Mis à jour le 13 Mar 26 par

Turnplay : bet/3-bet vs. check/raise

Les mains qui suivent traitent de la
situation suivante : on est sur le turn OOP par rapport à
l'agresseur (flop) et on vient de toucher une main forte.

Main 1

Preflop: Hero is SB with K, J
4 folds, MP2 calls, 3 folds, Hero raises, BB calls, MP2 calls.

Flop: (6.00 SB) 9, T, 7 (3 players)
Hero bets, BB calls, MP2 raises, Hero calls, BB calls.

Turn: (6.00 BB) Q (3 players)
Hero bets, BB calls, MP2 raises, Hero 3-bets, BB calls, MP2 calls.

River: (15.00 BB) 6 (3 players)
Hero bets, BB folds, MP2 calls.

Final Pot: 18.00 BB

Ici Hero a KJs, main avec laquelle il
relance depuis le SB pour isoler un limpeur.

Nous n'avons pas
touché le flop mais nous plaçons bien évidemment
un contibet standard contre 2 adversaires, et le limpeur relance.
Nous avons alors un easy call conformément aux cotes et outs.
Bien sûr nous ne fermons pas le tour d'enchères (risque
de nouvelles relances) et il nous faut décompter nos outs du
fait du risque de couleur et les possibilités de quinte
(contre nos overcards), mais nous avons tout de même un easy
call avec nos deux overcards et notre gutshot.

Sur le turn
nous touchons la nut et nous pouvons alors soit faire un donk bet,
soit tenter un check-raise.

Ici la meilleure option est
clairement le donk et ce pour plusieurs raisons :

  • Nous
    voulons piéger le 2ème adversaire.

La position
relative de Hero par rapport au relanceur du flop favorise le
donk.
Avec la nut n'avons bien entendu pas envie d'éliminer
BB, mais au contraire le maintenir dans le coup. Avec un check/raise
il serait confronté à un 2-bet contre lequel il
couchera beaucoup de mains avec lesquelles il suivrait pour 1 bet. Le
donk permet donc de le piéger.
Un check/raise permettrait
de protéger sa main contre BB, mais avec la nut ce n'est pas
la peine, car il tirera généralement mort avec la
plupart de ses mains. La couleur aurait ici de toute façon la
cote pour payer les 2 bets.

  • Nous voulons éviter de
    donner une carte gratuite

Ce tableau est très propice aux
tirages. Les 8 donnent un tirage quinte et il y a un tirage couleur
possible. Toutes ces mains pourraient avoir misées sur le flop
pour la value et pour prendre la carte gratuite sur le turn, et
joueraient ici check- behind. Ceci nous ferait perdre de la
value.

  • Nous voulons placer un 3-bet

Avec notre façon
de jouer, à savoir raise préflop, bet/call flop et donk
turn, nous pouvons tout à fait représenter une Q (AQ KQ
QJ). Si le relanceur du flop a une meilleure main (double paire, set,
quinte) il relancera le turn de façon justifiée, nous
permettant alors de jouer 3-bet et d'extraire le maximum de value de
nos 2 adversaires.
Un c/r de notre part représenterait plus
de force et notre adversaire ne jouerait peut-être pas 3-bet.

Main 2

Preflop: Hero is BB with 6, 7
2 folds, UTG+2 raises, 2 folds, MP3 calls, 3 folds, Hero calls.

Flop: (6.40 SB) 4, 5, T (3 players)
Hero checks, UTG+2 bets, MP3 raises, Hero calls, UTG+2 3-bets, MP3 calls, Hero calls.

Turn: (7.70 BB) 8 (3 players)
Hero checks, UTG+2 bets, MP3 calls, Hero raises, UTG+2 calls, MP3 calls.

River: (13.70 BB) 6 (3 players)
Hero bets, UTG+2 calls, MP3 calls.

Final Pot: 16.70 BB

Ici Hero défend
son big blind avec 67s.
Avec une cote de 1:5.5 on peut suivre
avec tous les connecteurs assortis.

Sur le flop nous touchons
un tirage quinte bilatéral sur un tableau rainbow, non pairé.
L'agresseur préflop effectue un contibet et l'autre joueur
relance. Nous ne pouvons pas sur-relancer pour la value et notre fold
equity contre ces deux adversaires est faible. C'est pourquoi le
meilleur move est ici le cold call. Après le 3-bet de UTG+2 et
le call de MP3 on peut mettre nos adversaires sur les éventails
suivants : l'agresseur préflop aura presque toujours overpair
ou ATs. Le 2ème adversaire aura souvent un T avec lequel il
relance pour la protection, sans pour autant aller jusqu'au cap.

Sur
le turn nous touchons la nut : check/raise ou lead bet ?

Ici
il vaut mieux jouer check/raise. Comparons avec les critères
de l'exemple précédent qui parlaient pour un donk :

1.
Piéger le 2ème adversaire

Comme dans le 1er exemple,
notre objectif est de garder MP3 dans le coup. Mais ici notre
position relative par rapport à ce joueur n'est pas la même.
Avec un donk de notre part l'agresseur pourrait relancer et offrir
ainsi un easy fold au 3ème joueur. Avec un check, l'agresseur
va miser et l'autre suivre. Le pot est alors si gros qu'il ne peut
plus se coucher pour un bet supplémentaire si Hero relance. Le
c/r nous permet donc de le piéger.

2. La carte
gratuite

Premièrement une carte gratuite serait ici moins
grave que dans la main précédente, car ici il n'y a
presque jamais d'outs contre nous. Mais l'argument décisif est
qu'il n'arrivera jamais que tout le monde checke ici !
En jouant
ainsi l'agresseur préflop a presque toujours au moins top
paire et il misera bien sûr de nouveau avec l'apparition d'une
blank.
Et même si il checkait, le 3ème adversaire
misera avec son T.
Nous pouvons donc être presque sûrs
qu'avec un check de notre part, l'action sera bet call.

3.
3-Bet

Ici aussi nous avons une main avec laquelle nous aimerions
bien jouer 3-bet. Mais : un donk aura un effet très
impressionnant au regard de l'action sur le flop, et l'agresseur
préflop pourrait bien ne pas relancer même avec une
overpair. De plus, on pourra effectivement jouer 3-bet suite à
un raise de sa part, mais on aura alors éliminé
MP3.

 

En résumé

Comme toujours, la clé est ici d'examiner le
tableau en fonction des éventails de mains sur lesquels on
peut mettre les adversaires en fonction de leurs actions et d'en
déduire les réactions probables des adversaires face à
nos actions.