donc a toucher 66 $ (50$+5$+11$) pour chaque 55 $ investis.
Afin de calculer son ROI, il faut utiliser la formule suivante :
ROI % = Profit / Total Buy-In
Exemple :
Vous jouez 10 SNG en $20+2$ avec les classements suivants:
2 x 1. (2 x 100$ = 200$)
1 x 2. (1 x 60$ = 60$)
1 x 3. (1 x 40$ = 40$)
6 x 6. (6 x 0$ = 0$)
La totalité des buy-ins est de 220$ (10 * 22$) et le gain total est de 300$ (200$+60$+40$).
En soustrayant le buy-in au gain, on obtient le profit suivant :
Profit = Total des gains - Total des buy-ins
Profit = 300$ - 220$
Profit = 80$
Afin d'obtenir le ROI, il faut encore diviser le profit par le total des buy-ins.
ROI % = Profit / Total Buy-In
ROI % = 80$ / 220$
ROI % = 0,3636
ROI = 36,36%
Afin de ne pas devoir calculer le ROI à chaque fois, il existe plusieurs outils (SNG tracker, tableaux Excel) qui remplissent cette tâche. Je reviendrai plus tard sur le fonctionnement et l'utilité de ces outils.
Pour vous donner une idée de la valeur ROI d'un très bon joueur, je me baserai sur les valeurs données sur 2+2 :
10+1 (11$) - 25% ROI
20+2 (22$) - 20% ROI
30+3 (33$) - 16% ROI
50+5 (55$) - 13% ROI
100+9 (109$) - 10% ROI
200+15 (215$) - 7% ROI
Ces valeurs ne sont certes pas le résultat d'opérations mathématiques, mais elles se basent sur les résultats obtenus par de très bons joueurs sur un grand nombre de SNG.
Multi-tables
Chacun doit décider de lui même du nombre de tables sur lesquelles il souhaite jouer. Personnellement, j'ai commencé à jouer sur quatre tables en même temps, et en suis actuellement à huit tables simultanées, ce qui me convient assez bien, même si c'est parfois un peu speed lorsque c'est mon tour sur plusieurs tables en même temps et qu'il ne reste plus que quelques joueurs. Ce qui est sûr, c'est que plus le nombre de tables sur lesquelles on joue est important, moins on peut se concentrer sur chaque table et chaque joueur, ce qui influe négativement le ROI.
Mais le multi-tables a aussi son bon coté: le gain horaire ($/heure).
Prenons l'exemple d'un joueur qui aurait un ROI de 15% au SNG 30+3 en ne jouant que sur une seule table. Supposons maintenant que le joueur décide de s'essayer au multi-tables et ouvre 4 SNG en même temps. Sa concentration en pâtit un peu, et le nombre de tables le fait passer à côté de quelques bons coups - son ROI descend à 10% et son espérance de gain passe à 3.30 $ par table.
Si on compare maintenant ces valeurs, on s'aperçoit que les gains de notre joueur sont presque 3 fois plus élevés sur quatre tables qu'ils ne l'étaient sur une seule :
15% ROI, 33$ Buy-In, 1 Table = 1 x 4.95 $
10% ROI, 33$ Buy-In, 4 Tables = 4 x 3.30$ = 13.20 $
Augmentez donc le nombre de tables jusqu'au moment où vous aurez l'impression d'avoir atteint votre limite. Jouez dans une configuration donnée jusqu'à ce que vous vous sentiez prêt à ouvrir une table supplémentaire.
Sur http://www.multitablehelper.com vous pouvez télécharger un programme (MTH - MultiTableHelper) qui offre les fonctionnalités suivantes :
1. Les tables sont automatiquement ajustées
2. Les SNG sont ouverts automatiquement et une place est sélectionnée.
3. La table active est amenée au premier plan jusqu'à ce que l'on effectue une action
4. Les tables peuvent être commandées vocalement.
Le programme est un shareware et la version de base permet de contrôler trois tables maximum. La licence coûte 25 $ et d'après moi elle les vaut largement. MTH permet également de jouer sur 12 tables avec un seul moniteur sans problèmes notoires.
Générations des statistiques
Afin d'avoir constamment une vue d'ensemble de vos SNG, je vous conseille le programme Tourney Manager.
Tourney Manager lit les historiques des mains sauvegardées, récupère les données et établie des statistiques complètes sur tous vos SNG. On peut également y consulter les graphiques associés. Vous pourrez le télécharger et l'acheter au prix de 25$ sur http://www.tourneymanager.net.
ITM / In the Money
La valeur ITM décrit la fréquence avec laquelle on atteint les places rémunérées. Logiquement, la valeur moyenne de chaque joueur devrait être de 30%. Je tiens à préciser d'entrée de jeu que votre objectif n'est pas de finir dans les places rémunérées, mais plutôt de toujours avoir l'ambition de terminer à la première place et de remporter ainsi le SNG. Je vais expliquer comment y arriver dans la partie tactique de cet article.
Gestion de la bankroll
Ici aussi, « ça dépend... ». Il arrive même aux meilleurs joueurs de finir 15 fois de suite OOM (out of the money) en un lapse de temps très court, et de perdre ainsi quelques buy-ins. Cela signifie qu'il faut avoir 30 buy-ins d'un niveau donné pour y jouer, passer au niveau inférieur lorsqu'on n'a plus que 20 buy-ins, et y rester jusqu'à ce qu'on ait de nouveau 30 buy-ins pour le niveau supérieur.
Je suis moi-même plutôt prudent, et propose d'attendre d'avoir un MINIMUM de 75 buy-ins, afin de ne pas être tenu de redescendre et remonter constamment. De plus, une bonne bankroll permet d'encaisser les downswings sans trop de problèmes. Ceux d'entre vous qui sont plus audacieux peuvent naturellement se plier à la règle des 30 buy-ins (Attention: la rake doit toujours être incluse dans les calculs concernant la gestion du capital).
Stratégie
Je vais séparer la partie stratégique en trois : les premiers niveaux, les niveaux intermédiaires et les derniers niveaux, classés en fonction de la taille des blinds.
Généralités
. La relance standard first-in est d'environ 3 big blinds.
. La sur-relance standard est d'environ 3 fois la relance précédente.
. Aux premiers niveaux, vous pouvez compléter toutes les mains en SB.
. Il n'est pas nécessaire de défendre le big blind avec des mains marginales, lorsque quelqu'un relance.
Premiers niveaux: (20/40 - 30/60 Blinds)
Dans les premiers niveaux il est important de jouer très tight, mais aussi de reconnaître les situations où l'on peut accroître considérablement, voire doubler son tapis.
Précisément dans les deux premiers niveaux de blinds, il est important de bien protéger vos bonnes cartes, sans tenter de jouer en finesse. Je ne vais pas m'attarder sur chaque combinaison, mais je vais essayer de donner une ligne de conduite concernant les cartes à jouer dans les différentes situations.
Les têtes non assorties
(JTo, QTo, QJo, KTo, KJo, ATo) peuvent êtres couchées sans l'ombre d'un remord, surtout en début ou milieu de parole. Si vous êtes en fin de parole et qu'il y a beaucoup de limpers, vous pouvez essayer de voir le flop à moindre coût avec des mains comme KJo ou QJo, mais faites toutefois attention à ce que ces cartes ne soient pas trop souvent dominées. Si vous ne touchez que seconde paire avec ces cartes, ce n'est pas dans votre intérêt d'investir plus d'argent dans le pot.
Les têtes assorties
(JTs QTs QJs KTs) Pour ces mains la règle est à peu près la même, on ne peut pas relancer avec ces mains, mais on peut essayer de voir un flop à moindre coût en espérant toucher une monster sur le flop.
En début de parole ainsi qu'aux premières places du milieu de parole, je vous conseille de passer avec ces mains, car il est trop probable que quelqu'un vous relance. Plus votre position est tardive et plus il y a de limpers, plus ces mains deviennent jouables.
KQo et AJo sont des mains qui possèdent une certaine force, mais qui sont également régulièrement dominées. En début de parole, il est préférable de coucher ces mains, en milieu de parole, vous pouvez faire du 50/50 fold-limp, ou bien passer/relancer first-in et en fin de parole suivre/relancer first-in.
KQs est également une de ces mains qui méritent qu'on s'y attarde. Le fait d'être composée de cartes de la même famille lui confère une valeur supplémentaire, qui ne l'empêche cependant pas d'être régulièrement dominée. En principe, il est préférable de se contenter de suivre avec une telle main, et de la relancer first-in en fin de parole.
Important : quand on est relancé, toutes ces mains doivent être couchées, sans exceptions, car elles sont vraiment trop faibles (enfin, il y a quand même quelques exceptions, par exemple si quelqu'un fait une relance minimum et que vous avez KQo au BB)
Je répète que la tactique préflop décrite ici est volontairement proche de celle d'un rock, car l'objectif au début n'est que de survivre, et de doubler quand on en a l'occasion.
Les pocket paires
(22-99) peuvent se métamorphoser en monster. Si vous touchez un set, vous avez fort vraisemblablement la meilleure main. Les sets sont des mains idéales pour être grassement payé et doubler son tapis. Il est donc nécessaire d'essayer de voir le flop à moindre coût avec les pocket paires. Il faut toutefois passer avec 22-77 en début de parole, en raison de la trop grande probabilité que quelqu'un relance. En fin de parole, j'effectue des cold call avec toutes mes pocket paires, à condition que la relance n'excède pas 1/10 de mon tapis.
Les Monsters
(AA, KK, QQ) sont les mains qui peuvent certes booster votre tapis, mais également vous coûter de gros pots si vous n'êtes pas en mesure de coucher ces mains lorsque l'action post-flop indique que vous êtes battus. Il vous faut protéger des mains afin d'empêcher les autres joueur de vous battre en touchant leur tirage. Si personne n'a encore relancé, je conseille de relancer dans les deux premiers niveaux à hauteur de 4 x BB plus 1 BB par limper. C'est à dire que, si deux limpers sont entrés dans le coup au niveau 10/15, il faut relancer à 90. Sur Partypoker il y a assez de gens qui ont l'air d'avoir pour hobby de payer ce genre de relances. Si vous avez déjà été relancés, alors il faut sur-relancer de 2,5-4 BB selon la force de votre main.
Si vous désirez jouer et relancer une main au premier niveau, c'est à dire 10/15, il faut relancer au moins à 4 BB voire même à 5 BB. Vous voulez jouer contre un ou deux joueurs maximum, et c'est pourquoi il est important que l'entrée en jeu soit la plus coûteuse possible pour les autres joueurs.
Lil' Monster
(JJ, TT) TT est une exception, avec laquelle il faut varier et relancer environ 75% du temps, et suivre 25%. Après une relance et une sur-relance, il faut la coucher.
Vous allez faire face à des situations difficiles si vous avez relancé avec cette main avant d'être sur-relancé. Si un adversaire fait une relance minimum, vous avez pour ainsi dire toujours la cote pour suivre en spéculant sur un set. Si votre relance est triplée voir quadruplée, alors il vous faut réfléchir au fait de savoir si vous êtes éventuellement en tête ou s'il est préférable de se coucher et d'attendre la prochaine bonne occasion.
Lorsque vous relancez en début de parole, ou encore plus fort, en UTG, et que quelqu'un vous sur-relance, il vous faut respecter d'avantage cette relance que lorsque vous faites un open raise sur le bouton et que le BB vous relance.
Big Broadway
(AKs / AKo / AQs / AQo) Il faut jouer AKs et Ako comme AA c'est à dire relancer et sur-relancer. AQ est une de ces mains qui peut vous plonger dans le désarroi. Je fais toujours un open raise avec cette main, mais j'ai fortement tendance à passer quand je suis relancé, car c'est une main avec laquelle on est, dans le meilleur des cas, en situation de pile ou face contre un relanceur. Si c'est un maniaque qui vous a relancé, alors vous pouvez essayer de le sur-relancer afin de l'isoler. AQ est en tout cas une main problématique, qui a la particularité de faire essentiellement gagner des petits pots et perdre de gros pots.
Connecteurs assortis
(45s - T9s) Ces mains valent de l'or quand les circonstances leur sont favorables. La condition est que vous soyez en fin de parole, et qu'au moins trois joueurs aient suivi auparavant. Avec ces mains il est important de ne spéculer que sur des quintes, des couleurs ou des trips, et d'être en mesure de coucher des mains comme top paire. Nous en reparlerons dans la partie post-flop.
Vol des blinds
Il n'est pas nécessaire de voler les blinds dans les deux premiers niveaux. Les blinds ne deviennent intéressants qu'à partir de 50/100. Mais vous pouvez vous y essayer dès 25/50 avec un gros tapis et dans les bonnes situations (tout le monde se couche et vous êtes en CO ou au button). Les blinds peuvent alors être même attaqués avec des mains marginales telles que QTo ou T9, etc.
Premiers niveaux préflop - résumé
. Jouez serré
. Avancez prudemment et ne gaspillez pas de jetons
. Vous devez être en mesure de coucher vos mains marginales
. Vous devez protéger vos bonnes mains
Niveaux intermédiaires : (50/100 - 100/200 Blinds)
Dans ces niveaux, il devient important de s'approprier les blinds de vos adversaires et de se créer une bonne position de départ pour la bulle (la phase où il ne reste qu'une place non rémunérée, et où, en conséquence, tout le monde essaiera d'évincer le joueur ayant le moins de jetons). Suivant les situations et la taille de votre tapis, il vous faut utiliser les opportunités de grossir votre tapis et de mettre les adversaires sous pression.
J'ai créé un petit tableau qui donne un aperçu de comment se comporter avec les différentes tailles de tapis. Tout ceci se veut être une ligne générale, sur laquelle vous pouvez vous baser. Elle est tirée de ma propre expérience.
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1-2 BB |
3 - 10BB |
10-15BB |
15-20BB |
20BB+ |
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All-in avec toutes paires, Ax, Kx, toutes cartes assorties et toutes cartes consécutives. |
Mode 'Push or Fold' |
Attendre. |
Tight ! Quand l'occasion se présente => vol des blinds |
Tight, le vol des blinds n'est pas absolument nécessaire. |
Le mode « push or fold » signifie que l'on couche sa main ou que l'on se met directement all-in. Quand pousser et avec quelle main sera expliqué plus loin dans le texte, lorsque je traiterai l'ICM (Independant Chip Model).
Si vous avez la chance d'avoir doublé votre tapis dans les premiers niveaux, vous pouvez l'utiliser pour mettre la pression sur les blinds. Il est cependant important de ne pas choisir de voler les blinds au petit bonheur la chance, mais de prendre en compte les éléments qui offrent aux vols de meilleures chances de succès.
1. Votre position : le CO et le bouton sont les position idéales pour entreprendre un vol des blinds. Moins il y a de joueurs à venir, moins les chances que quelqu'un ait de bonnes cartes sont importantes.
2. First-in : il faut que personne n'ait relancé ou suivi avant vous.
3. La taille de votre tapis : Si vous avez moins de 9BB, alors vous n'avez pas de quoi voler les blinds. C'est ici au mode push or fold qu'il faut recourir. Je recommande un minimum de 12-13 BB.
4. La taille des tapis des blinds : si SB ou BB sont déjà all-in ou n'ont plus que 1-3 BB, vous n'avez aucune fold equity (FE), les joueurs avec un petit tapis sont souvent dans une situation désespérée et investirons plus facilement leur tapis entier que les joueurs ayant encore une réserve de 7-8 BB. De même, il n'est pas très judicieux de s'attaquer aux blinds des joueurs ayant de gros tapis, car ceux ci sont plus en mesure de défendre leur blinds. Les cibles idéales des vols de blinds sont les joueurs ayant un tapis entre 5-15 BB.
5. Votre main : en principe, on pourrait relancer avec n'importe quelles cartes, mais je préfère quand même relancer avec des cartes qui ont un minimum de potentiel. Les paires, Ax, les connecteurs assortis (avec trou éventuellement), ou au moins carte haute Roi.
La taille des relances ne doit pas dépendre des cartes, sans quoi on est trop lisible. Soit on utilise toujours la même taille de mises (par exemple 3 BB) ou on varie selon la position, entre 2,5x et 4x.
Derniers niveaux & Bubble (200-400 - 400/800 Blinds)
Arrivés là, les joueurs ont en moyennes tous < 10BB et il n'y a plus que du « push or fold ». Il est important de savoir quels all-in-pushes et quels all-in-calls sont profitables (+$EV). C'est ici qu'il faut recourir à l'Independent Chip Model (ICM).
Expliquer maintenant ce modèle nous ferait sortir du cadre de cet article, voici donc un lien vers notre article ICM :
Bataille de blinds
Conditions:
- Tout le monde s'est couché.
- Aucun des blinds impliqués n'a moins de 10BB.
Small Blind vs Big Blind
Indépendamment du niveau de blind, je recommande de généralement jouer le small blind relativement tight, ce qui ne veut naturellement pas dire que toutes les mains à part AA/KK/QQ/JJ doivent être couchées.
Les mains marginales peuvent être complétées et les mains poubelles jetées sans remords. N'essayez surtout pas de ruser en relançant de mauvaises mains, car votre position vous met dans des conditions difficiles et il est nécessaire d'avoir une main un tant soit peu jouable en cas de call de l'adversaire.
Vos mains de relance devraient être les suivantes: 22+, A2s+, A7o+, KTs+, KJo+
Vous pouvez compléter les mains marginales en raison de la bonne cote du pot. Il est ici important que vous confrontiez l'adversaire à un continuation bet d'environ 2/3 du pot quelque soit le flop. En cas de résistance, je vous conseille d'abandonner le pot immédiatement, si vous n'avez-vous même pas connu d'amélioration ou si vous n'avez pas une bonne lecture de l'adversaire en question.
Les mains à compléter : tous connecteurs, toutes cartes assorties, A2o - A6o, K8o - KTo, Q9o+, J8o+, T7+, 97o
Les mains avec lesquelles compléter et avec lesquelles relancer doivent naturellement être adaptées aux adversaires.
=> Plus le BB est loose, plus il faut resserrer l'éventail des mains avec lesquelles relancer.
=> Plus le BB est tight, plus vous pouvez élargir votre palette de relance.
=> Plus le BB est agressif (préflop) plus votre palette de call doit être resserrée.
=> Plus le BB est passif (préflop) plus votre palette de call peut être élargie.
Si vous n'avez pas de stats ou de lecture suffisante, je vous conseille de vous en tenir aux mains données plus haut.
Big Blind vs Small Blind
En tant que big blind, il faut en général jouer tight face à une relance. De par l'avantage de la position, vous pouvez naturellement jouer plus loose que vous ne le feriez en small blind.
Ce qui suit s'applique au cas d'une relance standard 2-3x BB :
Mains pour un call: 22+, KTo, table+, A5s+, KJo+, KTs+, QJ
Si le SB complète, alors il faut relancer avec une grande palette de mains et faire le continuation bet standard en cas de call. Prenez des notes sur vos adversaires qui ont tendance à se contenter de compléter les mains premium, afin de provoquer une relance et adaptez votre palette de relances en conséquence.
Dans un tel cas, tout ne dépend pas de la main, mais plutôt de la façon dont on évalue le joueur.
Heads up
En heads up. Il faut également utiliser le modèle ICM. Si la situation heads up se présente tôt, c'est à dire, alors que les blinds sont encore petits par rapport aux tapis, je conseille de respecter les points suivants :
- L'agressivité paie!
- C'est en général une erreur de coucher le SB
- si vous complétez le SB trop souvent, alors le BB augmentera la fréquence de ses relances.
- Si vous couchez trop souvent le BB, alors le SB augmentera la fréquence de ses relances.
- Si vous complétez en SB et que le BB checke, alors il faut pour ainsi dire toujours placer un continuation bet.
- Quand vous sentez de la faiblesse, utilisez-là sans hésiter !
SNG Moves
Continuation-Bets
Les continuation bets sont des mises que l'on fait sur le flop après avoir relancé préflop et avoir été suivi. Les continuation bets devraient se situer entre ½ et 2/3 du pot et ne devraient pas tenir compte de savoir si on a touché quelque chose sur le flop ou non.
Lorsqu'on n'a rien touché en heads up ou contre deux adversaires, il est important de faire des continuation bets
Bons flops pour les continuation bets:
. Seulement des petites cartes
. Petite paire sur le flop
. Flop non coordonné comme K83, J62, Q73 etc.
. Tout flop avec un As et deux autres petites cartes.
Exemple :
MP1 (t3000)
MP2 (t3000)
Hero (t4000)
Button (t3000)
SB (t4000)
BB (t3000)
Blinds: 50/100
Preflop: Hero is CO with K

2 folds, Hero raises to 300 2 folds, BB calls.
Flop: (t650) J


BB checks, Hero bets 375, BB folds
Hero wins 650.
Si on a touché une sorte de tirage, on peut également envisager de checker le flop, et de prendre ainsi une carte gratuite et à la prochaine démonstration de faiblesse de notre adversaire (un check sur le turn) faire un continuation bet tardif (peu importe que l'on ait ou non touché son tirage).
Stop & Go
Suivre préflop, puis se mettre all-in quelque soit le flop.
Conditions :
1. vous êtes au big blind
2. Vous avez un petit tapis
3. Quelqu'un (autre que SB) a relancé préflop
4. Personne d'autre que vous n'est impliqué dans la main
5. Vous pensez n'avoir aucune fold equity en vous mettant all-in préflop
6. Votre main n'est pas forte au point de vouloir aller à l'abattage.
Exemple :
MP2 (t6000)
CO (t4000)
Button (t3000)
SB (t4000)
Hero (t3000)
Blinds: 300/600
Preflop: Hero is BB with 5

MP2 folds, CO raises to 1500, 2 folds, Hero calls
Flop: (t3300) K


Hero bets All-In (1500), CO folds
Blocking-Bets
Les Blocking Bets sont des mises sur la river auxquels on recourt afin de voir le showdown à moindre coût, avec des mains marginales. Les blocking bets devraient être d'environ ¼ - 1/6 du pot.
Condition:
1. Le pot est heads up
2. Vous avez une main qui a une valeur à l'abattage, mais n'est pas favorite.
3. Vous êtes le premier à parler.
Exemple:
Hero (t4000)
MP2 (t6000)
CO (t4000)
Button (t3000)
SB (t4000)
BB (t3000)
Blinds 100/200
Preflop: Hero is MP1 with A

Hero raises to t500, 2 folds, CO raises to 800, 3 folds, Hero calls.
Flop: (t1900) 7


Hero checks, CO bets 300, Hero calls.
Turn: (t2500) 3
Hero checks, CO checks.
River: (t2500) J
Hero bets 500, CO calls.
Hero shows AJ for a Pair of Jacks
CO shows 66 for a Pair of Sixes.
Hero wins 3500.
En utilisant les blocking bets, on prévoit de se coucher face à une relance.
Post-flop
Afin de faire court : le jeu post-flop (surtout dans les premiers niveaux) est le même qu'en No limit avec de l'argent réel. Et sur ce point, il y a d'excellents articles rédigés par d'autres auteurs dans la section No Limit.
De manière générale, je vous recommande d'éviter les situations marginales, de vous efforcer de préserver un petit pot avec des mains marginales OOP et de trouver le juste milieu entre les value bets et l'incitation au bluff.
Glossaire
ROI - Return on Investment: espérance de gain par SNG
Sample Size: Nombre de SNG que l'on a joué.
limp: Call préflop, quand personne n'a relancé avant
Openraise: relance, quand tout le monde s'est couché avant.
Openlimp: un limp, quand tout le monde s'est couché avant.
OOP: Out of Position
ICM: Independent Chip Model
Littérature
Harrington on Hold'em Part I (Dan Harrington)
Harrington on Hold'em Part II (Dan Harrington)
Harrington on Hold'em Part III (Dan Harrington)
Tournament Poker for Advanced Players (David Slansky)
Logiciels
SNG Power Tools - http://sitngo-analyzer.com/
Tourney Manager - http://www.tourneymanager.net
MultiTableHelper - http://www.multitablehelper.com