Vous saviez pourtant qu'il avait une main forte...
Grigoriy "ahlinpoker" Skrypnik termine sa série concernant les distorsions de notre cerveau et vous explique aujourd'hui que certaines de vos décisions passées n'étaient peut-être pas si mauvaises que cela.
Nous terminons aujourd'hui notre série concernant les distorsions cognitives et comment celles-ci affectent notre cerveau. Les trois premiers articles ont traité sept biais importants. Si vous n'avez pas encore lu le premier, deuxième ou troisième article, nous vous conseillons vivement de le faire !
Biais rétrospectif

J'ai choisi de traiter ce biais en dernier non sans raison. Lorsque nous jouons au poker, nous prenons constamment des décisions que nous analysons, puis nous prenons d'autres décisions, etc. Cependant, lorsque nous analysons nos actions après-coup, nous connaissons déjà le résultat et notre attitude est donc biaisée. En conséquence, les joueurs ont tendance à penser que les évènements passés étaient plus prévisibles qu'ils ne l'étaient en réalité.
Nous hurlons souvent : "je le savais !" lorsque notre adversaire nous montre une main forte au showdown, avant de nous blâmer pour n'avoir pas réussi à appuyer sur le bouton "Fold". Nous avons l'impression après-coup que l'issue de la main était évidente.
Le problème peut même être encore pire que cela. Au cours d'un downswing, il est courant d'avoir l'impression que l'on prendra la mauvaise décision, peu importe notre choix. Si nous payons, notre adversaire nous montre les nuts, et si nous nous couchons, il dévoile bien évidemment un bluff. Cela vous rappelle peut-être quelque chose ?
Ne soyez pas trop dur avec vous-même. Vos adversaires ne sont pas aussi prévisibles que nous pouvons parfois le penser. Il est très difficile de surmonter ce biais au poker car c'est un jeu durant lequel nous faisons constamment des hypothèses sans avoir toutes les informations à notre disposition. Même si nous pensons connaître l'éventail de mains de notre adversaire, cela ne reste qu'une simple estimation. Certains joueurs expérimentés, dont les estimations s'affinent avec le temps, développent souvent un sentiment, possiblement faux, que toute action peut être prédite en essayant d'en extraire un pattern, un leak stratégique ou un spot spécifique.
Mais nous ne sommes que des humains et il restera toujours un certain degré d'imprévisibilité dans nos actions. Nous devons apprendre à vivre avec cela tout en acceptant que notre cerveau n'est pas parfait.
Conclusion
Nous ne pouvons pas avoir de processus de réflexion parfait et il est impossible de ne pas faire d'erreur. Nous devons accepter que toutes ces distorsions cognitives existent. Elles font partie intégrante de notre psychisme et sont présentes dans l'architecture des neurones de notre cerveau.
Cependant, tout en admettant leur existence, nous pouvons essayer de les surmonter consciemment et de penser de manière objective. Tel est mon souhait pour vous sur cette route difficile qu'est la maîtrise du "poker" et sur le voyage encore plus maginifique qu'est la "vie".
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