Mis à jour le 06 Juil 26 par

Comment jouer les gros tirages ?

big draws

Introduction

Dans cet article

  • Les bases du jeu avec les tirages

  • Déplacement d'equity, et semi-bluffs

  • Différences entre le jeu en position et hors
    position

Dans cet article, nous vous présentons comment jouer idéalement
les tirages forts. Par tirages forts, ou gros tirages, nous désignons, tous les
tirages ayant 8 outs ou plus, leur permettant de devenir une main très forte, mais
n'ayant
pour le moment pas la moindre showdownvalue.

Ceci est loin d'être évident à
évaluer mathématiquement, car on n'obtient que
très rarement la cote immédiate correcte pour jouer un tirage. En revanche, la cote implicite est souvent relativement élevée.

D'autre part les semi-bluffs sont
relativement efficaces du fait
de la valeur variable de mises. Ceci garantit le plus souvent une
fold equity élevée qui fait du semi-bluff une approche très profitable.

Le chapitre suivant vous présente les
bases du
jeu avec les tirages forts, et les approches concrètes dans les
différentes situations.

Les bases

La cote implicite

La
cote implicite est, bien entendu, plus élevée en No-Limit qu'en Fixed
limit. Vous pouvez souvent partir du principe que, lors du tour
suivant, vous arriverez à soutirer au moins une mise entre un demi pot
et un pot complet à votre adversaire.

Vous devez cependant bien faire
attention à la
taille du tapis. Si votre tapis ou celui de votre adversaire est très
petit, alors votre cote implicite s'en trouve également fortement
réduite, puisque vous devez toujours prendre en considération le tapis
effectif. Vous ne pouvez pas gagner plus que l'argent que votre
adversaire peut perdre.

EXEMPLE

Admettons que le pot au flop soit de
12 BB, et que
vous ayez le tirage couleur max, avec 9 outs (un tableau sans paire).
L'adversaire mise 8 BB. Vous avez donc une cote du pot de 1:2,5 pour un
call. Pour pouvoir suivre avec votre 9 outer, en revanche, il vous
faudrait une cote de 1:4,22  (calculée selon la
formule :
[1-(9/47)]/(9/47))

Mais si vous pouvez partir du
principe que vous
arriverez à soutirer, en moyenne, encore un demi-pot sur la street
suivante, alors votre cote implicite pour un call est naturellement
plus
élevée.

Calcul de la cote implicite :
Taille du pot sur le flop : 12 BB
taille de la mise adverse : 8 BB
Pot sur le turn après un call : 28 BB (12 BB+8 BB+8 BB)

Cote implicite pour un call sur le flop : 1 : [("Taille du pot
sur le flop" +
"Taille de la mise adverse" + "Mise attendue sur la street suivante en
cas de hit") / ("mise adverse")

Cote implicite = 1 : [12+8+28/2)/8] = 1 : 4,25

Vous avez donc une cote implicite de
 1:4,25. Pour justifier un call, il vous faut 1:1,422. La cote
implicite permet donc
un call dans cette situation.

Avec un tirage, vous n'avez pas
toujours d'aussi
bonne cote implicite. Parfois, vous aurez aussi une cote implicite
quasi
inexistante en cas de hit. C'est le cas si, en raison de votre action,
votre adversaire vous met clairement sur ce tirage-là, et ne compte
plus investir d'argent en cas de réalisation de celui-ci.

Plus votre tirage est évident
(tirages couleur et
quintes à une carte, par exemple), plus vous devez être pessimiste dans
le calcul de votre cote implicite. Votre cote implicite dépend
également de la capacité de votre adversaire à bien évaluer la texture
du tableau.

Évolution de l'equity avec un tirage fort

Pour bien comprendre le jeu avec un
tirage fort,
il est important de bien réaliser comment votre equity évolue entre
le flop et le turn, lorsque votre tirage ne se réalise pas sur le turn.
Vous savez sans doute déjà que vous avez une plus grosse pot equity sur
le flop que sur le turn, car, vous y avez deux possibilités de toucher
votre tirage (turn et river) contre une seule sur le turn (river).

Puisque, sur le turn, vous n'avez
plus qu'une
possibilité de réalisation de votre tirage, votre equity fond
considérablement. La table que voici démontre cela de manière
ostensible :

Évolution
de l'equity du flop au turn

Votre
main
Main
adverse
Flop
Equities
sur le flop
Turn
Equities
sur le turn
Pertes
d'equity relative
A7 T9 T92 36.46:63.54 3 20.45:79.55 43.9%
KQ JT JT2 32.83:67.17 3 18.18:81.82 44.6%
KQ JT JT2 53.32:46.68
3 34.1:65.9 36.1%

Ces trois situations démontrent
parfaitement la
perte d'equity que connaît un bon tirage entre le flop et le turn,
puisque vous êtes toujours dépendant de votre tirage quinte ou couleur
afin de gagner la main. Si vous ne touchez pas votre tirage sur
le flop, vous avez encore des chances de gagner avec des
runners-runners (comme runner runner double paire par exemple).

Vous voyez donc que si la carte du
turn est un
blank, vous êtes confrontés à une perte d'equity allant de 36,1 à 43,9
%. On peut, bien évidemment, en conclure que vous  êtes plus
disposé à go broke sur le flop que tu le turn, avec un tirage, puisque
vous y avez une bien meilleur equity, si vous êtes battu et dépendez
d'un tirage.

La conclusion inverse est valable
pour les mains
faites. Si vous êtes face à un tirage, vous préférez bien entendu go
broke sur un turn en cas de blank, car cette blank lui fait encaisser
une grosse perte d'equity.

Bet/Raise, Call ou Fold?

La question de savoir si vous devriez
jouer de
manière agressive ou pas avec un tirage, voire si vous devriez vous
coucher, n'est malheureusement pas simple à répondre. Jusqu'à présent,
vous savez tout simplement que, si vous décidez d'investir votre tapis,
il est
préférable de le faire sur le flop, afin de profiter d'une equity
maximale face à des mains faites adverses.

Les considérations mathématiques du
jeu avec les
tirages forts sont très complexes et ne peuvent par ailleurs livrer
aucun résultat définitif, en raison du grand nombre de variables
inconnues. Bien souvent, vous allez devoir adapter votre jeu avec les
tirages forts au style de jeu adverse, de sorte que l'on ne peut
vraiment établir de ligne standard pour le jeu avec ces tirages.
Ce que l'on peut faire, c'est donner quelques consignes générales, et
de démontrer leurs applications diverses dans des exemples.

Qu'est-ce qui plaide en faveur
d'un fold ?

Vous devriez vous coucher lorsque...

  • ... la cote implicite ne suffit pas pour un call, et un
    semi-bluff est également exclu.
  • ...
    La probabilité d'être drawing dead (tirer mort) est trop élevée. C'est,
    par exemple, le cas lorsque vous avez un tirage quinte ou couleur et
    qu'il y a une paire sur le tableau, rendant un full possible.
  • ... Vous avez certes un tirage fort, mais pourriez bien
    souvent
    être dominé. Les tirages couleurs non max, et les tirages quintes
    bilatéraux par le bas sont concernés par cette problématique.
Qu'est-ce qui plaide en faveur
d'un call ?

Vous devriez suivre lorsque...

  • ... vous ne générez pas de fold equity suffisante avec un
    semi-bluff, mais avez une cote (implicite) vous permettant
    de suivre.
    C'est souvent le cas lorsque vous êtes face à un adversaire plutôt
    passif qui mise sur le flop.
  • ... Il y a de trop fortes chances que vous soyez
    relancé
    directement, si vous faites un semi-bluff, et ne puissiez plus suivre
    en raison de la mauvaise cote, ou soyez clairement outsider en cas de
    call. C'est surtout le cas lorsque vous êtes face à un adversaire
    agressif sur un tableau propice aux tirages, le poussant à protéger
    sa main directement sur le flop.
Qu'est-ce qui parle en faveur
d'une mise ou d'un raise ?

Vous misez ou relancez lorsque ...

  • ... vous pouvez vous accorder une fold equity très élevée,
    et le pot est déjà conséquent.
  • ... vous avez un grand nombre d'outs et donc une très bonne
    equity face aux mains faites.
  • ... vous avez la position, et aurez souvent la possibilité
    de prendre une carte gratuite sur le turn.
  • ...
    vous jouez contre un adversaire qui surjoue souvent ses paires, et va
    trop souvent à l'abattage avec celles-ci. Ainsi, vous construisez le
    pot et vous donnez la possibilité de lui faire des gros value bets en
    cas de hit.
À quelle hauteur devrait
s'élever un semi-bluff

On peut répondre à cette question
en raison de
quelques règles empiriques de bases, qui s'appliquent à la majorité des
situations.

  • Avec un minraise, vous avez en général une fold equity très
    faible. Cette taille de mise ne se prête donc pas à un semi-bluff.
  • Avec une relance à hauteur du pot, vous avez un bon rapport
    qualité/prix, en terme de fold equity. La fold equity est donc
    sensiblement supérieure à la fold equity avec un minraise.
  • Un overbet génère souvent une fold equity plus élevée
    qu'une mise à
    hauteur du pot, mais le rapport qualité/prix est moins bon, vue la
    taille de la mise.
  • La fold equity n'augmente pas de façon linéaire avec
    l'augmentation de la taille de la mise. Contre des adversaires forts,
    qui se posent des questions sur votre éventail de mains, le fold equity
    peut même commencer à redescendre lorsque vous faites de grosses mises,
    car un adversaire se demandera alors toujours pourquoi vous misez tant,
    et si vous miseriez tant avec une main comme un set. S'ils finissent
    par conclure que vous avez une main à tirage, alors ils pourront faire
    des calls avec des mains marginales.

Vous voyez donc que la taille de vos
mises doit
être adaptée à votre adversaire. De plus, vous devriez savoir qu'avec
un minraise, vous générerez rarement une fold equity
suffisante pour
rendre un semi-bluff EV+.

Quelle est l'importance de
votre propre séquence de mise lorsque vous faites un semi-bluff ?

Un semi-bluff est seulement un move
EV+ lorsqu'il
vous offre une fold equity suffisante. Pour ce faire, il vous faut
opter pour la séquence de mise appropriée.

En règle générale, vous souhaitez être celui qui fait le all-in, afin
de générer une fold equity maximale. Pour ce faire, vous devez toujours
faire attention que votre adversaire ne soit pas déjà pot commited,
vous empêchant ainsi de générer une fold equity conséquente.

Vous pouvez également mener la
réflexion
inverse face à votre adversaire. Si vous avez le tirage couleur max,
sur un tableau autrement plutôt sec, vous pouvez opter pour une
séquence de mise où c'est l'adversaire qui fait le push, afin ainsi de
le pousser à faire un semi-bluff avec un moins bon tirage couleur.

Une telle approche vous offre une
situation fort
profitable, dans laquelle votre adversaire est très souvent battu sur
le flop. Pour ce faire, il est important de vérifier que vous jouez
bien contre des adversaires capables de faire un semi-bluff flop avec
de
moins bons tirages couleurs.

Dans quelle mesure faut-il
équilibrer (balancing) votre éventail de main ?

Aux tables micro et small stakes, le
balancing des
lignes de mise est quelque peu "overrated" (surévalué). Contre les
adversaires incapables de porter une véritable réflexion sur votre
éventail de main, alors vous ne devez pas non plus faire attention à
équilibrer votre propre éventail.

Dans ce cas, vous pouvez donc jouer
les tirages
couleurs comme des tirages couleurs, et les sets comme des sets. À ces
limites, l'adversaire ne se pose pas la question de savoir de quoi est
composé votre éventail. Il n'a en général d'yeux que pour sa propre
main, et essaye de déduire si il est encore en tête ou non.

Mais plus vos adversaires deviennent
bons, plus
vous devez commencer à songer au balancing. Vous allez arriver dans des
situations où vous relancerez votre set de façon trop élevée, afin
d'essayer de suggérer que vous avez un tirage couleur, et vice versa.

La même chose est valable pour la
séquence de
mise. Contre des joueurs de qualité, vous allez essayer d'équilibrer
les différentes lignes, de sorte que vos adversaires ne puissent pas
vous mettre trop rapidement sur un type de main particulier. Vous les
poussez ainsi à faire plus facilement des erreurs face à vos monster et
vos tirages forts.

Le balancing de votre propre éventail
de main ne
prend cependant de véritable importance qu'une fois que vous vous
retrouvez face à des adversaires bons et perspicaces. Ne faites donc
pas l'erreur d'accorder trop d'importance, trop tôt, à l'aspect
balancing. Aux petites limites, mieux vaut se concentrer à essayer de
tirer la plus grosse value de chaque main.

Pour finir notre présentation des
bases du jeu
avec les tirages forts, voici encore quelques règles importantes pour
l'évaluation de votre cote implicite :

  • En fonction des tirages, la cote implicite est plus ou
    moins
    grosse. Un tirage couleur, par exemple, bénéficie généralement
    d'une
    cote implicite plus faible qu'un tirage quinte bilatéral. Cela est dû
    au fait qu'une quinte possible sur le tableau semble généralement moins
    menaçante qu'un tableau 3-suited.
  • La cote implicite varie en fonction des adversaires. Si
    l'adversaire a un WTSD très élevé, alors vous pouvez plus facilement
    partir du principe qu'il vous payera si vous complétez votre tirage.
  • La cote implicite dépend du tableau. Dans le cas d'un
    tirage quinte,
    si le tableau présente également 3 cartes assorties, alors il
    semblera bien plus dangereux, et votre cote implicite chute donc
    également.
  • La cote implicite dépend toujours de la taille effective de
    vos
    tapis. Vous ne pouvez jamais gagner plus que ce que votre adversaire
    peut perdre.

Approches

Vous êtes hors position

Hors position, on rencontre deux problèmes :

  • Si vous touchez votre tirage, il est difficile de soutirer
    de la
    value de la part de votre adversaire, car il est bien souvent trop
    évident pour votre adversaire que vous avez touché, si vous misez
    directement. La tentative de check/raise a, quant à elle,
    l'inconvénient de permettre un check behind, qui est un move fréquent
    en No Limit lorsque le tableau réalise un tirage.
  • Il est souvent coûteux de voir la prochaine street. Il est
    difficile d'obtenir des cartes gratuites.

Ces deux problèmes peuvent être
souvent évités si
vous sélectionnez, directement sur le flop, une séquence de mise qui
résulterait à un all-in. En optant pour cette approche, vous essayez de
combler votre désavantage de position, ainsi que l'évolution négative
de votre equity en cas de blank sur le turn.

Bien
entendu, si vous optez pour cette approche, il faut choisir une
séquence au terme de laquelle c'est vous qui mettriez le all-in, et non
votre adversaire (pour les raisons évoquées plus haut). Cette approche
est
surtout justifiée avec des tirages très forts (12 outs ou
plus).
Dans cette situation, vous n'avez besoin que de peu de fold equity pour
rendre ce move profitable.

Vous jouez OOP dans un pot
relancé
VOUS AVEZ L'INITIATIVE

NL 2/4 Dollar

Villain1 (Button) ($400)
SB ($350)
BB ($420)
Hero ($600)
MP ($500)
Villain2 (CO) ($350)

Preflop: Hero is MP3 with K, Q
1 fold, Hero raises to $12, CO calls
$12, Button calls $12, 2 folds.

Flop: ($42) T, J, 3 (3
players)
Hero bets $35

Ici, vous avez KQs en MP3 et
faites une relance
standard à 3 BB. Vous êtes suivi par deux personnes. Sur le flop, vous
avez un tirage quinte bilatéral avec deux overcards. Pour cette raison,
vous optez pour une mise de semi-bluff.

  • Vous avez fait preuve de force préflop. Si personne n'a
    touché sur
    le flop, vous pouvez généralement remporter le pot directement.
  • Si l'adversaire vous suit, vous avez 8 outs intacts vers la
    nut.

Scénario 1:

Hero bets $35, Villain2 (CO) raises to $105,
Villain1 (Button) calls $105, Hero calls $70.

Dans ce scénario, Villain2 relance à 105 $. Vous suivez pour les
raisons suivantes :

  • Vous avez fait preuve de force préflop, êtes relancé, et un
    joueur
    fait un coldcall avant vous. Vous pouvez être certain qu'au moins un
    des deux joueurs a une main forte, ce qui signifie que votre fold
    equity est très faible, ce qui s'oppose à une relance ou un push.
  • Vous avez une excellente cote du pot pour un call, en
    l'occurrence
    1:4,1. Ceci ne suffit pas à suivre avec un tirage quinte bilatéral
    (avec 8 outs, il vous faut une cote de 1:4,875). Mais, puisque vous
    pouvez partir du principe qu'au moins un des deux joueurs a
    une main
    forte, vous pouvez vous accorder une bonne cote implicite, qui justifie
    un call.

En raison de la taille du pot sur le
turn, vous
n'aurez aucune difficulté à jouer votre main. Si vous ne
touchez pas,
vous devrez checker, dans la mesure où vous ne pouvez vous
accorder qu'une fold equity minime.

Le pot est de 357 $ sur le turn. Si
un adversaire
mise ne serait-ce que la moitié du pot, vous ne pourrez pas suivre, car
votre cote du pot sera trop faible, et la taille des stacks restantes
ne vous permet pas de compter sur une cote implicite suffisante. Vous
aurez donc un easy fold. Si vous touchez sur le turn, vous pouvez
choisir, en fonction des adversaires, d'opter pour un check/raise ou un
donkbet.

Scénario 2:

Hero bets $35, Villain2
(CO) calls $35, Villain1 (Button) calls $35.

Turn: ($147) 4 (3
players)
Hero checks, Villain2 (CO) checks, Villain1
(Button) bets $110
, Hero
folds

Le turn amène une blank. Vous
checkez. Deux
personnes vous avaient suivi sur le flop, et il est peu probable
que les deux adversaires aient une main faible ou un tirage.
Votre fold
equity est donc trop faible pour retenter un semi-bluff.

Villain2 check derrière vous, et Villain1 mise 110 $ dans un pot de 147
$. Partons du principe que Villain2 va se coucher. Vous avez une cote
du pot de 1:2,3 ce qui ne suffit pas à justifier un call (avec un
8-outer, il vous faudrait une cote de 1:4,875).

Le critère décisif pour un call doit
donc être la
cote implicite. Même si vous partez du principe que vous arriverez à
prendre son tapis entier à Villain1 en cas de hit, votre cote est de
1:4,1. Cela ne suffit pas non plus, donc, vous vous couchez.

VOUS N'AVEZ PAS L'INITIATIVE

NL 2/4 Dollar

Button ($250)
SB ($200)
Hero ($240)
UTG ($180)
MP ($140)
Villain (CO) ($300)

Preflop: Hero is BB with T, A
2 folds, Villain (CO) raises to $12, 2 folds, Hero (BB) calls $8.

Flop: ($25) 6, 9, 7 (2 players)

Vous avez ATs au big blind, et avez
touché un tirage
couleur max plus gutshot (12 outs) sur le flop. Il est
même probable que vous ayez des outs d'overcards. Il s'agit
d'une main avec
laquelle vous souhaiteriez vous mettre all-in sur le flop.

Ici, vous êtes clairement en tête
face à
l'éventail de stealraise de CO. Vous devez donc choisir une séquence de
mise où c'est vous qui ferez le push final. Si vous êtes face à un
adversaire qui fait lui-même volontiers un semi-bluff avec un tirage
faible, alors la séquence du scénario suivant a également certains
avantages.

Scénario 1:

Hero checks, Villain bets $20,
Hero raises to $60, Villain raises to $180

Dans ce scénario, on peut aisément
reconnaître que
la séquence de mise est sous-optimale face à un adversaire normal.
Vous donnez à Villain la possibilité de faire lui-même la relance
décisive. Si vous optez, maintenant, pour un all-in, vous n'avez
quasiment plus de fold equity, puisque Villain a une cote du pot de
1:2,9.

Avec la relance de Villain, vous
pouvez limiter son éventail aux mains suivantes :

  • Il a une overpair qu'il souhaite protéger contre les
    tirages.
  • Il a une double paire qu'il souhaite protéger contre les
    tirages.
  • Il a un set qu'il souhaite protéger contre les tirages.
  • Il a une quinte complète.
  • Il a un tirage fort et fait un semi-bluff.

Votre equity contre ces mains est
la suivante :

  • Overpair (sans AA) : 53%
  • Quinte : 40%
  • Double paire : 40%
  • Set : 33%

Contre un tirage, vous êtes en tête,
avec votre
tirage Ace high. En raison de l'equity très élevée, vous devez bien sûr
suivre ou vous mettre all-in. Vous voyez donc que, plus le joueur est
susceptible de jouer
un tirage ainsi, plus votre equity générale contre son éventail est
grosse.

C'est pourquoi cette approche n'est
pas idéale
contre un joueur modérément agressif, car vous devez maintenant vous
mettre all-in, malgré le fait que l'equity soit dans le camp adverse.
C'est la raison pour laquelle nous choisissons une autre ligne de mise
dans le
scénario suivant.

Scénario 2:

Hero bets $20, Villain raises to $65, Hero raises All-In [$228]

Dans ce scénario, Villain vous
relance à 60 $. Cela peut indiquer plusieurs choses différentes :

  • Il a une main forte (double paire ou mieux) et souhaite
    protéger.
  • Il a une main faite faible ou moyenne (TP ou overpair) et
    veux protéger.
  • Il a également un tirage et fait un semi-bluff.
  • Il bluffe.

Voici tout d'abord quelques
réflexions sur
l'equity. En indiquant les différentes mains de Villain, vous pouvez
vous accorder l'equity suivante :

  • Set: 33%
  • Quintet: 40%
  • Double paire: 40%
  • Overpair (sans AA) ou TP (avec A Kicker): 53%
  • Paire (sans A kicker) : 60%

En moyenne, vous avez donc une
equity
d'environ 42 % (qui est déjà une estimation pessimiste, car en
réalité, on peut y ajouter les bluffs et les semi-bluffs). Pour un
call, vous auriez une cote de 1:2,45, ce qui, avec une equity de 42 %,
est suffisant. La question est donc plutôt de savoir si une relance ne
serait pas même meilleure.

Un call présente les inconvénients
suivants :

  • Vous êtes hors position. Si vous touchez, il est peu
    probable que
    vous bénéficiez de value de la part de votre adversaire. Si vous
    touchez un de vos tirages, Villain sera bien forcé de constater que le
    tableau présente 3 cartes assorties, ou bien une possibilité de quinte,
    à laquelle il ne manque qu'une carte. Si vous misez, Villain trouvera
    souvent un fold, et, si vous checkez, il fera souvent un check behind.
  • Si vous ne touchez pas sur le turn, et checkez, alors
    l'adversaire
    misera souvent à nouveau. Vous devez alors vous coucher dans la
    majorité des cas, puisque vous n'avez pas la cote pour un nouveau call,
    et vous abandonnez ainsi un pot déjà assez gros.

Qu'en est-il de la relance ? Si vous optez pour une relance, il faut
tout d'abord déterminer la taille de la mise. Dans cet exemple, si vous
optez pour une relance à hauteur du pot, et Villain se met all-in
ensuite, alors vous devrez suivre, en raison de votre bonne cote du
pot. C'est la raison pour laquelle il est préférable de se mettre
directement all-in.

Comme nous l'avons déjà expliqué au
départ, vous
devez opter pour la taille de la mise présentant la meilleure fold
equity. Aux petites limites, où les joueurs ne réfléchissent pas
beaucoup, un all-in a généralement la meilleure fold equity. Dans cette
situation, un push est souvent EV+.

Ce constat résulte de l'equity élevée
que vous
avez, en raison du tirage fort et du pot élevé. Le calcul qui suit vous
montre l'espérance de gains de votre push, rend ceci plus palpable.

Commençons par quelques
abréviations :

Pfold = La probabilité que Villain se couche
Pot = La taille du pot avant le push
Stack = Le plus petit tapis (que ce soit le vôtre ou celui de Villain)
Deadmoney = L'argent présent dans le pot du fait des adversaires
s'étant déjà couché.
Coût = Le coût de votre semi-bluff

Votre gain total, lorsque vous pushez, peut-être calculé de la façon
suivante :

Gains = Pfold * Pot + (Stack +
DeadMoney + Stack - Coût) * Equity * (1 - Pfold)

Pertes = Coût * (1-Equity) * (1 - Pfold)
Total des gains = Gain + Pertes

Exemple 1 : Foldequity = 0%

Coût = 208$
Pot = 110$
DeadMoney = 1$ (Seulement le small blind)
Stack = 240$
Equity = 0,4

Remarque : l'equity diffère légèrement de l'equity
que vous aviez
précédemment. Cela est dû au fait que votre adversaire ne fait pas de
push
avec les mêmes mains que celles avec lesquelles il suit un push. Il
suivra certainement avec un set, une quinte, et souvent avec double
paire ou overpair. C'est pour cette raison que l'equity est réduite.

Equity totale = $109.2 - $124.8 = - $15.6

Exemple 2 : Foldequity = 25%

Gain total = $109.4 - $93.6 = $15.8

Exemple 3 : Foldequity = 50%

Gain total = $109.6 - $62.4 = $47.2

Exemple 4 : Foldequity = 100%

Gain total = $110 - $0 = $110

Dans cet exemple, on reconnaît sans difficulté que
le gain total
augmente avec la fold equity. Avec une fold equity de seulement 25 %
(Villain doit se coucher une fois sur 4), vous faites des gains à long
terme.

Pour en terminer avec cette main
d'exemple,
nous devons ajouter que cette situation (un push profitable avec une
fold equity suffisante) est presque toujours présente lorsque vous avez
un tirage avec 12 outs intacts, ou plus, et que le pot continent une
somme d'argent un tant soit peu conséquente.

Afin
de bien comprendre à partir de quand un tel push peut-être EV+, alors
vous pouvez vous entraîner à faire des calculs comme ceux ci-dessus, en
changeant les paramètres. Vous développerez ainsi un certain feeling.
Voici, encore une fois, les paramètres à modifier :

  • Coût
  • Pot
  • Foldequity
  • Dead Money
  • Stack
  • Equity (en fonction du nombre d'outs).
Vous jouez OOP dans un pot non
relancé

NL 2/4 Dollar

Button ($550)
SB ($300)
BB ($420)
Hero ($430)
Villain (MP) ($800)
CO ($290)

Preflop: Hero is BB with 8, A
1 fold, Villain (MP)
calls $4, 1 fold,
Button calls $4, 1 fold,
Hero checks.

Flop: ($14) 3, 6, 4 (3
players)
Hero bets $12

Dans cette main d'exemple, vous avez
A8s au big
blind et avez le tirage couleur max sur le flop (9 outs). Vous
optez pour une mise directe à hauteur du pot, car, dans un pot
non relancé, personne n'a de main forte (puisque personne n'a fait
preuve de force préflop) et la fold equity est donc très élevée.

Scénario 1:

Hero bets $12, Villain
(MP) calls $12, Button folds

Dans ce scénario, villain suit et
button se couche. Le call de villain peut signifier plusieurs choses :

  • Il a une main forte (set, quinte) qu'il sous-joue, sans se
    soucier de la protection.
  • Il a une main faite allant de faible à moyenne (paire,
    overpair),
    et veut aller sur le turn pour voir comment vous jouez ensuite.
  • Il est également sur un tirage.

Turn: ($40) J (2
players)
Hero bets $30

Le turn amène une carte qui n'a sans
doute pas
aidé l'adversaire. Puisque c'est une overcard au tableau, elle
affaiblit les mains faites faibles, si il n'a pas touché
double
paire.

Dans cette situation, vous optez pour une nouvelle mise de semi-bluff.
Si votre adversaire a une main faite de faible à moyenne, il se
couchera souvent. Si Villain suit, il vous reste encore bon nombre
d'outs.

Si Villain suit, alors il est sans
doute plus
judicieux d'opter pour une approche plus prudente sur la river. Si vous
touchez, vous pouvez miser entre la moitié du pot et un pot complet. Si
votre tirage ne se réalise pas, mieux vaut passer en check/fold.

Scénario 2:

Hero bets $12, Villain (MP) raises to $35, Button folds

Dans ce scénario, Villain relance à 35 dollars. Cela peut avoir
plusieurs raisons :

  • Il a touché une main faite forte (double paire ou mieux) et
    veut protéger.
  • Il a une main faite allant de faible à moyenne (TP ou
    overpair) et veut protéger.
  • Il a également un tirage et fait un semi-bluff.

Dans cette situation un All-in direct
n'a pas
grand intérêt. Votre stack effective est encore de 414 dollars, pour un
pot d'à peine 61 dollars. Villain ne suivra cet overbet qu'avec des
mains sensiblement en tête face à la votre, en termes d'equity.

Voici votre equity face aux
différentes mains de l'éventail de Villain :

  • Set: 26%
  • Quinte : 34%
  • Double paire : 36%
  • Overpair : 45%
  • Paire (sans A Kicker): 52%

Partons du principe que votre
adversaire suivra
en moyenne avec des mains contre lesquelles vous avez environ 35 %
d'equity. Nous pouvons maintenant calculer que doit être votre Pfold
pour que le gain total soit positif :

Condition : gains > pertes
gains = Pfold * Pot + (Stack +
Deadmoney + Stack - Coût) * Equity * (1 - Pfold)

Pertes = Coût * (1-Equity) * (1 - Pfold)
Pfold > [-Equity * (2 * Stack +Deadmoney)
+ Coût] / [-Equity * (2 * Stack +Deadmoney) + Coût + Pot ]
Avec A = -Equity * (2 * Stack +Deadmoney) + Coût

Pfold > A / (A + Pot)

Avec :
Pot = $61
Stack = $430
Deadmoney = $6 (SB + Limp de Button)
Equity = 0,35
Coût = $414

S'ensuivent :
Pfold > 0,6451%

Exemple Pfold = 70%

Gain total = $9.43

Dès lors que votre adversaire se couche dans plus de
65 % des cas,
un push est EV+. La question de savoir si vous avez vraiment une telle
fold equity dépend bien évidemment de votre adversaire. Mais, même si
vous partez du principe qu'il se couchera dans assez de cas, la
question reste de savoir si un call ne serait pas préférable. L'overbet
élevé que vous faites sur le flop, et le pot relativement faible,
laissent présumer qu'un push immédiat n'est pas idéal.

Les considérations mathématiques pour
un call ne
sont pas aussi simples. Cela est dû au fait qu'il reste deux streets à
venir, que la cote implicite est difficile à évaluer, que vous pourriez
bénéficier d'une carte gratuite, etc. L'analyse qui suit se limite
donc à une situation très simple, dans laquelle vous vous couchez si
vous ne touchez pas votre tirage sur le turn.

Vous avez une cote du 1:2,65 pour un
call flop. En
raison de la force dont Villain a fait preuve, vous
pouvez partir du
principe que vous remporterez encore une mise à hauteur du pot en cas
de hit. Votre cote implicite est donc de 1:6,3. Celle-ci suffit, bien
évidemment, pour suivre avec un tirage couleur max (9 outs, cote
nécessaire : 1:422)

Votre gain total est donc ::

Gain total = Gains - pertes
(Des 47 cartes restantes, 9 vous aident, et 38 non)
Gains partiels = 9/47 * $61 + 9/47 * $84 (cote implicite présumée, PSB
= $84) = $27.76
Pertes partielles = 38/47 * $23 =18.59
Gain total = $9.17

Ces opérations sont, bien entendu, très
hypothétiques. Ici, on part
du principe d'une fold equity de 70 % en cas de push. Si la fold equity
était bien plus élevée, alors les gains en cas de push grimperaient.

Dans cet exemple, il s'agit surtout
de comprendre
de tels calculs. Bien souvent, l'EV d'une situation dépend d'un petit
paramètre. Dans ce cas, il s'agit de la fold equity (et pour le call,
de la cote implicite).

Avec le temps, il est important de
développer,  un
certain feeling pour la bonne décision dans ce genre de situations, car
il est impossible de réaliser de telles opérations durant une main, et
il vous manque par ailleurs les paramètres nécessaires.

Vous avez la position

En comparaison des situations hors
position, vous avez ici un grand nombre d'avantages :

  • De très bonnes possibilités de remporter le pot
    directement, avec un semi-bluff.
  • Vous obtenez souvent des cartes gratuites, et il vous est
    donc
    possible, si vous le souhaitez, de voir la street suivante à moindres
    coûts.
  • L'avantage d'informations vous permet souvent de voler des
    pots avec des tirages manqués.
  • Il est possible de générer un maximum de value si le tirage
    se réalise.

La position vous offre bon nombre de
possibilités.
Contrairement au jeu hors position, opter pour la séquence de mises qui
vous permet de vous mettre all-in dès le flop n'est pas souvent la
bonne décision, car elle ne permet pas de générer un maximum de value.
Il faut bien penser que, dès lors que vous avez opté pour un
all-in, votre avantage de position disparaît, dans la mesure où vous
n'avez plus de décision à prendre. Vous êtes donc dépendant de la force
de votre main, et ne pouvez plus profiter de votre edge post-flop.

Vous jouez en position dans un
pot relancé
VOUS AVEZ L'INITIATIVE

NL 1/2 Dollar

Button ($400)
Villain (SB) ($600)
BB ($160)
Hero ($300)
MP ($480)
CO ($120)

Preflop: (5 players) Hero is UTG with J, A
Hero raises to $7, 2 folds, SB calls, BB folds.

Flop: 4, 7, 2
($16, 2 players)
Villain (SB) bets $16, Hero raises to $56, SB calls
$40.

Turn: 9 ($128,
2 players)
Villain (SB) bets $56,
Hero calls $56

River: J ($240,
2 players)
Villain (SB) bets $180,
Hero folds

Vous vous trouvez dans une
situation comme il
en arrive fréquemment. Vous êtes en début de parole, et relancez deux
broadways assorties. Le small blind suit. Sur le flop, vous avez le
tirage couleur max et deux overcards. Le small blind fait un donkbet à
hauteur du pot. Cela peut indiquer plusieurs choses :

  • Il a un monster (set) et veut que vous le relanciez.
  • Il n'a rien et veut voler le pot.
  • Il a une pocket paire moyenne, et veut savoir où
    il se situe.
  • Il a une overpair ou TP (par exemple A7) et veut se
    protéger contre les tirages.
  • Il a lui-même un tirage et tente un semi-bluff.

Scénario 1:

Aucun read sur Villain.

Dans cette situation, vous avez
une relance de
semi-bluff assez évidente. La fold equity sera très grosse, pour les
raisons suivantes :

  • Vous êtes l'agresseur préflop en début de parole. Vous avez
    donc annoncé une main forte avant le flop.
  • Villain aura souvent manqué ce flop. Il n'y a pas de cartes
    broadway, et peu de tirages sont possibles. Puisque vous avez vous-même
    de cartes de carreau, un autre tirage à carreau est peu probable.
  • Villain couchera en général toutes ses mains, hormis un
    monster ou
    une overpair, et, même face à une overpair pas trop élevée (JJ-) vous
    avez une assez bonne fold equity.

Les autres raisons qui vous poussent
à tenter un
semi-bluff sont la possibilité de prendre une éventuelle carte gratuite
sur le turn, ainsi que la construction d'un pot conséquent. Ainsi, en
cas de hit, vous pourrez plus aisément stacker Villain.

Dans cet exemple, Villain suit votre relance. Une blank arrive sur le
turn et Villain fait un nouveau donk. Il s'agit, cette fois-ci, d'une
petite mise (moins de la moitié du pot). Cela peut indiquer plusieurs
choses :

  • Villain a un monster, et souhaite voir une nouvelle
    relance. Il ne fait pas attention à la protection.
  • Il a également un tirage, et essaye de toucher une carte à
    moindre coût.
  • Il a une overpair ou TP, et essaye de garder un petit pot,
    en misant peu, sans prêter attention à la protection.

Cette fois-ci, un semi-bluff ne
serait pas judicieux, pour les raisons suivantes :

  • Vous devriez faire une relance à au moins 200 dollars. Vous
    seriez ainsi quasiment all-in.
  • La probabilité que villain ait une main forte, comme un
    monster ou
    une overpair est bien plus forte, vu son call sur le flop. Votre fold
    equity doit donc être fortement revue à la baisse.
  • Vous avez une excellente cote pour un call, en l'occurrence
    1:3,3.
    Ici, vous pouvez vous accorder de la cote impilcite, dans la mesure où
    il est fort probable que Villain ait une bonne main.

Dans cet exemple, vous vous contentez
de suivre.
La river est assez intéressante. Vous touchez top paire et villain fait
une mise de 2/3 pot. Vu le déroulement de la main (Villain suit la
relance préflop, donk le flop, suit la relance flop, donk le turn, et
fait une grosse mise sur la river), vous pouvez être quasiment certain
que villain avait une très bonne main dès le flop, sans doute un set.
Donc, vous vous couchez.

Scénario 2:

Villain est un joueur très passif.

Contrairement au premier scénario, un
semi-bluff
serait une erreur. Vous faites preuve de force préflop, et votre
adversaire mise toutefois. Cela indique clairement une bonne main.

Vous avez une cote de 1:2 pour suivre
sur le flop.
Vous avez cependant une très bonne cote implicite, dans la mesure où
l'adversaire a indiqué une main forte. La fold equity faible et la
bonne cote implicite plaident en faveur d'un call sur le flop.

VOUS N'AVEZ PAS L'INITIATIVE

NL 1/2 Dollar

Button ($150)
Villain (SB) ($350)
BB ($420)
UTG ($200)
MP ($500)
Hero (CO) ($200)

Preflop: Hero is CO with J, T . SB
posts a blind of $1.
2 folds, Hero raises to $8, Button calls
$8, Villain (SB) raises to $20,
1 fold, Hero calls $12, Button calls $12.

Flop: ($62) 9, 4, Q (3
players)
Villain (SB) bets $25,
Hero ...?

Vous relancez first-in au CO avec
JTs, un
joueur fait un coldcall et Villain sur-relance. Vous suivez. Le flop
vous amène un tirage quinte bilatéral, et Villain mise moins de la
moitié du pot. Cela peut signifier plusieurs choses :

  • Il a manqué le flop, et essaye d'acheter le pot à moindres
    coûts.
  • Il a touché un monster (peut-être top set), veut être
    relancé, et ne s'occupe pas de la protection.
  • Il a une overpair, et essaye de générer de la value, sans
    prêter attention à la protection.

En raison de l'action préflop, ce
sont les deux
derniers cas qui sont les plus vraisemblables, si toutefois vous n'avez
pas le read que votre adversaire fait volontiers des squeezes.

Villain sur-relance après une relance préflop (Hero) et un coldcalleur
(Button). Cette approche indique souvent une main forte. En règle
générale, sans reads, la situation ne se prête pas à une relance de
semi-bluff, pour les raisons suivantes :

  • Vous avez une fold equity assez faible en raison du fait
    que Villain a sans doute une main forte.
  • Vous avez une excellente cote pour un call, en l'occurrence
    1:3,48. De plus, vous avez une bonne cote implicite, dans la mesure où
    Villain
    a probablement une main forte.
  • Si vous relancez sur un tableau si propice aux tirages,
    vous pourriez fort bien être sur-relancé.

Scénario 1:

Villain (SB) bets $25, Hero raises to $80

Avec cet exemple, nous montrons pour
quelle raison
une relance n'est pas souhaitable, lorsque vous risquez d'être relancé,
c'est-à-dire, lorsqu'il est fort probable que Villain ait une main
faite forte, dont il ne se séparera probablement pas.

Si Villain a une telle main, il ne
sous-jouera normalement
pas, sur un tel tableau, et il sur-relancera donc
directement (le tableau est très propice aux tirages). En regardant les
stacks de plus près, on s'aperçoit qu'un 3-bet nous amènerait
immanquablement à un all-in.

Si Villain venait à se mettre all-in,
alors il ne
vous resterait plus qu'une cote de 1:3,22 pour un call. En raison de
votre equity (environ 30 %, puisque vous voyez donc les deux
cartes
suivantes), il vous faudrait 1:2,33. Vous devez donc suivre. Le call
est, certes correct, en terme d'EV, mais seulement parce que vous vous
êtes vous-même impliqué dans le pot de par votre relance.

Il est préférable, mais moins
probable sur un tel
tableau, que Villain vous suive. Ainsi, selon que vous touchez ou non,
vous pouvez prendre la bonne décision.

Scénario 2:

Villain (SB) bets $25,
Hero calls $25, Button folds.

Turn: 2 ($112,
2 players)
Villain (SB) bets $80, Hero folds.

Dans ce scénario, vous avez opté
pour un call
sur le flop et attendez le turn. Celui-ci amène un blank et Villain
mise aux alentours des 2/3 du pot. Dans cette situation, vous devez
opter pour un fold, et ce, pour les raisons suivantes :

  • Votre tirage ne s'est pas réalisé, Villain fait preuve de
    force, ce
    qui rend votre fold equity trop faible pour un semi-bluff. Villain ne
    couchera pas une overpair ou mieux, surtout dans cette situation où
    vous lui donnez une cote de 1:4,6 sur un all-in.
  • Vous n'avez qu'une cote de 1:2,4 pour un call. Si vous
    décidez de
    suivre, il vous restera une stack de 76 dollars. En cas de hit sur la
    river, vous ne pouvez donc compter que sur 76 $ de la part de
    Villain.
    Si on ajoute ce gain à votre cote turn (comme dans l'opération
    effectuée en début d'article), vous avez une cote implicite de 1:3,35,
    et il vous faudrait 1:4,875. Un call serait donc absolument incorrect.

Dans cette analyse, nous n'avons, par
ailleurs, à
aucun moment évoqué que vous avez un tirage quinte bilatéral sur un
tableau contenant deux cartes assorties. Vous n'avez donc que 6 outs
vers la nut. En touchant un 8 ou un K de carreau, vous pouvez être tout
de même
battu, ce qui ampute passablement votre cote.

Vous jouez  en
position dans un pot non relancé

NL 1/2 Dollar

Button ($150)
SB ($350)
Villain2 (BB) ($420)
Villain1 (UTG) ($150)
MP ($500)
Hero (CO) ($200)

Preflop: Hero is CO with 5, 6 . SB
posts a blind of $1.
Villain1 (UTG) calls $2, 1 fold,
Hero calls $2, 2 folds,
Villain2 (BB) checks.

Flop: ($7) J, 4, 7 (3
players)

Dans cette main, vous limpez depuis
le CO. Sur le
flop, vous touchez un tirage quinte flush contre deux adversaires. Vous
avez sans doute 15 outs intacts vers la meilleure main. Il est certes
vraisemblable que quelqu'un ait un meilleur tirage couleur, mais c'est
plutôt improbable..

Face aux différentes mains
possibles, vous avez une equity de :

  • Set: 42%
  • Double paire : 50%
  • Paire : 55%
  • Random Hand: 66%

Puisque vous avez en moyenne plus de
50 % d'equity, vous ne pouvez bien évidemment pas vous coucher sur le
flop.

Scénario 1:

Villain2 (BB) bets $5, Villain1 (UTG) raises to $15,
Hero calls $15

Dans cette situation, vous êtes
confronté à une
mise et une relance. Vous optez pour un call plutôt que pour un raise,
et ce, pour les raisons suivantes :

  • Deux adversaires font preuve de force dans un pot non
    relancé. Peu
    de joueurs risqueraient leur stack dans un si petit pot sans avoir une
    main forte.
  • Si vous vous mettez immédiatement all-in, seules les
    meilleures
    mains vous suivront (double paire et set, dans cet exemple). Donc, soit
    vous remporterez un petit pot, soit vous serez outsider dans un gros
    pot.
  • En relançant, vous donnez l'opportunité à un de vos
    adversaires de
    faire le push final, que vous devrez bien évidemment suivre, en raison
    de votre grand nombre d'outs.
  • En cas de call et de sur-relance d'un adversaire, vous
    pourriez
    alors faire le all-in final. Un fold adverse est, bien entendu,
    préférable à un call, car le pot entier, tel qu'il est avant votre
    relance, vous appartient alors. Avec un call, "seulement" 50 % du pot
    vous appartiennent.
  • Puisque vous avez la position, vous pouvez bénéficier de la
    value
    maximale en cas de hit. Si vous ne touchez pas, vous pouvez essayer de
    voir la carte suivante le moins cher possible, et peut-être même de
    toucher une carte gratuite sur le turn.

Scénario 2:

Villain2 (BB) checks, Villain1 (UTG) checks, Hero
bets $6

Dans ce scénario, les
deux adversaires
checkent. Un semi-bluff est justifié,
pour les raisons suivantes :

  • Dans un pot non relancé, il est fréquent qu'aucun des
    joueurs n'ait
    touché quoi que ce soit. Si c'est le cas, vous pouvez remporter le pot
    immédiatement.
  • Vous avez sans doute une equity de 50 %, et souhaitez donc
    faire grossir le pot.
  • Plus le pot est gros, plus vous pourrez faire de gros value
    bet sur
    le turn, en cas de hit, sans donner de mauvaise cote pour un call à vos
    adversaires.

Dans ce scénario, Villain1 suit et
Villain2 se couche.

Villain2 (BB) checks, Villain1 (UTG) checks, Hero
bets $6
, Villain2 (BB)
folds
, Villain1 (UTG) calls $6.

Turn: 2 ($19,
2 players)
Villain1 (BB) checks, Hero bets $15

Villain checke à nouveau sur le turn. Ici, vous optez pour un nouveau
semi-bluff. Pour commencer, jetons à nouveau un œil sur votre equity.
Face aux différentes mains de Villain, vous avez une equity de :

  • Set: 30%
  • Double paire : 32%
  • Paire : entre 32% et 55%

Votre equity est tombée à environ 37
%, si Villain
a touché quelque chose. Mais votre fold equity est généralement
encore très élevée ici, puisque Villain1 semble avoir une main faible
ou un main à tirage. Il checke deux fois, sur le flop et le turn. De
plus, une mise permet de faire grossir le pot (et de faire de plus gros
value bets en cas de hit).

Possible déroulement de la main :

Turn: 2 ($19,
2 players)
Villain1 (BB) checks, Hero bets $15,
Villain1 (BB) calls $15.

River: 8 ($49,
2 players)
Villain1 (BB) checks, Hero bets $30

Ici, il vous suit sur le turn, et
vous touchez
votre quinte flush sur la river. En raison de la taille du pot, vous
pouvez maintenant faire un value bet conséquent, de 30 $.

En résumé

Les
mains et scénarios proposés ici ne sont bien sûr qu'un petit éventail
des situations de jeu possibles. En tant que Membre Gold, vous savez
sans doute déjà que le poker est un jeu qui dépend fortement des
situations et des adversaires. La fold equity et la cote implicite sont
deux facteurs qui influencent fortement votre approche, et qui ne
peuvent être résumés en un simple tableau.

Ce que cet article vous offre, ce
sont des
éléments de réflexion et d'approches, pour vous aider à jouer avec les
tirages forts. Les exemples de calculs vous montrent comment procéder,
mais c'est maintenant à vous de sortir la calculette et de regarder de
plus près les différentes situations de jeu.

Vous connaissez maintenant les
paramètres décisifs
lors de la prise de décision. Si vous n'êtes pas certain d'avoir la
bonne approche analytique, vous pouvez utiliser les forums d'analyses
de mains et de discussions stratégiques pour parfaire votre
connaissance.