Mis à jour le 13 Mar 26 par

Comment jouer les tirages faibles ?

weak draws

Introduction

Dans cet article

  • L'évaluation de la cote implicite varie fortement.
  • Comment jouer les tirages faibles dans les pots multiples.
  • Comment jouer les tirages faibles dans les pots heads-up.

Lorsque vous ne touchez pas le flop, avec votre main de départ, il n'en reste pas moins fréquent que vous ne soyez pas non plus complètement passé à côté. Bien souvent, vous avez un gutshot, un ou deux tirages backdoors, ou un autre tirage faible, et vous vous demandez comment vous allez continuer à jouer cette main.

Aux limites très basses, ce n'est pas une erreur de jouer ces mains de manière weak, et de continuer à se contenter d'attendre des mains fortes, afin de stacker son adversaire.

Dans cet article, nous allons vous démontrer comment jouer vos tirages faibles avec une espérance de gain positive, dès les small stakes. Vous rencontrez alors des joueurs contre qui on peut vraiment jouer au poker, et face à qui on peut exploiter son edge post-flop même avec des tirages faibles.

Cet article traite uniquement du jeu avec des tirages faibles, et non pas de l'approche à adopter avec une main faite accompagnée d'un tirage faible.

Qu'est-ce qu'un tirage faible ?

Pour commencer, il est bien sûr important que vous sachiez quelles mains qualifier de tirages faibles. Il existe en tout 5 types de tirages faibles, dont l'approche peut varier très fortement. 

Les tirages quintes bilatéraux faibles
 

Ce tirage particulier pose problème à bon nombre de joueurs non expérimentés, qui font l'erreur de le classifier comme tirage fort. Si vous avez ce qu'on appelle le "bout idiot" d'un tirage quinte, alors vous n'avez que 4 outs vers la nut absolue.

Si le turn amène, par exemple, une Q, alors vous serez régulièrement battu par une meilleure quinte, par exemple AK ou K9, vous mettant dans une situation fort coûteuse.

Si vous avez un tirage quinte bilatéral idiot sur un tableau avec deux cartes assorties, alors votre nombre total d'outs s'en trouve encore plus réduit. Si vous touchez votre tirage, vous ne pouvez pas savoir s'il est vraiment rentable de jouer pour un gros pot.

Tirages couleur faibles
 

Vous avez certes un tirage couleur, mais votre problème est que vous ne tirez ni vers la couleur max, ni vers la seconde ou troisième couleur. Vous êtes donc confronté au danger de jouer contre un meilleur tirage couleur, ou bien d'être face à un retirage si vous complétez votre tirage sur le turn.

Plus il y a d'adversaires dans le pot, plus il est probable qu'un de vos adversaires domine votre tirage, et que vous soyez quasiment drawing dead dans cette main. C'est pourquoi vous devez jouer prudemment, malgré votre grand nombre d'outs, afin de ne pas prendre le risque de remporter de petits pots, et d'en perdre des gros.

Gutshots
 

Avec un tel gutshot, vous avez toujours l'avantage d'avoir 4 cartes (ou trois sur un 2-suited board) qui vous donnent la nut absolue. De plus, vous outs sont bien cachés. Sir un tableau 5Q8T, bon nombre de joueurs ne voient pas le danger de quinte. Vous avez donc l'avantage de pouvoir souvent tirer une bonne value de votre main si le tirage se réalise.

Tirages non-max avec une holecard
 
 

Ces tirages sont si faibles car, d'une part, ils sont très visibles, et, d'autre part, ne sont pas des tirages vers la nut. Si votre tirage se réalise, l'adversaire sait immédiatement que la carte qui est tombée a complété un tirage très vraisemblable, et n'a souvent aucun mal à vous mettre sur cette carte si vous devenez soudain actif.

Si, malgré le fait que vous ayez touché votre tirage quinte, l'adversaire continue à être actif, alors vous êtes souvent dans une situation inconfortable de "freeroll". Soit votre adversaire a touché une meilleure main, soit vous partagez le pot. Vous serez rarement en mesure de remporter le pot tout seul.

En cas de couleur à une carte, le problème du "freeroll" n'est pas là, mais vous êtes confronté au danger d'avoir le tirage le plus faible. Il y a peu de joueurs qui surjouent une paire sur un tableau à 4 cartes assorties, ou se lancent dans un pur bluff en étant drawing dead.

Tirages backdoor        
 

Les tirages backdoor ont le gros avantage d'être très difficiles à lire pour votre adversaire. Le problème de ces tirages, en revanche, est que leurs chances de réalisation sont remarquablement faibles, car vous devez toucher une bonne carte aussi bien sur le turn que sur la river.

C'est pourquoi dans la majorité des situations, contre un adversaire face auquel vous n'avez pas d'historique particulière, les tirages backdoors ne sont pas jouables seuls. Si, en revanche, votre main est une combinaison de plusieurs tirages backdoors, ou bien d'une main faite correcte et d'un tirage backdoor, alors elle peut devenir jouable.

Bien souvent, votre tirage backdoor va vous faire choisir une autre ligne, car il vous offre un petit avantage d'equity, ainsi qu'une grosse cote implicite en cas de hit.

Vous voyez donc que les tirages faibles diffèrent fortement les uns des autres, et qu'il n'y a donc pas de ligne standard avec vos tirages faibles.

Dans le déroulement de cet article, vous découvrirez en quoi les tirages diffèrent les uns des autres, et comment jouer avec tel ou tel type de tirage.

Cote implicite et cote implicite inversée avec les tirages faibles

En fonction de votre tirage et de la texture du tableau, votre cote implicite peut fortement varier. Parfois, vous aurez une cote implicite très élevée, avec un tirage faible, et parfois une cote implicite inversée considérable. La liste ci-dessus vous a déjà donné quelques éléments de réponse concernant la tendance de chaque tirage faible en terme de cote implicite.

Voici encore un petit aperçu :

  • Les One-Card-Draws, où vous n'utilisez qu'une seule de vos cartes privatives, ont en général une cote implicite inversée très importante. Cela est dû au fait que vos tirages sont très ostensibles, et que s'ils se réalisent, un joueur compétent ne jouera pour un gros pot que lorsqu'il est capable de battre le tirage réalisé. Un autre aspect important est également la relative faiblesse de votre main. Vous n'utilisez qu'une seule de vos deux cartes privatives, ce qui fait que votre adversaire peut vous dominer, mais qu'il ne sera pas facile de prendre du recul vis-à-vis de votre main.

  • Les tirages couleurs faibles et les tirages quintes bilatéraux idiot end ont également un peu de cote implicite inversée. Cependant, celle-ci n'est pas aussi importante qu'avec les one card draws. Bien souvent, vous allez réussir à stacker une double paire ou un set, si votre tirage rentre. Le problème avec ces mains est que vous pourriez bien être dominé, c'est pourquoi vous devez être prudent en les jouant.

  • Les gutshots et les tirages backdoors ont une bonne cote implicite, si toutefois vous utilisez les deux cartes privatives, de sorte qu'ils ne tombent pas dans la catégorie "one card draw". Si votre gutshot, votre tirage quinte backdoor ou votre tirage couleur backdoor se réalisent, alors votre adversaire aura du mal à vous mettre sur cette main exacte, de sorte qu'ils ont du mal à comprendre votre séquence de bet, et vous payent souvent. C'est ici que réside la force de ces tirages. Paradoxalement, c'est avec les plus faibles des tirages faibles que vous gagnerez les plus gros pots en cas de hit, car aucun adversaire ne peut vous mettre si facilement sur un tirage backdoor ou ne voit le gutshot qui vient de se réaliser.

Comme vous pouvez le voir, votre cote implicite change radicalement d'un type de tirage à l'autre. Mais n'oubliez jamais que votre cote implicite ne dépend pas uniquement de votre main.

En plus de votre main, vous devez prendre en compte la texture du tableau (un gutshot sur un tableau à trois cartes assorties) ainsi que le type d'adversaire, qui sont les deux autres facteurs décisifs pour déterminer votre cote implicite. Gardez bien cela en tête, et ne vous concentrez pas uniquement sur votre main.

EXEMPLE

$0.25/0.50 No-Limit Hold'em (6 handed)

Hero ($65.36
BB $9.35

Preflop: Hero is SB with Q , 8
2 folds, CO calls, 1 fold, Hero calls, BB raises to $1.50, 1 fold, Hero calls.

Flop: ($3.50) 3 , T , 9 (2 players)
Hero checks, BB bets $2.50, Hero??

Il vous faut un des quatre valets du talon pour compléter une quinte. Vous pouvez vous accorder un petit out supplémentaire sur votre overcard, que vous devez fortement décompter dans cette situation. Avec une cote 1:8,4, vous ne pouvez pas suivre, avec votre cote du pot de 2,4:1.

Seule la cote implicite pourrait vous le permettre. En partant du scénario le plus optimiste, vous pouvez partir supposer prendre le tapis restant complet de Villain, à savoir $5.35, ce qui nous donne une cote implicite de 4,54:1. Cela ne suffit pas non plus pour un call. Si on y ajoute le fait que vous allez jouer toute la main hors position, le fold devient extrêmement easy.

Les tirages faibles dans les pots multiples

Si vous jouez un tirage faible dans un pot multiple, alors vous allez vite vous rendre compte que ce n'est pas le bon endroit pour se lancer dans un move créatif. Bien souvent, il vous manque une cote correcte, ainsi qu'une fold equity suffisante, pour pouvoir jouer votre tirage de manière inconventionelle. Vous ne serez que parfois en mesure d'avoir une cote implicite suffisante pour un gutshot.

Si ce n'est pas le cas, il vaut mieux jouer votre tirage faible sans détour, dans un pot multiple, plutôt que tenter un semi-bluff, ou suivre sans la cote sur le flop pour tenter un move sur le turn.

Essayez de limiter vos propres pertes, et de ne pas vous laisser embarquer dans de trop gros pots avec vos tirages faibles.

EXEMPLE

$0.50/$1.00 No-Limit Hold'em (6 handed)

BB $110
CO $50
Hero $130
SB $80

Preflop: Hero is BU with J , T
2 folds, CO calls, Hero raises to $4, SB calls, BB calls, CO calls.

Flop: ($16) 3 , K , 9 (4 players)
SB bets $8, BB calls, CO calls, Hero??

Vous avez quatre outs vers la quinte max. Il vous faut une cote directe de 10,75:1 pour justifier un call. La cote offerte est de 5:1. En cas de dame sur le turn, vous devriez extraire 50 dollars supplémentaires de vos adversaires, et faire grimper le pot des 40 $ actuels à 90 $, pour justifier un call en terme de cote du pot.

Mais la situation vous permet de compter sur un pot final largement supérieur. Vous avez la position sur vos adversaires, les tapis sont gros, vous êtes l'agresseur préflop et trois joueurs semblent intéressés par le pot, en étant tous OOP face au PFA.

Vote main est également peu ostensible. Le tableau hypothétique serait 3K9Q. La "connectivité" est relativement faible. Le terme "connectivité" décrit dans quelle mesure les cartes du tableau sont proches les unes des autres en terme de valeur. Seules K et Q sont consécutifs, et votre adversaire pourrait donc ne pas voir la quinte, ou du moins la prendre invraisemblable.

Si vous observez maintenant le flop en considérant l'éventuelle force des mains adverses, vous pouvez voir qu'il offre bon nombre de possibilités. Il pourrait y avoir un set en jeu (quoique seule 33 soit une main typique de limp/call) ou une double paire. De plus, vous êtes face à trois adversaires et, vue l'action, vous n'aurez aucun mal à faire grimper le pot aux 90 $ nécessaires d'ici l'abattage, même contre une simple paire de roi.

La cote implicite est la suivante : dans 8,5 % des cas, le turn vous amènera une dame. Dans 16,4 % des cas, celle-ci apparaîtra sur le turn ou la river. Il est quasiment certain que la quinte avec JT soit la meilleure main à l'abattage. Il est assez réaliste de partir du principe qu'au moins un des adversaires continuera à investir de l'argent avec sa main en cas de réalisation de votre tirage. Si vous ne touchez pas sur le turn, vous pourrez vous coucher (en fonction de votre cote) ou recevoir une carte gratuite. 

Cote implicite pour un call flop : (16+24+50)/8 : 1 = 11,25:1

Rien que cette cote est supérieure aux 10,75:1 nécessaires à un call avec quatre outs, et nous n'avons même pas encore pris en compte la possibilité de carte gratuite sur le turn.

EV(Call) = P(Dame sur le turn) * EV(Pot avec la cote implicite) - P(pas de dame sur le turn)*EV(Investissement) = (0,085*90) - (0,915*8) = 0,33

Le call serait donc justifié.

Cet exemple peut sembler un peu irréaliste, et une telle situation n'est pas très fréquente. Mais cela montre comment calculer sa cote implicite, et ce à quoi vous devez prêter attention.

Il est également très rarement possible de faire des calculs aussi exacts durant une partie, c'est la raison pour laquelle vous devez essayer de développer un feeling pour savoir quand vous coucher et quand suivre. De plus, un tel calcul ne sera pas toujours correct, car bon nombre de variables entrent en jeu, qui ne peuvent être pris en compte que de manière empirique.

EXEMPLE

$0.50/1.00 No-Limit Hold'em (6 handed) 

Hero ($65.36)
BB ($55.35)
UTG ($60.85)

Preflop: Hero is SB with 9, 9
UTG raises to $4, 3 folds, Hero calls $3.50, BB calls $3.

Flop: ($12) Q , 2 , 4 (3 players)
Hero checks, BB bets $5, UTG calls, Hero??

Vous avez une cote du pot de 4,4:1. Si vous pouvez compter sur neuf outs intacts vers la couleur, et deux vers le set, alors votre cote flop-to-turn est de 4,3:1. Vous auriez donc un call, certes limite, mais profitable.

Mais il y a un bon nombre d'éléments qui s'opposent à un call. La raison principale est qu'il est probable qu'un des adversaires ait un meilleur cœur en main. De plus, vous êtes OOP, ce qui ne rend pas la river moins coûteuse. La cote du pot effective est moins bonne qu'elle ne pourrait sembler à premier abord. Vous avez une cote implicite inversée.

Sur un tel tableau, il sera difficile d'extraire de la value de la part d'une main battue, même une main forte. De plus, la probabilité que vos outs de couleur ne soient absolument pas présents est bien réelle. Un call serait donc une erreur.

Cet exemple assez simple a surtout pour but de bien démontrer en quoi, même avec de bonnes chances de voir la carte suivante à coûts réduits, il est préférable de coucher un mauvais tirage couleur à une carte, en raison du gros danger d'être dominé, et de l'action réduite qui résulterait de la réalisation du tirage.

Le tirage couleur faible vous arrivera le plus souvent lorsque vous jouez une pocket paire car, en général, vous avez soit des mains assorties, soit des holecards élevées, lorsque vous ne jouez pas de paire. C'est pourquoi les tirages couleurs faibles sont souvent accompagnés d'une autre option vers une main forte, mais cela peut-être traître, en raison du gros danger de couleur.

Tirages faibles dans un pot heads-up

Dans un pot heads-up, vous avez, pour diverses raisons, la possibilité de ne pas jouer vos tirages faibles sans détour. Mais vous devez garder une chose en tête : les tirages faibles doivent être jouer en prenant toujours en compte l'adversaire face auquel vous vous trouvez !

Si vous êtes face à un joueur loose passif (calling station), alors vous ne générerez que rarement la fold equity nécessaire à faire un move profitable. Ces joueurs ne se posent que rarement des questions sur votre séquence de mises et sur l'éventail de mains que vous représentez par là. Contre un tel type de joueur, les moves présentés par la suite doivent être utilisés avec une grande parcimonie.

Contre les Rock, les TAG ou les semi LAG, vous allez avoir bien plus de succès avec les concepts suivants. Ces adversaires sont capables de coucher une main allant de faible à moyenne, et se posent également des questions sur l'éventail que vous représentez.

Bien souvent, ces joueurs jouent sur plusieurs tables, ce qui fait que vos moves avec des tirages faibles ne se feront pas trop vite remarqués, car vos adversaires ont simplement tendance à abandonner face à une résistance trop importante.

Les tirages faibles et le float

Si vous jouez dans un pot heads up en position, et si votre adversaire a l'initiative, alors vous pouvez souvent faire un float avec un tirage faible.

Beaucoup de joueurs ont cette manie de faire un continuation bet systématique sur le flop, et de ne commencer à se soucier de la force de leur main que sur le turn. Bien souvent, ils deviennent alors weak passifs. Vous pouvez exploiter cette approche au mieux en optant pour un float en position.

EXEMPLE

$1/$2 No-Limit Hold'em (6 handed)

CO $200
Hero $200

Preflop: Hero is BU with 7, 6
2 folds, CO raises to $7, Hero calls, 2 folds.

Flop: ($17) K, 8, 4 (2 players)
CO bets $13, Hero calls.

Turn: ($33) 2 (ou 2) (2 players)
CO checks, Hero bets $21

Ici, vous avez un gutshot sur le flop et décidez de faire un float. Sur une telle texture de tableau, un float fonctionnera souvent, car il a l'air très sec, dans la mesure où seuls des tirages gutshots sont possibles.

Il fera un continuation bet avec quasiment toutes les mains de son éventail. Si votre adversaire a une main, alors vous pouvez toujours vous accorder une très bonne cote implicite avec votre gutshot. De plus, vous avez également un tirage couleur backdoor, ce qui donne encore un petit point à votre main,

Contre certains adversaires, vous devez faire attention aux cartes hautes du flop lorsque vous envisagez un float. Bien souvent, les bons TAGs et LAGs font un 2nd barrel turn avec une overcard, vous empêchant de floater. Un flop king high est donc quasiment parfait, car l'adversaire ne fera de bluffbet quasiment qu'avec un As.

Avec une des nombreuses cartes inoffensives du turn, l'adversaire checke, comme on pouvait s'y attendre. Peu importe maintenant que votre tirage couleur backdoor soit devenu un tirage ou non. Bien sûr, il est préférable d'avoir des outs supplémentaires vers la river, mais, avec votre tirage faible, vous devez quasiment toujours faire un float, car c'est votre meilleure opportunité de remporter le pot, après que votre adversaire a fait preuve de faiblesse sur le turn.

Vous pouvez donc voir qu'un float avec un tirage faible est un joli move. Mais ce n'est pas tout. Contre les regulars, vous avez ainsi l'avantage de bi-polariser votre éventail, de sorte qu'ils auront du mal à jouer contre votre éventail complet.

Si vous avez une main faite moyenne ayant de la showdown value dans une telle situation (par exemple, 99, 98 ou autre dans l'exemple ci-dessus), alors un float n'est pas un très bon move, car il tend à ne faire coucher que les moins bonnes mains, tandis que les meilleures suivent. Avec une main faite moyenne, vous devriez vous concentrer sur le contrôle du pot, et essayer de voir le showdown.

Si vous avez une bonne main faite sur le flop, mais qui est cependant vulnérable, alors vous pouvez choisir de "balancer" votre éventail de relance de bluff flop, en relançant directement pour la value et la protection. Un float n'est donc pas non plus toujours le move standard.

Avec un tirage fort au lieu du tirage faible, un float n'est pas toujours la meilleure option face à certaines adversaires, car vous abandonnez ainsi la possibilité de prendre une carte gratuite, et prenez le risque d'être confronté à un check/raise

Avec un tirage fort, vous voulez à tout prix éviter d'être confrontés à un check/raise, car vous auriez alors à prendre une décision fort difficile. Vous serez souvent battu, et, en cas de fold, vous abandonnez une belle pot equity.

Parfois, vous serez même obligé de suivre avec votre tirage fort en raison de votre cote du pot, et donc d'investir pas mal d'argent en étant outsider. En raison de ces difficultés, il est bien souvent préférable de faire un semi-bluff flop, afin de prendre une carte gratuite sur le turn. Un float serait contre-productif.

En faisant un float avec vos tirages faibles, vous balancez donc vos mains faites fortes, avec lesquelles vous vous contentez également d'un call flop, dans l'espoir de voir l'adversaire bluffer, ou s'améliorer vers la main seconde.

En faisant un float avec vos tirages faibles, vous pouvez générer une bonne foldequity, qui vous permet d'éviter l'abattage. Si vous êtes suivi en faisant un float, alors vous aurez une cote implicite énorme en cas de réalisation de votre tirage sur la river.

Tirages faibles et relances de bluffs retardées

Si vous jouez heads-up en position avec l'initiative, alors vous avez deux possibilités sur le flop : le continuation bet (nous en parlerons plus avant dans la partie suivante) ou la relance de bluff retardée.

EXEMPLE

$1/$2 No-Limit Hold'em (6 handed)

BB $200
Hero $200

Preflop: Hero is BU with 7, 5
3 folds, Hero raises to $7, SB folds, BB calls.

Flop: ($15) A, 4, 4 (2 players)
BB checks, Hero checks.

Turn: ($15) 3 (2 players)
BB bets $12, Hero raises to $40, BB calls $28.

River: ($95) 2 (2 players)
BB checks, Hero bets $82

Cette ligne peut tout d'abord sembler peu orthodoxe. Mais en s'y penchant de plus près, nous pouvons voir qu'il y a une véritable réflexion derrière cette approche, et qu'elle offre certains avantages.

Préflop, vous faites une relance standard first-in depuis le button, et êtes suivi par le big blind. Sur cette texture du tableau sur le flop, vous pouvez, en général, faire un continuation bet. Mais il sera fréquent que votre adversaire vous suive, avec un 4, une pocket paire, ou un As. Après cette ligne, vous serez souvent dans une situation délicate sur le turn, et ne saurez pas si il s'agit d'un bon spot pour un 2nd barrel ou non, car cela dépend fortement de votre read sur vos adversaires.

Si vous renoncez à un continuation bet sur le flop, alors bon nombre de joueurs vont tenter de remporter le pot avec un bluff, ou de protéger leur pocket paire avec un protectionbet. Si vous relancez cette mise fréquente sur le turn, l'adversaire aura du mal à continuer à jouer sa pocket paire. Votre relance de bluff sur le turn vous permet de faire coucher de meilleures mains, et de glaner des informations sur la main adverse.

Vous pourriez bien sûr, également faire une telle relance de bluff avec une main comme JT ou autre. Mais, avec une telle main, vous n'auriez pas la possibilité d'éventuellement remporter l'abattage. Si, en revanche, vous avez un tirage faible sur le flop (double tirage backdoor), alors vous avez un gros avantage : celui d'avoir encore la possibilité de remporter la main sur le showdown)

Cette petite probabilité de réussir un suckout avec un tirage backdoor, peut avoir une grosse espérance de gain. Ce move a un bon potentiel de tilt, et influe fortement sur votre metagame face à votre adversaire.

Beaucoup de regulars aux small stakes ne sont pas familiers d'un tel move, et penseront que vous jouez comme un idiot. Ils pourraient bien partir en tilt, ou alors essayer de faire en permanence des calls héroïques contre vous.

Si vous réussissez cette prouesse, alors vous pouvez bien sûr mettre ceci à profit dans les mains suivantes, en faisant des value bets thin. Il  est donc tout à fait envisageable que votre bluffbet retardé sur la river, et votre value bet river soient en soient une approche EV-, mais qui peut avoir une influence considérable sur les mains suivantes face à cet adversaire.

Si vous décidez d'intégrer la ligne  check behind Flop, bluffraise Turn à votre jeu, il vous faut faire attention à trois choses en particulier :

  • Jouez également cette ligne pour la value. Dans cet exemple, il faut, que vous soyez également en mesure de jouer AK ou un 4 en check behind flop, afin de faire un value raise turn.
  • Ne jouez jamais scared money, et soyez bien conscient du fait que vous devrez bien souvent faire un nouveau bluff bet sur la river en cas de call turn. Vous voulez générer une fold equity maximale, et ne voulez pas montrer trop facilement vos bluffs à votre adversaire.
  • Ne jouez cette ligne que contre des adversaires qui sont en mesure de coucher leurs mains et face à qui vous avez une image solide. Les calling stations, qui font des calldown au moindre As, ne sont pas des cibles privilégiées pour ce type de moves.
Tirages faibles et continuation bet

En tant qu'agresseur préflop dans un pot heads-up, vous devriez quasiment toujours faire un continuation bet. La ligne présentée ci-dessus est une exception, et ne doit être appliquée que dans des spots particulièrement adaptés.

Si vous êtes l'agresseur préflop, alors un continuation bet générera souvent une fold equity suffisante. Et si votre adversaire vous suit, vous avez alors souvent une excellente cote implicite pour votre tirage faible, puisque votre continuation bet ne peut pas vraiment lui permettre de vous mettre sur une main.

Si vous êtes hors position, vous ne devriez en aucun cas essayer d'opter trop souvent pour une ligne passive, en abandonnant l'initiative par un check in sur le flop. Hors position, vous n'avez pas vraiment la possibilité de prendre une carte gratuite ou de contrôler le pot.

C'est pourquoi la ligne standard de continuation bet est bien souvent la meilleure. Si vous commencez à jouer vos tirages faibles passivement hors position, alors vous devez également intégrer des check/bluffraise flop à votre jeu. Et, pour ce faire, il faut du doigté et une bonne connaissance de vos adversaires.

EXEMPLE

0.5/1 No-Limit Hold'em (5 handed)

Preflop: Hero is BB with T , T
3 folds, SB raises to $2.00, Hero raises to $6.00, SB calls.

Flop: ($12.00) K , 9 , 5 (2 players)
SB checks, Hero bets $10, SB calls.

Turn: ($32.00) 7 (2 players)
SB checks, Hero ??

Ici, vous avez une décision compliquée sur le turn. Il semble vraisemblable que votre adversaire aura souvent soit un meilleur tirage couleur, soit une meilleure main.

Les avantages d'un bet  (2nd Barrel) :

  • Une bonne fold equity, en raison du tableau fort dangereux.
  • Vous avez de meilleures informations sur la main adverse qu'en faisant un check.
  • En cas de relance, vous vous épargnez une décision sur la river.

Les avantages d'un check behind :

  • Vous bénéficiez d'une carte gratuite.
  • Vous ne jouez pas pour un trop gros pot avec une main marginale (contrôle du pot).
  • Vous empêchez ainsi un check/raise adverse.
  • En raison du petit pot, votre position va faciliter la décision sur la river.
  • Une mise de 2nd barrel peut tout à fait n'être que suivie, ce qui fait que les informations sont quasiment les mêmes qu'avec un check behind.

Comme vous le voyez, il y a des arguments en faveur des deux lignes, mais ceux-ci ont plus ou moins de poids dans votre décision. La fold equity représente un bon argument, mais les autres arguments du bet sont plutôt faibles.

L'important ici est que les mains fortes se coucheront rarement, et que seules les mains faibles, que vous battez, le feront. Si on considère maintenant le restant de la main, on s'aperçoit qu'une carte gratuite vous arrange plus qu'elle ne vous dérange. De plus, avec une main marginale, il est bon de garder un petit pot, et le contrôle du pot y est plus important que la fold equity. Un check behind est donc la meilleure option ici.

River: ($32.00) J (2 players)
SB bets $20, Hero??

La couleur se réalise sur la river. Toutes les mains avec un As ou une dame de pique vous battent maintenant. Vous avez la position et pouvez voir l'abattage pour 20 $.

Observons l'évolution de la main : Le tableau 3-suited n'est présent que sur le turn. La façon dont votre adversaire a joué sur un tableau 2-suited, puis 3-suited, et enfin 4-suited. Un bon joueur ayant un tirage couleur faible observe toujours chacune de ces stations, afin de pouvoir évaluer plus facilement la main adverse. Il est d'ailleurs bon d'être généralement en mesure de récapituler une main pour bien profiter de toutes les informations, lors de la prise de décision.

SB se comporte passivement jusqu'à la dernière carte. Peut-être avait il un tirage, ou joue maintenant le K et fait un blockbet, peut-être qu'il bluffe, dans la mesure où votre check sur le turn annonçait une certaine faiblesse. Seules les mains contenant un As ou une dame de pique vous battent ici. Il s'agit certes de deux cartes qui se trouvent dans l'éventail de Villain, mais, sans reads, vous pouvez prendre le risque dans cette situation, et suivre la mise, contre unknown.

Ce que cet exemple vous démontre c'est qu'avec un tirage couleur faible, il est important d'agir en anticipant, et de porter une réflexion sur ce que l'on fait si la couleur arrive, et selon ce qu'est devenue la situation. Contrairement au gutshot, vous ne pouvez être sûr de gagner lorsque le tirage arrive.

En résumé

Dans cet article, vous avez vu qu'il y a bon nombre de spots dans lesquels on peut faire des moves créatifs avec des tirages faibles. Mais pensez bien que vos tirages faibles sont également soumis à la nécessité d'une bonne cote implicite ou fold equity pour pouvoir être considérés comme EV+.

C'est pourquoi vous ne pouvez pas faire vos calculs de cote implicite à la va-vite.

En résumé, voici les grandes lignes de ce que vous devez retenir de cet article :

  • Dans les pots multiples, une approche weak passive est toujours préférable, afin de ne pas trop perdre avec ces mains.
  • Dans les pots heads-up, et en fonction de votre cote implicite et de la texture du tableau, vous pouvez jouer vos tirages faibles en float ou en bluffraise retardé.

  • Si vous êtes OOP dans un pot HU, alors un continuation bet est bien souvent le meilleur moyen de jouer un tirage faible.