Mis à jour le 13 Mar 26 par

Steals et resteals

Steal_resteals

Introduction

Dans cet article

  • Pourquoi faire des steals ?

  • Steals et Resteals avec et sans stats
  • Comment réagir face à des resteals

  • Les pushes Sklansky-Chubukov

Cet article vous présente les
concepts de steals
et resteals. Les bases du jeu en steal/ resteals, ainsi que l'approche
des steals/resteals sans stats vous aideront à améliorer votre jeu.

Ces connaissances posent les
fondations
nécessaires à l'approche des steals et resteals avec statistiques. Dans
la
partie dédiée à ce sujet, nous évoquerons également le comportement de
steals/resteals à adopter face aux autres shortstacks. Nous vous
présenterons ensuite le concept de pushs Sklansky-Chubukov. Pour finir,
nous vous donnerons quelques conseils pour bien jouer post-flop, en
situation de steal.

Steals

La traduction du terme steal
(voler, dérober) vous indique déjà
en soit quel est votre objectif en optant pour cette approche. Vous
souhaitez vous emparer des blinds sans résistance, les voler, en
quelque sorte. Après tout, il s'agit de 1,5 BB, que vous pouvez
empocher sans rake déduite. Afin de faire des steals efficaces, vous
devez réfléchir à quatre facteurs avant chaque tentative.

  • 1. Votre position
  • 2. Les actions avant vous
  • 3. Votre main
  • 4. Vos adversaires

Ces quatre points sont décisifs pour
que votre
steal soit couronné de succès. Nous allons maintenant traiter chaque
point isolément.

La position

Vous ne pouvez faire de steal que si
la
probabilité que vous empochiez les blinds est élevée. Plus il reste de
joueurs à parler, plus il est probable qu'au moins un de vos
adversaires ait une main forte. Il est donc moins probable que votre
steal réussisse. C'est pourquoi vous ne pouvez faire de steal qu'en fin
de parole (CO et BU) et au small blind. Il reste alors peu d'adversaire
derrière vous, et la situation se prête donc à un steal.

Actions avant vous

Le poker est un jeu où vous ne pouvez
pas vous
contenter de jouer vos cartes, mais devez toujours observer ce
que vos adversaires font. C'est également important en situation de
steal. Vous ne pouvez faire de steal que si tous les adversaires se
sont couchés. Si vous relancez, c'est que vous êtes le premier à entrer
activement dans le pot. On dit alors que vous êtes first-in. La raison
pour laquelle vous jouez ainsi est simple : votre objectif est
d'empocher les blinds.

Cela n'est cependant pas si facile si
quelqu'un a
déjà manifesté de l'intérêt pour sa main, en entrant en jeu.
Même si les deux blinds se couchent, vous n'avez pas remporté la main
pour autant, et la probabilité qu'un joueur ayant déjà volontairement
investi de l'argent se couche face à une relance est nettement moins
élevée. C'est pourquoi vous ne pouvez faire de steal que si vous êtes
first-in. Vous faites ce qu'on appelle un openraise (vous ouvrez le
tour d'enchères par une relance).

Exception : Il arrive parfois qu'un joueur qui vient
d'arriver à
la table ait posté un big blind, bien qu'étant à une autre position
(par exemple, MP3). Dans ce cas, le joueur a investi de l'argent sans
connaître sa main. Si c'est le cas, et s'il se contente de checker
first-in, alors c'est le signe d'une main faible. De bonnes mains
deviennent peu probables.

Si vous êtes
maintenant dans une situation dans laquelle vous auriez fait un steal
first-in, alors vous pouvez ignorer le "blind-poster", car il se
couchera souvent. Les rares fois où vous devrez vous coucher face à une
sur-relance de sa part sont compensées par le fait que, lorsque le
steal fonctionne, vous gagnez un big blind de plus.

Force des mains

Nous reviendrons plus en détail sur
cet aspect au
cours de cet article, lorsque nous traiterons des éventails et autres.
Ici, je me contenterai de dire : En principe, vous ne pouvez pas voler
avec toutes les mains (l'exception confirme la règle). Certes, vous
pouvez voler avec plus de mains que vous ne pouvez relancer
normalement, mais il reste important que votre main ait une certaine
force. Car vos adversaires ne joueront pas toujours en raise or fold,
et feront parfois usage du bouton call, ce qui fait que vous devrez
jouer votre main post-flop. Et ce n'est pas idéal avec 95o. Nous y
reviendrons.

Les adversaires

Vous ne pouvez pas jouer de la
même façon contre chaque adversaire. Dans les situations de steal, il
existe une règle générale :

Plus vos adversaires sont looses,
plus vous devez
avoir un comportement de steal tight. Plus vos adversaires sont tight,
plus vous pouvez être loose dans vos steals.

Contre un adversaire qui n'a aucune
connaissance
du concept de défense des blinds, vous pouvez voler énormément, car il
se couchera très souvent, et ne jouera que ses mains très fortes. Si,
en revanche, votre adversaire est très loose, vous ne pouvez pas vous
mettre à faire des steals effrénés, car cela vous amènera souvent à des
situations post-flop compliquées, ou des folds préflop face à une
sur-relance. Contre de tels adversaires, mieux vaut attendre une
vraiment bonne main et faites-vous payer avec celle-ci.

Pourquoi faire des steals ?

Le steal est un élément clef du
poker, et il est impératif de l'intégrer à son jeu. Ce, pour les
raisons suivantes :

  • 1. Vous avez la possibilité de remporter 1,5 BB préflop,
    comme ça.
    La winrate avec la stratégie du petit tapis est plutôt faible (0,5 -
    2BB/100). Si vous réussissez à remporter les 1,5 Bb ne serait-ce qu'une
    fois sur 100 mains, alors cela augmenterait votre courbe de gain de 1,5
    BB/100. C'est beaucoup pour un joueur SPT.
  • 2. Avec le temps, vous allez commencer à utiliser des
    statistiques,
    et vos adversaires aussi. En faisant des steals, vous devenez
    automatiquement plus loose, et cela aura des répercussions sur vos
    statistiques. Grâce à cela, vous vous ferez plus souvent sur-relancer
    lorsque vous relancez avec vos mains fortes, ce qui rend celles-ci plus
    profitables.

Le steal est donc un move fort
profitable, qui vous aidera à monter dans les limites, et empocher des
gains.

Comment voler ?

Lorsque les conditions évoquées
ci-dessus sont
rassemblées, vous pouvez faire un steal. Mais la question est
maintenant : comment réaliser un steal ?

En tant que petit tapis, vous
relancez ou vous
couchez préflop. Ici aussi vous entrez en relançant, sauf que, cette
fois-ci, vous le faites à 3 BB au lieu des 4 habituels. Il y a
plusieurs raisons qui justifient cela :

  • 1. Vous volez avec nettement plus de mains que vous ne
    relanceriez
    normalement. C'est pourquoi vos adversaires vont s'y adapter et vous
    faire des resteals bien plus looses. Contre des resteals, vous devez
    souvent vous coucher, bien plus souvent que quand vous relancez
    normalement avec vos mains fortes. Ici, vous relancez également des
    mains faibles, qui ne tiennent pas la comparaison avec les mains de
    resteal. Si vous relancez à 3 BB au lieu de 4, vous économisez un BB en
    cas de resteal. Cela se verra à terme, sur votre courbe de gain.
  • 2. Par ailleurs, votre adversaire a des resteals moins
    profitables,
    car son resteal ne lui fait gagner que 3 BB au lieu de 4. Vous
    augmentez ainsi la probabilité que votre steal fonctionne.
  • 3. Vos steals doivent moins souvent être couronnés de
    succès pour
    être profitable. Vous pouvez calculer ceci mathématiquement en
    utilisant la formule :

    EV = x•1,5 bb – (1-x)•y bb > 0

Explication :

L'EV (expected value ou espérance de
gains) d'une
action doit toujours être positive au poker, car cela signifie alors
que l'on réalise des gains à long terme. C'est pourquoi votre objectif
est que l'EV d'une action soit supérieure à 0.

Dans cette équation, "y" est
la taille de la mise.
Afin de bien comprendre ce qui amène les résultats qui suivent, vous
pouvez entrer différentes taille de mise, et ainsi modifier
l'équation après "x". Ce dernier indique la fréquence à laquelle le
steal doit
fonctionner (1 signifie 100 %, 0,345 indique donc 34,5 %). Si vous avez
des difficultés à modifier l'équation, vous pouvez vous renseigner
dans le forum. Nous ne l'expliquerons pas plus en détail dans cet
article.

Le résultat est donc :

Si vous faites un steal avec 4 BB,
alors votre
steal doit réussir dans 72,7 % des cas pour être rentable, tandis qu'en
le faisant à 3 BB, il vous suffit qu'il réussisse dans seulement 66,6 %
des cas, soit deux fois sur trois. Dans ce calcul, nous ne prenons pas
en compte le fait que votre adversaire suivra aussi parfois et que
vous pourrez, à l'aide d'un continuation bet, empocher d'encore plus
gros gains.

Nous partons également ici du
principe que vous
vous coucherez systématiquement face à un resteal, ce qui n'est pas non
plus tout à fait exact, car, de temps en temps, vous aurez également
une main premium, avec laquelle vous ne vous coucherez pas face à un
resteal.

Comme vous pouvez le voir, il est
justifié de
faire vos steals plus petits que vos relances normales. Mais il
est très important que, dans des spots de steals, vous
fassiez également des relances à 3 BB avec vos mains fortes, comme AK
ou
AA, de la même façon que lorsque vous avez, par exemple, KTs. Ainsi,
vos steals restent mieux camouflés. Sans cela, vous seriez très facile
à lire, et ce n'est jamais une bonne chose au poker.

Les steals sans stats

Afin de vous familiariser doucement
avec les
steals, il est bon de commencer par apprendre à recourir à ce move sans
les stats. Ce n'est certainement pas optimal, et vous n'allez pas
pouvoir jouer à la perfection un certain nombre de situations, et donc,
n'allez pas être en mesure d'en tirer un profit maximal. Mais cela vous
donne la possibilité de développer un certain instinct de steal. De la
même façon que la SHC vous a livré une bonne entrée en matière pour la
SPT, le steal sans stats est une bonne entrée en matière pour les
steals à proprement parler.

Pour vos débuts, il est bon de se
fixer un
éventail de steal. Nous recommandons ici de vous orienter à la SHC, et
d'être légèrement plus loose. Concrètement, cela signifie qu'au CO,
vous faites des steals plus loose d'un échelon, et au BU et SB, de deux
échelons.

En terme d'éventails, cela
signifie :

CO: 66+/A9+/KJ+/QJ
BU/SB: 55+/A8+/KT+/QT+/JT

Vous vous demandez sans doute
pourquoi les
éventails recommandés pour BU et SB sont les même. Il y a deux raisons
qui poussent à cela. Le BU a encore deux joueurs derrière lui. Mais,
s'il est suivi, il a la position, et peut donc plus facilement prendre
le
meilleur sur vos adversaires. Au SB, vous êtes toujours hors position,
mais vous n'avez qu'un adversaire derrière vous, c'est pourquoi un
steal fonctionnera plus souvent. Puisqu'il est plus facile de faire des
erreurs hors position qu'en position, si on se retrouve post-flop,
alors vous ne devriez pas jouer des mains trop faibles.

Lorsqu'on fait des steals selon un
schéma fixé au
préalable, on ignore quelque peu l'aspect évaluation des adversaires.
Celui-ci prend son importance dès lors que l'on joue avec des stats. Si
vous avez des notes particulières sur votre adversaire, vous pouvez
également adapter légèrement vos éventails. Si le big blind est un
maniac notoire, alors vous pouvez voler de manière plus tight. Contre
d'autres types d'adversaires, d'autres adaptations sont envisageables.
Nous y reviendrons.

Les steals avec stats

Avec les statistiques, vous pouvez
faire des
steals bien plus looses. Contre certains adversaires, les éventails
indiqués sont trop looses, contre d'autres, ils sont trop tights. C'est
pourquoi vous devriez intégrer les statistiques à votre jeu, afin de
mieux pouvoir évaluer vos adversaires. Deux valeurs sont
particulièrement importantes à ce sujet :

  • FoldBBtoSteal, pour le joueur assis au BB
  • FoldSBtoSteal, pour le joueur assis au SB

Ces valeurs vous indiquent dans
quel pour-cent
des cas vos adversaires abandonnent leurs blinds face à un steal. Si
vous faites un steal depuis les BU ou le CO, vous devez considérer les
deux stats. Au SB, vous ne devez prendre que le FoldBBtoSteal du BB,
car vous êtes vous-même au SB. Vous devez maintenant multiplier les
deux probabilités ensemble, selon les règles du calcul stochastique.
Voici deux exemples de calcul (p exprime la probabilité) :

  • Exemple 1 : Steal du BU – SB Fold to
    Steal: 83 // BB Fold to Steal: 76
    => p(Steal fonctionnera) = 0,83 • 0,76 = 0,6308 = 63,08%
  • Exemple 2 : Steal du BU – SB Fold to
    Steal: 45 // BB Fold to Steal: 63
    => p(Steal fonctionnera) = 0,45 • 0,63 = 0,2835 = 28,35%

Dans l'exemple 1, votre steal
fonctionnera dans
63,08 % des cas, et dans l'exemple 2, dans seulement 28,35 % des cas.
Nous partons ici du principe que le steal est réussi lorsque vos
adversaires se couchent et que vous abandonnez toujours en cas de
sur-relance.

Dans la réalité, c'est naturellement
différent.
Parfois vous suivez un resteal, ou bien vous êtes suivi et devez jouer
post-flop. Vous souvenez-vous des 66,6 % de cas dans lesquels votre
steal doit fonctionner ? Dans l'exemple 1, vous pouvez donc faire des
steals très loose, tandis que dans l'exemple 2, mieux vaut attendre
d'avoir des mains fortes, car vous n'empocherez que rarement les blinds
directement. Donc, plus vos adversaires se couchent préflop, plus vous
pouvez vous permettre de faire des steals.

Avec les statistiques de fold, vous
pouvez
également aller plus loin avec certains programmes. Ceux-ci vous
montrent de manière encore plus détaillée, comment votre adversaire
protège ses blinds, c'est-à-dire, dans combien de cas votre adversaire
se couche face à un steal, et dans combien de cas il suit ou
sur-relance. Vous pouvez alors avoir une approche encore plus précise.

Si un adversaire ne couche son big
blind que dans
65 % de cas, vous offrant donc un steal profitable avec A9o, mais ne
défend ses blinds que dans 5 % par un 3-bet, et 30 % par un call, alors
vous avez un easy fold en cas de 3-bet. Si, en revanche, votre
adversaire défend de manière très agressive, et sur-relance face à un
steal dans 30 % des cas, alors vous avez un call avec A9o.

Contre les adversaires qui suivent
souvent, il est
justifié de surtout faire des steals avec des mains qui pourraient
toucher une bonne top paire, car vous devrez souvent jouer post-flop.
Les pocket paires faibles sont moins justifiées, car, avec 44 par
exemple, vous ne toucherez quasiment jamais un flop sur lequel vous
désirez continuer à jouer. À moins bien sûr que vous touchiez un set,
mais cela est plutôt rare.

Face aux joueurs qui défendent leurs
blinds
passivement (par un call), il est justifié de jeter un œil au
FoldtoCBet. Si le blind défend souvent passivement, mais se couche très
souvent face à un continuation bet, alors il est justifié de faire un
steal, malgré le fait que votre adversaire défend beaucoup. Puisque
l'adversaire suivra souvent préflop, mais se
couchera également
souvent sur le flop, ce steal est même encore plus profitable.

Les statistiques vous permettent de
mieux adapter
votre jeu à vos adversaires, et de le rendre ainsi nettement plus
profitable. Elles vous permettent de prendre une décision qui aura
quasiment toujours une espérance de gain positive.

Les steals face aux petits tapis

Face aux autres petits tapis, vous
devez adapter
votre comportement de steals de manière différente. Les petits tapis
réagiront soit en 3-bet/push, soit en fold. Un petit tapis ne connaît
pas le bouton call. C'est pourquoi vous pouvez même faire de plus
petits steals face à une shortstack. Une relance à 2,5 BB suffit,
puisque vous ne jouerez jamais post-flop.

L'intérêt de la relance à 3BB est
également de
faciliter le jeu post-flop, car vous vous retrouvez ainsi plus
rapidement all-in. Contre un petit tapis, cet aspect n'est pas à
prendre en compte, et vous rendez un resteal encore moins profitable à
votre adversaire, tout en gardant la possibilité d'avoir un fold
meilleur marché en cas de resteal.

Puisqu'en
règle générale, les petits tapis sont très tights et se couchent
beaucoup, il s'agit d'adversaires contre lesquels vous pouvez faire un
grand nombre de steals. En particulier aux limites jusqu'à la NL100,
les joueurs de SPT défendent trop peu leurs blinds, et sont donc des
adversaires idéaux pour des steals loose. Contre les petits tapis très
tight, vous pouvez même faire des steals avec any 2.

Si vous êtes au SB, et si le BB est également un petit tapis, alors
vous avez une situation fort profitable. Mais attention, certains
petits tapis savent que vous avez un éventail de steal très loose, et
sont en mesure de s'y adapter. Ceci devient même le standard aux
limites plus élevées.

Resteals

Les resteals forment la riposte
naturelle
à un steal. Si votre adversaire fait une relance qui concorde avec la
définition d'un steal, et si vous sur-relancez, alors vous avez réalisé
un resteal. Vous faites doc un steal face à un steal. Lorsque vous
recourez au resteal, vous devez prendre en compte les facteurs suivants
:

  • 1. Votre main
  • 2. Votre adversaire
  • 3. La position du stealer et la vôtre
Force des mains

Votre adversaire a fait preuve d'une
certaine
force en faisant un steal. Il n'aura pas nécessairement un monster,
mais il est plutôt peu probable qu'il ait opté pour un steal avec 84o.
C'est pourquoi, si vous décidez de faire un resteal, il vous faut une
main d'une certaine force, afin de pouvoir être en tête en cas de call.
Vous ne pouvez pas faire un resteal avec 76s juste parce qu'il est
envisageable que votre adversaire tente un steal.

En cas de call, que vous devez
toujours envisager,
76s est tout simplement une main très faible. Nous vous enseignerons
plus loin comment évaluer si votre main est assez forte pour un
resteal.

L'adversaire ayant fait un
steal

Le resteal est une riposte au steal,
et donc, une
réaction à l'approche de l'adversaire actif. C'est pourquoi les notes
et les stats sont particulièrement importantes en situation de resteal.
Il n'y a qu'ainsi que vous pourrez avoir un bon comportement de
resteal.

La position

On fait moins de steal depuis le CO
que depuis le
BU, et la plupart des joueurs sont encore nettement plus loose depuis
le SB. Face à un steal du CO, vous devez donc faire des resteals plus
tight que contre un steal du SB, car le SB est plus loose et il y a
donc plus de mains potentiellement en tête face à son éventail. Si vous
faites un resteal depuis le BU, vous devez garder en tête qu'il reste
deux joueurs à parler après vous, qui pourraient bien avoir une main
forte.

C'est pourquoi il n'est pas
nécessaire de faire
des resteals du BU quand ceux-ci sont limites (par exemple, equity de
50,05 %). Certes, mathématiquement parlant, ce serait EV+ contre le CO,
mais au BU dans un spot 50,05 %, vous devriez vous coucher, car votre
espérance est légèrement plombée par la possibilité qu'un adversaire
ait un monster derrière vous. Vous pourriez donc vous retrouver dans
une situation non profitable, alors que vous étiez bien face au
relanceur initial.

Pourquoi faire des resteals ?

Les steals et resteals représentent
un concept
fondamental pour la SPT avancée. Aux limites plus élevées, les steals
et
resteals sont probablement les actions avec lesquelles vous faites le
plus de gains, et un bon comportement de resteal, en particulier, peut
influencer très fortement votre courbe de gains.

Se mettre all-in avec TPTK, toutes
les shortstacks
de NL50 en sont capables. Mais savoir bien recourir aux steals et
surtout aux resteals est ce qui sépare les petits tapis à 0,5 BB/100 et
ceux à 2 BB/100. Vous devez donc avoir pour objectif d'être plus actif
dans votre défense des blinds que ne le préconise la stratégie SPT
basique.

Comment faire des resteals ?

Contre un steal normal, vous devriez
tout
simplement vous mettre all-in. Face aux minraises, un push direct n'est
pas recommandé. Les minsteals sont un peu plus compliqués. Le mieux est
de vous défendre en faisant une petite sur-relance à 5 BB. Votre 3-bet
montre de la force, et votre adversaire devra forcément se demander
s'il tient vraiment à en remettre une couche.

Il préférera bien souvent opter pour
un fold, et
le petit 3-bet est déjà profitable lorsque votre adversaire se couche
dans 60 % des cas. Par ailleurs, votre adversaire ne peut pas gagner
autant avec un 4-bet, et il doit craindre un monster de votre côté.

Dans les 60 %, nous ne comptons
évidemment pas
que, de temps en temps, vous suivrez un 4-bet, et que votre adversaire
se contentera parfois d'un call face à votre resteal, et que vous
arriverez peut-être à lui prendre encore un peu d'argent après le flop.
S'il vous sur-relance à nouveau, alors les notes sont d'une
importance capitale. En règle générale, le jeu face aux minsteals n'est
pas si facile, car il dépend des reads. Ici, on ne peut pas donner de
consignes générales.

Vous pouvez faire des resteals
profitables lorsque
vous avez une equity de plus de 50 % face à son éventail de steal. Vous
pouvez calculer cela facilement à l'aide de l'equilator
PokerStrategy.com. Donnez un éventail à votre adversaire, et observez
avec quelles mains vous avez assez d'equity face à cet éventail.

Resteals sans stats

Comme déjà évoqué plus haut, les
stats et notes
sont très importantes pour les resteals. C'est pourquoi le jeu des
resteal sans stats est loin d'être optimal. Puisque vos adversaires
font des steals assez looses, nous recommandons un éventail de resteal
standard qui est le suivant : 88+/AJ+

Avec cet éventail, vous êtes bien
placé face à la
plupart des adversaires, car il est très tight. Peu de joueurs ont un
comportement de steals si tight que cet éventail serait trop loose.
Avec cet éventail, vous ne vous retrouverez donc pas dans des spots
particulièrement déficitaires, un peu comme avec la SHC. Le problème
est
que vous abandonnez par là pas mal de potentiel. En effet, cet éventail
ne change pas, quelle que soit la position de steal de votre
adversaire, la vôtre, quelle que soit votre impression de votre
adversaire, et qu'il ait un petit ou un gros tapis. Mais elle vous
permet une bonne entrée en matière dans les resteals.

Les resteals avec des stats

La théorie du resteal avec les stats est simple, mais l'application
l'est moins. Lorsque vous envisagez un resteal, vous devez observer les
stats d'attempt to steal (ATS) de votre adversaire. Celles-ci indiquent
dans combien de pour-cent des cas votre adversaire tente un steal. Vous
pouvez ainsi tirer des conclusions sur son éventail. Si votre
adversaire a un ATS de 18, on peut partir du principe qu'il fera des
steals avec les 18% du haut de son éventail.

Certains programmes vous permettent
d'ailleurs
d'afficher des stats de steal encore plus précises, en affichant les
ATS pour chaque position de steal - CO, BU, SB - séparément. Cela est
intéressant puisque l'ATS du CO est souvent sous l'ATS moyen, ce qui
pourrait vous pousser à faire des resteals trop looses face à un steal
de CO, juste parce que son ATS semble plus élevé qu'il ne l'est
réellement.

Comment calculer un resteal
profitable ? Vous avez
deux possibilités. Il vous faut l'Equilator dans les deux cas. Vous y
inscrivez tout d'abord l'éventail du stealer. Vous pouvez maintenant
choisir entre deux procédés :

Si vous voulez savoir comment vous
comporter dans
une situation donnée, vous devez ensuite indiquer votre main et lancez
le calcul d'equity. Vous pouvez également regarder quelles mains ont
une equity de 50 % face à cet éventail. Pour ce faire, vous allez dans
la partie "calcul d'éventails", et indiquez 50,00.

Votre adversaire vole depuis le CO et
il a un ATS
CO de 16. Il fait donc un steal avec 16 % de son éventail. Vous
indiquez cela dans l'Equilator (il est conseillé de toujours indiquer
les éventails de mains).

16%, cela représente à peu près : 55+, A7s+, KTs+, QJs, A8o+, KTo+ (Les
éventails varient selon les joueurs, certains font plus de steals avec
les pocket paires, d'autres plutôt avec les As, et d'autres préfèrent
les mains broadway).

Vous souhaitez maintenant savoir si
vous avez un resteal profitable avec AJo et 77 :

AJo a une equity de 51,715% face à cet éventail,
et 77 a 48,526%.

Avec AJo, vous auriez donc un resteal profitable, mais pas avec 77.

Les mains avec lesquelles vous pouvez
faire un resteal : 88+,ATs+,AJo+.

Vous pouvez maintenant calculer pour chaque situation avec quelles
mains vous pouvez faire des resteals sans abandonner d'argent.

Resteals face aux petits tapis

Le resteal face aux petits tapis est
possible de
deux manières. Il y a les petits tapis qui sont encore proches de la
stratégie pour débutants, et qui se basent sur les éventails de steals
qu'elle recommande. Ceux-ci sont très tight, et vous devez donc
également être très tight dans vos resteals.

Les petits tapis qui jouent selon une
stratégie
plus élaborée feront nettement plus de steals, car ils savent que vous
vous coucherez beaucoup. Puisque leur éventail est large, vous pouvez
être plus loose dans vos resteals. Cependant, ces petits tapis
s'adaptent et seront également plus looses dans leurs calls de
resteals. Cela plaide en faveur d'un éventail plus tight, et leur
permet des steals plus looses. Ce phénomène fait que vous ne pouvez pas
vous baser sur les seules stats, mais devez recourir à vos notes et à
votre historique de steals/resteals face à chaque adversaire.

Comment réagir aux resteals ?

Si vous ne faites qu'être loose dans
vos steals,
mais vous couchez systématiquement face au moindre resteal, cela ne
peut être rentable à long terme. Face aux adversaires qui défendent
leurs blinds frénétiquement, et font beaucoup de resteals, vous pouvez
être plus looses dans vos pushes. Cela n'est naturellement possible
qu'avec des stats. Vous pouvez alors voir dans quel pourcentage des cas
votre adversaire fait des resteals actifs, via des 3-bets, et où se
situe votre main face à cet éventail. Vous n'avez plus besoin de 50 %
d'equity, car vous avez déjà investi de l'argent. Vous devez calculer
cela dans chaque situation spécifique, car votre taille de tapis varie.

Vous pouvez calculer l'equity
nécessaire selon la formule suivante :

EQ(nécessaire) = (tapis restant)/(pot total après votre call).

Vous avez un tapis de 20 $ (votre
adversaire
est un joueur big stack) et vous faites un steal à 3 BB depuis le BU.
Votre adversaire fait un resteal. Vous devez encore payer 17 $ dans un
pot qui en contiendra 40,50 $ (avec les 0,5 $ du SB). L'equity est donc
la suivante :

EQ(nécessaire) = $17/$40,50 = 0,41975 = 41,975%.

Dans cette situation, il vous faut
donc une equity de  41,975%
face à son éventail. Vous pouvez maintenant déterminer avec quelles
mains vous pouvez suivre le resteal.

Comment jouer ses mains de steal post-flop ?

Vous vous retrouverez régulièrement
dans une
situation où vos adversaires défendront leur blinds passivement, en
suivant. Il n'y a pas de recette toute faite sur comment jouer
post-flop
dans cette situation, car le sujet est trop vaste et complexe.

Puisque dans les situations de
steal/resteal,
tout est plus loose, vous pouvez également go broke avec un kicker plus
faible accompagnant votre top paire, comme A9. Mais cela dépend
toujours des statistiques, car, contre un joueur qui défend de manière
très tight, A9 n'est pas une bonne top paire, tandis que contre un
joueur qui défend activement, elle suffit largement.

Dans votre jeu post-flop aussi, vous
devriez être
attentif à la position depuis laquelle vous avez fait votre steal. Vos
adversaires sont plus tight face à un steal du CO que face à un steal
du SB. Tandis qu'en SB vs. BB, une midpair est souvent une main forte,
vous devez être plus dubitatif si vous tenez la même midpair en CO vs.
SB.

Contre des adversaires avec un
FoldtoCBet élevé,
vous devriez toujours placer un continuation bet. Le steal devient
alors fort profitable, puisqu'il vous permet de faire entrer encore
plus d'argent préflop, que vous empochez alors post-flop.

Même si dans ces situations, tout est
plus loose,
vous devriez être attentif à ne pas vous retrouver trop vite all-in.
Une overcard reste une overcard, et un check/raise est toujours le
signe d'une certaine force.

Les pushes Sklansky-Chubukov

Les
pushes Sklansky-Chubukov (SC) forment une variante tactique que seuls
les petits tapis peuvent mettre à profit, car ils ne fonctionnent
qu'avec un tapis de 20 BB. Les bigstacks ne peuvent donc pas intégrer
ce move à leur jeu. Le principe de ces pushes est très intéressant et
élaboré, tout en étant très simple à exécuter.

Prenons la situation suivante : vous
jouez en live
et êtes assis au small blind, et tout le monde se couche avant vous.
Vous êtes donc dans une situation de steal. Sans crier gare, vous
retournez vos cartes, permettant à votre adversaire de voir ce que vous
avez. Puisque votre adversaire connaît vos cartes, il peut s'adapter
avec précision.

Les SC pushes exigent que vous vous
mettiez
directement all-in ou vous couchiez. En fonction de la taille de votre
tapis, il y a plus ou moins de mains avec lesquelles vous pouvez faire
un push profitable même si votre adversaire connaît votre main et s'y
adapte parfaitement.

Le principe qui régit cette subtilité
est le
suivant : votre main n'est pas faible, elle a une certaine force. Si
votre adversaire ne suit qu'avec des mains qui ont une equity de 50 %
(il n'a pas besoin de plus, car il a déjà payé un blind), il couche une
grosse partie de son éventail.

Cette fold equity vous permet donc
d'empocher pas
mal d'argent. S'il suit de temps en temps, vous êtes certes battu par
son éventail, mais avez encore de l'equity, ce qui signifie que vous
gagnerez tout de même de temps en temps. L'addition de ces deux faits,
la fold equity élevée et l'equity en cas de call adverse, fait que les
pushes SC sont toujours profitables, quoique fasse votre adversaire.

S'il suit de manière plus tight,
votre fold
equity augmente. S'il suit de manière plus loose, il suit avec des
mains qui sont derrière la vôtre, et votre equity augmente. Tant que
vous vous pliez aux limitations de taille de tapis, et ne faites pas de
pushes avec d'autres mains, vous ne pouvez donc pas prendre de
décisions ayant une espérance de gains négative. L'espérance de gains
d'une main SC correctement jouée est toujours positive. L'espérance de
gain d'un fold, est de 0. Il est donc toujours préférable de faire un
push avec une main SC, et de ne jamais se coucher.

Quelles sont donc les mains avec
lesquelles vous
pouvez opter pour un push profitable, selon
Sklansky-Chubukov ? C'est ce que vous montre le tableau suivant. Vous
devez bien garder en tête que les pushes SC ne fonctionnent que si vous
êtes first-in au SB.

Taille de tapis /position SB
10
BB
22+, A2+, K2+, Q6s+, Q9o+, J8s+, JTo
15
BB
22+, A2+, K8o+, K4s+, Q9s+, QJo, JTs
20
BB
22+, A2+, KT+, K9s+, QTs+
25
BB
33+, A2s+, A4+, KJ+, KTs

Avec ces mains, il est donc toujours
profitable de
faire un push plutôt que de se coucher. Il est cependant important de
bien garder en tête que l'EV d'un push Sklansky-Chubukov
n'est jamais maximale. Avec une relance à 3 BB suite à laquelle vous
jouez correctement, vous aurez toujours une meilleure espérance de
gain. Mais pour cela, il faut que vous jouiez la main correctement.

En tant que petit tapis, il est
cependant
difficile de continuer à jouer des mains comme A2o. C'est pourquoi,
avec de telles mains, le push est préférable, si on ne se sent pas
complètement à l'aise post-flop. Au début, il est donc bon d'opter pour
les pushes SC avec les mains moyennement fortes, et d'abandonner ces
pushes petit à petit, en accumulant de l'expérience de jeu post-flop.

Vous allez sans doute maintenant vous
demander
pourquoi relancer vos monsters normalement et faire des pushes directs
avec les mains plus faibles. N'est-ce pas bien trop facile à lire pour
vos adversaires ? Peu importe ! Les SC restent profitables même si
votre
adversaire connaît votre main exacte, vous n'avez donc absolument pas
besoin de faire du balancing. Vous ne pouvez pas faire d'erreur avec
les mains SC, si vous faites des pushes avec celles-ci depuis le SB, et
si vous respectez les tailles de tapis.

Il est donc recommandé d'intégrer les
pushes SC à
votre jeu, car les folds vous font abandonner trop d'argent. Puisqu'aux
limites plus élevées, il devient important de prendre les bonnes
décisions au centime près, il est impératif que vous évoluiez, et vous
détourniez petit à petit de pushes SC. À partir de la NL200 ou NL400,
la plupart des petits tapis ne recourent plus aux pushes SC, car ils
savent jouer post-flop et ne veulent pas abandonner d'argent.

En résumé

Cet article vous a présenté les
concepts
fondamentaux que sont les steals et les resteals, et comment vous
comporter dans les différentes situations.

Vous avez sans doute remarqué que les
consignes
sont bien moins rigides que dans les articles bronze. Cela est dû au
fait que les articles argent forment l'entrée dans le jeu avancé.

Les articles ont pour but de vous
mettre sur la
voie, et d'accompagner vos premiers pas sur celles-ci. Mais vous devez
vous confronter vous-mêmes aux sujets présentés, faire vos propres
calculs d'equity, et utiliser les autres médias d'apprentissage de
PokerStrategy.com. Si vous le faites, alors seule la variance pourrait
retarder un peu votre montée dans les limites. Sur le long terme, votre
jeu sera profitable, et vous allez gagner pas mal d'argent. Et
maintenant, à vos marques ! Prêt ? Volez !