Mis à jour le 06 Juil 26 par

Overpairs

overpair

Introduction

Dans cet article

  • Comment jouer hors position
  • Comment jouer en position
  • Que faire dans un pot sur-relancé avec plusieurs
    adversaires

Une overpair est une paire faite dans
la main de
départ, qui est plus haute que toutes les cartes du tableau. Par
exemple, AA sur un flop Q75. Vous avez ainsi une main moyennement
forte,
sans grand potentiel d'amélioration, avec laquelle il convient de
trouver un difficile juste milieu entre protection, maximisation de la
value, et contrôle du pot.

Cet article présente tout d'abord les
bases
théoriques du jeu avec des overpairs, surtout le thème de l'évolution
de l'equity du turn au flop. Ensuite, nous allons observer diverses
séquences de mises selon les différents types d'adversaires, de
situations de jeu, et de textures du tableau.

Concepts
généraux

Evolution de l'Equity du flop
au turn

Afin de comprendre le jeu avec les
overpairs, il
est très important de connaître vos chances de gagner. Beaucoup de
débutants voient une overpair comme une nut absolue. Cette vision va
sans doute maintenant en partie changer, pour vous.

EQUITY SUR LE FLOP

Si vous avez encore la meilleure main
sur le flop, votre equity peut grandement varier selon la main adverse.

Table
1 : Equity de AA vs. diverses mains

Constellation
Votre
main
Adversaire
Flop
Equity
Overpair
vs. Overpair
AA QQ J88 89
: 11
Overpair
vs. Paire
AA KQ Q87 81,6
: 18,4
Overpair
vs. Gutshot
AA QJ 489 81,3
: 18,7
Overpair
vs. OESD (tirage quinte bilatéral)
AA JT 389 65,8
: 34,2
Overpair
vs. Paire + Gutshot
AA T9 Q89 65,5
: 34,5
Overpair
vs. Gutshot + Tirage couleur
AA JT 3K9 52,2
: 47,8
Overpair
vs. OESD + tirage couleur
AA JT 398 43,7
: 56,3
Overpair
vs. Paire + tirage straight flush
AA JT T98 34,4
: 65,5

Vous pouvez donc avoir une overpair
sur le flop,
et être grand favori, ou bien très léger favori. Vous pouvez même être
outsider ! Vous devez toujours essayer d'évaluer à quelle catégorie
vous appartenez, en vous appuyant sur la texture du tableau, et
l'éventail de mains adverse.

Que se passe-t-il maintenant si vous
êtes déjà
battu sur le flop, et devez améliorer votre main. Comme vous vous en
doutez, vos chances sont assez faibles, et vous êtes souvent loin
derrière.

Table
2 : Equity de AA contre de meilleures mains sur le flop

Constellation
Votre
main
Adversaire
Flop
Equity
Overpair
vs. Set
AA 55 Q59 9,2
: 90,8
Overpair
vs. double paire
AA 95 Q59 25,5
: 74,5
Overpair
vs. Bottomstraight
AA 65 987 4,7
: 95,3
Overpair
vs. Flush (sans retireage)
AA KT Q87 2,8
: 97,2
Overpair
vs. Flush (avec retirage)
AA KT Q87 31,6
: 68,4

Si vous êtes déjà battu sur le flop,
alors vous
serez très souvent loin derrière. Ceci est dû au fait que seul un set
(et encore, même pas toujours) peut vous améliorer, dans la mesure où
votre main n'a pas les caractéristiques d'une main à tirage.

Sur le flop, il vous faut donc être
prudent,
lorsque vous pensez que votre adversaire pourrait bien vous avoir
battu. Vous serez souvent un léger favori, ou un clair outsider, contre
l'éventail adverse. Ces situations vont toutefois trop souvent mal
finir
pour vous contre un joueur raisonnable, pour pouvoir en faire une
situation confortablement EV+.

MODIFICATION DE L'EQUITY SUR LE
TURN

Si
vous étiez déjà derrière et n'avez rien touché sur le turn, alors votre
equity va chuter encore plus fort. Si, en revanche, vous étiez devant,
et que la carte du turn est un blank pour l'adversaire, alors votre
equity augmentera en conséquence.

Table
3 : Equity de AA contre les tirages sur le turn

Constellation
Votre
main
Adversaire Flop
Equity
Overpair
vs. Gutshot
AA QJ 4892> 90,9
: 9,1
Overpair
vs. OESD
AA JT 389K 81,8
: 18,2
Overpair
vs. Paar + Gutshot
AA T9 Q892> 79,6
: 20,4
Overpair
vs. Gutshot + Tirage couleur
AA JT 3K92> 75
: 25
Overpair
vs. OESD + Tirage couleur
AA JT 3985> 68,2
: 31,8
Overpair
vs. Paire + tirage Straightflush
AA JT T982> 56,8
: 43,2

Si vous êtes encore en tête sur le
turn, alors
l'equity tourne fortement à votre avantage. L'adversaire acceptera
cependant régulièrement de go broke avec son tirage. Si, sur le turn,
une carte apparaît, qui pourrait avoir réalisé un tirage chez
l'adversaire, alors votre equity baisse en conséquence. Vous serez
alors parfois drawing dead sur le turn.

Selon les adversaires et la texture
du tableau, il
peut être judicieux d'attendre une blank sur le turn pour investir une
grosse part de son tapis au milieu. Si un tirage se réalise, alors vous
êtes encore en mesure d'abandonner votre main. Suivant le type
d'adversaire, ceci a souvent un gros avantage, car, l'action sur le
turn permet souvent de mieux délimiter l'éventail adverse, et donc, de
prendre une meilleure décision.

Force relative des mains

La force de votre main avec une
overpair change selon deux facteurs :

  • Le nombre d'adversaires
  • La hauteur de votre overpair

Dans un pot multiple, la force
absolue de la main
nécessaire pour remporter un abattage augmente. Une paire simple, et
une overpair est une paire simple, remportera rarement l#abattage dans
un pot multiple. En cas de grosse action adverse, vous pouvez souvent
les mettre sur une meilleure main, car, dans un pot multiple, en
général, les joueurs ne font preuve d'agression répétée qu'avec des
mains supérieures à votre paire.

En plus du nombre d'adversaire, il
convient
d'observer la hauteur de votre overpair. Plus votre overpair est
élevée, mois vous devez craindre de scare-highcards. Et donc, vous
pouvez plus souvnet jouer le bluffinduce, et ne devez pas tant
protéger. Plus l'overpair est petite, plus le danger est grand que vous
soyez déjà battu par une meilleure overpair, et n'ayez plus que deux
outs pour vous améliorer.

Observez toujours la
force de votre main, en
relation avec la texture du tableau, le nombre d'adversaire, et la
hauteur de votre overpair, et ne prenez pas de décisions hâtives quant
à
jouer pour un gros pot avec votre main !

Contrôle du pot vs.
maximisation de la value

En jouant avec des overpairs, il vous
faut
toujours déterminer si votre objectif est de contrôler le pot ou
une maximisation optimale de la value. Voulez-vous remporter un pot
moyen au showdown, ou souhaitez-vous investir votre tapis complet, au
risque d'être parfois déjà largement outsider contre une
meilleure
main ?

Lorsque vous vous lancez dans cette
réflexion,
gardez bien toujours en tête que la protection n'est pas une forme de
contrôle du pot, mais de la maximisation de la value, tandis que le jeu
pour le bluff-induce allie pot control et maximisation de la value sous
une même bannière. À l'aide de mains d'exemples, nous
allons présenter
différentes séquences de mises, leurs avantages et inconvénients
suivant le type d'adversaire, la situation de jeu, ainsi que la texture
du tableau. Les exemple présentés et discutez ci-dessous partent
toujours du principe que vous avez un tapis complet de 100BB. Les mains
présentées ici sont jouées à une main de NL100 Shorthanded. Le big
blind est donc de 1$.

Comment jouer hors position ?

Préflop, vous relancez bien
évidemment chaque
pocket paire élevée, afin de protéger votre main et de tirer profit de
votre equity particulièrement positive. De plus, vous tenez à réduire
le nombre d'adversaires afin d'augmenter vos chances de remporter la
main sans amélioration.

La plupart du temps, une ou deux
personnes
suivent, et vous faites un continuation bet avec votre overpair sur le
flop. C'est si le/les adversaires ne se couchent pas immédiatement que
la main devient intéressante pour notre discussion. C'est surtout
difficile hors position, et c'est pourquoi c'est la situation que nous
traitons en premier.

En étant l'agresseur préflop OOP
first to act avec
une overpair, il convient de toujours faire un continuation bet, ne
serait-ce que pour garder sa crédibilité les fois où on a juste des
overcards.

EXEMPLE 1 : VILLAIN SUIT SUR LE
FLOP AVEC UN TABLEAU RELATIVEMENT SEC

Preflop: Hero is SB with K, K
UTG calls $1, 3 folds,
Hero raises to 5$, 1 fold, UTG
calls 4$

Flop: ($11) 9, 2, J (2 players)

Hero bets $7.5
, UTG calls.

Turn: ($26) 7 (2 players)
Hero?

Ici, vous avez plus ou moins le choix
entre
bet/fold et check/call. Check/fold serait un peu trop weak, car vous
pourriez bien être encore en tête. et bet/call finirait dans presque
toutes les cas par un All-in, ce que vous ne souhaitez pas
vraiment avec cette main.

Ici, il convient donc de se demander
quelles moins
bonnes mains pourraient être à même de vous suivre, et avec quelles
moins bonnes mains il serait à même de miser si vous checkez. La
décision quant à votre ligne dépend donc fortement de votre read sur
l'adversaire.

Cas 1.1: Villain 1 (7 PFR/65 VPIP/0.6 Aggression/37 WTS)

Contre cet adversaire, il vous faut opter pour un bet/fold, car :

  • Avec son Went to Showdown élevé, il suivra ici avec presque
    toutes les paires et tirages, vous offrant ainsi de la value.
  • Vu son agressivité faible, si vous checkez, il risque fort
    de
    checker à son tour avec la plupart de ces mains, prenant une
    carte
    gratuite par la même occasion.
  • Il ne vous fera pour ainsi dire jamais de bluffraise, et
    vous pourrez donc vous coucher facilement s'il relance.
  • Si vous checkez, il bluffera rarement.

Si votre adversaire suit sur le turn,
il vous faut
alors réévaluer la situation, selon la carte tombée sur la river. Mais,
puisque l'adversaire ne misera/relancera en général qu'avec de
meilleures mains, il est préférable d'opter pour un bet/fold que pour
un check/call.

Cas 1.2: Villain 2 (13 PFR/22 VPIP/3.5 Aggression/20 WTS)

Contre un joueur si agressif, check/call est préférable, car

  • Si vous misez, il ne va pratiquement suivre avec aucune
    moins bonne main, vu son faible Went to Showdown.
  • Vous évitez ainsi d'être confronté à une relance,
    qui, chez cet
    adversaire, ne signifiera pas nécessairement que vous êtes battu, dans
    la mesure où il relancera souvent un tirage. Vous ne prenez ainsi pas
    le risque de vous faire bluffer hors de la main.
  • Si l'adversaire check également, alors le pot reste petit.
  • Le facteur décisif est le bluf induce. Sur ce flop, en tant
    que
    relanceur préflop, vous pourriez bien ne rien avoir touché, et votre
    adversaire va souvent tenter un float, et miser avec quasiment toutes
    ses mains si vous checkez. Si, en revanche, vous misez sur le turn, il
    abandonnera souvent ses mains de float, et vous perdez de la value.
  • Il a joué limp/call UTG, et aura souvent une petite pocket
    paire,
    de sorte qu'il n'aura souvent que 2 outs contre votre main, et que la
    protection n'est pas particulièrement importante ici.

S'il a opté pour un check/behind (ce
qui sera
rare), vous aurez souvent la meilleure main sur la river, et pourrez
donc opter pour un value bet. S'il a opté pour une mise sur le turn,
alors vous devez checker la river après votre turn call, afin de lui
permettre un nouveau bluff. Un donkbet ne serait pas judicieux, dans la
mesure où il suivra rarement une moins bonne main, et vous l'empêchez
également de tenter un bluff.

EXEMPLE 2 : VILLAIN RELANCE SUR UN
FLOP SEC:.

Preflop: Hero is UTG with A, A
Hero raises to 4$, MP
calls 4$, 4 folds.

Flop: ($9,5) 7, 2, Q (2 players)

Hero bets 5$
, MP
raises to 15$
, Hero ?

La sitaution peut devenir quelque
peu
inconfortable lorsque l'adversaire relance un flop apparemment
inoffensif comme au dessus. Dans cette situation, il vous faut vous
demander quelles mains MP serait-il capable de relancer sur un tableau
aussi peu propice aux tirages :

  • Un set
  • Une top paire
  • Une pocket paire avec laquelle il se voit devant, ou
    souhaiterait savoir où il en est
  • Un bluff

Contre les trois dernières
possibilités, vous êtes
souvent loin devant, et loin derrière un set. Pour savoir parmi ces
mains lesquelles sont probables, vous devez consulter les stats
PokerTracker disponibles.

En première ligne, il vous
faut jeter un oeil au
facteur d'agression, mais également de raise continuation bets. Une
surrelance est exclue, car, en général, seules les moins bonnes mains
vous suivent, et que, en l'absence de mains ayant beaucoup d'outs dans
l'éventail de votre adversaire, la protection n'est pas essentielle.

Vous avez donc le choix entre un call et un fold. Se coucher ici est
vraiment très weak, car il reste encore nombre de mains que votre
adversaire pourrait avoir et contre lesquelles vous êtes devant. Sans
bons reads, un fold est déconseillé. Dans cet exemple, vous optez
pour un call (comme expliqué auparavant, une relance n'est pas vraiment
sensée).

Turn: ($39,5) K (2 players)
Hero checks, Villain bets $29

Vous observez l'action sur le turn
pour avoir plus
d'informations. Contre des adversaires très passifs, on peut assez
aisément se coucher face à une grosse mise, car un calldown s'aviserait
fort coûteux, et l'adversaire abattra trop souvent 22 ou 77, voire même
KQ, qui vous bat désormais.

Contre les maniaques ou les joueurs
très agressifs,
il faut suivre le turn encore une fois, car ils continuent assez
souvent leur bluff. On peut éventuellement également suivre lorsque
l'on a un read fiable qui indique que l'adversaire opte souvent pour un
slowplay avec ses mains fortes. Le flop s'y serait prêté à merveille.
Ce move est ceci dit assez risqué, et ne devrait être utilisé qu'en cas
de reads clairs.

Comme on peut le voir, la réaction à
une relance
lorque vous avez une overpair dépend fortement des adversaires. Dans
l'ensemble, on peut dire : plus un adversaire est passif, plus il faut
tendre vers un fold.

EXEMPLE 3 : VILLAIN SUIT SUR UN
FLOP PROPICE AUX TIRAGES

Sur
un tableau propice aux tirages, il y a bien plus de mains que votre
adversaires est susceptible de continuer à jouer. C'est pour cette
raison que votre mise doit être passablement plus élevée sur le flop,
et qu'en cas de résistance adverse, vous ne devez pas nécessairement
partir du principe que vous êtes battu, si votre adversaire joue
également ses tirages agressivement.

Pour cette raison il peut être
intéressant de
risquer son tapis entier, si l'adversaire pourrait bien être sur un
tirage. Dans l'ensemble  il est encore une fois recommandé de
travailler un maximum avec les reads.

Preflop: Hero is UTG with A, A
Hero raises to 4$, BU
calls 4$, 2 folds.

Flop: ($9,5) T, 5, 7 (2 players)

Hero bets 9$
, BU calls 9$

Cas 3.1 : Le tirage se réalise

Turn: ($27,5) Q (2 players)

Dans cette situation, le tirage
couleur se
réalise. Mais, avec votre as de carreau, vous avez le retirage nut.
C'est pourquoi vous pouvez très facilement opter pour un check/call
turn. Vous vous épargnez ainsi une relance malvenue, et une carte
gratuite ne vous inquiète guère, De plus, votre adversaire misera avec
bon nombre de moins bonnes mains avec lesquelles il se serait
couché.

Sans le tirage couleur, un bet/fold serait une possibilité, si
toutefois vous pouvez partir du principe que l'adversaire ne vous fera
pas une relance de bluff. Le check/call est malvenu, car
toutes
les mains pourraient voir la river à moindre coût, et toucher un tirage
ou vous y bluffer. C'est pourquoi, contre certains adversaires, vous
pouvez même opter pour check/fold.

Cas 3.2 : Le turn est un blankTurn: ($27,5) 2 (2 players)

Cette carte ne réalise aucun tirage,
mais permet
un deuxième tirage couleur. Vous êtes encore très probablement devant,
et devriez protéger. Mais comment ?

Possibilité 1 : Hero
bets 23$
, BU raises
All-In ($87)

Si Villain suit à nouveau, alors vous jouez la river en check/call,
afin de provoquer un bluff, si aucun tirage ne s'est réalisé. Si le
tirage se réalise, vous devriez souvent vous coucher. Ce qui, en
revanche, est désagréable, c'est un push de Villain malgré votre
démonstration de force Ici, il faudrait investir 64 $ dans un pot de
137,5 $. Afin de justifier un call, il faudrait donc que vous
remportiez encore environ 1/3 des mains.

Votre equity :

  • environ 5% contre un set
  • environ 20% contre double paire (T7/75)
  • environ 70% contre les tirages combinés
  • environ 80 % contre les tirages couleurs

Ici, il est bien évidemment difficile d'affirmer quel type de joueurs
aura quel type de mains. Mais il y a des joueurs qui, dans cette
situation, ne se mettront jamais all-in avec une main à tirage, et
d'autres qui le feront très fréquemment.

Dans cet exemple précis, on peut
tendre vers un
call, car le tableau n'offre pas de quinte complète, contre lesquelles
vous tireriez mort. Seules quelques mains vous battent déjà les sets et
double paires (et, vu le tableau, ces dernières sont peu probables).

Possibilité 2: Hero checks,
BU bets $20
, Hero
raises All-In ($87)
.

Comme nous venons de le voir, vous ne
pourrez plus
vous coucher contre un joueur agressif après une mise turn. Si vous
partez du principe que vous allez perdre de toute façon votre tapis
contre un set, alors la question qui vous importe maintenant est de
savoir comment
tirer un maximum de value de la part des mains moins bonnes.

Avec une mise, vous effrayez sans
doute toutes les
mains à simple paire. Mais un adversaire agressif miserait presque
systématiquement ces paires si vous checkez. Il pourrait également
miser avec des tirages pour vous faire coucher des overcards. Mais
votre CRAI (check/raise all-in) ne lui permet pas d'avoir la bonne cote
pour suivre son tirage. Votre adversaire devra donc coucher une main
avec laquelle il avait encore beaucoup d'outs contre vous.

Vous risquez donc 87 $ afin d'en
gagner 47,5 $.
Puisque votre adversaire agressif aura une bonne main battant votre
overpair dans moins d'un tiers des cas, vous pouvez partir du
principe
que votre CRAI est EV+

L'inconvénient de cette approche est
que le BU
pourrait bien prendre une carte gratuite. Mais un joueur agressif
profitera rarement de cette possibilité. Et si il le faisait, vous
verriez l'abattage à moindre coût.

En résumé : contre les joueurs agressifs sur
un tableau
propice au tirage, vous pouvez envisager un check/raise turn. Contre
les joueurs passifs en revanche, vous devez miser le turn pour
protéger votre main contre les tirages, et vous couchez face à
une relance.

EXEMPLE 4 : VILLAIN RELANCE SUR UN
FLOP PROPICE AUX TIRAGES

Observons l'exemple d'au dessus, sauf que, cette fois-ci, Villian
relance sur le flop.

Preflop: Hero is UTG with A, A
Hero raises to 4$, BU
calls 4$, 2 folds.


Flop:
($9,5) T, 5, 7 (2 players)
Hero bets 9$, BU raises to 25$

Si Villain est assez agressif pour souvent relancer dans un tel spot
avec un tirage ou une main que vous battez, alors vous pouvez vous
mettre all-in, car il y a trop de cartes susceptibles de vous déplaire
sur le turn, et qui dévaluent donc l'option CRAI.

Contre un joueur plutôt passif, qui
aurait plutôt
tendance à suivre, ou de prendre la carte gratuite sur le turn, alors
il est préférable de suivre le flop, et d'abandonner la main face à une
grosse mise turn.

EXEMPLE 5 : QUAND NE PAS FAIRE DE
CONTINUATION BET ?

Jusqu'à présent, vous avez toujours
décidé de
faire un continuation bet flop. Mais il y a quelques textures du
tableau sur lesquelles on peut très bien ne pas le faire.

Preflop: Hero is UTG with A, A


Hero raises to 4$
, BU calls 4$, 2
folds
.


Flop:
($9,5) 3, 7, 7 (2
players)
Hero ?

Ce flop va très souvent ne pas avoir
aidé votre
adversaire, ou bien il a lui même une overpair. Si vous aviez des
overcards ici, alors vous pourriez bien jouer check/call, voire
check/fold contre certains adversaires.

Afin de balancer un peu cette ligne, vous pouvez ne pas miser avec une
overpair, afin de donner à votre adversaire une chance de prendre un
freecard et toucher une "second best hand", ou de surjouer son
overpair. Pour opter pour se move, deux choses sont importantes : il
faut que le moins de cartes du turn possibles puissent vous poser
problème, et qu'il soit peu vraisemblable que vous soyez en mesure de
tirer de la value avec un continuation bet. En suivant ce raisonnement,
il y a un certain nombre de textures du tableau avec lesquelles on peut
ne pas faire de continuation bet hors position avec une overpaire.

Comment
jouer en position ?

En position, vous avez l'avantage de pouvoir mieux contrôler la taille
du pot. Vous pouvez également jouer de manière plus efficace contre les
tirages, puisque votre adversaire doit toujours agir avant vous, et
ainsi montrer, par un donkbet, qu'il a touché quelque chose.

Les bons adversaires vont suivre vos
relances
préflop avec bien moins de mains (la plupart du temps, de petites
pocket paires) hors position. Si vous faites une relance
depuis le CO
ou le BU, qui ressemble donc à un stealraise, alors vous serez plus
souvent bien payé. Dans les exemples qui suivent, on verra également
que vous avez un assez grand panel d'options, qui vous permettent de
varier votre jeu. Chacun devrait adapter son style personnel à son jeu
avec des overcards, afin de ne pas être trop lisible.

EXEMPLE 1 : VILLAIN SUIT SUR UN
FLOP SEC

Preflop: Hero is BU with Q, Q
UTG calls $1, 2 folds,
Hero raises to 5$, 2 folds, UTG
calls 4$


Flop:
($11,5) J, 2, 5 (2 players)
UTG checks, Hero bets $6,
UTG calls.

Jusqu'ici, c'est standard, contre n'importe quel adversaire. Si Villain
check à nouveau sur le turn, vous avez le choix entre check behind
turn/call any river, ou bet turn, et fold sur un check/raise.

Contre les adversaires avec un WTS
élevé, vous
devriez jouer comme dans la partie sur le jeu OOP, et miser à nouveau,
car ils ne coucheront pas de J ici. En revanche, un adversaire fort
fera rarement 3 check/calls consécutifs si vous misez chaque street.
Avec un check behind suivi d'un call (ou bet) sur la river, vous
remportez plus de value contre une pocket paire. Ici, on allie pot
controle et bluff induce.

Si une overcard tombe sur le turn,
alors vous
pouvez opter pour un check/behind, car l'adversaire ne couchera pas top
paire ici, et, vu votre aveu de faiblesse, il y a un certain nombre de
mains plus faibles susceptibles de miser sur la river. En cas de
deuxième Valet, malvenu, vous devriez également jouer pour le contrôle
du pot et faire un check behind.

EXEMPLE 2 : VILLAIN CHECK/RAISE
SUR UN FLOP SEC

Preflop: Hero is MP3 with Q, Q
UTG calls $1, Hero raises to 4$,
4 folds,
UTG calls 4$


Flop:
($9,5) J, 2, 5 (2 players)
UTG checks, Hero bets $6,
UTG raises to 12$

Villian fait un check/raise, ce qui,
sur ce
tableau, est une certaine preuve de force. Dans une telle situation, il
faut impérativement voir ses stats de check/raise, sur votre logiciel
de tracking. Contre ce minraise, vous ne vous couchez évidemment pas.
Mais une sur-relance de votre part ne serait pas idéale, car vous ne
feriez fuir que les moins bonnes mains, et qu'un tirage (avec 34) est
peu vraisemblable. Avec la position, vous pouvez aisément réévaluer sur
le turn.

Turn: ($33,5): T (2 players)
UTG (12/9/2.2/18) bets $25

Ce bet, par un joueur UTG pas très
agressif, est
tout de même une belle preuve de force. Vous êtes très souvent battu,
et il serait trés coûteux d'aller le vérifier. Surtout aux petites
limites, les joueurs bluffent rarement dans un tel cas, et il est peu
probable qu'UTG ait joué AJ en limp/call.

Si UTG check le turn, alors vous
pouvez opter pour
un check/behind, pour suivre une mise modérée sur la river, ou faire un
petit value bet en cas de nouveau check river.

EXEMPLE 3 : VILLAIN SUIT SUR UN
FLOP PROPICE AU TIRAGE

Si votre adversaire joue passivement
sur un
tableau à tirage, c'est-à-dire check/call flop, check turn, alors cela
signifie généralement que votre overpair est en tête. Dans cette
situation, vous devez vous comporter de la même façon que si vous aviez
TPTK. IL faut donc trouver le juste milieu entre protection et contrôle
du pot, et, sur un tableau propice au tirage, il faut tendre à miser à
nouveau sur le turn.

Preflop: Hero is MP with Q, Q
1 fold,
Hero raises to 4$, 3 folds, BB
calls 3$.


Flop:
($8,5) 5, 6, J (2 players)
BB checks, Hero bets 7$,
BB calls 7$


Turn:
($22,5) 9 (2 players)
BB checks, Hero bets $17

Rien ne peut vous laisser présumer
que BB vous
bat, c'est pourquoi vous devez opter pour un bet pour la protection et
la value. L'inconvénient est, bien sûr, que vous devrez vous couchez en
cas de check/raise. BB ne fera pas souvent de check/raise ici, et, s'il
le fait, ce sera souvent avec une meilleure main (double paire,
quinte, set) ou une main avec un grand nombre d'outs. Vous pouvez en
général jouer la river en check behind, et, en cas de troisième carte
de la couleur, et face à un donkbet conséquent, vous devez envisager un
fold.

Turn: ($22,5) T

Ici, même si le tirage s'est réalisé,
si vous êtes
contre un joueur pas trop agressif, vous devriez miser encore une fois
le turn, car vous pourriez bien être en tête, et que vous devez
protéger votre main contre des cartes offsuit avec un carreau. Vous
aurez par ailleurs un easy fold en cas de check/raise. Si, en
plus de
votre overpair, vous avez encore le tirage couleur (surtout la nut),
alors vous pouvez opter pour un check behind, car une carte gratuite
vous dérange nettement moins, et que vous ne souhaitez pas vous coucher
en cas de check/raise.

Sur la river (bien sûr, en accord
avec les stats
PokerTracker), vous devrez souvent vous coucher face à un gros donkbet,
si les tirages se réalisent. Si l'adversaire a touché, il tentera
rarement un check/raise, puisque vous risquez de prendre le
check behind,
avec le tirage qui s'est réalisé. Contre les joueurs mauvais avec un
WTS élevé, vous avez souvent un troisième value bet, car ils joueront
régulièrement leur top paire en check/call sur les trois
streets.

EXEMPLE 4 : VILLAIN RELANCE SUR UN
FLOP PROPICE AUX TIRAGES

Preflop: Hero is MP with Q, Q
UTG calls 1$, Hero raises to 5$,
4 folds,
UTG calls 4$

Flop: ($11,5) 7, 8, J (2 players)
UTG checks, Hero bets 9$,
UTG raises to 27$

Un check/raise est ici une certaine preuve de force, d'autant plus
qu'hors position, ça ne peut être pour la carte gratuite. Dans ce cas,
comme expliqué plus tôt, les stats de check/raise flop sont précieuses.
Plus cette valeur est basse, plus il a vraisemblablement une bonne
main. Le fait qu'il a joué limp/call indique souvent une pocket paire
ou des connecteurs assortis. Si il ne bluffe pas, il aura souvent une
equity comparable à la votre ou alors vous aura souvent déjà battu.

Contre les adversaires qui font
vraiment peu de
check/raise, on peut au plus suivre la relance, et se coucher en cas
d'action répétée. On peut également envisager un fold immédiat, car,
vous ne saurez jamais vraiment où vous en êtes durant le reste de la
main. 

Contre des adversaires agressifs,
vous pouvez
envisager un push flop, si le tableau n'offre pas de quinte finies et
de double paire vraisemblable. Un tableau T75 se prête mieux à un push
que le tableau J87 ci-dessus.

Comment réagir aux donkbets ?

Les donkbets peuvent vouloir dire
différentes
choses, selon les adversaires. Beaucoup de joueurs aiment à recourir au
donkbet avec des tirages, afin de voir la cartes suivantes pour pas
trop cher. Dans ce cas, il convient de relancer en conséquence.

Sur
un tableau plutôt sec, il est préférable d'opter pour la variante
passive, car vous êtes dans une situation "Way ahead - Way behind" et
extrayez ainsi un maximum de value de la part des moins bonnes mains,
qui se coucheront en cas de relance.

Preflop: Hero is
BU with Q, Q
UTG calls $1, 2 folds,
Hero raises to 4$, 2 folds, UTG
calls 4$


Flop:
($9,5) J, 2, 5 (2 players)

UTG bets 6$
, Hero ?

Ici, sans avoir de reads, un call est
assez bon,
car, avec votre main moyennement forte, vous ne voulez pas jouer pour
un pot énorme et ne devez pas vraiment protéger contre les moins bonnes
mains.

L'approche check/call flop, donkbet
turn
est également appréciée par certains joueurs, soit avec une monster,
afin de provoquer une relance, soit avec un tirage, afin de gagner
l'argent du contibet adverse, ou avec des mains faibles, afin de savoir
où ils en sont.

Ici aussi, la bonne approche
est bien souvent call turn, car, en cas de relance, peu de mains moins
fortes vous se coucher. Un fold est également possible, s'il est fort
vraisemblable que l'adversaire ait touché son tirage. Une relance n'est
justifiée que si vous êtes quasiment certains que votre adversaire est
sur un tirage, et que vous voulez protéger. Mais c'est assez rarement
le cas.

Comment
jouer contre plusieurs adversaires ?

Contre plusieurs adversaires, votre
mise sur le
flop doit être plus élevée. Si, en revanche, vous vous faites relancer
par un joueur raisonnable, alors il faut recourir au bouton fold plus
vite qu'en Heads-up. Si, par exemple, un des blinds check/raise avec
beaucoup de joueurs derrière, alors il aura souvent une monster.

Si un tirage se réalise dans
un pot 3- ou 4-handed, alors on peut également souvent se
séparer de sa main.

Contre plusieurs adversaires, vous
devriez, dans la
plupart des cas, éviter de jouer pour votre stack complète de 100 BB.
Il faut bien comprendre que les bluffs sont moins profitables,
et donc moins fréquents contre plusieurs joueurs, et que donc,
l'action signifiera que vous êtes battu plus souvent que contre un seul
joueur.

Par ailleurs, avec une paire élevée,
il est
toujours souhaitable de jouer contre le moins d'adversaires possibles,
c'est pourquoi il faut jouer préflop, de façon à éviter les multiway
pots (ne relancez pas trop petit si quelques joueurs ont d'ores et déjà
fait un limp). Les paires élevées aiment le jeu heads-up !

Comment
jouer dans un pot sur-relancé ?

Tandis
que l'on joue QQ-AA de manière quasiment identique dans un pot relancé,
si toutefois aucune overcards n'est sur le tableau, il convient de bien
les différencier dans un pot sur-relancé. L'approche dépend également
fortement du jeu préflop.

Dans l'ensemble, il est préférable
d'éviter de ne
pas avoir l'initiative hors position dans un pot sur-relancé (dans le
cas d'un rerase normal, soit une relance du triple. Les minraises se
font volontiers suivre, surtout avec de bonnes mains spéculatives). En
position, on peut parfois se contenter de suivre avec un monster, comme
dans l'exemple qui suit.

Preflop: Hero is BU with A, A
3 folds,
Hero raises to 4$, SB raises to 14$, 1 fold, Hero
calls 10$.

Flop: ($29) 7, 2, 5 (2 players)

SB bets 20$
, Hero ?

En général, il est préférable de
relancer sur le
flop, mais dans ce cas concret, un call est également un bonne option,
car dans cette situation de steal, l'adversaire aura souvent des
overcards, qu'il ne pourra plus coucher si il venait à toucher le turn.

Si vous avez suivi préflop pour la
set value
contre un adversaire tight, alors il faut être conséquent, et vous
coucher face au continuation bet.
Si vous suivez en position avec
TT-QQ, vous avez le choix entre raise ou fold face à de l'action
renouvelée. Un call flop est également possible, mais a l'inconvénient
de ne pas vous permettre de protéger face à des overcards. De plus,
vous ne savez pas trop ou vous en êtes, et devrez sans doute
vous
coucher face à un second barrel turn.

Dans un pot sur-relancé, le
handreading est
extrêmement important, en raison de l'éventail serré de votre
adversaires. Il vous faut à tout prix prendre une note sur les
adversaires faisant des sur-relances avec des mains étranges, afin de
pouvoir, dans le futur, mieux protéger contre celles-ci. Si ce n'est
pas
le cas, alors vous devez prêter moins attention aux possibles tirages
couleur et quintes à deux cartes, dans un pot sur-relancé.

Comment
jouer une petite overpair sans initiative ?

Preflop: Hero is BB with 8, 8
CO raises to 4$, BU
calls 4$, SB calls 3.50$, Hero calls 3$

Flop: ($16) 7, 2, 3 (4 players)
SB checks, Hero ?

Vous suivez préflop pour la set
value. Vous ne touchez pas votre set, donc, devez vous passer en
check/fold ?

Dans ce cas précis, un bet d'environ
12 $ serait
judicieux, d'une part, vous avez une bonne fold equity, et
vous
pourriez bien être en tête, mais cela pourrait fort bien changer d'ici
la river, vu le nombre important d'overcards dans le talon. Si
l'adversaire vous sur-relance, alors vous pouvez généralement
abandonner votre main, car vous devez partir du principe que vous serez
souvent battu.

En résumé

Jouer les overcards est tout sauf
facile, et
requiert une certaine expérience. Votre base de données Elephant peut
s'avérer un outil très utile pour prendre les bonnes décisions avec ces
mains.

Afin d'améliorer votre jeu, vous
devriez consulter
les nombreuses mains disponibles dans le forum. Cet article vous a
certes livré un certain nombre d'éléments, mais ne peut
malheureusement pas traiter toutes les situations possibles.