TEMP Big Stack : Comment jouer apr?s le flop
Introduction
Dans cet article
- Pourquoi miser ?
- Pourquoi ne pas miser ?
- Quand les bluffs valent le coup
Téléchargements
Venons-en au noyau dur de la
stratégie big stack :
le jeu après la distribution du flop. Le hold'em est un jeu dynamique,
un jeu de situations. Ce que vous faites, et quand vous le faites,
dépendent de bon nombre de facteurs. Que s'est-il passé avant le flop ?
À quoi ressemblent les cartes communes ? Qui sont mes adversaires ?
C'est
pourquoi, dans la série d'article sur le jeu après le flop, nous
n'allons pas tant vous expliquer ce que vous devez faire, que pourquoi
vous le faites.
Vous y apprendrez les bases
vous
jeu après le flop, et allez sans doute avoir une compréhension
stratégique plus profonde, qui vous permettra ensuite de prendre de
vous-même les bonnes décisions.
Après la
lecture de ce texte, vous devriez être en mesure de trouver vous-même
des réponses aux questions : quels sont mes objectifs ? Comment les
atteindre ?
Les articles qui suivent celui-ci
vont vous
permettre d'affiner cette connaissance, de vous présenter les
mathématiques du poker, et de vous montrer en quoi l'approche et la
force
d'une main peuvent changer radicalement selon la situation.
Pourquoi
miser ?
Au No-Limit Hold'em, c'est le joueur
agressif et
réfléchi, qui l'emporte, s'il sait utiliser son agressivité à bon
escient. Chaque mise et chaque relance doivent servir un objectif
précis.
La première utilisation possible
d'une mise est
évidente : vous avez une main forte et voulez faire rentrer de l'argent
dans le pot. Vous voulez que les joueurs avec de moins bonnes cartes
suivent la mise, mais restent dans la main. Votre mise est ici faite
pour la value.
Ce principe, qui semble très simple,
est souvent
mal compris. Prenons l'erreur classique. Vous êtes sur la river, avec
une main pas très forte, et vous dites "je sens qu'il n'a rien". Vous
misez, et votre adversaire vous dévoile une main pas terrible non plus,
mais un peu meilleure que la vôtre.
Si vous avez une main pas très
forte, mais qui peut de temps en temps remporter l'abattage (vous avez
de la "showdownvalue"), et vous avez la possibilité de le prendre
gratuitement, alors saisissez-la !
Il ne
s'agit pas de savoir si vous pensez que votre adversaire peut
avoir une moins
bonne main, la question est plutôt : avec quelle moins bonne main
suivra-t-il une mise, et avec quelles mains se couchera-t-il ?
Admettons
que votre adversaire ait dans 80 % des cas une moins bonne main, et
dans 20 % une meilleure. À première vue, une mise semblerait
donc profitable.
Mais
si nous partons vous principe que cet adversaire couchera ses
80 % de
moins bonnes mains, et ne suivra qu'avec les 20 % de mains meilleures.
Alors, une mise ne vous apporte aucuns gains supplémentaires quand vous
êtes en tête, mais uniquement des pertes supplémentaires, car sitôt que
votre adversaire suit, c'est qu'il vous bat.
La deuxième utilisation possible des
mises et
relances est le bluff. Vous désirez pousser vos adversaires à coucher
de
meilleures mains, et vous abandonner ainsi le pot.
Aux petites limites, la forme de
bluff que l'on
rencontre le plus souvent est le Dark Tunnel Bluff. Un joueur relance
comme un fou furieux, sans avoir de plan sur ce qu'il fera au tour
suivant, ou sans prendre le temps de penser à l'adversaire contre qui
il joue. Il mise et relance, et espère simplement que l'adversaire
finira par prendre peur..
Lorsque vous envisagez un bluff,
vous devez systématiquement vous en tenir aux 5 règles suivantes :
- Ne faites pas gonfler le pot à l'aide de bluffs.
- Ayez un plan B si votre bluff ne fonctionne pas.
- Ne bluffez que contre des joueurs qui sont capables de se
coucher. - Ne bluffez pas contre plusieurs joueurs.
- Ne bluffez que lorsque vous pouvez représenter une bonne
main, et quand votre adversaire aura rarement touché.
Lorsque vous remarquez sur la river
que vous avez
investi beaucoup d'argent avec des bluffs sur les tours précédents, et
que votre adversaire ne se couchera en aucun cas, alors c'est sans
doute que vous avez fait une erreur quelque part. Ne faites pas gonfler
le pot inutilement lorsque vous ne faites que bluffer.
Vous devriez avoir une
assurance, un
plan B. En
tant que joueur de poker, vous devez toujours avoir une sortie de
secours, dixit le film "les joueurs". Votre situation est
largement meilleure si vous avez un tirage, c'est-à-dire, si votre main
peut, d'une
manière ou d'une autre s'améliorer en cas d'échec de votre bluff.
"Je mise un coup, et voit ce qui se
passe" n'est
pas un plan. Bluffez de préférence des petits pots avec peu
d'adversaire et des cartes communes adéquates. Les cartes devraient
d'une part vous offrir la possibilité de représenter une bonne main,
mais les adversaires doivent avoir rarement touché quelque chose.
Les
flops à tirages, avec des cartes fortement connectées ne se prêtent pas
à un bluff. Le meilleur flop pour un bluff est un flop avec un As ou un
Roi, et deux petites cartes qui ne sont pas connectées.
Vous devez pouvoir
représenter quelque chose face en face duquel votre
adversaire se voit si rarement en tête qu'il en abandonne sa main. Un
bluff est inutile si vos adversaires ne peuvent pas se
coucher.
BLUFF
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous êtes
au BU |
|
![]() |
actifs(3): vous, SB, BB - Pot: $3.00
|
Un exemple classique de bon continuation bet, et de bonnes chances de
succès d'un bluff. Peu de main, avec lesquelles vos adversaires ont
suivi avant le flop, peuvent avoir touché sur ce flop. De plus, vous
pouvez très bien représenter une top paire d'as. Si vos adversaires
n'ont pas un des trois As restants, ils vont souvent se coucher.
POUR UN BLUFF
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous êtes
au BU |
|
![]() |
actifs(3): vous, SB, BB - Pot: $3.00
|
Les cartes vous flop sont très
propices
aux tirages.
Elles sont connectées à un grand nombre de mains possibles avec
lesquelles vos adversaires auront suivi préflop. De plus, vous pouvez
difficilement représenter quoi que ce soit. Face à des adversaires très
prudents, vous pouvez miser encore une fois sur le flop, mais, sur ce
tableau, vous aurez toujours du mal à pousser vos adversaires à se
coucher.
Une main faite n'est pas
automatiquement un
monster. Bien souvent, vous avez une main avec laquelle vous vous voyez
en tête, mais savez aussi qu'elle est vulnérable et que vos adversaires
attendent une bonne carte commune pour détruire votre main.
Vos
adversaires ne peuvent que vous battre s'ils touchent une bonne carte
commune sur le turn ou la river. Plus la probabilité est élevée que
cela arrive, plus vous devez défendre votre main avec véhémence.
La
protection signifie que vous leur rendez la carte commune suivante trop
coûteuse. Si votre adversaire a une main qui peut battre la vôtre,
alors vous devez lui faire payer un prix trop élevé.
En
conséquence : si vous avez une bonne main faite, et si beaucoup de
tirages sont possibles, alors vous devriez protéger vos cartes et
rendre la prochaine carte commune coûteuse.
Ce thème repose sur les bases
mathématiques du Texas Hold'em, que vous découvrirez plus tard.
le flop - NL25 Blinds: $0.10/$0.25
|
Vous êtes
au BU |
|
![]() |
actifs(3): vous, SB, BB - Pot: $3.00
|
Le flop du dernier exemple, que nous
avons
qualifié de mauvais pour un bluff, est, en même temps, un flop sur
lequel vous devez à tout prix défendre vos mains faites. Il y a bon
nombre de tirages possibles. Vos adversaires pourraient avoir un tirage
couleur, un OESD, une paire et un gutshot... Vous devez donc charger
pour la
prochaine carte commune au maximum.
La quatrième utilisation possible est
la recherche
d'informations. Une mise vous permet de savoir un peu mieux où vous
en êtes, et ainsi vous éviter les décisions coûteuses lors des tours
suivants.
Admettons que vous soyez face à trois
joueurs sur
le flop. Personne n'a relancé avant le flop, et les cartes communes
vous ont offert une top paire moyenne. Personne n'a l'initiative,
puisqu'il n'y a pas eu de relance avant le flop. C'est à votre tour de
jouer, et vous misez.
En misant, vous atteignez trois
choses :
- Si une moins bonne main suit, vous faites des profits.
- Il y a des mains qui pourraient vous rattraper sur les
tours suivants. Vous protégez votre main. - Si quelqu'un relance, vous pouvez aisément vous coucher, en
sachant que vous êtes battu.
Si vous ne misez pas dans cette
situation, vous ne
défendez pas votre main. Vous abandonneriez également l'argent possible
contre de moins bonnes mains, et surtout, vous ne savez absolument pas
où vous en êtes si quelqu'un mise derrière vous.
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous
êtes MP1 |
|
![]() |
actifs(3): vous, BB, UTG1 - Pot: $0.85
|
Dans cette situation, votre top paire
est une main
faite, mais de force moyenne. En raison du grand nombre de tirages
possibles, vous devez relancer la mise vous précédant. Ainsi, vous
protégez votre main, et pouvez avoir une idée plus précise de la force
des mains adverses.
Dans l'exemple présenté, le Big blind
relance une fois de plus. Ceci est un signe qu'il vous a battu, et vous
vous couchez donc.
Pourquoi ne pas miser ?
Il y a bon nombre de raisons de ne
pas miser ou
relancer, comme par exemple, lorsque vous n'avez absolument
rien
en main. Mais il y a trois autres bonnes raisons appelées le contrôle
du
pot, le bluff induce, et le slowplay.
Sur le flop, vous savez, en principe,
à
peu près
pour quel type de pot vous désirez jouer. Si vous avez une main
monster, alors vous voulez jouer pour un gros pot, et même vous mettre
all-in si possible. Si vous avez une main faible, alors vous ne
souhaitez pas voir de grosses mises ou relances, et préférez jouer pour
un petit pot.
On dit que les gros pots sont faits
pour les
grosses mains et les petits pots pour les petites mains. Si vous n'avez
pas de main vraiment forte, alors votre tactique est d'essayer de faire
en sorte que le pot ne devienne pas démesuré. Vous ne souhaitez pas à
tout prix vous mettre all-in avec top paire. Avec une paire moyenne,
vous ne suivrez pas de grosse mise, mais vous aimeriez toutefois voir
l'abattage à bon marché, car vous avez parfois la meilleure main.
Ce concept est appelé contrôle du
pot. Une des
lignes classique pour le contrôle du pot est la suivante :
vous
relancez avant le flop, un adversaire vous suit. Vous avez la position
sur lui (par exemple, vous avez relancé au CO et lui a suivi depuis le
BB). Sur le flop, vous touchez top paire, l'adversaire mise, vous
misez, il suit. Le turn ne change pas grand chose. Votre adversaire
checke à nouveau, et vous faites un check behind. Sur la river, votre
adversaire mise et vous suivez.
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous êtes
au CO |
|
![]() |
actifs(3): vous, BB, BU - Pot: $3.10
|
actifs(2): vous, BB - Pot: $8.10
|
|
|
Cette approche est envisageable
lorsqu'aucun gros
tirage n'est possible, et que vous êtes en position. Puisque le
seul tirage possible est ici un gutshot, vous ne devez pas vraiment
protéger sur le turn.
Si vous misez, les choses
suivantes arriveront :
- Si votre adversaire a une meilleure main, alors vous lui
donnez moins d'argent. Vous préservez un petit pot. - Si votre adversaire a une moins bonne main, comme un
gutshot, une
mauvaise paire d'as, une paire de huit, ou un autre paire, alors il va
souvent se coucher si vous misez. Si vous checkez, vous faites preuve
d'une
certaine faiblesse, et il va peut-être miser sur la river, que ce soit
un bluff ou parce qu'il pense avoir la meilleure main. S'il ne mise
pas, il
suivra peut-être une dernière mise.
Le contrôle du pot est plus simple en
position
qu'hors position. C'est la raison pour laquelle vous voulez toujours
avoir la position. Le contrôle du pot est aux antipodes de la
protection, qui signifie protéger une main vulnérable, en rendant la
prochaine carte commune le plus cher possible.
Il
arrive également que vous ayez une main que vous souhaiteriez amener à
l'abattage, mais pas à n'importe quel prix, mais que cette main suit
également vulnérable, car beaucoup de tirages sont possibles
Il
faut constamment peser le pour ou le contre. Dans les articles
stratégiques de la section bronze, nous allons nous concentrer plus
avant sur ce thème. Pour commencer, voici deux moves standards qui vous
présentent comment pratiquer activement le contrôle du pot.
RIVER
Vous connaissez déjà cette
ligne. Vous la jouez en
général avec des paires sur des tableaux pas trop propices aux tirages.
En général, c'est une situation où vous avez relancé préflop et avez
l'initiative sur le flop.
Plus il est probable
que votre adversaire ait un tirage, plus vous devriez tendre à miser
sur le turn. Si vous pensez, en revanche, qu'il n'a soit rien du tout
et peu de chances d'amélioration, soit une main forte qu'il
joue de manière rusée, alors il est préférable de checker sur le turn,
et de suivre une mise sur la river, en cas de carte inoffensive.
Ce move provient vous Fixed Limit. Au
lieu de
checker sur le turn et de suivre une mise river, ou de miser vous-même
sur la river, vous misez sur le turn, avec l'intention de checker sur
la river
et de voir l'abattage gratuitement.
L'avantage
de cette approche est que le turn est la dernière street où vous avez
l'occasion de soutirer de l'argent à des tirages, et parfois vous
pouvez même pousser une meilleure main à se coucher. Lorsque vous
checkez le turn, vous donnez à votre adversaire la possibilité de faire
un bluff sur la river. Mais parfois, vous ne le souhaitez pas.
Lorsque
votre adversaire pourrait avoir un tirage sur le turn, alors vous
devriez tendre plutôt à miser le turn et checker la river.
GRATUIT
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous êtes
au CO |
|
![]() |
actifs(3): vous, BB, BU - Pot: $3.10
|
actifs(2): vous, BU - Pot: $8.10
|
|
|
Miser est surtout judicieux lorsque
vos adversaires
ont la position, ou lorsque vous ne souhaitez pas offrir de
carte
gratuite. Dans cet exemple, le tirage couleur s'est certes réalisé,
mais rien ne dit que l'adversaire l'a. Mais chaque cœur supplémentaire
lui donne un tirage couleur.
Vous devez donc
miser, afin de protéger votre main. Vous n'avez pas vraiment envie de
pousser votre adversaire à vous bluffer, car, avec de telles cartes
communes, vous ne voulez pas suivre et essayer de deviner
tant bien que mal où vous en êtes.
Si votre
adversaire relance, alors vous pouvez vous voir battu. Vous
choisissez la même approche si la couleur n'est pas arrivée, mais que
le
turn est, par exemple, le dix de trèfle. Si votre
adversaire
relance, vous pouvez également vous coucher.
Lorsque vous avez relancé avant le
flop, avez été suivi, et êtes l'agresseur préflop arrivé dans les tours
d'enchères suivants, vous avez la possibilité de faire un continuation
bet. Votre relance préflop vous a permis de représenter une main plus
forte que celle que vous avez actuellement. Si vous misez sur
le
flop sans avoir de main faite (vous faites donc un "bluff"), cela
fonctionnera souvent.
Il n'est cependant pas toujours
judicieux de
faire un continuation bet immédiat sur le flop, après avoir relancé
préflop. Lorsque votre adversaire n'abandonne pas volontiers, ou qu'il
pourrait avoir touché quelque chose, et que vous avez des possibilités
d'amélioration sur le turn, alors vous ne devriez pas miser sur le
flop. Si vous avez quelque chose en main qui pourrait remporter un
abattage, alors il est préférable de miser sur le turn en cas de carte
inoffensive, ou de carte qui vous aide.
En tant qu'agresseur préflop, vous
pouvez attaquer un bon nombre de pots à l'aide de continuation bet,
mais pas tous les pots.
|
|
|
Comme vous pouvez le voir, un bon
flop pour un continuation bet se distingue en ceci qu'il ne peut avoir
aidé que peu de mains. Il offre peu de possiblités de tirages, et des
chances
assez minces de bonnes mains fortes. Sur un bon flop, vous pouvez
représenter une main forte, tandis que votre adversaire aura rarement
une main suffisante pour vous suivre, même s'il est quasiment sûr que
vous bluffez.
tirages
|
tirages
|
tirages
|
Les trois exemples portent le titre :
très propice aux tirages. Si c'est le cas, alors un continuation bet
sur le flop ne peut être envisagé que si vous n'avez qu'un seul
adversaire.
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous
êtes MP2 |
|
![]() |
actifs(3): vous, BB, BU - Pot: $3.10
|
Sur ce flop, il vaut mieux
abandonner. Si vos deux adversaires ne sont pas extrêmement tights,
alors un contibet de bluff ne sert à rien. Beaucoup de mains auront
touché quelque chose, et vous aurez vous-même vous mal à représenter
quoi
que ce soit. La probabilité que vos adversaires abandonnent tous les
deux sur le flop est faible.
Si un As ou un Roi, d'une autre
couleur que pique, venait à tomber sur le turn, alors il serait
toujours temps de miser.
ADVERSAIRES
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous
êtes MP2 |
|
![]() |
actifs(3): vous, BB, BU - Pot: $3.10
|
Ce cas est très limite. Si vous savez
d'un de vos adversaires qu'il est plutôt loose, alors vous devriez
abandonner ici. Si vous ne le savez pas, ou pensez que vos
deux
adversaires sont plutôt tight, alors vous pouvez miser. Le flop est
bon et vous avez encore quelques outs vers top paire top kicker.
Vous connaissez déjà la
ligne : "mise
sur le flop, check sur le turn, et suit une mise adverse sur la river".
Nous vous l'avons déjà présentée comme un bon moyen de contrôler le
pot. Mais il peut
également servir au "bluffinduce", la provocation d'un bluff de
la part
de l'adversaire.
En checkant sur le turn, vous
signalez une main faible. Votre adversaire peut ainsi facilement croire
que votre mise sur le flop n'était qu'une continuation bet typique, et
que vous vous apprêtez maintenant à abandonner votre bluff. Cette
supposition pousse un bon nombre d'adversaires à tenter à leur tour un
bluff sur la river. Ils se disent "il n'a rien".
Le bluff induce va de pair avec le
slowplay. Lorsque vous jouez une main comme si elle était plus faible
que ce qu'elle est réellement, alors, vous la sous-jouez, vous la jouez
"lentement" (slow-play).
En représentant une main inférieure,
vous poussez votre adversaire à surjouer sa main, ou à toucher quelque
chose de jouable. Mettons par exemple que vous touchez un full sur le
flop. Il n'y a maintenant plus vraiment de mains que votre
adversaire continuera à jouer. En renonçant à une mise, vous lui donnez
une chance de toucher quelque chose sur le turn, ou de faire une erreur
dès le flop.
Le slowplay est un move qu'il
convient d'utiliser avec prudence. Il n'entre en ligne de compte que
lorsque vous ne devez, ou ne pouvez pas protéger votre main. Vous
donnez une carte gratuite à votre adversaire, il est donc logique
que la carte qui tombe doive impérativement ne pas vous importer.
Ne sous-jouez pas contre un grand
nombre d'adversaires et ne sous-jouez pas sur un tableau
propice aux tirages. Ne le faites pas non plus si votre adversaire est
passif.
Ne le faites que lorsque vous êtes sûr que votre adversaire va accepter
votre invitation à surjouer sa main.
Dans les situations normales, le
slowplay est bien souvent la moins bonne des alternatives. Aux limites
inférieures, il y a une règle que vous devriez toujours garder en tête
: vos adversaires auront plus facilement tendance à suivre une mise
qu'à miser eux-mêmes. Cela est dû au fait qu'aux limites basses, les
joueurs sont souvent trop looses et trop passifs.
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous êtes
au BU |
|
![]() |
actifs(3): vous, BB, UTG1 - Pot: $3.10
|
Un bon exemple pour une situation dans laquelle le slowplay est
judicieux. Le flop n'est pas menaçant, mais il y a un As. Vous ne devez
pas protéger votre main, et pouvez vous contenter de suivre une fois la
mise adverse, si vous pensez que vous gagnerez ainsi plus d'argent sur
le long
terme, qu'en relançant immédiatement.
le flop - NL25 Blinds: $0.10/$0.25
|
Vous êtes
au BU |
|
![]() |
actifs(4): vous, UTG1, MP3, CO - Pot: $4.35
|
Dans cet exemple, vous avez, certes,
une main forte, en l'occurrence une couleur, mais chaque pique
supérieur a un tirage vers une meilleure couleur. Vous devez donc
mettre la pression immédiatement, et essayer d'amener tout
votre
argent au milieu.
Synthétisons…
Vos décisions après le flop
doivent servir le bon équilibre entre...
- ... votre envie de générer le plus de gain possible lorsque
vous êtes en tête. - ... la nécessité de contrôler le pot, et de réduire le prix
de l'abattage avec des mains moins fortes. - ... la nécessité de rendre la prochaine carte commune
coûteuse lorsque vous avez une main vulnérable.
| Value | ||
![]() |
||
| Protection | Contrôle du pot |
Plus votre main est faible, plus le
contrôle du pot est important. Plus votre main est forte, plus la
maximisation de la value est votre priorité. Et plus votre main est
vulnérable, plus vous devriez la protéger.
Le jeu avec les mains faites est
assez simple. Si vous avez la meilleure main, alors vous pouvez miser
ou relancer. Plus votre main est faible, plus vous devriez vous
concentrer sur le contrôle du pot, en essayant de maintenir un petit
pot, et en vous couchant en cas d'action trop importante.
Votre main doit être d'autant plus forte lorsque le nombre
d'adversaires augmente. Si il n'y a pas eu de relance avant le flop, ou
si vous avez suivi une relance, alors vous devez vraiment avoir une
bonne main pour être actif dans le pot.
Ne sous-jouez qu'avec des mains très
fortes. Plus les cartes communes sont propices aux tirages, et plus
votre main est vulnérable, plus vous devez vous concentrer sur la
protection et ne pas offrir de carte commune bon marché à vos
adversaires.
Essayez toujours de trouver un bon
équilibre entre contrôle du pot et protection. Vous ne devez pas
protéger une main marginale lorsqu'il y a des chances non négligeables
qu'elle soit d'ores et déjà battue.
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous
êtes MP3 |
|
![]() |
actifs(5): vous, BB, UTG1, UTG2, BU - Pot: $1.35
|
actifs(3): vous, BB, UTG1 - Pot: $4.95
|
|
|
La mise sur le flop est standard.
Après que les deux joueurs ont checké le turn, vous devriez miser
encore une fois. Il pourrait bien y avoir des tirages couleurs qui
suivent maintenant. De moins bonnes mains faites pourraient également
trouver une raison de suivre. De plus, vous avez toujours l'initiative.
Si vous checkez, vous perdez le contrôle et ne savez plus où vous vous
situez.
S'ensuit une relance du joueur au
big blind. Ce move sur le turn contre plusieurs adversaires est le
signe d'une force certaine. Il va très souvent avoir la couleur. Avec
double paire, vous avez désormais du mal à vous voir en tête. Il est
donc justifié de se coucher.
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous
êtes MP2 |
|
![]() |
actifs(3): vous, BB, BU - Pot: $3.10
|
actifs(2): vous, BU - Pot: $8.10
|
|
|
La meilleure approche avec cette
carte du turn est de miser et de se coucher en cas de relance. Votre
adversaire relancera rarement avec une moins bonne main que la vôtre.
Vous ne pouvez pas non plus checker, car même une main comme 2

une multitude de possibilités de battre votre paire de Jacks.
Si votre adversaire se contente de
suivre, vous avez le choix entre abandonner
immédiatement ou faire une petite mise et abandonner en cas de relance,
sur la river.
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous êtes
au BU |
|
![]() |
actifs(2): vous, CO - Pot: $2.35
|
Dans cet exemple, le mieux est de relancer. Les cartes communes
permettent un certain nombre de tirages, et un As, assez probable ici,
a un
gutshot. Si le turn venait à amener une carte plus élevée que vos 9,
comme par exemple une dame ou un roi, alors vous pourriez commencer à
vous inquiéter.
Dans une telle situation, il est
préférable de relancer directement. Si l'adversaire sur-relance, vous
pouvez être quasiment certain d'être battu, et s'il suit, vous pouvez
prendre votre décision en fonction de la carte du turn.
Pour pouvoir jouer les tirages
correctement, il vous faut avoir une certaine connaissance des concepts
mathématiques que sont les outs, la cote et la cote du pot, que vous
allez apprendre à connaître.
En règle général, dans les mains où
personne n'a relancé préflop, ou ceux où vous vous êtes contenté de
suivre une relance, vous jouez les tirages presque toujours
passivement. Avec les tirages forts, comme les tirages couleurs ou
tirages quinte bilatéraux, vous pouvez suivre une mise modérée sur le
flop. Avec les tirages faibles comme les gutshots, vous pouvez vous
coucher immédiatement.
Ne chassez pas les tirages à tout
prix
! Avec un tirage couleur sur le turn, vous allez toucher votre couleur
sur la river dans à peine 20 % des cas. Si vous suivez tout de même de
grosses mises turn, alors vous jetez votre argent par les fenêtres !
Si vous avez relancé avant le flop,
alors vous pouvez souvent jouer agressivement sur le flop avec beaucoup
de vos tirages, si vous avez un ou deux adversaires. Avec un tirage
fort, vous pouvez, par exemple, presque toujours faire un continuation
bet sur le flop.
Si vous jouez agressivement avec un
tirage, au final, il s'agit d'un bluff. On l'appelle d'ailleurs
semi-bluff, car vous pouvez également gagner autrement que par le
bluff, si votre adversaire suit et que vous touchez.
Il n'en demeure pas moins que le jeu
agressif des tirages n'est justifié que lorsque vos adversaires sont en
mesure de se coucher. Contre un grand nombre de joueurs, ou contre des
joueurs qui, par principe, suivent toutes les mises, vous ne pouvez pas
bluffer, et devriez jouer vos tirages passivement.
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous êtes
au SB |
|
![]() |
actifs(5): vous, BB, MP1, MP3, CO - Pot: $1.25
|
actifs(3): vous, MP1, MP3 - Pot: $4.25
|
|
|
Ici vous avez opté pour une approche
passive en raison vous grand nombre d'adversaires. Vu l'argent que MP1
et vous-même avez encore, vous pouvez suivre n'importe quelle mise. Sur
le
turn, vous touchez votre tirage. Vous devriez maintenant devenir actif.
Si vous checkez, alors il est trop probable que vos adversaires
prennent peur et checkent à leur tour. En revanche, ils suivront
volontiers une ou deux mises supplémentaires, aux limites basses, entre
autre car votre mise pour la raison que votre mise pourrait être un
bluff.
Blinds:
$0.10/$0.25
|
Vous êtes
au CO |
|
![]() |
actifs(5): vous, SB, BB, UTG1, MP1 - Pot: $1.25
|
Dans cet exemple, vous avez un tirage
couleur fort et des overcards (Roi et Valet) qui améliorent encore un
peu votre tirage. En règle générale, contre quatre adversaires, vous
devriez renoncer à un semi-bluff, car ils abandonneront trop rarement.
Mais dans cette situation, vous
pouvez miser. La raison principale est que vous avez la position, et
que tous vos adversaires doivent agir avant vous. De plus, un bon
nombre de mains pourraient vous aider sur le turn ou la river. Si
quelqu'un suit la mise, alors vous toucherez régulièrement une bonne
carte et pourrez remporter la main.
En résumé
Cet article vous a livré un aperçu de
tous les concepts important vous jeu après le flop. Bien sûr, on ne
peut
ici couvrir l'ensemble vous sujet. Pour ce faire, il y a d'autres
articles.
Ce que vous devez avoir appris dans
cet article est le rapport entre le contrôle du pot et la protection.
Avec une main moyenne, vous ne voulez pas jouer de gros pots. Mais vous
ne voulez pas non plus offrir à vos adversaires de cartes bon marché
avec lesquels ils pourraient vous rattraper.
Vous devriez également avoir
compris
que votre mise vous apporte du profit seulement si elle vous protège
contre des tirages, ou si des mains plus faibles suivent. Si vous avez
la possibilité de voir l'abattage gratuitement sur la river, et si
votre main ne casse pas des barreaux de chaises, alors vous
devriez
saisir cette occasion.
En général, les règles sur le
flop, le turn et la river sont les mêmes que pour le jeu avant le flop
:
- Vous jouez tight et êtes en mesure d'éviter les
situations
marginales. Vous jouez agressif et participez activement au jeu, au
lieu de vous contenter de suivre constamment les mises adverses, et de
"subir" le jeu adverse. - Vous jouez la position et essayez, dès la phase
préflop
d'être, dans la mesure du possible, toujours en position sur vos
adversaires.
Dans les articles suivants, nous
allons observer en détail les situations de jeu particulières, avec
telle ou telle main. Le premier texte de cette série concerne les
mathématiques du poker, surtout important pour le jeu des tirages.
Lire
: les mathématiques du poker - cote et outs






