Overpairs
Introduction
Dans cet article
- Comment jouer hors position
- Comment jouer en position
- Que faire dans un pot sur-relancé avec plusieurs adversaires
Une overpair est une paire faite dans la main de départ, qui est plus haute que toutes les cartes du tableau. Par exemple, AA sur un flop Q75. Vous avez ainsi une main moyennement forte, sans grand potentiel d'amélioration, avec laquelle il convient de trouver un difficile juste milieu entre protection, maximisation de la value, et contrôle du pot.
Cet article présente tout d'abord les bases théoriques du jeu avec des overpairs, surtout le thème de l'évolution de l'equity du turn au flop. Ensuite, nous allons observer diverses séquences de mises selon les différents types d'adversaires, de situations de jeu, et de textures du tableau.
Concepts généraux
Afin de comprendre le jeu avec les overpairs, il est très important de connaître vos chances de gagner. Beaucoup de débutants voient une overpair comme une nut absolue. Cette vision va sans doute maintenant en partie changer, pour vous.
Si vous avez encore la meilleure main sur le flop, votre equity peut grandement varier selon la main adverse.
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Table 1 : Equity de AA vs. diverses mains
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Vous pouvez donc avoir une overpair sur le flop, et être grand favori, ou bien très léger favori. Vous pouvez même être outsider ! Vous devez toujours essayer d'évaluer à quelle catégorie vous appartenez, en vous appuyant sur la texture du tableau, et l'éventail de mains adverse.
Que se passe-t-il maintenant si vous êtes déjà battu sur le flop, et devez améliorer votre main. Comme vous vous en doutez, vos chances sont assez faibles, et vous êtes souvent loin derrière.
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Table 2 : Equity de AA contre de meilleures mains sur le flop
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Si vous êtes déjà battu sur le flop, alors vous serez très souvent loin derrière. Ceci est dû au fait que seul un set (et encore, même pas toujours) peut vous améliorer, dans la mesure où votre main n'a pas les caractéristiques d'une main à tirage.
Sur le flop, il vous faut donc être prudent, lorsque vous pensez que votre adversaire pourrait bien vous avoir battu. Vous serez souvent un léger favori, ou un clair outsider, contre l'éventail adverse. Ces situations vont toutefois trop souvent mal finir pour vous contre un joueur raisonnable, pour pouvoir en faire une situation confortablement EV+.
Si vous étiez déjà derrière et n'avez rien touché sur le turn, alors votre equity va chuter encore plus fort. Si, en revanche, vous étiez devant, et que la carte du turn est un blank pour l'adversaire, alors votre equity augmentera en conséquence.
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Table 3 : Equity de AA contre les tirages sur le turn
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Si vous êtes encore en tête sur le turn, alors l'equity tourne fortement à votre avantage. L'adversaire acceptera cependant régulièrement de go broke avec son tirage. Si, sur le turn, une carte apparaît, qui pourrait avoir réalisé un tirage chez l'adversaire, alors votre equity baisse en conséquence. Vous serez alors parfois drawing dead sur le turn.
Selon les adversaires et la texture du tableau, il peut être judicieux d'attendre une blank sur le turn pour investir une grosse part de son tapis au milieu. Si un tirage se réalise, alors vous êtes encore en mesure d'abandonner votre main. Suivant le type d'adversaire, ceci a souvent un gros avantage, car, l'action sur le turn permet souvent de mieux délimiter l'éventail adverse, et donc, de prendre une meilleure décision.
La force de votre main avec une overpair change selon deux facteurs :
- Le nombre d'adversaires
- La hauteur de votre overpair
Dans un pot multiple, la force absolue de la main nécessaire pour remporter un abattage augmente. Une paire simple, et une overpair est une paire simple, remportera rarement l#abattage dans un pot multiple. En cas de grosse action adverse, vous pouvez souvent les mettre sur une meilleure main, car, dans un pot multiple, en général, les joueurs ne font preuve d'agression répétée qu'avec des mains supérieures à votre paire.
En plus du nombre d'adversaire, il convient d'observer la hauteur de votre overpair. Plus votre overpair est élevée, mois vous devez craindre de scare-highcards. Et donc, vous pouvez plus souvnet jouer le bluffinduce, et ne devez pas tant protéger. Plus l'overpair est petite, plus le danger est grand que vous soyez déjà battu par une meilleure overpair, et n'ayez plus que deux outs pour vous améliorer.
Observez toujours la force de votre main, en relation avec la texture du tableau, le nombre d'adversaire, et la hauteur de votre overpair, et ne prenez pas de décisions hâtives quant à jouer pour un gros pot avec votre main !
En jouant avec des overpairs, il vous faut toujours déterminer si votre objectif est de contrôler le pot ou une maximisation optimale de la value. Voulez-vous remporter un pot moyen au showdown, ou souhaitez-vous investir votre tapis complet, au risque d'être parfois déjà largement outsider contre une meilleure main ?
Lorsque vous vous lancez dans cette réflexion, gardez bien toujours en tête que la protection n'est pas une forme de contrôle du pot, mais de la maximisation de la value, tandis que le jeu pour le bluff-induce allie pot control et maximisation de la value sous une même bannière. À l'aide de mains d'exemples, nous allons présenter différentes séquences de mises, leurs avantages et inconvénients suivant le type d'adversaire, la situation de jeu, ainsi que la texture du tableau. Les exemple présentés et discutez ci-dessous partent toujours du principe que vous avez un tapis complet de 100BB. Les mains présentées ici sont jouées à une main de NL100 Shorthanded. Le big blind est donc de 1$.
Comment jouer hors position ?
Préflop, vous relancez bien évidemment chaque pocket paire élevée, afin de protéger votre main et de tirer profit de votre equity particulièrement positive. De plus, vous tenez à réduire le nombre d'adversaires afin d'augmenter vos chances de remporter la main sans amélioration.
La plupart du temps, une ou deux personnes suivent, et vous faites un continuation bet avec votre overpair sur le flop. C'est si le/les adversaires ne se couchent pas immédiatement que la main devient intéressante pour notre discussion. C'est surtout difficile hors position, et c'est pourquoi c'est la situation que nous traitons en premier.
En étant l'agresseur préflop OOP first to act avec une overpair, il convient de toujours faire un continuation bet, ne serait-ce que pour garder sa crédibilité les fois où on a juste des overcards.
Preflop: Hero is SB with K, K
UTG calls $1, 3 folds, Hero raises to 5$, 1 fold, UTG calls 4$
Flop: ($11) 9, 2
, J
(2 players)
Hero bets $7.5, UTG calls.
Turn: ($26) 7 (2 players)
Hero?
Ici, vous avez plus ou moins le choix entre bet/fold et check/call. Check/fold serait un peu trop weak, car vous pourriez bien être encore en tête. et bet/call finirait dans presque toutes les cas par un All-in, ce que vous ne souhaitez pas vraiment avec cette main.
Ici, il convient donc de se demander quelles moins bonnes mains pourraient être à même de vous suivre, et avec quelles moins bonnes mains il serait à même de miser si vous checkez. La décision quant à votre ligne dépend donc fortement de votre read sur l'adversaire.
Cas 1.1: Villain 1 (7 PFR/65 VPIP/0.6 Aggression/37 WTS)
Contre cet adversaire, il vous faut opter pour un bet/fold, car :
- Avec son Went to Showdown élevé, il suivra ici avec presque toutes les paires et tirages, vous offrant ainsi de la value.
- Vu son agressivité faible, si vous checkez, il risque fort de checker à son tour avec la plupart de ces mains, prenant une carte gratuite par la même occasion.
- Il ne vous fera pour ainsi dire jamais de bluffraise, et vous pourrez donc vous coucher facilement s'il relance.
- Si vous checkez, il bluffera rarement.
Si votre adversaire suit sur le turn, il vous faut alors réévaluer la situation, selon la carte tombée sur la river. Mais, puisque l'adversaire ne misera/relancera en général qu'avec de meilleures mains, il est préférable d'opter pour un bet/fold que pour un check/call.
Cas 1.2: Villain 2 (13 PFR/22 VPIP/3.5 Aggression/20 WTS)
Contre un joueur si agressif, check/call est préférable, car
- Si vous misez, il ne va pratiquement suivre avec aucune moins bonne main, vu son faible Went to Showdown.
- Vous évitez ainsi d'être confronté à une relance, qui, chez cet adversaire, ne signifiera pas nécessairement que vous êtes battu, dans la mesure où il relancera souvent un tirage. Vous ne prenez ainsi pas le risque de vous faire bluffer hors de la main.
- Si l'adversaire check également, alors le pot reste petit.
- Le facteur décisif est le bluf induce. Sur ce flop, en tant que relanceur préflop, vous pourriez bien ne rien avoir touché, et votre adversaire va souvent tenter un float, et miser avec quasiment toutes ses mains si vous checkez. Si, en revanche, vous misez sur le turn, il abandonnera souvent ses mains de float, et vous perdez de la value.
- Il a joué limp/call UTG, et aura souvent une petite pocket paire, de sorte qu'il n'aura souvent que 2 outs contre votre main, et que la protection n'est pas particulièrement importante ici.
S'il a opté pour un check/behind (ce qui sera rare), vous aurez souvent la meilleure main sur la river, et pourrez donc opter pour un value bet. S'il a opté pour une mise sur le turn, alors vous devez checker la river après votre turn call, afin de lui permettre un nouveau bluff. Un donkbet ne serait pas judicieux, dans la mesure où il suivra rarement une moins bonne main, et vous l'empêchez également de tenter un bluff.
Preflop: Hero is UTG with A, A
Hero raises to 4$, MP calls 4$, 4 folds.
Flop: ($9,5) 7, 2
, Q
(2 players)
Hero bets 5$, MP raises to 15$, Hero ?
La sitaution peut devenir quelque peu inconfortable lorsque l'adversaire relance un flop apparemment inoffensif comme au dessus. Dans cette situation, il vous faut vous demander quelles mains MP serait-il capable de relancer sur un tableau aussi peu propice aux tirages :
- Un set
- Une top paire
- Une pocket paire avec laquelle il se voit devant, ou souhaiterait savoir où il en est
- Un bluff
Contre les trois dernières possibilités, vous êtes souvent loin devant, et loin derrière un set. Pour savoir parmi ces mains lesquelles sont probables, vous devez consulter les stats PokerTracker disponibles.
En première ligne, il vous faut jeter un oeil au facteur d'agression, mais également de raise continuation bets. Une surrelance est exclue. Il sera difficile pour une main moins bonne de vous suivre, et aucune main de sa range ont beaucoup d'outs contre vous.
Vous avez donc le choix entre un call et un fold. Se coucher ici est vraiment très weak, car il reste encore nombre de mains que votre adversaire pourrait avoir et contre lesquelles vous êtes devant. Sans bons reads, un fold est déconseillé. Dans cet exemple, vous optez pour un call (comme expliqué auparavant, une relance n'est pas vraiment sensée).
Turn: ($39,5) K (2 players)
Hero checks, Villain bets $29
Vous observez l'action sur le turn pour avoir plus d'informations. Contre des adversaires très passifs, on peut assez aisément se coucher face à une grosse mise, car un calldown s'aviserait fort coûteux, et l'adversaire abattra trop souvent 22 ou 77, voire même KQ, qui vous bat désormais.
Contre les maniaques ou les joueurs très agressifs, il faut suivre le turn encore une fois, car ils continuent assez souvent leur bluff. On peut éventuellement également suivre lorsque l'on a un read fiable qui indique que l'adversaire opte souvent pour un slowplay avec ses mains fortes. Le flop s'y serait prêté à merveille. Ce move est ceci dit assez risqué, et ne devrait être utilisé qu'en cas de reads clairs.
Comme on peut le voir, la réaction à une relance lorque vous avez une overpair dépend fortement des adversaires. Dans l'ensemble, on peut dire : plus un adversaire est passif, plus il faut tendre vers un fold.
Sur un tableau propice aux tirages, il y a bien plus de mains que votre adversaires est susceptible de continuer à jouer. C'est pour cette raison que votre mise doit être passablement plus élevée sur le flop, et qu'en cas de résistance adverse, vous ne devez pas nécessairement partir du principe que vous êtes battu, si votre adversaire joue également ses tirages agressivement.
Pour cette raison il peut être intéressant de risquer son tapis entier, si l'adversaire pourrait bien être sur un tirage. Dans l'ensemble il est encore une fois recommandé de travailler un maximum avec les reads.
Preflop: Hero is UTG with A, A
Hero raises to 4$, BU calls 4$, 2 folds.
Flop: ($9,5) T, 5
, 7
(2 players)
Hero bets 9$, BU calls 9$
Cas 3.1 : Le tirage se réalise
Turn: ($27,5) Q (2 players)
Dans cette situation, le tirage couleur se réalise. Mais, avec votre as de carreau, vous avez le retirage nut. C'est pourquoi vous pouvez très facilement opter pour un check/call turn. Vous vous épargnez ainsi une relance malvenue, et une carte gratuite ne vous inquiète guère, De plus, votre adversaire misera avec bon nombre de moins bonnes mains avec lesquelles il se serait couché.
Sans le tirage couleur, un bet/fold serait une possibilité, si toutefois vous pouvez partir du principe que l'adversaire ne vous fera pas une relance de bluff. Le check/call est malvenu, car toutes les mains pourraient voir la river à moindre coût, et toucher un tirage ou vous y bluffer. C'est pourquoi, contre certains adversaires, vous pouvez même opter pour check/fold.
Cas 3.2 : Le turn est un blankTurn: ($27,5) 2 (2 players)
Cette carte ne réalise aucun tirage, mais permet un deuxième tirage couleur. Vous êtes encore très probablement devant, et devriez protéger. Mais comment ?
Possibilité 1 : Hero bets 23$, BU raises All-In ($87)
Si Villain suit à nouveau, alors vous jouez la river en check/call, afin de provoquer un bluff, si aucun tirage ne s'est réalisé. Si le tirage se réalise, vous devriez souvent vous coucher. Ce qui, en revanche, est désagréable, c'est un push de Villain malgré votre démonstration de force Ici, il faudrait investir 64 $ dans un pot de 137,5 $. Afin de justifier un call, il faudrait donc que vous remportiez encore environ 1/3 des mains.
Votre equity :
- environ 5% contre un set
- environ 20% contre double paire (T7/75)
- environ 70% contre les tirages combinés
- environ 80 % contre les tirages couleurs
Ici, il est bien évidemment difficile d'affirmer quel type de joueurs aura quel type de mains. Mais il y a des joueurs qui, dans cette situation, ne se mettront jamais all-in avec une main à tirage, et d'autres qui le feront très fréquemment.
Dans cet exemple précis, on peut tendre vers un call, car le tableau n'offre pas de quinte complète, contre lesquelles vous tireriez mort. Seules quelques mains vous battent déjà les sets et double paires (et, vu le tableau, ces dernières sont peu probables).
Possibilité 2: Hero checks, BU bets $20, Hero raises All-In ($87).
Comme nous venons de le voir, vous ne pourrez plus vous coucher contre un joueur agressif après une mise turn. Si vous partez du principe que vous allez perdre de toute façon votre tapis contre un set, alors la question qui vous importe maintenant est de savoir comment tirer un maximum de value de la part des mains moins bonnes.
Avec une mise, vous effrayez sans doute toutes les mains à simple paire. Mais un adversaire agressif miserait presque systématiquement ces paires si vous checkez. Il pourrait également miser avec des tirages pour vous faire coucher des overcards. Mais votre CRAI (check/raise all-in) ne lui permet pas d'avoir la bonne cote pour suivre son tirage. Votre adversaire devra donc coucher une main avec laquelle il avait encore beaucoup d'outs contre vous.
Vous risquez donc 87 $ afin d'en gagner 47,5 $. Puisque votre adversaire agressif aura une bonne main battant votre overpair dans moins d'un tiers des cas, vous pouvez partir du principe que votre CRAI est EV+
L'inconvénient de cette approche est que le BU pourrait bien prendre une carte gratuite. Mais un joueur agressif profitera rarement de cette possibilité. Et si il le faisait, vous verriez l'abattage à moindre coût.
En résumé : contre les joueurs agressifs sur un tableau propice au tirage, vous pouvez envisager un check/raise turn. Contre les joueurs passifs en revanche, vous devez miser le turn pour protéger votre main contre les tirages, et vous couchez face à une relance.
Observons l'exemple d'au dessus, sauf que, cette fois-ci, Villian relance sur le flop.
Preflop: Hero is UTG with A, A
Hero raises to 4$, BU calls 4$, 2 folds.
Flop: ($9,5) T, 5
, 7
(2 players)
Hero bets 9$, BU raises to 25$
Si Villain est assez agressif pour souvent relancer dans un tel spot avec un tirage ou une main que vous battez, alors vous pouvez vous mettre all-in, car il y a trop de cartes susceptibles de vous déplaire sur le turn, et qui dévaluent donc l'option CRAI.
Contre un joueur plutôt passif, qui aurait plutôt tendance à suivre, ou de prendre la carte gratuite sur le turn, alors il est préférable de suivre le flop, et d'abandonner la main face à une grosse mise turn.
Jusqu'à présent, vous avez toujours décidé de faire un continuation bet flop. Mais il y a quelques textures du tableau sur lesquelles on peut très bien ne pas le faire.
Preflop: Hero is UTG with A
Hero raises to 4$, BU calls 4$, 2 folds.
Flop: ($9,5) 3


Hero ?
Ce flop va très souvent ne pas avoir aidé votre adversaire, ou bien il a lui même une overpair. Si vous aviez des overcards ici, alors vous pourriez bien jouer check/call, voire check/fold contre certains adversaires.
Afin de balancer un peu cette ligne, vous pouvez ne pas miser avec une overpair, afin de donner à votre adversaire une chance de prendre un freecard et toucher une "second best hand", ou de surjouer son overpair. Pour opter pour ce move, deux choses sont importantes : il faut que le moins de cartes du turn possibles puissent vous poser problème, et qu'il soit peu vraisemblable que vous soyez en mesure de tirer de la value avec un continuation bet. En suivant ce raisonnement, il y a un certain nombre de textures du tableau avec lesquelles on peut ne pas faire de continuation bet hors position avec une overpaire.
Comment jouer en position ?
En position, vous avez l'avantage de pouvoir mieux contrôler la taille du pot. Vous pouvez également jouer de manière plus efficace contre les tirages, puisque votre adversaire doit toujours agir avant vous, et ainsi montrer, par un donkbet, qu'il a touché quelque chose.
Les bons adversaires vont suivre vos relances préflop avec bien moins de mains (la plupart du temps, de petites pocket paires) hors position. Si vous faites une relance depuis le CO ou le BU, qui ressemble donc à un stealraise, alors vous serez plus souvent bien payé. Dans les exemples qui suivent, on verra également que vous avez un assez grand panel d'options, qui vous permettent de varier votre jeu. Chacun devrait adapter son style personnel à son jeu avec des overcards, afin de ne pas être trop lisible.
Preflop: Hero is BU with Q, Q
UTG calls $1, 2 folds, Hero raises to 5$, 2 folds, UTG calls 4$
Flop: ($11,5) J, 2
, 5
(2 players)
UTG checks, Hero bets $6, UTG calls.
Jusqu'ici, c'est standard, contre n'importe quel adversaire. Si Villain check à nouveau sur le turn, vous avez le choix entre check behind turn/call any river, ou bet turn, et fold sur un check/raise.
Contre les adversaires avec un WTS élevé, vous devriez jouer comme dans la partie sur le jeu OOP, et miser à nouveau, car ils ne coucheront pas de J ici. En revanche, un adversaire fort fera rarement 3 check/calls consécutifs si vous misez chaque street. Avec un check behind suivi d'un call (ou bet) sur la river, vous remportez plus de value contre une pocket paire. Ici, on allie pot controle et bluff induce.
Si une overcard tombe sur le turn, alors vous pouvez opter pour un check/behind, car l'adversaire ne couchera pas top paire ici, et, vu votre aveu de faiblesse, il y a un certain nombre de mains plus faibles susceptibles de miser sur la river. En cas de deuxième Valet, malvenu, vous devriez également jouer pour le contrôle du pot et faire un check behind.
Preflop: Hero is MP3 with Q, Q
UTG calls $1, Hero raises to 4$, 4 folds, UTG calls 4$
Flop: ($9,5) J, 2
, 5
(2 players)
UTG checks, Hero bets $6, UTG raises to 12$
Villian fait un check/raise, ce qui, sur ce tableau, est une certaine preuve de force. Dans une telle situation, il faut impérativement voir ses stats de check/raise, sur votre logiciel de tracking. Contre ce minraise, vous ne vous couchez évidemment pas. Mais une sur-relance de votre part ne serait pas idéale, car vous ne feriez fuir que les moins bonnes mains, et qu'un tirage (avec 34) est peu vraisemblable. Avec la position, vous pouvez aisément réévaluer sur le turn.
Turn: ($33,5): T (2 players)
UTG (12/9/2.2/18) bets $25
Ce bet, par un joueur UTG pas très agressif, est tout de même une belle preuve de force. Vous êtes très souvent battu, et il serait trés coûteux d'aller le vérifier. Surtout aux petites limites, les joueurs bluffent rarement dans un tel cas, et il est peu probable qu'UTG ait joué AJ en limp/call.
Si UTG check le turn, alors vous pouvez opter pour un check/behind, pour suivre une mise modérée sur la river, ou faire un petit value bet en cas de nouveau check river.
Si votre adversaire joue passivement sur un tableau à tirage, c'est-à-dire check/call flop, check turn, alors cela signifie généralement que votre overpair est en tête. Dans cette situation, vous devez vous comporter de la même façon que si vous aviez TPTK. IL faut donc trouver le juste milieu entre protection et contrôle du pot, et, sur un tableau propice au tirage, il faut tendre à miser à nouveau sur le turn.
Preflop: Hero is MP with Q, Q
1 fold, Hero raises to 4$, 3 folds, BB calls 3$.
Flop: ($8,5) 5, 6
, J
(2 players)
BB checks, Hero bets 7$, BB calls 7$
Turn: ($22,5) 9 (2 players)
BB checks, Hero bets $17
Rien ne peut vous laisser présumer que BB vous bat, c'est pourquoi vous devez opter pour un bet pour la protection et la value. L'inconvénient est, bien sûr, que vous devrez vous couchez en cas de check/raise. BB ne fera pas souvent de check/raise ici, et, s'il le fait, ce sera souvent avec une meilleure main (double paire, quinte, set) ou une main avec un grand nombre d'outs. Vous pouvez en général jouer la river en check behind, et, en cas de troisième carte de la couleur, et face à un donkbet conséquent, vous devez envisager un fold.
Turn: ($22,5) T
Ici, même si le tirage s'est réalisé, si vous êtes contre un joueur pas trop agressif, vous devriez miser encore une fois le turn, car vous pourriez bien être en tête, et que vous devez protéger votre main contre des cartes offsuit avec un carreau. Vous aurez par ailleurs un easy fold en cas de check/raise. Si, en plus de votre overpair, vous avez encore le tirage couleur (surtout la nut), alors vous pouvez opter pour un check behind, car une carte gratuite vous dérange nettement moins, et que vous ne souhaitez pas vous coucher en cas de check/raise.
Sur la river (bien sûr, en accord avec les stats PokerTracker), vous devrez souvent vous coucher face à un gros donkbet, si les tirages se réalisent. Si l'adversaire a touché, il tentera rarement un check/raise, puisque vous risquez de prendre le check behind, avec le tirage qui s'est réalisé. Contre les joueurs mauvais avec un WTS élevé, vous avez souvent un troisième value bet, car ils joueront régulièrement leur top paire en check/call sur les trois streets.
Preflop: Hero is MP with Q, Q
UTG calls 1$, Hero raises to 5$, 4 folds, UTG calls 4$
Flop: ($11,5) 7, 8
, J
(2 players)
UTG checks, Hero bets 9$, UTG raises to 27$
Un check/raise est ici une certaine preuve de force, d'autant plus qu'hors position, ça ne peut être pour la carte gratuite. Dans ce cas, comme expliqué plus tôt, les stats de check/raise flop sont précieuses. Plus cette valeur est basse, plus il a vraisemblablement une bonne main. Le fait qu'il a joué limp/call indique souvent une pocket paire ou des connecteurs assortis. Si il ne bluffe pas, il aura souvent une equity comparable à la votre ou alors vous aura souvent déjà battu.
Contre les adversaires qui font vraiment peu de check/raise, on peut au plus suivre la relance, et se coucher en cas d'action répétée. On peut également envisager un fold immédiat, car, vous ne saurez jamais vraiment où vous en êtes durant le reste de la main.
Contre des adversaires agressifs, vous pouvez envisager un push flop, si le tableau n'offre pas de quinte finies et de double paire vraisemblable. Un tableau T75 se prête mieux à un push que le tableau J87 ci-dessus.
Comment réagir aux donkbets ?
Les donkbets peuvent vouloir dire différentes choses, selon les adversaires. Beaucoup de joueurs aiment à recourir au donkbet avec des tirages, afin de voir la cartes suivantes pour pas trop cher. Dans ce cas, il convient de relancer en conséquence.
Sur un tableau plutôt sec, il est préférable d'opter pour la variante passive, car vous êtes dans une situation "Way ahead - Way behind" et extrayez ainsi un maximum de value de la part des moins bonnes mains, qui se coucheront en cas de relance.
Preflop: Hero is BU with Q, Q
UTG calls $1, 2 folds, Hero raises to 4$, 2 folds, UTG calls 4$
Flop: ($9,5) J, 2
, 5
(2 players)
UTG bets 6$, Hero ?
Ici, sans avoir de reads, un call est assez bon, car, avec votre main moyennement forte, vous ne voulez pas jouer pour un pot énorme et ne devez pas vraiment protéger contre les moins bonnes mains.
L'approche check/call flop, donkbet turn est également appréciée par certains joueurs, soit avec une monster, afin de provoquer une relance, soit avec un tirage, afin de gagner l'argent du contibet adverse, ou avec des mains faibles, afin de savoir où ils en sont.
Ici aussi, la bonne approche est bien souvent call turn, car, en cas de relance, peu de mains moins fortes vous se coucher. Un fold est également possible, s'il est fort vraisemblable que l'adversaire ait touché son tirage. Une relance n'est justifiée que si vous êtes quasiment certains que votre adversaire est sur un tirage, et que vous voulez protéger. Mais c'est assez rarement le cas.
Comment jouer contre plusieurs adversaires ?
Contre plusieurs adversaires, votre mise sur le flop doit être plus élevée. Si, en revanche, vous vous faites relancer par un joueur raisonnable, alors il faut recourir au bouton fold plus vite qu'en Heads-up. Si, par exemple, un des blinds check/raise avec beaucoup de joueurs derrière, alors il aura souvent une monster.
Si un tirage se réalise dans un pot 3- ou 4-handed, alors on peut également souvent se séparer de sa main.
Contre plusieurs adversaires, vous devriez, dans la plupart des cas, éviter de jouer pour votre stack complète de 100 BB. Il faut bien comprendre que les bluffs sont moins profitables, et donc moins fréquents contre plusieurs joueurs, et que donc, l'action signifiera que vous êtes battu plus souvent que contre un seul joueur.
Par ailleurs, avec une paire élevée, il est toujours souhaitable de jouer contre le moins d'adversaires possibles, c'est pourquoi il faut jouer préflop, de façon à éviter les multiway pots (ne relancez pas trop petit si quelques joueurs ont d'ores et déjà fait un limp). Les paires élevées aiment le jeu heads-up !
Comment jouer dans un pot sur-relancé ?
Tandis que l'on joue QQ-AA de manière quasiment identique dans un pot relancé, si toutefois aucune overcards n'est sur le tableau, il convient de bien les différencier dans un pot sur-relancé. L'approche dépend également fortement du jeu préflop.
Dans l'ensemble, il est préférable d'éviter de ne pas avoir l'initiative hors position dans un pot sur-relancé (dans le cas d'un rerase normal, soit une relance du triple. Les minraises se font volontiers suivre, surtout avec de bonnes mains spéculatives). En position, on peut parfois se contenter de suivre avec un monster, comme dans l'exemple qui suit.
Preflop: Hero is BU with A, A
3 folds, Hero raises to 4$, SB raises to 14$, 1 fold, Hero calls 10$.
Flop: ($29) 7, 2
, 5
(2 players)
SB bets 20$, Hero ?
En général, il est préférable de relancer sur le flop, mais dans ce cas concret, un call est également un bonne option, car dans cette situation de steal, l'adversaire aura souvent des overcards, qu'il ne pourra plus coucher si il venait à toucher le turn.
Si vous avez suivi préflop pour la set value contre un adversaire tight, alors il faut être conséquent, et vous coucher face au continuation bet.
Si vous suivez en position avec TT-QQ, vous avez le choix entre raise ou fold face à de l'action renouvelée. Un call flop est également possible, mais a l'inconvénient de ne pas vous permettre de protéger face à des overcards. De plus, vous ne savez pas trop ou vous en êtes, et devrez sans doute vous coucher face à un second barrel turn.
Dans un pot sur-relancé, le handreading est extrêmement important, en raison de l'éventail serré de votre adversaires. Il vous faut à tout prix prendre une note sur les adversaires faisant des sur-relances avec des mains étranges, afin de pouvoir, dans le futur, mieux protéger contre celles-ci. Si ce n'est pas le cas, alors vous devez prêter moins attention aux possibles tirages couleur et quintes à deux cartes, dans un pot sur-relancé.
Comment jouer une petite overpair sans initiative ?
Preflop: Hero is BB with 8, 8
CO raises to 4$, BU calls 4$, SB calls 3.50$, Hero calls 3$
Flop: ($16) 7, 2
, 3
(4 players)
SB checks, Hero ?
Vous suivez préflop pour la set value. Vous ne touchez pas votre set, donc, devez vous passer en check/fold ?
Dans ce cas précis, un bet d'environ 12 $ serait judicieux, d'une part, vous avez une bonne fold equity, et vous pourriez bien être en tête, mais cela pourrait fort bien changer d'ici la river, vu le nombre important d'overcards dans le talon. Si l'adversaire vous sur-relance, alors vous pouvez généralement abandonner votre main, car vous devez partir du principe que vous serez souvent battu.
En résumé
Jouer les overcards est tout sauf facile, et requiert une certaine expérience. Votre base de données Elephant peut s'avérer un outil très utile pour prendre les bonnes décisions avec ces mains.
Afin d'améliorer votre jeu, vous devriez consulter les nombreuses mains disponibles dans le forum. Cet article vous a certes livré un certain nombre d'éléments, mais ne peut malheureusement pas traiter toutes les situations possibles.
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