Les timing tells (1) - Introduction
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Timing Tells (1) - Introduction
par MiiWiin
Les timing tells forment un aspect important du poker, quelle que soit la variante. Ils peuvent révéler bon nombre de choses lorsque vous pouvez arriver à évaluer votre adversaire et à condition qu'il s'agisse d'un joueur qui réfléchit.
Nous allons traiter ici de principes vous permettant d'interpréter le temps que votre adversaire met à miser et relancer, mais également de ne pas être lisible vous-même.
Que sont les timings tells ?
Un timing tell implique que l'on utilise la vitesse avec laquelle un adversaire mise ou relance pour en tirer des conclusions sur la force de sa main.
On essaye constamment de mettre son adversaire sur un éventail et il est donc important de compenser les absences d'informations sur la main adverse.
Pour ce faire, on dispose de nombreuses possibilités : d'un côté les reads et les stats, qui permettent de se former une image générale de l'adversaire, de l'autre, les circonstances immédiates de la main actuelle et des précédentes :
- Existe-t-il un historique commun ?
- Depuis quelle position Villain joue-t-il ?
- Combien Villain mise-t-il ?
Vous essayez de glaner autant d'informations que possible. Dans ce cadre, la vitesse à laquelle votre adversaire mise ou relance peut également livrer un read.
Premiers pas
On ne peut pas déterminer de manière trop générale si une vitesse de mise lente ou rapide livre un read clair. Il en va de même pour la taille de mise, qui n'est pas nécessairement révélatrice.
Voici deux exemples qui vous sembleront éventuellement familiers. En début de carrière, de telles situations forment un exemple typique de timing tells (et de tells de taille de mise). Cependant, il reste important de garder en tête que la plupart des joueurs essayent de bien se préserver contre ces tells, même s'ils ne le font pas toujours consciemment.
$25 NL Hold'em (6 handed)
Stacks & Stats
UTG ($25)
MP ($25)
CO ($25)
Hero ($25)
SB ($25)
BB ($25)
Preflop: Hero is BU with
3 folds, Hero raises $0.75, 1 fold, BB raises $2.50, Hero...
Un exemple standard. Vous agissez en position, avez les as et êtes confronté à un 3-bet de la part d'un blind. Il s'agit évidemment d'un spot dans lequel chaque joueur se retrouve volontiers.
Que faire maintenant ? Il est évident que vous souhaitez continuer à jouer la main. L'idée de tendre un piège en suivant avec la position vous effleure. Mais peu importe, votre décision est indiscutable : 4-bet !
Deux questions se posent maintenant : à combien miser ? Combien de temps devriez-vous mettre avant de placer votre move ? Vous connaissez déjà bien la question 1. Vous souhaitez placer une relance qui réalise un certain nombre de conditions :
- Elle ne devrait pas être trop petite, afin de ne pas donner une trop bonne cote aux mains spéculatives de Villain.
- Elle ne devrait pas être trop grosse, afin de ne pas effrayer Villain et ne pas vous rendre commited de manière trop ostensible.
- Elle devrait toujours s'élever à la même hauteur, que vous ayez les as ou une main plus faible, voire même un bluff. Après tout, vous ne souhaitez pas devenir vous-même lisible.
Une fois la taille de relance déterminée, une autre pensée traverse alors l'esprit de la plupart des joueurs : "tout doucement..."
Ils réfléchissent alors longuement, comme s'il s'agissait d'une question de vie ou de mort. Et après de longues tergiversations, ils finissent par placer leur 4-bet.
Lorsqu'il s'agit de mauvais joueurs, on peut même partir du principe que ce 4-bet sera tout petit, presque un min 4-bet. Après tout, on ne veut surtout pas pousser l'adversaire hors du pot.
Vous allez sans doute vous acquitter de la bonne taille de 4-bet (en l'occurrence, après un 3-bet à 10BB, votre 4-bet oscillera entre 22 et 28 BB, soit entre 5,50 $ et 7 $), mais à quelle vitesse serez-vous prêt à miser ?
Bien souvent, le cerveau se met automatiquement à penser aux timing tells. Vous avez le sentiment qu'un 4-bet très rapide va annoncer une grande force, ce que vous ne souhaitez en aucun cas lorsque vous avez les as.
Vous prenez donc le temps de réfléchir et pensez qu'ainsi votre main, voire votre éventail, en semblera plus faible. Pourquoi en va-t-il ainsi ?
Avant de réfléchir aux raisons pour lesquelles un temps de réflexion plus long devrait sembler plus faible, voici un contre-exemple :
$25 NL Hold'em (6 handed)
Stacks & Stats
UTG ($25)
MP ($25)
CO ($25)
Hero ($25)
SB ($25)
BB ($25)
Preflop: Hero is BU with
3 folds, Hero raises $0.75, 1 fold, BB raises $2.50, Hero...
La situation est fort différente. En début de carrière, vous avez sans doute eu les pensées suivantes en étant confronté à de tels spots :
"Autant se mettre all-in directement, afin de générer une fold equity maximale..."
Vous attaquez ainsi vos adversaires de front, avec un insta-shove censé annoncer une grande force, en pensant "suis-moi donc si tu l'oses !"
Dans les forums d'analyses de mains, on voit fréquemment l'affirmation selon laquelle le push est préférable, car il permet de ne pas devoir jouer dans un pot 4-betté, en ayant éventuellement loupé le flop. Ces pensées s'évanouissent cependant sitôt que l'on se penche sur le balancing et la déceptivité. Ceux-ci impliquent que l'on essaye de rendre sa main le moins lisible possible pour l'ensemble de la table.
Mais ce qui nous intéresse ici n'est pas que la taille de la mise, mais également le temps de réflexion. Ici aussi, il semble convenu qu'un 4-bet rapide annonce plus de force qu'un 4-bet après une longue réflexion. Dans une même logique, vous avez pris tout votre temps avec les As, mais relancez le plus vite possible avec AK.
Demandons-nous donc encore : pourquoi en va-t-il ainsi ?
Interprétations de base
Les timings tells peuvent être interprétés de plusieurs manières. Débutons par la réflexion de base :
Décision rapide = main forte. Décision lente = main faible.
Cette pensée de base résulte du phénomène suivant : la durée de réflexion humaine avant une prise de décision va dépendre des options. Plus il a d'options, plus il va devoir prendre de temps pour peser le pour et le contre de chacune. Il doit catégoriser la force de sa main, prendre en considération le ou les joueurs impliqués dans la main et ensuite étudier chacune des options. Fold ? Call ? Ou bien Raise ?
Après quoi, il va devoir réfléchir à la taille de la mise ou de la relance. Ce n'est qu'après tout cela qu'il peut prendre une décision et l'appliquer.
Dès lors, lorsque la prise de décision est rapide, cela semble indiquer que le nombre d'options était limité. Cela semble indiquer que seul le 4-bet était envisageable. Il n'y a pas de processus d'évaluation, ce qui implique un temps de réflexion nettement moindre.
Or, évidemment, avec les As, la question ne se pose pas vraiment (si on laisse l'option "call pour piéger" de côté). Tandis que, si vous comptez placer un bluff, vous allez devoir consulter les stats adverses : que relance-t-il, comment réagit-il face aux 4-bets, un call du 3-bet serait-il envisageable ? Il vous faut du temps.
En début de carrière, toutes ces réflexions ne seront peut-être pas encore intégrées à votre processus, mais votre instinct vous dira tout de même qu'un 4-bet rapide avec les As pourrait fort bien indiquer une main forte. Vous n'avez pas besoin de vous poser la question de savoir si un 4-bet est de mise, ce qui fait que vous avez le sentiment que votre adversaire en a conscience.
Mais, bien souvent, la mise en pratique de cette réflexion est erronée, car l'adaptation à ce constat ne peut consister à réfléchir pendant des heures avec une main forte, et de faire un 4-bet immédiat avec AK, afin d'annoncer plus de force.
L'adaptation à effectuer est pourtant claire : avec toutes les mains avec lesquelles vous optez pour un 4-bet, vous devriez non seulement toujours relancer à la même hauteur (dans un même spot), mais également à la même vitesse.
Premiers tells adverses
Même sans la moindre expérience du poker, vous vous référez aux timing tells, car le principe "décision rapide = décision facile" est un principe que l'on retrouve dans tous les domaines de la vie.
Même dans les forums d'analyses pour débutants, dans lesquelles on devrait se concentrer sur les bases du jeu, on peut immédiatement trouver des interprétations sur les timings :
$25 NL Hold'em (6 handed)
Stacks & Stats
UTG ($25)
MP ($25)
CO ($25)
BU ($25)
SB ($25)
Hero ($25)
Preflop: Hero is BB with X ; X
3 folds, BU raises $0.75, 1 fold, Hero raises $2.50, BU raises $4.25
"Villain réfléchit longtemps avant de faire un minraise, ça pue les as !"
$25 NL Hold'em (6 handed)
Stacks & Stats
UTG ($25)
MP ($25)
CO ($25)
BU ($25)
SB ($25)
Hero ($25)
Preflop: Hero is BB with X ; X
3 folds, BU raises $0.75, 1 fold, Hero raises $2.50, BU raises $24.25 (All-in)
"Villain fait un insta-shove all-in, il ne peut s'agir que d'AK ou d'un bluff !!"
Comme on peut le voir, il s'agit déjà d'une interprétation des tailles de mises et des timing tells, même si cela est inconscient. On pourrait sans doute rédiger de longues dissertations sur le sujet de "l'interprétation des tailles de mises et vitesses de relances", en particulier en fonction des différents types d'adversaires.
Non seulement, les débutants interprètent de tels moves, mais ils vont même plus loin et essayent de dissimuler leurs propres tells en réfléchissant plus longuement avec des mains fortes qu'avec des faibles. Certes, ce n'est pas encore optimal, mais c'est tout de même un début !
| » EN RÉSUMÉ |
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Dès vos premiers pas, vous êtes instinctivement attentif aux timings tells et essayez de n'en donner aucun. Ce constat est important pour la suite de cette série. Le sujet des 4-bets a été choisi à titre d'exemple, dans la mesure où il permet de décrire la problématique avec précision. Mais ce n'est qu'un début, les timings tells peuvent être présents dans bon nombre de situations et sur toutes les streets. C'est surtout plus tard dans la main qu'ils peuvent s'avérer coûteux à long terme. La logique voudrait donc que ce soit sur la river que les décisions prennent le plus de temps. Mais, en est-il vraiment ainsi ? |
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