Headps-up IP: Raise Turn ou Raise Flop
Introduction
Dans cet article
- Pourquoi relancer au turn plutôt qu'au flop
- Dans quels cas relancer tout de même au flop
Cet article traite d'une situation particulière dans laquelle vous avez
la position au flop contre un adversaire qui possède l'initiative. Ceci
se produit par exemple lorsque vous relancez préflop et êtes confronté
à un 3-bet de la part d'un des blinds, ou bien lorsque vous payez un
steal raise du SB en étant au BB.
Le
point de départ de cet article est l'hypothèse selon laquelle vous avez
une main suffisamment forte pour envisager sérieusement un raise à un
moment ou un autre. Nous laisserons donc de côté les situations dans
lesquelles vous vous couchez directement ou bien effectuez un calldown
basé sur l'equity avec une showdown value marginale.
Ce
qui nous intéresse ici est de savoir laquelle des deux options - raise
flop ou call flop avec raise turn optionnel - est la plus indiquée
dans une situation donnée.
Il faut bien tenir
compte du fait que dans le cas de la ligne call flop, raise turn, le raise turn
n'est pas obligatoire. En fonction de la carte du turn vous pouvez bien
entendu poursuivre en mode calldown ou encore vous coucher directement.
Cela peut sembler logique et presque évident, mais il s'agit d'un
élément essentiel dans cet article.
Afin
de s'assurer de la validité de l'hypothèse de départ, il convient tout
d'abord de s'intéresser à la question suivante : à partir de quand une
main peut-elle
être relancée ?
À partir de quand une main peut-elle être relancée ?
Au premier abord on pourrait penser qu'on peut relancer à partir du
moment où on a un edge au niveau de l'equity. Nous allons voir dans
ce qui suit que ce n'est pas forcément le cas.
Afin d'aller au coeur du sujet, intéressons-nous à un
scénario loin d'être favorable : en cas de raise de votre part l'adversaire effectue un 3-bet avec toutes les
mains supérieures à la vôtre et se contente de calldown avec les mains
inférieures.
Les coûts associés aux différentes lignes (raise Flop; call Flop, raise Turn; Calldown) sont les suivants :
Raise Flop
Gains (Postflop): 3 BB
Pertes (Postflop): 3,5 BB
Raise Turn
Gains (Postflop): 3,5 BB
Pertes (Postflop): 4,5 BB
Calldown
Gains (Postflop): 2,5 BB
Pertes (Postflop): 2,5 BB
Pas besoin de grandes explications pour ces
valeurs. Dans le cas du raise flop suivi d'un calldown adverse vous
gagnez 3 BB. S'il 3-bet et que vous faites un calldown, vous perdez 3.5
BB. Idem pour le raise turn et le calldown.
À quoi ressemble maintenant l'EV des différentes lignes pour différentes valeurs de l'equity = p(win) de votre main ?
|
EV en fonction de la probabilité de l'emporter
|
Les valeurs contenues dans ce tableau ont été
obtenues à partir d'une feuille excel relativement simple qui calcule
l'EV d'une ligne en fonction de l'equity ainsi que le rapport
Gains/Pertes.
La
première colonne correspond à une equity de 51% pour votre main. Bien
que vous ayez un edge d'equity, l'EV des lignes raise flop et raise
turn / calldown est négative du fait que l'adversaire 3-bet avec les
meilleures mains. Cette hypothèse est certes très pessimiste, mais elle
montre clairement qu'un léger avantage d'equity ne justifie pas
forcément une relance.
Dans la colonne du
milieu vous avez maintenant une equity de 54%. C'est la première fois
qu'un raise s'accompagne d'une EV positive avec les hypothèses qui ont
été faites. Il est cependant facile de voir qu'un simple calldown
possède encore une meilleure espérance de gain.
La
dernière colonne correspond à une equity de 67%. C'est seulement
maintenant que le raise turn correspond à la meilleure ligne.
Cet
exemple illustre le rôle joué par la cote implicite
imversée (reversed implied odds - RIO) et montre qu'elle ne doit
pas être négligée. Le cote implicite inversée intervient quand vous ne
pouvez pas vous coucher malgré le 3-bet adverse et payez alors le prix
maximum avec la plus mauvaise main. Vous perdez alors davantage que
vous n'auriez gagné avec la meilleure main. L'equity nécessaire pour
pouvoir jouer profitablement la ligne call flop, raise turn, s'en
trouve donc considérablement augmentée.
Pourquoi call flop, avec raise turn optionnel, représente la meilleure ligne ?
Jusqu'à présent, on vous a présenté la ligne call
flop, raise turn comme une ligne standard, et ce pour de bonnes
raisons. Nous
allons voir dans ce qui suit pourquoi il est préférable de jouer call
flop avec possibilité de raise turn en tant que ligne standard, plutôt
que raise flop.
Un point très important est le fait que la ligne
call flop, raise turn vous permet un balancing optimal du call flop. Si vous décidez soudain de supprimer complètement de
votre jeu la ligne call flop, raise turn, et de relancer directement au
flop dès que c'est envisageable, alors il devient évident
pour votre adversaire qu'un call flop est le signe d'une main marginale,
avec laquelle vous voulez jouer un tirage à prix réduit ou aller à
l'abattage. Il sait qu'un
raise turn de votre part n'est plus à craindre. Ses 2nd barrels deviennent alors beaucoup plus
fréquents car il sait que votre main est vraiment faible et que vous
allez souvent devoir vous coucher face à un nouveau bet turn.
Si
à l'inverse vous jouez systématiquement call flop avec les mains qui
peuvent être relancées pour ensuite réévaluer au turn, vous ne donnez
aucune information concernant la force de votre main.
Votre
éventail est si large que l'adversaire ne peut avoir aucun read précis.
Vous pouvez être sur un calldown avec une main faible ou
A-high, vous pouvez avoir un tirage que vous jouez passivement parce
que vous ne pensez pas avoir la fold equity suffisante.
En
cas de nouveau bet adverse au turn, vous
pouvez relancer tout aussi bien avec un tirage qu'avec une main faite. Bref, tout est possible.
L'adversaire ne peut pas exclure un raise de votre part. Il va donc y
réfléchir à deux fois avant de faire un 2nd barrel et va éventuellement
se contenter d'un check. C'est bien entendu positif lorsque vous avez
un tirage et pouvez alors prendre la carte gratuite, ou bien lorsque vous
avez fait un bluff call et pouvez maintenant bluffer en misant.
Dans un premier temps, on pourrait penser que rien
ne s'oppose au fait de relancer avec toutes les mains jouables au flop.
Vous pourriez ainsi relancer avec des mains faites, des semi-bluffs et
même des bluffs purs, ce qui garantirait un balancing suffisant de vos
raises flop et empêcherait l'adversaire de vous mettre sur une main en
particulier. Mais le problème de balancing apparaîtrait alors au niveau de vos calls
flop.
Même
si vos raises flop sont
parfaitement balancés, le problème se situe au niveau de
vos calls flop - qui restent indispensables pour un poker intelligent.
Étant donné que la ligne call flop raise turn n'existe pratiquement
pas pour vous, un call flop de votre part indique aussitôt une main
trop faible pour un raise, ce qui veut dire que vous êtes sur peeling
ou bien
sur un equity calldown.
Un bon joueur s'en
rendra compte et exploitera cette tendance. Il sait en effet que vous
allez vous coucher au turn, ou dans le pire des cas faire un calldown. Il
peut alors faire des value bets très fins contre vous, en sachant que
vous auriez déjà relancé au flop si vous aviez une bonne main.
La
conclusion est donc la suivante : avec les mains justifiant une
relance, si on avait le choix entre raise flop dans 100% des cas ou call
flop dans 100% des cas, alors le call systématique serait sans aucun
doute une meilleure option.
C'est un fait avéré. De
nombreux adversaires ont des difficultés à jouer correctement au turn en étant OOP avec
l'initiative. En repoussant l'action sur le turn grâce à la ligne call flop, raise turn, vous
exploitez au maximum cette faiblesse et amenez l'adversaire à commettre
des erreurs. Les faiblesses adverses se manifestent souvent sous les formes suivantes :
Un raise flop vous permet, du moins en théorie, de
faire coucher à l'adversaire une main qui a des outs. Si vous vous
contentez à l'inverse d'un call flop, l'adversaire va souvent miser de
nouveau au turn ce qui vous permet de gagner un BB supplémentaire. D'un
autre côté, l'adversaire voit "gratuitement" le turn après son
bet. Qu'est-ce qui est préférable ? Le bluff induce ou bien amener des outs à
se coucher et éviter ainsi les suckouts ? Un exemple :
Preflop: Hero is BB
SB raises, Hero calls.
Flop: (4SB)
SB bets, Hero?
Pot: 4 SB + Conti-Bet = 5 SB
Imaginons que l'adversaire possède exactement 6 outs au
flop, qu'il va coucher en cas de raise. Un out représente 2,2%, ses
chances de toucher au turn sont donc d'environ 13%.
L'EV de votre raise se calcule facilement si votre adversaire se couche : 5 SB.
Si
vous payez au flop et obtenez un bet supplémentaire au turn, ce sont 7
SB dans le pot (le SB correspondant à votre call flop est ignoré
puisqu'il ne représente pas de gain supplémentaire) et vous avez une
equity de 87%. L'EV obtenue est la suivante :
EV (Call Flop) = 0,87 x 7 SB - 0,13 x 3 SB = 5,7 SB
Dans un si petit pot, contre
un 6 outer, il est préférable d'obtenir un BB supplémentaire sous forme de bluff bet que de l'amener à se coucher dès le flop.
Une
valeur empirique serait d'environ 70% de 2nd barrel turn. Dans ce cas
on aurait EV(call flop) = 5,2 SB et les 6 outs représenteraient une
valeur limite. S'il l'adversaire est capable de coucher un nombre d'outs
plus important au flop alors on préfère un fold. S'il est capable de
coucher un nombre d'outs inférieur alors on préfère un nouveau bluff
bet turn.
Le résultat est bien plus parlant si l'adversaire n'a que 3 outs (~7%). On a alors :
EV (Call Flop) = 0,93 x 7 SB - 0,07 x 3 SB = 6,3 SB
EV(Call Flop 70% BluffBet Turn) = 0,93 * 6,4 – 0,07 * 3 = 5,7SB
Logiquement, le bluff bet gagne en importance.
Ceci
montre qu'il est tout à fait judicieux de laisser des mains avec des
outs miser de nouveau au turn. Ce que vous perdez du fait que
l'adversaire voit le turn est inférieur aux bets
supplémentaires gagnés au turn.
En général,
un adversaire ne va jamais coucher une main avec 6 outs au flop, un
fold est donc la plupart du temps le signe de mains avec très peu
d'outs. Au final on se rend compte que chez les adversaires avec une
fréquence de bet turn élevée, le bluff induce l'emporte sur la
possibilité de les amener à coucher des outs. À l'inverse, si
l'adversaire possède une fréquence de bet turn trop faible et abandonne
souvent ses poubelles, alors c'est le raise flop qui est préférable.
En
pratique, les adversaires (y compris les TAGs) ont plutôt tendance à
avoir un continuation bet trop élevé que l'inverse. Il s'agit d'une
tendance générale qui contribue au fait que le jeu au turn OOP soit une
faiblesse chez de nombreux joueurs. De nombreux adversaires poussent le
phénomène si loin qu'ils sont prêts à miser au turn même lorsque le
tableau et/ou l'adversaire ne permettent en aucun cas un nouveau bet.
Dans les trois exemples suivants, SB a un éventail d'open-raise de 70%.
Preflop: Hero is BB with Q

SB raises, Hero calls.
Flop: T


SB bets, Hero folds.
Flop equity: 34,7%
Du fait que Villain va faire un 2nd barrel avec
une très grande partie de son éventail (chez des joueurs très agressifs
également avec des mains de complete), vous devez vous défaire
dès le flop de vos mains marginales avec une equity inférieure à 37%,
avec lesquelles vous auriez peut-être payé contre d'autres adversaires.
Vous pouvez pratiquement être sûr que le 2nd barrel va avoir lieu et un
peeling loose au flop n'est donc pas profitable.
Preflop: Hero is BB with Q

SB raises, Hero calls.
Flop: T


SB bets, Hero calls.
Turn: 2
SB bets, Hero raises (Hero calls est également une option)
Ici vous bénéficiez du fait que Villain va miser de
nouveau avec un grand nombre de mains avec lesquelles il se
serait couché directement face à un raise flop ou bien après un raise
flop, bet turn. Dans les deux cas vous gagnez plus avec un call flop.
D'un autre côté, en cas de 3-bet adverse vous pouvez pratiquement être
sûr d'être battu et trouver un fold. Ce serait plus difficile contre un
3-bet flop, car votre adversaire pourrait tout à fait avoir un 3
inférieur, voire même un 2 ou bien tenter un rebluff.
S'ajoute
à cela le fait que le flop call doit être balancé. Si vous vous
contentiez de faire des equity calls ou des calls avec des monsters,
alors le balancing de votre ligne ne serait pas aussi bon. Vos equity calls
conduiraient à un call turn sans amélioration et vos monsters
conduiraient à un raise. Votre adversaire aurait alors un fold
relativement facile contre vos raises turn. C'est uniquement en
introduisant des mains faibles dans votre ligne que vous obligez votre
adversaire à faire un calldown également avec des mains faibles.
*Equity call: on entend par là un call avec une main faible
(généralement sans paire) qui est justifié par l'equity face à
l'éventail adverse. Plus d'information dans les articles suivants :
Heads-up au Flop OOP : C/C Flop sans initiative - avec showdownvalue
Turnplay OOP sans initiative avec showdown value
Preflop: Hero is BB with T

SB raises, Hero calls.
Flop: T


SB bets, Hero calls.
Turn: 2
SB bets, Hero raises
La ligne pour la value classique. Vous avez touché une double
paire au flop, qui se transforme en full au turn. Votre call flop amène
votre adversaire à miser avec un grand nombre de mains. De plus, le
tableau semble relativement peu dangereux, il va souvent vous mettre
sur un T et va probablement faire un 3-bet avec un bon T ou une
overpair, ce qui vous permet alors de capper.
Si vous alternez avec la même main contre le même
adversaire et sur le même tableau entre le call flop, raise turn et le
raise flop, vous constatez que vous êtes plus souvent confronté à un
3-bet flop qu'à un 3-bet turn. C'est tout à fait logique étant donné
que l'adversaire doit protéger contre les tirages et ne pas donner de
carte gratuite. Il va donc 3-bet avec un plus grand nombre de mains au
flop qu'au turn.
Toujours est-il que trop
d'adversaires 3-bet trop rarement au turn. Ils sont tout simplement
intimidés par un raise turn qui semble très fort et n'osent pas faire un
3-bet pour la value s'ils n'ont pas une très bonne main. Vos pertes
contre une main supérieure ne sont pas plus élevées qu'en cas de raise
direct au flop, alors que vos gains contre des mains inférieures qui
font un calldown sont souvent plus élevés grâce au raise turn.
Preflop: Hero is BB with Q



SB raises, Hero calls.
Flop: T


SB bets, Hero raises, Villain calls down.
Win: 3 BB
Preflop: Hero is BB with Q



SB raises, Hero calls.
Flop: T


SB bets, Hero calls.
Turn: 5
SB bets, Hero raises, SB calls down.
Win: 3,5 BB
Preflop: Hero is BB with T



SB raises, Hero calls.
Flop: T


SB bets, Hero raises, Villain 3-bets, Hero calls down.
Loss: 3,5 BB
Preflop: Hero is BB with T



SB raises, Hero calls.
Flop: T


SB Bets, Hero calls.
Turn: 5
SB bets, Hero raises, SB calls down.
Loss: 3,5 BB
Le même tableau, les mêmes mains, deux lignes
différentes. Dans l'exemple 4a vous dominez l'adversaire avec top-paire
contre midpair. La plupart des adversaires vont jouer calldown suite au
raise flop, et vont jouer bet turn/calldown en cas de call flop de
votre part. Dans ce cas vous gagnez plus en jouant call flop,
raise turn.
Dans l'exemple 4b, les
cartes sont inversées. C'est vous qui êtes dominé. Si vous relancez au
flop, vous êtes souvent confronté à un 3-bet, suite à quoi vous allez
généralement faire un calldown. Si vous relancez au turn, de nombreux
adversaires avec top-paire weak kicker se laisseront impressionner et
n'auront pas les "balls" pour un 3-bet, ce qui fait que vous perdrez la
même chose que dans le cas du raise flop. Bien entendu le type
d'adversaire et votre image interviennent. Mais le plus souvent vous gagnerez davantage
en jouant call flop, raise turn, et perdrez la même chose si vous êtes
derrière. C'est pourquoi le call flop doit, en moyenne, être privilégié au raise flop.
Un exemple :
Preflop: Hero is BU with Q

Villain is SB with Tx, 8x, Gutshot ou OESD
Hero raises, SB 3-bets, Hero calls.
Flop: T


SB bets, Hero raises, SB calls (down).
Villain va faire ici un calldown avec le T ou le 8 et va probablement
payer jusqu'à la river avec un gutshot ou un OESD avant de se coucher
sans amélioration sur la river.
Vous gagnez donc 3 BB contre une main faite, 2 BB contre un tirage.
Gain : 2BB-3BB
Preflop: Hero is BU with Q

Villain is SB with Tx, 8x, Gutshot or OESD
Hero raises, SB 3-bets, Hero calls.
Flop: T


SB bets, Hero calls.
Turn: 4
SB bets, Hero raises, SB calls (down).
Gain : 2,5BB-3,5BB
En jouant call flop, raise turn contre de
meilleures mains qui n'osent plus 3-bet une fois au turn, vous
perdez exactement le même montant qu'en jouant raise flop puis calldown contre
un 3-bet. En revanche vous gagnez plus contre les mains inférieures qui
vous calldown, du fait que vous avez repoussé l'action sur la street la
plus chère.
Une autre faiblesse de l'adversaire dans le jeu au
turn OOP est le fait que la ligne c/r turn avec initiative est trop peu
utilisée. Un call flop vous garantit donc un supplément d'information,
car si l'adversaire checke au turn, cela signifie presque toujours qu'il va jouer check/fold ou check/call(down)
. S'il sa ligne n'est pas balancée au moyen du c/r, alors son check est
presque toujours un signe de faiblesse ce qui permet de faire un
bluffbet ou bien de faire un value bet très fin.
Preflop: Hero is BB with 8





SB raises, Hero calls.
Flop: J


SB bets, Hero calls.
Turn: 5
SB checks, Hero bets
Preflop: Hero is BB with 8





SB raises, Hero calls.
Flop: J


SB Bbets, Hero calls.
Turn: 2
SB checks, Hero bets
Sur ce tableau, vous pouvez être sûr qu'un check
adverse indique une mauvaise main. Vous pouvez alors miser avec un
3 ou une petite pocket en étant pratiquement sûr d'être en tête.
Ceci
est balancé par vos bluff bets avec lesquels vous jouez exactement la
même ligne. L'adversaire aura donc bien du mal à jouer de façon
optimale contre vous dans cette situation et sera pratiquement obligé
de faire des calldowns avec A-/K-high et de payer ainsi vos value bets
marginaux.
Ceci
n'a bien entendu de sens que contre un adversaire adapté. Si
un adversaire calldown systématiquement après son check turn, il est
bien entendu impossible de bluffer. Mais si l'adversaire
possède un leak aussi monstrueux, vous pouvez oublier le balancing
et vous contenter de faire des value bets très fins ou de prendre la carte gratuite si vous
en avez besoin.
Un raise turn donne une plus grande impression de
force qu'un raise flop et la fold equity s'en trouve donc augmentée.
C'est d'ailleurs un paradoxe étant donné que l'adversaire obtient une meilleure cote après call flop, raise turn qu'après raise
flop, bet turn. Avec call flop, raise turn dans un pot relancé
l'adversaire a une cote du pot de 1:6, dans un pot 3-bet c'est même
1:7. Avec raise flop, bet turn, l'adversaire obtient une cote du pot de
1:5 et 1:6 dans un pot relancé.
Alors
qu'ils obtiennent une meilleure cote du pot, de nombreux adversaire se
couchent plus facilement après un raise turn, qu'après un raise
flop suivi d'un bet turn. Vous pouvez exploiter cette fold equity plus
élevée en vous contentant de payer le flop avant de relancer un turn
approprié avec vos tirages.
Preflop: Hero is BB with J

Villain is SB with A

SB raises, Hero calls.
Flop: 2


SB bets, Hero calls.
Turn: 7
SB bets, Hero raises, SB folds.
Preflop: Hero is BB with J

Villain is SB with A

SB raises, Hero calls.
Flop: 2


SB bets, Hero raises, SB calls (down).
L'adversaire aura plus facilement tendance à
coucher une petite paire après un raise turn qu'après un raise flop.
Après un raise flop il va la plupart du temps opter pour un calldown
qu'il mènera jusqu'à son terme si le tableau ne devient pas trop moche.
Si
votre adversaire est capable de coucher une paire au turn, vous devriez
repousser l'agression avec vos tirages au turn. S'il est complètement
utopique de voir votre adversaire coucher une paire, alors vous devriez
réduire votre fréquence de bluff et ne relancer pratiquement que pour
la value. Tenez cependant compte du fait qu'un raise turn avec J
peut s'avérer judicieux même contre un adversaire qui va beaucoup à
l'abattage, car il pourrait tout de même coucher A-high, et surtout
K-high.
L'argument "il y a tellement de cartes possibles
au turn qui m'empêcheront de relancer, c'est pourquoi je préfère
relancer directement au flop" n'a pas de sens. Vous avez sans doute
déjà lu cette phrase ou bien l'avez vous-même utilisée. Sa logique
repose cependant sur une erreur de raisonnement. Alors qu'en NL un
raise flop peut empêcher l'adversaire d'aller au turn, en FL un raise
flop ne conduira que rarement à un fold, et encore moins s'il y a eu un
3-bet préflop.
La ligne "call flop, raise turn" contient certes les mots "raise turn",
mais cela n'a rien d'obligatoire. Le raise turn après le call flop fait
partie de votre plan en jouant cette ligne. Si le turn amène une carte
particulièrement mauvaise, vous pouvez bien entendu revoir votre plan et
passer en mode calldown, voire même vous coucher directement. Si la carte
qui apparaît au turn est si mauvaise que vous renoncez à votre raise,
vous pouvez même vous réjouir de n'avoir pas relancé au flop, la
situation s'étant considérablement dégradée pour vous. Grâce au
supplément d'information dont vous bénéficiez au turn, vous avez
la possibilité de prendre de meilleures décisions, de manière plus
précise.
Si une main est sujette à de grandes variations d'equity entre le flop
et le turn, alors la ligne call flop, raise turn est d'autant plus
favorable. Les sauts d'equity qui accompagnent le turn vous permettent de
prendre une meilleure décision que si vous aviez relancé au flop. Vous évitez
ainsi de regretter d'avoir misé lorsqu'une carte particulièrement
mauvaise vient à tomber.
Un exemple serait la main suivante :
Hero: 88
Villain: TT+,AJs+,KJs+,AJo+,KJo+
Preflop: Hero (CO) raises, Villain (BB) 3-bets, Hero calls.
Flop: 267r
Le flop est satisfaisant pour vous, vous êtes en tête pour le moment
avec 58.3% d'equity, ce qui n'a cependant rien d'un avantage décisif.
Pratiquement tous les turns correspondent à un saut d'equity :
|
Turn: Blanks (2,3,6,7) Equity: 64% Turn: Cartes favorables (4,5,9,T) Equity: 66%-69% Turn: Cartes très favorables (8) Equity: 98% Turn: Cartes défavorables (J,Q,K,A) Equity: 42% (J,Q) / 32% (K,A) |
Si le turn amène une blank ou une carte favorable la décision est claire : vous relancez le turn comme prévu.
Si au contraire c'est une mauvaise carte, à savoir J,
Q, K,
A, alors vous ne pouvez plus relancer et devez vous contenter de
suivre. Savoir si vous pouvez trouver un fold sur la river en cas
de A ou K sur la tableau dépend concrètement de l'adversaire. Le point
décisif, encore une fois, est le fait que vous ne pouvez pas empêcher
l'adversaire de voir la turn. La fold equity suite à votre raise flop
est en effet proche de zéro.
La ligne call flop avec raise turn optionnel peut être considérée comme la ligne standard car :
- Elle ne donne pratiquement aucune information sur votre main, ni après le call flop, ni après le raise turn.
- Il
n'est pas obligatoire de relancer au turn. Il est possible d'agir en
fonction du turn et de prendre ainsi de meilleures décisions. - Vous pouvez exploiter au mieux les leaks adverses associés à leur jeu OOP au turn.
- Call flop, avec raise turn optionnel est très difficilement exploitable par l'adversaire.
Quand devez-vous tout de même relancer au flop ?
Même si la ligne call flop, raise turn est supérieure au raise
flop en tant que ligne standard, le raise flop ne doit pas forcément
être supprimé de votre répertoire. Même si d'un point de vue théorique
le raise flop n'est en aucun cas nécessaire, il peut permettre
d'attaquer certains leaks adverses et d'exploiter ainsi le jeu de l'adversaire.
Tenez cependant compte du fait que toute tentative d'exploiter
l'adversaire peut être contrée. Vous devez donc jouer ces lignes quand vous
pensez être un cran au-dessus de votre adversaire. Nous allons passer
en revue dans ce qui suit des leaks classiques chez l'adversaire, qui
peuvent être exploités en jouant raise flop.
Si votre adversaire mise trop rarement au turn,
votre plan consistant à relancer le bet turn est trop souvent réduit à
néant. Si vous êtes face à un adversaire qui ne mise au turn qu'avec
des mains
faites, alors il est plus judicieux de relancer directement au flop
avec vos bonnes mains afin de gagner un SB supplémentaire. Un exemple
serait la main suivante :
Preflop: Hero is BU with 7

Hero raises, BB 3-bets, Hero calls.
Flop: 4


BB bets, Hero calls.
Turn: 3
BB checks, Hero bets, BB calls.
Un adversaire passif pourrait tout à fait se contenter d'un check turn
avec A-high. L'adversaire sait qu'il a trop d'outs pour un fold et n'a
pas envie de payer trop cher pour un tirage. Dans ce cas le raise flop
est une meilleure option afin de gagner un SB supplémentaire.
Preflop: Hero is BU with 7

Hero raises, BB 3-bets, Hero calls.
Flop: 4


BB bets, Hero raises, BB calls.
La différence est ici de 1 SB. Si vous
relancez au flop et que votre adversaire calldown avec A-high, vous
gagnez 3 BB post-flop. Si vous attendez le turn pour relancer et que
vous avez seulement la possibilité de miser parce que Villain décide de
checker, vous ne gagnez que 2.5 BB.
Ce point parle de lui-même. Si le fold to
flopraise de votre adversaire est élevé et que vous voulez obtenir de
la fold equity il est préférable de miser directement au flop plutôt que
d'attendre le turn. Si votre objectif est un calldown adverse
alors relancer au flop serait une erreur si un raise turn vous donne
plus de chance d'être payé.
Un fold
to Flopraise classique est de 15%-20%, tout ce qui est nettement
supérieur peut correspondre à un leak et devrait être attaqué. Il faut
cependant que cette valeur soit clairement supérieure, au-delà de
30% on pourrait presque envisager de raise flop any 2 cards.
Si vous avez un adversaire qui passe sans trop
réfléchir en calldown avec A-high suite à un raise flop, mais qui est
capable de trouver le bouton fold en cas de raise turn, alors il vaut
mieux relancer dès le flop si vous voulez obtenir un calldown avec
A-high de sa part.
Le
fait qu'un adversaire soit capable de faire des weak folds au turn se voit tout simplement
dans le fait que le fold to Turnraise est largement supérieur au fold to
Flopraise. Au turn cette valeur devrait se situer aux alentours
de 20%-25%. Là aussi, la valeur devrait être largement
supérieure,
>30% voire même 35%+, pour en tenir compte. Ceci ne vaut bien
entendu que pour les mains faites. Vous attendez bien tendu le turn
pour un semi-bluff avec tirage.
C'est moins souvent le cas que l'inverse, mais on rencontre de temps en
temps ce genre d'adversaire et la ligne call flop, raise turn peut
alors poser quelques problèmes.
Voici ce que cela change pour vous :
Imaginez que vous vous êtes contenté de suivre avec une main faite
faible et que l'agresseur préflop checke au turn. Vous pouvez souvent
considérer avoir la meilleure main et pouvoir effectuer deux value bets
fins contre A-high ou équivalent.
Mais
si Villain est capable de jouer c/r en plus de c/c et c/f, cela devient
très désagréable. Le risque de check/raise est trop grand et un bet de votre part s'accompagne de cote implicite inversée. Vous
êtes alors obligé de prendre le check/behind avec votre main faite
trop faible, alors que vous avez pourtant un avantage d'equity.
Villain réussit ainsi à voir la river pour un investissement de seulement 1 SB.
Après votre raise flop, Villain va 3-bet
directement le flop plutôt que de call pour ensuite check/raise le
turn. Il s'agirait de sa part d'une ligne extrêmement forte qui
risquerait de vous amener à coucher une main faible au turn et vous
risqueriez par ailleurs de prendre la carte gratuite au turn. Si votre
adversaire est cependant capable de tenter un c/r après votre raise
flop, alors vous devriez en profiter pour relancer au flop pour la
carte gratuite.
Un adversaire qui joue souvent c/r au turn est
assez peu recommandé pour un bluffcall flop. La théorie du bluffcall
flop repose sur le fait que Villain va coucher très souvent sa main
suite à un check turn.
Si vous avez un
adversaire qui se couche moins souvent suite à un check turn avec initiative
et à tendance à c/r alors vous vous jetez dans la gueule du loup.
Une
adaptation devrait être la suivante : si vous voulez faire un bluff
pur, alors vous devriez le faire au flop car un bluff pur à 2 SB est
moins cher qu'un bluffcall qui échoue (3 SB). Avec des tirages corrects
vous pouvez effectuer un feecard call.
Preflop: Hero is BB with 9



SB raises, Hero calls.
Flop: J


BB bets, Hero???
Si vous considérez que vous pouvez amener votre adversaire à coucher
une main comme A2o, alors vous feriez mieux de relancer au flop plutôt
que de faire un bluffcall qui revient trop cher à cause du risque élevé de
c/r turn.
Avec 9
un call flop serait au contraire un bon move. Si l'adversaire mise au
turn, vous pouvez tenter un semi-bluff. Étant donné qu'il va souvent
jouer c/r avec ses bonnes mains, son éventail de bet turn s'en
trouve affaibli et contient une proportion plus élevée de mains avec
lesquelles il peut se coucher. Si au contraire l'adversaire se contente
de checker, vous le remerciez pour la carte gratuite et espérez vous
améliorer sur la river.
Turn: 2
BB checks, Hero checks behind après Call Flop avec 9

BB bets, Hero raises
Attention : si après votre c/b turn l'adversaire
checke de nouveau à la river, vous devez vous montrer prudent avec les
bluffs. Vous aurez des problèmes de balancing étant donné qu'un c/b
turn correspond rarement à une main faite. Un adversaire pourrait donc
faire de bons calls contre vous sur la river.
Contre des joueurs straight forward le raise flop
peut être un bon moyen d'obtenir de l'information afin de savoir
comment se situe votre main. L'important ici est d'être capable
d'utiliser judicieusement cette information ! Il arrive souvent que des
joueurs relancent au flop pour voir où ils en sont. Dans de nombreux cas
ils sont confrontés à un 3-bet, ce qui leur indique où ils se situent,
mais ne peuvent pas se coucher au turn à cause de la cote du pot et
finissent par payer à la river "parce que le pot est trop gros pour un
fold". Dans ce cas Hero paye pour une information qu'il ne peut pas
utiliser de façon efficace. Dans la plupart des cas, l'utilité d'un
raise pour information est de pouvoir sortir de la main à bon prix.
Exemple :
Preflop: Hero is BB with 4

SB raises, Hero calls.
Flop: 7


SB bets, Hero raises
Ici, la réaction de l'adversaire face à votre raise
peut vous donner une bonne idée de la force réelle de votre main. En
cas de 3-bet, vous pouvez vous coucher directement contre un adversaire
raisonnable sur ce tableau. Vous réussissez à sortir de la main pour seulement 1 SB supplémentaire.
Preflop: Hero is BB with 4

SB raises, Hero calls.
Flop: 7


SB bets, Hero raises, SB 3-bets, Hero folds.
Si au contraire l'adversaire se contente de payer
votre raise, vous pouvez être pratiquement sûr d'avoir la meilleure
main et pouvez faire des value bets fins au turn et à la river à
partir du moment où le tableau ne devient pas trop moche.
Preflop: Hero is BB with 4

SB raises, Hero calls.
Flop: 7


SB bets, Hero raises, SB calls.
Bet good Turn & River
Dans l'exemple suivant votre main est maintenant
53. Là aussi un raise flop a du sens, la seule différence est que vous
ne pouvez plus vous coucher directement au flop en cas de 3-bet adverse.
Preflop: Hero is BB with 5

SB raises, Hero calls.
Flop: 7


SB bets, Hero raises, SB 3-bets, Hero calls.
Turn: 2/7/8/9/T/J/Q/K/A
SB bets, Hero folds.
Turn: 4/6
SB bets, Hero calls.
Turn: 3/5
SB bets, Hero raises
Étant donné que vous avez encore des outs pour double paire, brelan
et quinte backdoor, vous devez payer au flop. Vous pouvez ensuite vous
coucher au turn si la carte ne vous a pas aidé. Raise/call flop
vous coûte exactement la même chose que call flop, call turn, mais vous
permet de mieux situer votre main et donne par la même occasion la
possibilité à l'adversaire de coucher 6 outs. Si l'adversaire se
contente de call le flop alors vous poursuivez de la même façon qu'avec
44.
Preflop: Hero is BB with 5

SB raises, Hero calls.
Flop: 7


SB bets, Hero raises, SB calls.
Bet good Turn & River
Bien entendu avec le raise flop pour information
vous devriez faire attention à ne pas jouer contre un maniac, car comme
c'est bien connu le maniac est capable de relancer dans n'importe
quelle situation avec n'importe quelle main. Dans ce cas vous n'avez
obtenu aucune information et dans le pire des cas vous avez une cote
implicite inversée énorme car vous êtes obligé de faire un calldown.
Il
est important que l'information que vous avez obtenue soit exploitable
de façon positive. Cela signifie le plus souvent que vous soyez capable
de coucher votre main pour une action particulière de Villain.
Si
vous aviez 93s au lieu de 44 avec un tirage couleur en plus de la paire
de 3, un raise pour information serait complètement inutile car en cas
de 3-bet adverse vous savez que vous êtes derrière mais vous ne pouvez
de toute façon pas vous coucher (en tout cas pas avant la river), étant
donné que vous avez un tirage couleur.
Le
raise peut tout de même être justifié pour d'autres raisons, mais il ne
s'agit pas d'un raise pour information au sens strict du terme.
Une raison évoquée pour justifier le fait que le
call flop raise turn est la plupart du temps une bonne ligne était que
de nombreux adversaires ne vont faire un 3-bet qu'avec de très bonnes
mains et vont se contenter d'un calldown même avec des mains qui vous
battent.
Ceci signifie donc en même temps
que le raise flop devient une meilleure option si l'adversaire a
facilement tendance à 3-bet le turn. Le problème est en effet que vous
êtes obligé de payer le maximum si l'adversaire 3-bet avec des mains
moyennes. Si en plus il inclut dans ses 3-bet des bluffs avec une
fréquence qui ne les rend pas exploitables, vous ne pouvez même pas
trouver de bon fold. Vous devriez donc éviter la cote implicite
inversée provoquée par des raise turn avec des mains trop marginales.
Vous pouvez consulter la table excel donnée au début.
Afin d'éviter ce problème, le raise flop représente dans ce cas une meilleure ligne que le call flop, raise turn.
Bien
entendu cela ne signifie pas que vous devez forcément relancer dès le
flop face à un adversaire très agressif au turn. Si vous avez une très
bonne main vous pouvez bien entendu en profiter pour provoquer le
maximum d'action au turn avec un 3-bet light de votre adversaire qui va
ensuite vous permettre de capper et d'extraire la value maximum.
Avec
une main marginale qui pourrait conduire à un raise contre un autre
adversaire, il est même envisageable de ne pas relancer du tout. Étant
donné que vous n'êtes jamais sûr d'être derrière en cas de 3-bet de
leur part, vous évitez ainsi une cote implicite inversée trop élevée.
Preflop: Hero is BB with J

SB raises, Hero calls.
Flop: Q


SB bets, Hero raises…
Dans cet exemple, call flop raise turn serait une
mauvaise option contre un adversaire qui 3-bet trop light. Vous avez un
gutshot en plus de midpair et seriez de toute façon obligé de payer
un 3-bet turn. Trouver ensuite un fold river est pratiquement
impossible. Vous payez le maximum contre les meilleures mains et ne
pouvez pas faire autrement.
Preflop: Hero is BB with A

SB raises, Hero 3-bets, SB caps, Hero calls.
Flop: T


SB bets, Hero calls.
Turn: 6
SB bets, Hero raises, SB 3-bets, Hero caps, SB calls.
Dans cette main vous pouvez profiter du fait que
votre adversaire 3-bet light et capper dans une situation où vous vous
seriez normalement contenté d'un calldown. Villain pourrait 3-bet ici
avec QQ/JJ/KQ en vous mettant par exemple sur un T ou un tirage qu'il
veut vous faire payer au maximum.
Comme vous le voyez, il existe également un grand
nombre de raisons pour relancer directement au flop. Il faut cependant
rappeler qu'il s'agit surtout de ligne qui vise à exploiter des leaks
adverses. Vous
devez donc vous trouvez à un niveau de réflexion supérieur à celui de votre adversaire, car il peut sinon lui-même exploiter
votre ligne si vous vous trompez sur lui.
Balancing du call turn
Un problème de fond concerne le balancing de
l'éventail de call turn après le call flop. Le plus souvent lorsqu'un
TAG se contente de call turn, c'est qu'il a une main vraiment
marginale, avec laquelle il essaye d'aller à l'abattage. Que
pouvez-vous donc faire pour le balancing du call turn ?
Les deux options principales avec la position sont :
- Le delayed river raise
- Les tirages joués passivement avec bluff bet river
Comme déjà évoqué, un turn call est souvent un
signe de faiblesse. Afin de "renforcer"un peu le turn call, il est
important de différer de temps en temps la relance sur la river.
Voici un exemple de delayed river raise :
Preflop: Hero is CO with Q

Hero raises, SB 3-bets, Hero calls.
Flop: T


SB bets, Hero calls.
Turn: 7
SB bets, Hero calls.
River: 2
SB bets, Hero raises, SB calls.
Villain peut effectuer encore quelques value bets thin sur la
river, étant donné qu'il ne vous met certainement pas sur une grosse
main. Il va sans aucun doute miser avec une Q ou un T, éventuellement
avec une pocket de 8 ou de 9.
Un
raise n'aura pas vraiment de sens de son point de vue, il pourra vous
mettre sur un busted draw, au final aucun des deux tirages n'est
rentré, et pourrait bien payer votre relance.
La
deuxième possibilité afin de balancer le turn call est un tirage joué
passivement suivi d'un bluff bet river. Villain va souvent vous mettre
sur une main faible avec laquelle vous n'avez pas osé relancer mais
avec laquelle vous faites un value bet après son check.
La main suivante illustre ce point :
Preflop: Hero is BB with T

Villain is SB with A

SB raises, Hero calls.
Flop: 9


SB bets, Hero calls.
Turn: 5
SB bets, Hero calls.
River: 4
SB checks, Hero bets, SB folds.
Dans cette situation, le call turn, bet river s'accompagne généralement
de la même fold equity que raise turn, bet river, mais coûte un BB de
moins. Par ailleurs, abandonner sur la river suite à un raise turn
alors que l'adversaire a peut-être déjà la souris sur le bouton fold
serait une catastrophe.
Un autre effet du balancing du call turn est que Villain ne fera sans doute plus de value bets aussi fins. Il
pourrait renoncer à certains value bets contre vous. Il faut
cependant noter que le delay du raise sur la river ne devrait pas
devenir la ligne standard et devrait être utilisée de façon mesurée
afin de donner le moins d'information possible dans le cas d'un call
turn. L'objectif est d'utiliser cette ligne de temps en temps afin de
marquer les esprits adverses, ce qui peut amener Villain à renoncer par
la suite à certains value bets.
En résumé
Comme vous le voyez, la question de savoir si on
doit relancer au flop ou au turn (voire même sur la river) avec une
bonne main en étant IP est loin d'être évidente. L'article a expliqué
pourquoi la ligne call flop avec raise turn optionnel est préférable à
un raise flop en tant que ligne standard.
Il
existe cependant des situations dans lesquelles, contre les adversaires
appropriés, le raise flop représente la ligne qui possède la meilleure
EV.
Cet article vous explique comment
effectuer le bon choix en fonction des hypothèses portant sur vos
adversaires. Vous pourrez ainsi réagir de façon plus souple en fonction
du jeu adverse et attaquer avec plus de précision les leaks, ce qui vous
permettra de les exploiter plus efficacement.
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