J'aimerai partager un très bon article de Cytosyn puisque qu'il aborde un de mes gros leaks, et qui est encore plus exacerbé depuis que je me focalise sur les sng hu.
L'article est très bien écrit et il cible très précisément le problème.
"Parfois, il faut savoir continuer.
Vous avez déjà remarqué tout ce que votre cerveau fait pour vous empêcher de gagner de l'argent ? Hier, j'étais dans une bonne session. Les cartes étaient avec moi, j’enchaînais les Heads-up gagnés. Cercle vertueux, les victoires me mettent en confiance, et je jouais donc mon meilleur poker, vraiment désinhibé. Bref tout allait pour le mieux. Et là, cette sensation vicieuse qui commence à s'insinuer dans mon cerveau et que l'on connait tous : l'envie irrépressible d’arrêter de jouer pour "sécuriser" ses gains. On ressent cette peur d'en reperdre une partie, ou même de reperdre tout ce qu'on a gagné et de finir la journée terriblement frustré ; alors qu'on sait que si l'on arrête maintenant, on fige dans le marbre le résultat de la journée à un niveau correct.
Avant de passer pro il m'arrivait, parfois, de m’arrêter effectivement de jouer. S'en suivait d'abord une sensation de soulagement et de contentement. "Ha... aujourd'hui, j'ai gagné $500." Un peu plus tard dans la journée, ce premier sentiment retombe. Et on se retrouve à se poser la question : "Mais, pourquoi je n'ai joué qu'une heure et demi aujourd'hui ?" - "En plus j'étais en forme j'aurais du continuer à jouer, j'aurais certainement gagné bien plus!" Soudain on se sent stupide d'avoir cédé aux sirènes de la facilité. On a perdu du temps, on a gâché une journée où on aurait pu jouer plus, faire du volume et engranger des gains supplémentaires.
Si on résiste à cette voix intérieure et que l'on continue à jouer, il va parfois arriver, c'est obligatoire, que l'on reperde une partie de ce qu'on a gagné. Parfois tout ce qu'on a gagné. Parfois plus. Là, évidement, c'est le drame, à base de "Je le savais, j'aurais du m'arrêter, je savais très bien que ça allait se passer comme ça, je suis trop con/maudit/stupide [rayer la mention inutile], si je m'étais arrêté tout à l'heure j'aurais $854 de plus, blah-blah-blah..." La frustration est là, et on s'en veut d'avoir continué à jouer.
Et pourtant on sait que l'on ne devrait pas. On le sait pertinemment, c'est même la base du poker que de savoir que les cartes n'ont pas de mémoire, et que même si l'on n'a fait que "chatter" toute la matinée, en tant que joueur gagnant il est plus probable d'avoir une après-midi gagnante que perdante.
Inutile donc de chercher à se défiler. En arrêtant de jouer, on se prive de gains plus souvent que de pertes. En fait, en connaissant son gain horaire moyen, on peut même très facilement calculer combien d'argent on perd en mettant fin prématurément à sa session. Et tout ça pour quoi ? Pour se procurer brièvement le confort psychologique de savoir que nos gains de la journée sont en sécurité pour quelques heures. Pour quelques heures seulement, parce que l'on va rejouer le lendemain, et l'argent gagné la veille sera remis en jeu de toute manière. Alors autant le faire tout de suite, non ?
Dans la vie courante, si vous donnez le choix à quelqu'un entre lui donner $500 immédiatement ou bien lui offrir un coinflip (50/50) pour $1200, la grande majorité des gens prendront le gain assuré même si son expected value est plus faible. Notre cerveau n'aime pas l'incertitude, même lorsqu'elle est rémunératrice. Mais c'est la nature même du poker que de comporter une part de risque et d'incertitude, et tout joueur qui se respecte doit faire l'effort d'apprivoiser cette peur de l'inconnu. Il faut rester parfaitement rationnel, et refuser un risque rémunérateur n'a pas de sens pour un joueur de poker. Je pense que très peu de gens arrivent à faire disparaître complètement cette aversion à l'inconnu, mais cela n'est pas grave. L'important est simplement que la partie rationnelle de notre cerveau soit plus forte que cette peur, et nous permette de prendre la bonne décision.
On dit souvent qu'au poker, il faut savoir s'arrêter. Mais parfois, il faut aussi savoir continuer."









