Scytale, je me permet d'intervenir dans cette longue discussion pour te faire partager mes expériences. Donc prends ce qui peut t'aider et oublie le reste.
Tout d'abord cette histoire de limite ne tient pas debout. Ce n'est jamais une question de limite, c'est toujours une question de niveau.
"Battre la NLxx" ne veut pas dire grand chose tout d'abord parce que les rooms ne se ressemblent pas et que les niveaux relatifs des unes et des autres peuvent être très différents. Une N10 ici vaudra donc largement une NL25 là-bas.
La question de la sacro-sainte gestion de la cagnotte (ou BRM) est aussi largement surestimée. Il n'y a que la notion de scared money qui importe, c'est-à-dire que les sommes jouées doivent être en rapport avec les moyens financiers. En deçà on peut très bien jouer à une limite donnée avec une BR de 3 ou 4 buy-in. Si on broke et qu'on peut faire chauffer la carte bancaire, il n'y a aucun problème. Je pense que la BRM ne devient une nécessité que quand les sommes que l'on met en jeu dépassent largement celles qui régissent notre mode de vie. Évidemment à haut niveau elles vont leur être très supérieures. A ce moment il devient indispensable de séparer le capital de jeu de son compte en banque et la BRM prend alors tout son sens.
J'en reviens donc une première fois à la question du niveau pour dire que la limite à laquelle on doit jouer est celle où on peut raisonnablement progresser. Ce qui importe est de pouvoir faire des choix didactiques pour sérier des groupes de situations données et ainsi avoir le loisir de les travailler une à une. On doit donc jouir d'une certaine marge de manœuvre, d'un certain confort pour être en mesure de le faire. Ainsi si on se fait balader à une limite, c'est qu'on doit jouer à une limite inférieure. Pour travailler quoi que ce soit, on doit bénéficier de bonnes conditions de travail et au poker il n'en est pas autrement.
C'est pour cette raison que je crois que le choix d'une limite revient au joueur en fonction de son niveau, de ses attentes et de son compte en banque. Il n'y a donc pas de règle en la matière et chacun est libre d'établir son propre budget.
Reste la question comptable des gains et des pertes. J'en reviens donc une seconde fois à la question du niveau pour aborder le sujet qui fâche : pour gagner au poker il faut maximiser les gains et minimiser les pertes.
Ça a été dit des centaines de fois mais on trouve toujours dans tous les forums des énumérations de bad beats, des gros pots perdus alors qu'ils auraient dû être gagnés, etc, etc ..
Malheureusement, et je dis ça pour avoir beaucoup perdu d'argent sur largement plus de 500k mains en NL10, NL25 et plus de 2000 MTT $5 et $10, la question des gains (et donc celle du moment où on "bat" une limite) s'apparente beaucoup plus à de la micro gestion qu'à autre chose.
On battra une limite sur une room donnée en fonction de deux facteurs : d'une part la somme des erreurs que l'on commet et d'autre part le degré de marginalité des coups que l'on devra jouer pour parvenir à prendre de l'argent aux adversaires. Ce dernier point est directement lié au niveau réel des joueurs que l'on rencontre à une table. Plus les joueurs seront forts, moins ils nous paieront dans des situations simples et plus il faudra les entrainer dans des situations marginales pour leur faire commettre des erreurs. Et cela a un coût car dans ces conditions gagner de l'argent devient beaucoup plus difficile. En clair les marges bénéficiaires sont moins grandes avec des joueurs de son niveau qu'avec des joueurs que l'on domine. Et elles sont nulles avec des joueurs plus forts que nous.
Quand aux erreurs que l'on commet ou que l'on évite de commettre, ce sont elles qui en définitive font de nous des joueurs gagnants ou perdants à une limite. Il convient de les traquer, de les débusquer, de les analyser et de les corriger. Et comme toujours le diable se cache dans les détails. C'est pour cela que je parlais plus haut de micro gestion. Ce sont les 3BB égarés ici ou les 10BB perdus là qui font la différence, qui sont constitutifs de nos pertes. Calibrer ses values bets à la river dans le but d'être payé est aussi important. Il faut donc résolument faire la chasse au gaspillage et chercher les petits bénéfices là où on peut en faire. Et bien sûr, en micro limite, éviter de ruiner une session en y allant de son tapis au lieu de fold une main à la river. Il y a souvent 50BB d'écart entre les deux attitudes et à 5BB/100mains cela correspond aux gains d'une session de 1000 mains.
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