Mis à jour le 06 Juil 26 par

Une introduction au Heads-Up NL

HU

Introduction

Dans cet article

  • avec quelle gestion de la bankroll jouer
  • la taille de la variance
  • l'importance des aspects psychologiques
  • où jouer profitablement en heads-up
  • comment trouver des adversaires faibles

En tant que bon joueur No-Limit, vous
pouvez
gagner beaucoup d'argent en étant supérieur à vos adversaires. Et c'est
en heads-up que cette supériorité est le plus mise en valeur. Vous y
êtes en tête à tête face à un joueur inférieur, et ne devez pas le
"partager" avec d'autres bons joueurs.

Cet article vous propose une
introduction au jeu
heads-up en No-Limit Hold'em. Vous apprendrez ce dont vous avez besoin
pour commencer dans cette variante, et ce que vous devez observer avant
de vous asseoir à la table.

De quoi avez-vous besoin pour débuter ?

Il vous faut au moins 50 tapis

Si vous avez joué en Full Ring ou
Shorthanded
jusqu'à présent, alors vous êtes habitué à jouer avec une gestion de la
bankroll exigeant entre 20 et 30 tapis de votre limite actuelle, afin
d'avoir une marge confortable, et ne pas devoir redescendre à la
moindre série de malchance.

En heads-up, où le
jeu est nettement plus loose et agressif, cette marge ne suffit pas.
C'est la raison pour laquelle la variance augmente et il vous faut une
plus grosse bankroll. 50 tapis est un minimum absolu, même aux limites
basses.

Et 50 stacks est d'ailleurs une
gestion de la bankroll assez
agressive. Si vous n'êtes pas si sur de vous, ou si vous partez
aisément en tilt, alors vous devriez prendre une marge encore plus
conséquente. 100 tapis n'est pas exagéré, et n'est même pas considéré
comme une gestion particulièrement prudente. Une gestion de 150 buy-ins peut
être envisageable pour les adeptes de BRM prudents.

Si vous vous sentez nettement plus
fort que votre
adversaire (à la limite suivante) et êtes psychologiquement assez
solides
pour encaisser le revers d'une redescente rapide, alors des shoots à la
limite supérieure sont envisageables. Mais restez réaliste ! Vous
pourriez bien y perdre très vite une grosse partie de votre bankroll.

Pour les débutants de cette variante,
les shoots
aux limites supérieures doivent rester tabous. C'est l'amélioration de
votre propre jeu et une montée douce et pérenne qui doivent être
privilégiées. C'est pourquoi vous devez vous évaluer honnêtement, et
sélectionner une gestion de la bankroll adaptée à vos qualités et
défauts.

En heads-up, la variance est
énorme

La variance est nettement plus élevée
en heads-up
que dans les autres variantes du No-Limit Hold'em. Des swings de 10
tapis ou plus n'ont rien d'exceptionnel, et on peut perdre beaucoup
d'argent même en jouant bien.

Durant une session de No-Limit
Hold'em heads-up, il n'est pas exceptionnel d'être de 20 tapis
au-dessus ou endessous de l'all-in EV.

L'aspect psychologique du
heads-up

La psychologie est très importante en
heads-up. Il
y a beaucoup de hauts et de bas liés à la chance, beaucoup de bad beats
et de downswings. De plus, beaucoup de joueurs ont, à tort, le
sentiment
d'être dans une compétition face à leur adversaire. La satisfaction de
l'ego devient alors plus importante que le véritable objectif que l'on
doit poursuivre : jouer son meilleur poker.

Pour ces raisons, il n'est pas
surprenant que
beaucoup de joueurs heads-up tiltent de temps en temps. Même si l'on a
un gros edge face à son adversaire, on peut ainsi perdre beaucoup
d'argent. Il est donc indispensable que votre priorité en heads-up soit
d'être résistant au tilt.

En revanche, si votre adversaire part
en tilt,
cela représente un avantage important pour vous. Contrairement aux
parties en shorthanded ou en full ring, vous avez ici le joueur pour
vous tout seul, et l'argent de ses erreurs tombe exclusivement dans
votre escarcelle, à terme.

Dans certaines situations, il peut
même être
profitable de choisir un move qui, de manière isolée n'a pas l'EV
maximale, mais aura de fortes chances de faire tilter votre adversaire.
Les mains avec une cote implicite élevée gagnent souvent en valeur dans
ces situations.

Vous devriez toutefois être prudents
avec de tels
moves. Si vous ne connaissez pas assez bien votre adversaire, vous
risquez de perdre ainsi pas mal d'argent.

Où pouvez-vous jouer ?

De nos jours, presque toutes les
plates-formes
offrent du No-Limit hold'em heads-up. Sur certains sites, on trouve bon
nombre d'adversaires, et sur d'autres, il ne se passe pas grand
chose.

Ne pas payer trop de rake

En heads-up, vous êtes impliqué dans
toutes les
mains. Comparé au Full Ring ou au shorthanded, vous payez donc
nettement plus de rake. Cette rake supérieure est difficile à
rattraper, même contre des joueurs faibles.

C'est pourquoi il y a un "rakecap"
(plafonnement
de la rake) assez bas en heads-up. Cela signifie que la rake par main
est limitée à un certain montant.

Ne jouez que si la rake est
plafonnée au
maximum à 2 BB de la rake, même si vous êtes largement meilleur que
votre adversaire. Si le plafonnement est très bas, alors vous pouvez
même jouer aux limites faibles :

Rakecap Limite minimale
$0.20 NL10
$0.50 NL25
$1 NL50
$2 NL100
$3 NL200

Sélection des tables

Maintenant que vous savez ce qu'il
vous faut pour
pouvoir envisager de jouer en heads-up, vous pouvez choisir vos tables
et vous y asseoir.

Reconnaître les mauvais joueurs

En heads-up, on peut assez aisément
distinguer les fish et les regulars. Un regular est un joueur
qui
joue à une limite donnée de manière fixe. Il a un edge contre la
plupart des fishs et a un jeu solide pour cette limite.

Un fish est un joueur faible, qui
essuie des
pertes à long terme. Il joue sans la moindre ambition professionnelle,
et ne se penche pas assez intensivement sur ce qui serait important
pour réussir au poker.

Aux limites inférieures, il y a
beaucoup de fishs
pour peu de regulars. C'est pourquoi, dans un premier temps, il n'est
pas nécessaire de jouer contre les regulars, même si vous avez un edge
contre certains d'entre eux.

Aux limites inférieures, l'astuce
consiste donc à
reconnaître quel joueur n'est pas un regular, afin de pouvoir contre
lui.

Particularités d'un regular :

  • Multitabling
    La plupart des regulars jouent à plus d'une table. Vous aussi, vous
    ferez sans doute du multitabling, passé la période d'adaptation.
    Évitez de joueur contre un joueur qui joue sur plusieurs tables en même
    temps.
  • Attendre d'autres joueurs
    Beaucoup de regulars font de la
    sélection de table ainsi : ils s'asseyent à une table libre,
    et attendent
    un autre joueur. Les joueurs que vous voyez régulièrement dans le
    lobby, assis à une table vide au lieu de s'asseoir à une autre table
    avec un joueur sont donc souvent des regulars. Surtout s'ils attendent
    sur plusieurs tables.
  • Jeu solide
    Ce point se passerait presque d'explication.
    Si vous jouez contre un adversaire et n'arrivez, après un certain
    temps,
    toujours pas à trouver de grosses erreurs dans son jeu, alors c'est
    qu'il n'est sans doute pas un fish, et n'est donc pas un adversaire
    adapté pour vous.

Les particularités d'un fish :

  • Singletabling
    Contrairement aux regulars, les fishs
    multitablent rarement. Puisqu'ils ne jouent pas avec une attitude
    professionnelle, ils ne cherchent pas à jouer le plus grand nombre de
    mains possible. Si un joueur est assis à une seule table, alors, il
    s'agit souvent d'un fish.
  • Pas de tapis complet
    Beaucoup de fishs tendent à ne pas
    entrer à la table avec les 100 big blinds standards. Tandis qu'un
    regular joue généralement avec le buy-in maximal, afin de pouvoir
    profiter pleinement de son edge, un fish ne fait pas attention à ce
    genre de choses. Si un joueur a un tapis de moins de 100 BB, c'est
    généralement qu'il s'agit d'un fish.
Attendre vous-même les joueurs

Comme déjà évoqué, la technique
d'attendre à une
table qu'un joueur vienne s'asseoir est devenue standard chez beaucoup
de regulars.

Vous vous installez donc à une table.
Lorsque quelqu'un vient s'y asseoir,
vous devez essayer de jouer quelques mains de manière solide, et de
déterminer si vous avez un edge suffisant, ou si il vaudrait mieux
aller chercher un autre adversaire.

Il est ici important de ne pas vous
accrocher trop
aux petites erreurs de votre adversaire, si vous ne pouvez pas les
exploiter de manière optimale. Aux limites basses, il y a largement
assez de fishs avec des gros leaks.

Il est plus agréable de jouer contre
ces fishs, et vous y gagnez plus d'argent, à long terme, que contre les
mauvais regulars.

En résumé

En heads-up, la variance est grande.
C'est
pourquoi il est important d'avoir une grosse bankroll afin de pouvoir
compenser sans problème les swings plus importants.

D'autre part, il est essentiel de
travailler
intensément l'aspect psychologique du poker. Un bon joueur de heads-up
est très résistant au tilt et peut bien évaluer la psyché de son
adversaire.

Si vous désirez tenter votre chance
dans cette
variante du poker, vous devriez à tout prix vérifier que vous ne payez
pas trop de rake. Au début, vous devriez également éviter de joueur
contre de bons joueurs lorsque cela n'est pas nécessaire. Il y a assez
de fishs aux basses limites.