Mis à jour le 13 Mar 26 par

Le Freeplay (3) - Top paires

Freeplay_3
» SUPPLÉMENT

Le freeplay (3) - Top paires

par steinek

Nous voici arrivés au troisième et dernier article de cette série sur
le freeplay.

Bien entendu, nous ne pouvons pas
traiter chaque
situation, mais si vous gardez en tête les points évoqués dans la
partie 1 et 2, et si vous êtes attentifs aux exemples qui suivent, vous
devriez gagner en assurance dans votre jeu.

Aujourd'hui, nous allons traiter des
cas où Hero
touche une top paire. C'est une situation assez compliquée. Bien
souvent, la top paire est accompagnée d'un kicker faible, et les
dangers viennent de toutes parts : abandon de value, protection
insuffisante, pertes inutiles contre des mains plus fortes, et
approche
trop weak.

La situation de départ

Full Tilt Poker $6.50 NL Texas Hold'em 15/30 Blinds

Stacks & Stats
UTG 1500
UTG+1 1500
MP1 1500
MP2 1500
MP3 1500
CO 1500
BU 1500
SB 1500
Hero 1500

EXEMPLE
1

Preflop: Hero is BB with J 3
2 folds,
MP1 calls 30, 1 folds,
MP3 calls 30, 2 folds,
SB calls 15, Hero checks

Flop: J T 7
SB checks, Hero ?

Il y a quatres joueurs dans le pot et
vous touchez
top paire avec un mauvais kicker. Le tableau est certes rainbow, mais
avec un T et un J, il rend quelques tirages quintes possibles que cet
adversaire pourrait avoir. De plus, il est important de noter que bon
nombre de cartes
du turn risquent de ne pas trop vous plaire. Vous ne souhaitez, bien
sûr, pas voir d'overcard, mais pas non plus de T, 9 ou 8, ce qui
représente tout de même 23 cartes sur les 47 inconnues.

  • Une mise directe :

Miser directement ici ne génère que rarement assez de fold equity
dans un pot multiway.
Il est fort probable qu'un T, un J ou un gutshot suive encore au moins
une fois. Vous allez donc souvent vous retrouver avec deux adversaires
sur le turn, avec un pot sensiblement plus gros, et, vue votre
position, vous aurez du mal à manœuvrer. Si vous jouez alors en
check/call alors les meilleures mains faites ou les tirages réalisés
feront un valuebet, et les moins bonnes mains ou tirages non réalisés
prendront la carte gratuite. Si, en revanche, vous misez, alors vous
ignorez la consigne qui veut qu'en début de tournoi, on doit éviter
d'invesitr trop d'argent avec des mains marginales. La mise
est donc
envisageable, mais vous amènera trop souvent dans des situations
difficiles.

  • Check :

C'est pourquoi vous devriez préférer un check, surtout si vous n'avez
pas encore beaucoup d'experience dans le jeu post-flop, et abandonner
la main face à de l'action plus prononcée qu'une simple mise de
position. Mieux vaut abandonner une main avec laquelle on aurait pu
générer une espérance de gain minime que de risquer de perdre la moitié
de son tapis dans une telle situation.
Vous
devriez également complètement ignorer le check/raise. Les adversaires
des petites limites suivent bien trop souvent et la route vous amenant
au showdown est trop longue et semée d'embûches pour pouvoir se
permettre de faire grossir le pot sur le flop avec une telle main.

 

Conclusion

  • Plus il y a de joueurs dans le
    pot, plus votre main doit être forte,
    car dans un pot multiple, il est moins probable que tous les joueurs se
    couchent. Le chemin qui vous sépare du showdown est long, et vous
    devrez souvent investir de nombreux jetons pour y arriver.

  • Plus il y a de tirages sur le
    tableau, moins vous
    avez de fold equity face à vos adversaires. Bien entendu, vous devriez
    également protéger plus. S'il est, certes, vrai que vous faites ainsi
    entrer bon nombre de jetons au milieu, en ayant souvent la meilleure
    main, vous devez pourtant garder en tête que la décision ne se fera
    qu'à l'abattage, et que le turn ou la river amèneront bien souvent une
    carte qui réalise un des tirages. Il est alors assez difficile de
    trouver le juste milieu entre minisation des pertes quand vous êtes
    battu et maximisation de la value quand vous êtes en tête. Dans le
    doute, vous pouvez donc abandonner quand le tableau est trop propice
    aux tirages.

  • Plus votre TP est faible, plus il
    est probable que
    ce ne soit plus une TP sur le turn. Cela semble être un lieu commun,
    mais on l'oublie bien souvent. Par exemple, une top paire de Dix ne le
    sera plus sur le turn dans 33 % des cas, et sur la river dans 55 % des
    cas.

EXEMPLE
2

Preflop: Hero is BB with K Q
2 folds,
MP1 calls 30, 2 folds,
CO calls 30, 2 folds,
Hero checks

Avec cette main assez forte, on peut
bien entendu
songer à une relance. Cependant, il est fort probable que le premier
limpeur, qui a décidé d'investir des jetons depuis MP1, suivra encore
bien souvent une relance. Si c'est le cas, alors CO
suivra également assez souvent, et vous n'avez rien atteint
avec votre relance, si
ce n'est faire grossir le pot alors que vous êtes hors position. Le
check est donc assez standard.

Flop: Q 8 7
Hero ?

La situation est maintenant bien
différente. Vous
avez top paire avec le deuxième kicker. Par ailleurs, la seule top
paire qui vous bat est AQ, et celle-ci se serait normalement illustrée
par une relance préflop. Vous pouvez donc partir du principe que vous
serez très souvent en tête, et pouvez encore générer de la value face à
un certain nombre de mains. À ces limites, les adversaires vont bien
souvent invesitr encore pas mal de jetons avec des mains comme 99, TT,
QJ et QT. Contre des joueurs inconnus, cela devrait suffire pour
accepter de go broke. La question est donc maintenant : comment
bénéficier d'un maximum de value et protéger.

Une mise directe est un choix solide
ici. Mais,
puisque vous êtes face à deux adversaires, il est assez probable qu'au
moins un des deux ait touché quelque chose, et un check/raise est donc
également envisageable. La décision entre les deux moves dépend de la
fréquence à laquelle vous pensez que vos adversaires vont miser et/ou
suivre une mise/relance, mais également de leur tendance à jouer les
tirages plutôt agressivement ou passivement.

À partir du turn, vous devriez miser tant qu'aucun A
n'apparaît.

Conclusion :

  • Si vous avez une top paire forte,
    et qu'il n'y a généralement pas de
    mains qui vous dominent dans les éventails adverses, alors vous devriez
    être prêt à go broke dans un pot avec trois joueurs au maximum, et pas
    de regular. Bien entendu, il arrivera qu'un adversaire vous sorte AQ,
    auquel cas, contentez vous de prendre une note. Ce ne sera en tout cas
    pas fréquent.

  • Plus vous estimez que vos
    adversaires seront
    tenter de miser, plus vous pouvez vous permettre d'opter pour un
    check/raise pour gagner un maximum de jetons tout en protégeant au
    maximum.

  • Plus le tableau est sec, plus
    vous pouvez vous
    permettre de faire un check, car une freecard ne serait pas
    catatrophique. Elle aidera assez rarement l'éventail adverse. En
    revanche, sur un tableau comme Q77, un J sur le turn, pourrait bien
    pousser un joueur ayant JT à accepter de vous payer grassement. Sur un
    tableau propice au tirage, les reads sur la tendance de vos adversaires
    à checker ou miser, valent de l'or. Dans le premier cas, vous devriez
    miser à tout prix.

EXEMPLE
3

Preflop: Hero is BB with Q 5
3 folds,
MP2 calls 30, 4 folds,
Hero checks

Flop: Q 7 4
Hero ?

Vous n'êtes que deux joueurs dans le
pot, et vous
avez une top paire avec un mauvais kicker. Avec un seul adversaires, un
fold direct comme dans l'exemple 1 serait trop weak. Cette main ne se
prête cependant pas à un check/raise, car quasiment toutes les moins
bonnes mains se coucheront alors, et toutes les meilleures suivront.

La question est donc, quelle est la meilleure ligne entre
check/call ou bet direct.

Ce qui plaide en faveur du check/call, c'est que vous ne pouvez
faire de valuebet que contre peu de mains, et que le bluffinduce génère
plus de value. D'un autre côté, votre main n'est pas très forte, et une
carte gratuite ne vous aidera que rarement. Ceci plaide donc plutôt en
faveur d'un bet. Si l'adversaire vous relance, alors vous pouvez
généralement abandonner, et s'il suit, alors vous êtes généralement en
tête, mais devriez rester très prudent. Un autre avantage de la mise
directe est que vous pouvez ainsi mieux contrôler le pot. Sur un
tableau bien sec comme celui-ci, vous pouvez vous contenter de mise à
la moitié du pot, ce qui vous laisse une bonne marge de manœuvre sur
les streets suivantes.

Si la mise est suivie, alors vous devriez faire une petite mise sur
le turn. Si votre adversaire a une main forte, il relancera
généralement sur le turn, et vous pourrez vous coucher. Si il a une
main
marginale, il abandonnera souvent, ou bien suivra pour prendre ensuite
le check behind sur la river, de sorte que vous touchez, dans ce cas,
encore un peu de value. Si, en revanche, vous vous contentez de checker
le turn, et si il mise à la moitié du pot, vous ne savez absolument pas
quoi faire. S'agit-il d'un value bet ou d'un bluff ? Et pouvez vous
vraiment vous permettre de suivre deux mises juste parce que vous
pensez qu'il peut bluffer ?

Conclusion :

  • Contre un seul adversaire, il est
    trop weak
    d'abandonner directement la main. La grosse question est donc de savoir
    quelle est la meilleure ligne entre un check/call et un bet direct.

  • Plus votre adversaire aime à
    bluffer, et plus il
    est agressif, plus vous devriez tendre vers un check/call, afin de
    provoquer des bluffs, et d'éviter ainsi de coucher la meilleure main en
    cas de relance.

  • Si, en revanche, vous estimez que
    votre adversaire
    est une calling station, alors vous devriez miser. Bien souvent, il
    aura une pocket paire comme 88, et vous payera volontiers deux value
    bets.

  • Plus le tableau est propice au
    tirage, plus vous
    devriez tendre vers un bet drect, afin de protéger. Sur les tableau
    secs, en revanche, vous pouvez vous permettre d'offrir une carte
    gratuit, et la probabilité que votre adversaire n'ait rien et se laisse
    donc tenter par un bluff augmente.

» EN RÉSUMÉ
Vous avez appris comment jouer en cas de top paire
touchée en début
de tournoi en situation de freeplay. Plus il y a d'adversaires dans la
main, plus vous devez vous comporter passivement. Vous remporterez
rarement le pot sans abattage, et le chemin qui vous en sépare est long.

En freeplay aussi vous pouvez toucher une top paire très forte,
auquel cas vous pouvez exclure les mains vous dominant, puisque vos
adversaires ont limpé. Dans cette situation, vous jouez post-flop comme
vous joueriez une overpair, contre des adversaires inconnus, et
devez-vous demander si un check/raise ou une ligne sans détours sont
préférables.

Si vous n'avez qu'un adversaire, alors TP avec un mauvais kicker
est également une main trop forte pour être jouée passivement. Dans ce
cas, vous devriez essayer de vous rappeller de tout ce que vous savez
sur votre adversaire, et d'en déduire son cheminement de pensée. Bien
souvent, une ligne de mise à la moitié du pot sur le flop et le turn,
avec l'intention de vous coucher face à une relance, est un bon
compromis entre protection, maximisation de la value et empêchement de
bluffs.

Pour finir, je tenais à vous indiquer qu'il est bon pour vous de
regarder les vidéos et lire les articles NL, afin de travailler à votre
approche dans les freeplay. C'est surtout dans le dernier cas que la
parallèle avec le NL en heads-up est justifiée. Votre jeu s'en
trouvera sans aucun doute enrichi.