Mis à jour le 13 Mar 26 par

Préflop : Quand faire un coldcall ou un overlimp ?

overlimp

Introduction

Dans cet article

  • Quand pouvez-vous faire des coldcalls préflop ?
  • Tout dépend encore une fois de la cote du pot
  • Quand pouvez-vous faire un overlimp ?

Par coldcall, on désigne un call de plusieurs mises d'un coup, sans relancer soi-même.

Exemple : MP3 raises, CO calls, Button calls, SB calls, BB calls

Aussi bien CO que Button font un coldcall dans cette situation. Le SB ne doit certes pas mettre les deux SB en entier, mais il paye plus d'une mise, et fait donc également un coldcall. Le BB, en revanche ne suit qu'une mise, et ne fait donc pas de coldcall.

Par overlimp, on entend un call préflop, lorsqu'un joueur avant soi à déjà suivi. La complétion du Small Blind ne compte pas comme overlimp.

Exemple : MP3 calls, CO Calls, Button calls

Dans cette situation, MP3 fait un openlimp, CO et Button font des overlimps. Littéralement traduit, to limp signifie boiter, et indique donc une action faible, avec laquelle le joueur entre dans la main en "boitant".

Les overlimps après un limpeur unique, et les coldcalls font partie des moves qui, en règle générale, sont méprisés par les joueurs solides, et qui sont en grande majorité pratiqués par les fishs. Avec un seul limpeur, il convient en général de relancer ou de se coucher, préflop. En cas de relance, un call doit être évité, il faut toujours préférer 3-bet ou fold.

Il y a cependant quelques situations dans lesquelles un overlimp ou un coldcall peuvent être justifiés. C'est, par exemple, parfois le cas avec des mains trop faibles pour une sur-relance, mais qui pourront potentiellement vous faire remporter un gros pot post-flop. Dans cet article, vous apprendrez à reconnaître les règles pour faire des bons overlimps et coldcalls.

Quand, et avec quelles mains, pouvez-vous faire un coldcall ?

En règle générale, le coldcall est un move pratiqué par les mauvais joueurs. En tant que TAG, vous préférerez toujours une logique du "tout ou rien" : soit votre main est assez forte pour un 3-bet, auquel cas vous souhaitez isoler votre adversaire, et jouer en plus pour la deadmoney des blinds qui se coucheront sans doute, soit votre main est trop faible, et vous vous couchez directement.  Mais, puisque, il y aura encore de l'argent qui rentrera dans le pot post-flop, il y a quelques situations ou un coldcall peut être profitable. Les principes clefs ici sont "cote implicite" et "attente du changement d'equity sur le flop".

En principe, un coldcall n'est envisageable que si, en plus du relanceur, au moins un joueur vient voir le flop. Mais il existe quelques exceptions qui seront abordées en fin d'article.

Les points importants du coldcall sont :

  • Avec quelles mains un coldcall est-il envisageable ?
  • Dans quelles circonstances pouvez-vous faire un coldcall avec ces mains ?

Le coldcall provoque en général des pots multiway, puisqu'en général, vous ne suivez que si au moins deux adversaires ont suivi avant vous. Les blinds bénéficient alors d'une excellente cote du pot, de sorte qu'ils vont en général volontiers jeter un petit coup d'oeil au flop, de sorte que le pot peut-être 4- ou 5-handed.

Dans de tels pots, il est préférable d'avoir des mains avec une bonne jouabilité post-flop dans les pots multiples, c'est le cas des pocket paires et des connecteurs assortis, et des one-gapper assortis. Puisqu'il n'y a quasiment aucune exception, on peut établir cette règle.

Les seules mains qui entrent en question pour un coldcall sont les pocketpaires, les connecteurs assortis et les one-gappers assortis. C'est presque toujours une erreur de faire un coldcall avec des mains non assorties.
Quelle est votre cote du pot ?

Le point décisif est de savoir quelle est votre cote du pot pour un call. Pour calculer votre cote du pot, il vous faut savoir combien de joueurs seront sur le flop, et quelle taille aura le pot. Pour pouvoir évaluer le nombre d'adversaires, peu importe qu'il y ait eu un limpeur suivi d'un relanceur ou un relanceur suivi d'un coldcalleur.

Un limpeur suivra la relance dans une immense majorité des cas, et, si ce n'est pas le cas, il y a de la dead money dans le pot. Dans l'ensemble, plus votre cote du pot est élevée, plus vous pouvez tendre à faire un coldcall loose, car, un coldcall étant une spéculation sur une monster hand, vous profitez du nombre croissant de joueur, puisque ceux-ci alimentent votre cote implicite. De plus, les coûts relatifs baissent avec une bonne cote du pot, puisque votre investissement représente une plus petite partie du pot.

EXEMPLE
  • MP3 limps, CO raises, Hero au Button???
  • MP3 raises, CO coldcalls, Hero au Button???

Dans les deux situations, vous aurez au moins un joueur en plus du relanceur dans la main post-flop, puisque dans le premier cas, le limper va très certainement suivre la mise de plus. Le big blind va également régulièrement suivre ici, mais pas toujours.

Observons maintenant votre cote du pot pour un call. Vous misez deux SB et avez, avec une structure 1/2 SB un pot d'environ 7,5 - 8,5 SB, selon que le Big blind suit ou non. Si nous faisons une moyenne de 8 SB, vous payez un quart du pot, et avez donc une cote du pot de 3 contre 1.

Si, au lieu d'être au bouton, vous aviez été au SB, le call vous aurait coûté 1,5 SB, soit une cote du pot de 4 contre 1. Par contre, vous auriez dû jouer hors position.

En situation normale, il ne faut pas inclure le small blind comme un call dans votre calcul, il vaut mieux partir du principe qu'il se couchera. À moins bien sûr d'avoir des reads particuliers. Si, par exemple, le SB a un VPIP de 70, et vous ne l'avez jamais vu rater une occasion de jouer dans un gros pot, alors vous pouvez le compter comme un call à venir, et l'inclure dans votre cote du pot.

Il faut cependant être prudent. N'essayez pas d'agrandir votre cote du pot en étant trop optimiste quant aux calls derrière vous.

Coldcall des pocket paires : la règle du 3 contre 1

En règle générale, on fait un coldcall avec les petites pocket paires en raison de leur set value. On souhaite avant tout toucher un set, et, avec celui-ci, générer et remporter un pot énorme. Les chances de toucher un set sont en revanche de seulement 7,5:1. Puisque vous n'aurez jamais cette cote pour un coldcall, il est évident qu'il faut y ajouter la cote implicite, afin de compenser la cote manquante.

Dans beaucoup de forums, est appliquée une règle de 5 contre 1. Cette règle dit que l'on peut suivre avec une cote de 5:1, car on sera en général en mesure de toucher 2,5 BB supplémentaires en cas de set.

Dans la pratique, cette règle est trop tight. Celle-ci implique que l'on ne suive que si on a 5 adversaires sur le flop, ou 4 quand on est au SB. Mais elle ne prend pas en compte que l'on ne sera pas automatiquement behind sur le flop, et qu'il y a bon nombre de situations ou on pourra continuer à jouer avec une bonne espérance de gains.

EXEMPLE

Preflop: Hero SB mit 55
CO raises, Button coldcalls, Hero coldcalls, BB folds

Flop: 972 rainbow

Éventail supposé

  • CO: 55+, A2s+, K7s+, Q9s+, JTs, A5o+, K9o+, QTo+
  • Bu: 33-66, A7s-A2s, K9s-K2s, Q3s+, J7s+, T8s+, A9o-A2o, KJo-K3o, Q7o+, J8o+, T9o

Dans cette situation, vous auriez une equity sur le flop de 45 %, sans set, ce qui est un edge considérable contre deux adversaires. Il serait donc dommage de ne jouer qu'en fit or fold pour la set value. C'est pourquoi on peut revoir la cote du pot nécessaire pour un coldcall quelque peu à la baisse.

LA RÈGLE DU 3 CONTRE 1

En s'appuyant sur les données de beaucoup de joueurs d'expérience, a été décidée la règle du 3 contre 1. C'est-à-dire qu'à partir d'une cote du pot de 3 contre 1, on peut envisager un coldcall avec une pocket paire. Vous avez cette cote quand, en plus du relanceur, vous avez au moins un joueur qui suit hors blinds.

Si vous avez une cote d'exactement 3 contre 1, alors vous devriez abandonner 22 et 33. Avec 33, vous aurez, sur le tableau d'au dessus, une equity de seulement 40 %. Dans l'ensemble, 22 et 33 sont de mauvaises pocket paires, car elles ont moins de chances de faire une quinte, et aucune de dominer une autre main. Avec 55, vous domineriez au moins A2-A5, ce qui n'est pas le cas avec 22.

Puisque ce n'est pas toujours facile de calculer la cote du pot à la table, surtout lorsqu'on est au SB, on peut formuler certaines règles, plus simplement.

RÈGLES DE COLDCALL AVEC LES POCKET PAIRES
  • Vous pouvez faire un coldcall avec toutes les pocket paires si vous êtes face à un relanceur et au moins deux suiveurs.
  • Vous pouvez faire un coldcall avec 55+ contre une relanceur et un suiveur, si vous êtes au SB, vous pouvez suivre 44+.
  • Contre un seul relanceur, vous devez jouer votre pocket paire 3-bet or fold.

Puisque vous avez toujours de la showdown value avec des pocket paires, vous pouvez également relancer unimproved, afin de jouer le pot heads-up et générer ainsi de la dead money.

Observez en comptant le nombre d'adversaire que, dans cette définition, les blinds ne sont pas comptés.

Exemple : Hero est au SB avec 33

  • MP2 calls, MP3 calls, CO raises, Hero calls

    En plus du relanceur, vous avez MP2 et MP4, soit deux adversaires en plus, et pouvez donc suivre n'importe quelle pocket paire.

  • MP2 raises, CO calls, Hero folds

    Ici, vous n'avez qu'un adversaire et devez coucher 33. Vous pourriez en revanche suivre 44 et 55.

Coldcall avec connecteurs assortis et gappers

Les connecteurs assortis et les one gappers (dans certaines situations 2 et 3-gappers également) ont en commun avec les pocket paires qu'ils peuvent remporter de gros pots. Bien sûr, ces mains ne tirent pas vers des sets, mais vers des quintes et couleurs.

En principe, le coldcall avec les connecteurs assortis est comparable au coldcall avec les pocket paires, à la grande différence que ces mains n'ont pas de showdown value. Tandis que vous pouvez éventuellement remporter le pot unimproved avec les pocket paires, une main comme T9s aura toujours besoin de toucher quelque chose sur le tableau. Cette différence s'exprime surtout contre un adversaire, dont nous parlerons en fin de chapitre.

QUELLES MAINS PEUVENT JUSTIFIER UN COLDCALL ?

En règle générale, il s'agit des mains trop faibles pour un 3-bet, ayant un bon potentiel pour remporter un gros pot multiway post-flop. Il est important de ne pas négliger le fait que vous pourrez également jouer le pot si vous ne touchez "que" top paire. C'est pourquoi, sur le tableau T62, JTs est meilleur que 65s, même lorsqu'aucune quinte ou couleur ne sont possibles. De plus, avec JTs, vous serez moins souvent confrontés avec des situations "flush over flush que 65s.

Comme avec les pocket paires, le nombre d'adversaires, et donc la cote du pot, jouent un rôle dans votre prise de décision. Ici, comme avec les pocket paires, la règle est : plus il y a d'adversaire déjà dans la main, plus il y a de mains avec lesquelles vous pouvez faire un coldcall.

RÈGLES POUR LE COLDCALL AVEC DES MAINS ASSORTIES
  • Contre un relanceur et au moins deux adversaires supplémentaires : 98s-QJs, KJs, KTs, T8s, J9s, QTs et Q9s. Au SB s'ajoutent J8s, 87s, 76s, 65s et 97s.
  • Contre un relanceur et un adversaire supplémentaire : T9s-QJs, QTs, KJs, KTs. Au SB s'ajoutent 98s, 87s et J9s.
L'EXCEPTION KQS

KQs est un cas d'exception. Avec KQs, on a en général une main suffisante pour sur-relancer. Pour savoir si vous devez faire ou non un 3-bet, il vous faut déterminer si vous avez un edge contre le relanceur.

Exemple : Hero est au SB avec KQs

  • MP2 (22/15/1,9/42) (VP$IP / PFR / AF / WTS) raises, MP3 calls, Hero coldcalls…

    Dans cette situation, contre un adversaire relativement tight en MP2, vous n'avez pas vraiment d'edge, et devriez opter pour un coldcall. De plus, il est assez peu probable que vous puissiez lui faire coucher une meilleure main post-flop.

  • MP3 (36/25/2,0/39) raises, CO calls, Hero 3-bets

    Dans ce spot, vous avez un edge face à MP3, et êtes favori avant le flop. C'est pourquoi vous essayez de générer de la dead money, pour profiter de votre avantage d'equity.

Coldcall contre le relanceur seul

Si, en plus du relanceur, vous n'avez aucun client assuré sur le flop, alors vous devez opter dans une immense majorité des cas pour le "3-bet or fold". Il existe cependant quelques exceptions, qui peuvent justifier un coldcall face au relanceur seul.

  • Le relanceur est excessivement agressif, tendance maniac, et pourrait vous payer grassement.
  • Vous n'avez pas d'avantage d'equity face à son éventail.
  • Le relanceur est très attaché au showdown et vous pensez n'avoir guère de chances de lui faire coucher ses meilleures mains.

Prenons l'exemple suivant : MP3 (59/41/1,9/42) raises, Hero est au CO avec T 9

Contre un éventail d'open raise de 40 %, vous avez une equity de 41 %. Même avec de la dead money, ce n'est pas suffisant pour un 3-bet. Si on part du principe que, contre un tel adversaire, on a une cote implicite considérable si on venait à toucher quelque chose post-flop, alors un 3-bet pourrait être légèrement profitable, mais on augmente ainsi la variance avec un edge assez douteux.

D'un autre côté, T9s est une trop belle main pour ne pas la jouer en position contre un tel adversaire. C'est pourquoi dans cette situation, un coldcall est préférable. Dans la mesure où votre main a une excellente jouabilité, le fait que vous offriez une bonne cote pour un coldcall aux adversaires suivant ne vous dérange pas outre mesure.

Sur le flop, l'equity de votre main fera un bond, dans un sens ou dans l'autre. Et, spécialement contre les maniacs, votre objectif premier n'est pas de mettre à profit le moindre petit edge préflop, mais plutôt de le plumer post-flop avec les bonnes informations. Dans cette situation, vous pourrez mieux utiliser les informations que lui, et aurez donc une espérance de gain supérieure si vous vous contentez de risquer un oeil sur le flop sans véritable showdown value, plutôt que de grossir le pot à l'aveuglette.

Les mains typiques qui justifient une telle approche sont  T9s, JTs, QTs et QJs. Pensez cependant que, si l'adversaire est un TAG avec (25/19/2,2/38), alors un 3-bet serait éventuellement préférable, car vous avez de bonnes chances de lui faire abandonner la meilleure main post-flop.

Par ailleurs, il est important de régulièrement isoler le maniac avec de la showdownvalue, mais une mauvaise jouabilité. Dans cette situation, la main est alors plus facile à jouer avec l'initiative. Pensez bien que les situations justifiant un coldcall face à un relanceur seul sont assez rares, et que, dans l'ensemble, la règle "3-bet or fold" est la meilleure dans une immense majorité des cas.

Coldcall au Small Blind avec une structure 2/3 SB

Un coldcall depuis le SB avec une structure 2/3 SB ne vous coûte que 2/3 BB. C'est donc à peine 1/6 BB de plus que lors d'un blind defend normal, qui coûte 0,5 BB. Avec cette structure, vous pouvez donc vous contenter de coldcall contre des adversaires agressif et attachés au showdown. Dans cette situation, vous êtes hors position, et vous épargnez ainsi des situations inconfortables post-flop, si vous manquez le flop.

Exemple

CO (38/26/2,0/43) raises, Hero est SB avec 9 8

Contre un LAG attaché au showdown, l'isolation n'est pas votre priorité, et vous n'avez pas spécialement envie de continuer à jouer 9 high hors position post-flop, sans amélioration. Puisque le coût du coldcall au SB est à peine plus élevé qu'un blinddefend depuis le BB, vous pouvez faire un coldcall et jeter un oeil au flop.

En règle générale, vous pouvez vous contenter d'un coldcall dans de telles situations avec 98s, T8s,  J9s, JTs et QTs+ surtout si vous pensez ne pas pouvoir faire coucher Ace high à l'adversaire post-flop.

Balancing des mains de coldcall

L'éventail de mains de coldcall est assez mal équilibré (balanced), et, en tant que coldcaller, il y a toute une panoplie de main que vous ne pourrez pas représenter. Un adversaire attentif s'apercevra vite, que votre coldcall signifiera pocket paire ou connecteurs assorti, et que donc, vous n'avez quasiment jamais d'as, que vous auriez joué en "3-bet or fold" préflop. Mais ceci est à peu près le seul inconvénient.

Sur les tableaux tels que  T 8 3 , J T 5 ou encore Q 9 3 vous pouvez représenter double paire, Toppair, Midpair, tirages couleur ou tirages quinte, de sorte que, si vous jouez agressivement post-flop, l'adversaire sera souvent un peu perdu, dans la mesure où vous pourriez avoir aussi bien un tirage qu'une paire ou une monster.

Vous devez en revanche bien penser que sur le tableau A K 9 vous ne pouvez pas avoir touché top paire ou set. Ne vous étonnez donc pas si un thinking player fait un calldown avec Qhigh alors que vous souhaitez faire un semi-bluff  8 7.

Si en revanche, vous jouez T 9 contre un maniac, comme démontré ci-dessus, ne prenez pas la peine de vous soucier du balancing, car votre adversaire ne va certainement pas le faire non plus.

Quand, et avec quelles mains pouvez-vous faire un overlimp ?

Le terme overlimp désigne un call préflop après que d'autres joueurs sont déjà entrés dans le pot. Il existe d'ores et déjà des charts de la section bronze qui vous indiquent des situations pendant lesquelles vous pouvez suivre préflop lorsqu'il y a déjà eu des calls avant vous : Tables avancées pour le jeu préflop

En règle générale, cette approche est également adaptée aux tables shorthanded en small stakes, comme 1/2. Mais la stratégie de la section bronze est avant tout adaptée aux joueurs inexpérimentés, qui jouent en full ring, et elle est donc franchement tight, afin de leur épargner les décisions difficiles post-flop. Avec l'expérience, vous pouvez commencer à jouer plus loose et plus agressif. Je vais donc maintenant vous donner quelques consignes pour les overlimps préflop depuis MP3, CO ou Button.

Overlimp contre un adversaire

Hero est au Button avec T 9
MP3 calls, folds to Hero?

Dans une majorité des cas, vous êtes ici face à un mauvais joueur, car les TAGs et les thinking LAGs ne font en principe jamais d'overlimps. Vous devez donc vous poser les deux questions suivantes.

VOTRE MAIN EST-ELLE ASSEZ FORTE POUR ÊTRE JOUÉE, MAIS TROP FAIBLE POUR ÊTRE RELANCÉE ?

Les mains concernées par cette description sont, grosso modo : J9s, J8s, T9s, T8s, 98s, 87s.

Toutes ces mains sont également bien jouables en mutiway, et peuvent remporter de gros pot. Il est donc assez peu important de savoir si les blinds lâchent leurs mains facilement ou non. S'ils se couchent, vous avez de la dead money bienvenue, et, s'ils suivent, vous avec une excellente jouabilité, en position. Les deux cas vont sont favorables.

Les mains comme JTs, QTs et autres sont en revanche dans une majorité des cas suffisamment fortes pour être relancées.

POUVEZ-VOUS REMPORTER LE POT SANS SHOWDOWN, SI VOUS RELANCEZ ?

Avant de penser à un overlimp, il convient de se demander s'il ne serait pas préférable d'isoler l'adversaire. La relance d'isolation est certes un thème à part, mais celui-ci doit tout de même être considéré lorsque l'on songe à un overlimp.

Vous devez donc vous poser la question de savoir si l'adversaire ne serait pas en mesure de coucher une meilleure main post-flop. Cette question peut en partie être répondue par le Went To Showdown adverse. Si celui-ci dépasse 40 %, alors il faut être prudent, car votre approche agressive va souvent se heurter à un calldown de A-high ou autre.

Si son WTSD est inférieur à 40 %, vous pouvez envisager une relance d'isolation. L'avantage d'isoler un adversaire non attaché au showdown, est qu'en plus de vos outs de paire sur le flop, un As est une excellente scarecard pour faire coucher K ou Q high à l'adversaire, voire même peut-être des petites pocket paires.

EXEMPLE

MP2 (60/13/1,8/41) (VP$IP / PFR / AF / WTS) calls, Hero MP3 avec J 9

Une belle main, que vous joueriez volontiers et avec laquelle vous pouvez espérer un bon payoff de la part de la calling station avant vous. Si vous relancez contre cet adversaire, vous allez souvent l'isoler sans véritable showdownvalue, et serez alors dans une situation inconfortable post-flop. S'il suit votre continuation bet flop, vous allez souvent gâcher encore des jetons sur le turn, et subir un calldown. Si en revanche vous faites un check behind turn, et perdez contre un K ou Q-high, vous pourrez regretter de ne pas avoir misé turn. Cette situation est donc assez peu souhaitable, et il est préférable d'attendre votre "bond" d'equity du flop, avant de trop investir. Avec un call, vous pouvez nettement mieux jouer votre éventuel edge post-flop, contre ce fish, que si vous aviez relancé sans showdownvalue, pour adopter la ligne bet flop bet turn, juste pour pusher un edge préflop très faible (si existant).

Si l'adversaire avait eu des stats 42/12/1,7/37, alors une relance d'isolation aurait été plus envisageable, puisque vous auriez été en mesure de remporter la main sans showdown ni amélioration.

Contre un limper, ne faites d'overlimp qu'avec des mains que vous auriez relancé selon l'ORC !

Dans l'exemple précédent, vous pouvez donc uniquement faire un overlimp avec J9s et T9s. Si vous avez été au CO au lieu de MP3, vous auriez pu envisager un overlimp avec J9s, J8s, T9s, T8s, 98s. Au button, vous auriez pu y ajouter 87s.

Pensez également qu'il y a limper et limper. Certains sont des joueurs tight passifs 25/11/1,8/40, d'autres des fishs avec 70/4/0,8/40. Les deux ont certes le même WTSD, mais avec le rock, il convient de faire un overlimp plus tight, car son éventail de limp contient beaucoup de pocket paires, et est, en général, meilleur que celui du fish.

Cela implique que vous puissiez espérer un payoff nettement moindre de la part du rock, si vous touchez quelque chose, et si vous gagnez avec ce quelque chose. Si votre main est vraiment limite, il convient donc de faire des overlimps et relance d'isolation plus tight contre un limper tight.

Balancing

Les overlimps sont nettement moins bien "balanced" que les coldcalls. Un bon joueur reconnaîtra bien souvent que vous ne faites ça qu'avec des connecteurs assortis et one gapper. En règle générale, cela pourrait sembler sans importance, dans la mesure où les tables où un overlimp est possible sont des tables plutôt softs. Mais, si un thinking TAG est assis derrière vous, il pourra assez facilement déterminer votre éventail.

Sur le flop, vous jouerez agressivement aussi bien les tirages que les bonnes mains faites, mais vous ne pourrez pas représenter un certain nombre de mains, surtout si des cartes hautes sont sur le tableau. Ici aussi, il convient de bien noter que vous ne pouvez représenter un A ou un Roi, de sorte que certaines situations se prêteront mal au semi-bluff.

C'est pourquoi, en cas d'overlimp, vous devriez observer les points suivants :

  • Si un thinking player est assis derrière vous, qui pourrait même être meilleur que vous, vous devriez éviter les overlimp avec un limper, et jouer en raise or fold. Ce sera ainsi difficile pour votre adversaire de vous mettre sur un éventail.

  • Si les joueurs de la table sont tous peu attentifs, ou jouent automatiquement, alors vous pouvez suivre les consignes ci-dessus concernant les overlimps.

  • Le dernier point concerne les joueurs derrière vous. Si vous êtes au MP3 ou au CO, vous devriez déterminer si les joueurs suivants font volontiers des coldcalls looses ou non. Dans l'ensemble, avec une relance, vous souhaitez avoir le bouton post-flop. Si vos chances sont réduites, alors vous pouvez pencher plus vers un overlimp. Mais, encore une fois, n'abusez pas des overlimps, car une relance d'isolation est bien souvent préférable, dans la mesure où vous pouvez ainsi plus facilement avoir de la foldequity post-flop.

Overlimps contre deux limpers

Deux limpers avant vous sont avant tout le signe d'une bonne table. Puisque vous avez une meilleure cote après deux limpers, et êtes par ailleurs apparemment contre deux mauvais joueurs contre qui vous jouez volontiers, vous pouvez bien sûr faire des overlimps plus looses.

Les mains suivantes sont donc envisageables pour un overlimp : KJo, QTo+, JTo (seulement au BU), 76s+, Q9s, T8s+, J8s+.

En général, vous devriez différencier le fait que vous soyez assis au BU ou au CO. Être assuré d'avoir le Button est surtout un avantage si vous avez une main offsuit car celles-ci n'aiment pas trop les pots 4- à 6-handed. C'est pourquoi vous ne devriez coucher QTo et JTo au CO, et ne faire d'overlimps que depuis le BU, contre deux adversaires avec ces mains.

Ici aussi, il faut prendre en considération quel adversaire à fait un overlimp avant vous.

Exemple : MP2 (Fish) limps, MP3 (TAG) overlimps, Hero est au CO avec 9 8 ou 8 7

La situation donnée ici n'est pas aussi confortable qu'il y paraît. Le TAG ayant fait un overlimp, vous pouvez partir du principe qu'il aura des connecteurs assortis. Il pourrait aussi bien vous dominer avec top paire,(par exemple J 9 vs. 9 8) et, dans le pire des cas, il pourrait y avoir flush over flush ou straight over straight, avec T 9 contre 8 7.

Cette situation sera cependant très rare, de sorte que vous pouvez très souvent suivre avec vos connecteurs assortis contre deux adversaires.

RELANCER AVEC QJS ET JTS ?

QJs et JTs ont en général un equity edge face à deux limpers, de sorte qu'on est en droit de se demander si une relance ne serait pas préférable à un overlimp. Et, le fait est qu'une relance est loin d'être mauvaise, et que rien jusqu'alors ne nous permet de déterminer qui de la relance ou du call est préférable avec ces mains.

L'avantage de l'overlimp est que vous attendez d'avoir plus d'information pour mettre plus d'argent dans le pot, vous permettant de réduire la variance, sans véritablement abandonner d'edge d'equity.

En règle générale, si les joueurs sont tight post-flop, alors vous devriez plutôt relancer, car un As sur le flop vous donnerait une bonne foldequity. Il faut en revanche ne pas systématiquement faire de continuation bet en cas de relance, si le pot est 3- ou 4-handed. Si le flop vous est assez peu avantageux, comme par exemple 568, alors vous devriez abandonner votre main dès le flop, et espérer une carte gratuite.

En résumé

L'overlimp et le coldcall sont, certes, en règle générale, des moves plutôt affectionnés par les fishs, mais un TAG peut toutefois trouver un certain nombre de situations où il est préférable de les adopter. Notez bien que les éventails présentés ne doivent pas être pris comme des dogmes, et ne doivent pas être suivis à la lettre comme pourrait l'être une chart. Ils servent plutôt de directives, sur lesquelles vous appuyer en combinaisons avec vos reads, afin de prendre la meilleure décision. Le succès de ces moves dépend également fortement de votre aptitude à jouer correctement post-flop.

Afin de vous permettre d'avoir un aperçu compacte de toutes les directives données dans cet article, en voici un petit résumé. N'oubliez pas d'adapter celles-ci aux situations données.

  • Coldcall de pocket paires
    • Contre une relanceur et au moins deux adversaires supplémentaires, vous pouvez suivre n'importe quelle pocket paire.
    • Contre un relanceur et au moins un adversaire supplémentaire, vous pouvez suivre 55+, et 44+ depuis le SB.
    • Contre un relanceur seul, vous devez jouer vos pocket paires en "3-bet or fold". Un coldcall est toujours incorrect.
  • Coldcall avec des connecteurs assortis et des one-two gappers assortis
    • Contre un relanceur et au moins deux adversaires supplémentaires : 98s-QJs, KJs, KTs T8s, J9s, QTs et Q9s. Au SB, ajoutez J8s, 87s, 76s, 65s et 97s.
    • Contre un adversaire et au moins un adversaire supplémentaire : T9s-QJs, QTs, KJs, KTs. Au SB, ajoutez 98s, 87s et J9s.
  • Coldcall contre un relanceur seul si...
    • Le relanceur est un joueur extrêmement agressif (tendance maniac)
    • Vous avez un avantage d'equity contre son éventail d'openraise.
    • Le relanceur est très attaché au showdown et vous pensez n'avoir que très peu de chance de lui faire coucher une meilleure main.
    • Les mains typiques pour ce move sont  T9s, JTs, QTs, QJs.
  • Overlimp contre un adversaire
    • Les mains de cette catégorie : J9s, J8s, T9s, T8s, 98s, 87s. Pensez au mauvais balancing de cette ligne en cas de bon joueur derrière vous !
  • Overlimp contre deux adversaires 
    • KJo, QTo+, JTo (seulement au BU), 76s+, Q9s, T8s+, J8s+